jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101194 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 5 février 2021 et 4 mai 2021, Mme D C, représentée par Me De Caumont, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler les décisions successives de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 6 mai 2018, 29 mai 2018, 18 juin 2018, 8 juillet 2018, 11 juillet 2018, 21 juillet 2018 à 10 heures 05 et à 11 heures 14, 26 septembre 2019, 18 avril 2020 et
19 novembre 2020 ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du ministre de l'intérieur du 23 décembre 2020 portant notification d'un retrait de points, récapitulant les retraits des points antérieurs et informant l'intéressé de l'invalidation de son permis de conduire pour défaut de points ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
5°) de rejeter la demande de l'État présentée au titre des dispositions de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure en ce qu'elle conteste avoir reçu une quelconque information conforme aux articles L.223-3 et suivants ou à l'article R.223-3 du code de la route.
En ce qui concerne la décision portant invalidation du permis de conduire :
- la décision attaquée est illégale, dès lors que les décisions portant retrait de points sont illégales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 29 avril 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par ordonnance du 11 mars 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2021 à midi.
Le président de la formation de jugement a informé les parties, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen d'ordre public tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les
6 mai 2018 et 18 juin 2018 dès lors que ces points ont été restitués au requérant les 27 mai 2019 et 19 janvier 2019, soit antérieurement à l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. A, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. A a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme. C a commis une succession d'infractions au code de la route, notamment les 6 mai 2018 (un point), 29 mai 2018 (un point), 18 juin 2018 (un point), 8 juillet 2018 (un point), 11 juillet 2018 (un point), 21 juillet 2018 à 10 heures 05 (un point), 21 juillet 2018 à 11 heures 14 (un point), 26 septembre 2019 (trois points), 18 avril 2020 (un point) et
19 novembre 2020 (trois points). Par une décision référencée " 48SI " en date du 23 décembre 2020, le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, Mme C demande l'annulation de la décision référencée " 48 SI " ainsi que de l'ensemble des décisions référencées " 48 SI " portant retrait de points consécutives aux infractions précitées.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision de retrait d'un point consécutive aux infractions relevées les 6 mai 2018 et 18 juin 2018 :
2. Il ressort du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de Mme C édité le 26 avril 2021 que les deux points retirés sur son permis de conduire suite aux infractions constatées les 6 mai 2018 et 18 juin 2018 lui ont été restitués les 27 mai 2019 et 19 janvier 2019 avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C dirigées contre ces deux décisions et, par voie de conséquence, les conclusions tendant à la restitution des points retirés, sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
4. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article
L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :
S'agissant des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 29 mai 2018 et 18 avril 2020 constatées par radar automatique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
5. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
6. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral édité le 26 avril 2021 concernant la situation de Mme C que cette dernière s'est acquittée les 19 juillet 2018 et 14 juillet 2020 des amendes forfaitaires correspondant aux infractions d'excès de vitesse commises à Lieusaint les 29 mai 2018 et 18 avril 2020 et constatées par un radar automatique. Ainsi, la requérante a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. En outre, Mme C n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, les moyens tirés de l'absence de ces informations doivent être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions référencées " 48 " portant retrait de point consécutives aux infractions relevées les 29 mai 2018 et 18 avril 2020.
S'agissant des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 8 juillet 2018, 11 juillet 2018, 21 juillet 2018 à 10 heures 05 et 21 juillet 2018 à 11 heures 14 constatées par radar automatique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire majorée :
8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée contient les informations suffisantes pour porter à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route, informations qui doivent figurer dans ces avis en application de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale issu d'un arrêté du 13 mai 2011.
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral édité le
26 avril 2021, que les infractions d'excès de vitesse relevées à l'encontre de Mme C les 8 juillet 2018 à 11h35, 11 juillet 2018 à 11h00, 21 juillet 2018 à 10 heures 05 et 21 juillet 2018 à 11 heures 14 sont des excès de vitesse constatés par des radars automatiques. En outre, il ressort des quatre attestations de paiement établies le 31 mars 2021 par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes que Mme C a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant à ces quatre infractions. Dans ces conditions, Mme C qui a payé les amendes forfaitaires majorées afférentes aux infractions en cause, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'elle aurait formé de réclamation au sens de l'article 530 du code de procédure pénale, et qui n'apporte par ailleurs aucun élément susceptible de faire présumer qu'elle n'aurait pas été en mesure de recevoir les avis de contravention correspondants, doit être regardée comme ayant été destinataire des avis préalablement à l'émission des décisions en litige. Par suite,
Mme C doit être regardée comme ayant reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
10. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions référencées " 48 " portant retrait de point consécutives aux infractions des 8 juillet 2018, 11 juillet 2018, 21 juillet 2018 à 10 heures 05 et 21 juillet 2018 à 11 heures 14.
S'agissant de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 26 septembre 2019 constatée par procès-verbal électronique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire majorée :
11. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
12. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
13. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme C, que l'infraction du 26 septembre 2019 a été relevée au moyen d'un procès-verbal dématérialisé et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort du procès-verbal électronique n° 6073782311 établi le
26 septembre 2019 à l'issue de l'infraction de changement de direction d'un véhicule effectué sans avertissement préalable que ce dernier a été signé par la requérante. S'il ressort du corps du procès-verbal versé aux débats par le ministre de l'intérieur que les informations mentionnées au-dessus de l'emplacement dévolu à la signature de la contrevenante sont faiblement lisibles, il n'est pas contesté que cette signature est apposée sur une tablette électronique communiquée par l'agent verbalisateur après l'interception, et que la requérante pouvait augmenter la taille des caractères avant d'apposer sa propre signature. Or, ces informations sont insérées sur la tablette de l'agent verbalisateur dans un format normé afin que l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route soient divulguées au contrevenant. En outre, il ressort du corps du procès-verbal que la qualification de l'infraction y était mentionnée, et au surplus, l'annexe du procès-verbal que Mme C faisait mention du retrait des trois points qui était encouru. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant l'infraction commise le 26 septembre 2019 doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction relevée le
26 septembre 2019.
S'agissant de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 19 novembre 2020 constatée par procès-verbal électronique et ayant fait l'objet d'une amende forfaitaire :
15. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
16. Il ressort des mentions du relevé d'information intégral établi le 26 avril 2021 relatif au permis de conduire de Mme C que l'intéressée s'est acquittée le 8 décembre 2020 du paiement de l'amende forfaitaire afférente à l'infraction commise le 19 novembre 2020 concernant la conduite sans port de la ceinture de sécurité, laquelle a été relevée par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé. Il s'en infère que
Mme C a nécessairement reçu l'avis de contravention afférent à cette infraction. Dans ces conditions, alors que l'intéressée n'a pas produit cet avis ni par conséquent démontré son caractère éventuellement inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable.
17. Il résulte de ce qui précède que Mme. C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision référencée " 48 " portant retrait de point consécutive à l'infraction du 19 novembre 2020.
En ce qui concerne la décision référencée " 48SI " portant invalidation du permis de conduire :
18. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de Mme C pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur ce que l'intéressée avait commis dix infractions pour un total de quatorze points retirés. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 2 du présent jugement, deux points ont été restitués à la requérante en raison du mécanisme de reconstitution de points par l'effet du temps. Cependant, la requérante n'est pas fondée à demander l'annulation des huit autres décisions portant retrait de points édictées consécutivement aux autres infractions relevées contre elle. Par suite, le solde de points afférent au permis de conduire de Mme C était bien nul à la date de la décision en litige, et le ministre de l'intérieur ne pouvait légalement que constater la perte de validité de son titre de conduite.
19. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 23 décembre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire.
Sur le surplus des conclusions à fin d'injonction :
20. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par Mme C, n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
22. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
23. En premier lieu, ces dispositions font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante, la somme que Mme C demande au titre des frais engagés par lui et non compris dans les dépens.
24. En second lieu, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de M. B tendant au rejet de conclusions présentées par le ministre de l'intérieur tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, faute pour cette autorité ministérielle d'avoir présenté de telles conclusions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. A
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2101194
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026