jeudi 29 décembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101331 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | MAIRESSE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire en réplique, enregistrés les 10 février 2021 et 23 juillet 2021, Mme A C, représentée par Me Mairesse, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions référencées " 48 " par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré des points du solde afférent à son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 2 février 2018 (un point), 18 avril 2018 (un point), 28 mai 2018 (un point), 21 juin 2018 (un point), 15 juillet 2018 (un point), 26 septembre 2018 (un point) et 17 juin 2019 (un point) ;
2°) d'annuler la décision implicite de rejet de son recours gracieux réceptionné le
4 décembre 2020 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés et de rétablir le capital de son permis de conduire, sous huitaine à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que sa requête est recevable car les décisions attaquées ne lui ont pas été notifiées et qu'elle a formé un recours gracieux dans le délai de forclusion.
Elle soutient, également, qu'elle conserve un intérêt à faire annuler les décisions de retrait d'un seul point consécutives aux infractions relevées les 18 avril 2018 et 15 juillet 2018, dès lors que les délais de six mois ou d'un an pour reconstituer des points sont interrompus à chaque infraction.
Elle soutient, enfin, que :
En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :
- les décisions attaquées sont entachées d'un vice de procédure en ce que l'administration n'apporte pas la preuve de la réalité des infractions commises en violation de l'article L.223-1 du code de la route.
- les décisions attaquées sont entachées d'une illégalité interne en ce qu'elle conteste avoir reçu une quelconque information conforme aux articles L.223-3 et suivants ou à l'article R.223-3 du code de la route ;
- s'agissant des décisions consécutives aux infractions relevées les 2 février 2018, 28 mai 2018 et 21 juin 2018 : la requérante a été condamnée sur la base d'ordonnance pénale ; or, ni l'ordonnance pénale, ni les documents qui l'accompagne, ne font état des conséquences administratives d'une absence d'opposition, si bien que la requérante a été privée des garanties essentielles résultant de ce que son droit à l'information a été bafoué ;
En ce qui concerne la décision portant rejet de son recours gracieux :
- elle est entachée d'illégalité, dès lors que les décisions portant retrait de points sont illégales
- l'exception d'illégalité est recevable, dès lors qu'aucune de ces décisions de retrait de points ne lui a été notifiée.
Par un mémoire en défense enregistré le 25 juin 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête de Mme C.
Il fait valoir que l'étendue du litige doit être restreinte, dès lors que plusieurs conclusions sont dépourvues d'objet :
- les décisions de retrait de points relatives aux infractions du 15 juillet 2018 et du 18 avril 2018 ont été retirées à la suite des restitutions de points, en application des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route ;
- les décisions de retrait de points invoquées, consécutivement aux infractions des 17 juin 2019 et 26 septembre 2018 concernent des infractions qui ne figurent pas sur le relevé d'information intégral de l'intéressée.
Il fait valoir, également, que :
- les décisions de retraits de points ont systématiquement été portées à la connaissance de la requérante, en stricte application des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, par envoi d'une lettre simple référencée " 48 " à l'adresse relevée auprès de la conductrice lors de l'établissement du procès-verbal d'infraction ;
- s'agissant des infractions des 21 juin 2018, 28 mai 2018 et 2 février 2018 : ces infractions ont fait l'objet d'une ordonnance pénale du président du tribunal de police de Melun ; par suite, l'éventuel défaut d'information est sans conséquence sur la légalité de la procédure de retrait de points puisque la requérante a pu contester la réalité des infractions ;
- la réalité des infractions querellées elle est établie par les mentions du relevé d'information intégral.
Par une ordonnance du 16 août 2022 la clôture d'instruction a été fixée au 16 septembre 2022 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. B, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de M. B a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C a sollicité la communication de son relevé d'information intégral. A la lecture de l'édition du 6 novembre 2020 de ce relevé, la requérante a relevé que l'administration lui reprochait d'avoir commis une succession d'infractions au code de la route impliquant des retraits de points. Par une lettre du 30 novembre 2020, réceptionnée le 4 décembre 2020,
Mme C a sollicité le retrait des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 2 février 2018 (un point), 18 avril 2018 (un point), 28 mai 2018 (un point), 21 juin 2018 (un point), 15 juillet 2018 (un point), 26 septembre 2018 (un point) et 17 juin 2019 (un point). Le silence conservé par l'administration pendant une durée de deux mois à compter de la réception de cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, Mme C doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler ces sept décisions, d'annuler la décision implicite de rejet précitée et de reconstituer en conséquence son solde de points.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur :
2. Un recours de plein contentieux tendant à l'annulation d'un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait pas lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite du recours dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution. Dans le cas où l'administration se borne à procéder à l'abrogation de l'acte attaqué, cette circonstance prive d'objet le recours formé à son encontre, à la condition que cet acte n'ait reçu aucune exécution pendant la période où il était en vigueur.
3. Il résulte de l'instruction que le relevé d'information intégral du permis de conduire de Mme C édité le 23 juin 2021 par le ministre de l'intérieur, que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 17 juin 2019 et 26 septembre 2018 ne figurent plus sur ledit relevé. Par suite, ces décisions doivent être regardées comme ayant implicitement mais nécessairement été retirées. Il s'ensuit que ces conclusions sont devenues sans objet. Dès lors, il n'y a plus lieu, ainsi d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les décisions de retrait de points :
4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
5. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles
L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
6. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
S'agissant des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les
18 avril 2018 et 15 juillet 2018 :
7. Lorsque l'existence de l'infraction et l'identité de son auteur n'ont été établies que postérieurement à la commission de ladite infraction, par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a pu les contester devant ledit juge, l'omission de la formalité susvisée est sans incidence sur la procédure suivie dès lors que la condamnation pénale implique nécessairement qu'un retrait de points soit effectué. En tout état de cause, l'information préalable donnée au contrevenant a pour objet notamment de lui permettre de mesurer au regard de la procédure de retraits de points, l'intérêt d'une éventuelle contestation de la matérialité de l'infraction. Dès lors que le contrevenant a pu, comme c'est le cas en l'espèce, se défendre dans le cadre d'une procédure judiciaire contradictoire, il n'a été privé d'aucune garantie substantielle. Par suite, la décision administrative de retrait de points prise à l'encontre d'un contrevenant qui n'a pas reçu préalablement à la décision de l'autorité judiciaire les informations prévues par les dispositions précitées du code de la route, ne peut être regardée comme intervenue au terme d'une procédure irrégulière.
8. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral établi le 23 juin 2021 versé par le ministre de l'intérieur en défense, que par un jugement rendu le 23 mai 2019 par le tribunal de police de Melun, Mme C a été condamnée pour avoir commis une infraction d'excès de vitesse le 18 avril 2018 à Mandres. De plus, il résulte des mentions de ce même relevé d'information intégral que par un jugement rendu le 29 octobre 2019 par la même juridiction, la requérante a également été condamnée pour avoir commis une infraction d'excès de vitesse le 15 juillet 2018 à Briis-sous-Forges. Si Mme C soutient qu'elle n'aurait pas bénéficié de l'exécution par l'administration de son obligation d'information tirée des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, cette circonstance ne l'a pas privée en l'espèce d'une garantie essentielle dès lors que le ministre de l'intérieur, constatant que la réalité de l'infraction reprochée à l'intéressée était établie par ces deux condamnations pénales, a pu légalement retirer deux points du nombre de points affectés au permis de conduire de la requérante par deux décisions référencée " 76 ". Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure résultant du défaut d'information préalable au retrait de points et les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 18 avril 2018 et
15 juillet 2018.
S'agissant des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les
2 février 2018, 28 mai 2018 et 21 juin 2018 :
10. L'omission de la formalité mentionnée au point 6 est sans influence sur la régularité du retrait de points résultant d'une condamnation, lorsque la réalité de l'infraction a été établie par une condamnation devenue définitive prononcée par le juge pénal, qui a statué sur tous les éléments de fait et de droit portés à sa connaissance, et que l'auteur de l'infraction a ainsi pu la contester. Cette dernière condition est également remplie lorsque la condamnation intervient selon la procédure simplifiée régie par les articles 524 et suivants du code de procédure pénale, qui permettent au juge de statuer sans débat préalable sur une contravention de police, mais qui réservent la possibilité, pour le prévenu, de former opposition à l'ordonnance pénale ainsi prononcée et d'obtenir que l'affaire soit portée à l'audience du tribunal de police ou de la juridiction de proximité dans les formes de la procédure ordinaire.
11. Il résulte de l'instruction, et notamment des mentions du relevé d'information intégral établi le 23 juin 2021 versé par le ministre de l'intérieur en défense, que par trois ordonnances pénales rendues le 29 octobre 2019 par un magistrat du tribunal de police de Melun en application des articles 524 et suivants du code de procédure pénale, Mme C a été condamnée pour avoir commis trois infractions d'excès de vitesse les 2 février 2018, 28 mai 2018 et 21 juin 2018 sur les territoires des commune de Janvry, Pacy-sur-Eure et Lieusaint. Mme C ne démontre pas ni même n'allègue avoir formé opposition de ces trois ordonnances. Ainsi, le ministre de l'intérieur, constatant que la réalité des infractions reprochées à l'intéressée était établie par ces condamnations pénales, a pu légalement retirer trois points du nombre de points affectés au permis de conduire de la requérante par une décision référencée " 76 ". Par suite, les moyens tirés de l'irrégularité de la procédure résultant du défaut d'information préalable au retrait de points et les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route sont inopérants et ne peuvent qu'être écartés.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme C n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées les 2 février 2018, 28 mai 2018 et 21 juin 2018.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet du recours gracieux :
13. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur.
Mme C ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés.
14. En second lieu, ainsi qu'il a été dit plus, il ne résulte pas de l'instruction que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions relevées contre Mme C les 2 février 2018 (un point), 18 avril 2018 (un point), 28 mai 2018 (un point), 21 juin 2018 (un point), 15 juillet 2018 (un point), 26 septembre 2018 (un point) et 17 juin 2019 (un point) seraient illégales. Par suite, le moyen tiré de ce que la décision en litige serait entachée d'illégalité par la voie de l'exception ne peut qu'être écarté.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
15. Aux termes de l'article L 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
16. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation présentées par
Mme C, n'implique le prononcé d'aucune mesure d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
17. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
18. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme demandée par Mme C au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré deux points sur le permis de conduire de Mme C consécutivement aux infractions commises le 17 juin 2019 et le 26 septembre 2018.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 décembre 2022.
Le magistrat désigné,
S. B
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2101331
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026