mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2101750 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SCP ABCG - ARTAUD BELFIORE CASTILLON GREBILLE-ROMAND |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 24 février 2021, M. A B, représenté par Me Grebille-Romand, demande au tribunal :
1°) d'annuler les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé aux retraits de points consécutivement aux infractions commises les 24 février 2012, 26 octobre 2012,
18 juillet 2013, 26 janvier 2014, 23 mars 2014, 9 avril 2014, 18 octobre 2014, 10 décembre 2014, 15 juin 2015, 23 août 2015, 24 septembre 2016, 3 décembre 2016, 13 octobre 2016,
30 juillet 2017, 22 octobre 2017, 2 juin 2018, 21 août 2019, 12 août 2019 et 5 mars 2020 ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du 22 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire invalidé en reconstituant le capital de points décidé par le tribunal, sous huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est recevable dans sa demande d'exception d'illégalité à l'encontre de l'ensemble des décisions portant retrait de points ;
- il n'a pas reçu les informations préalables prévues par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; il est dans l'impossibilité de rapporter la preuve de la carence de l'administration à l'avoir informé à défaut d'avoir un accès suffisant aux documents administratifs et procès-verbaux rédigés au moment de l'infraction ; c'est au ministre de produire la copie du procès-verbal d'infraction qu'il a signé ; s'agissant des infractions qui ont fait l'objet de procès-verbaux électroniques ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée, la preuve de la délivrance des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 n'est pas apportée si le ministre ne produit pas les documents relatifs au paiement de l'amende forfaitaire ni aucune attestation de paiement de l'amende forfaitaire majorée ; l'existence d'infractions antérieures n'est pas de nature à assurer la complète information pour une infraction donnée ; s'agissant des infractions ayant donné lieu à un paiement de l'amende forfaitaire le jour même, l'administration ne pourra être regardée comme ayant rapporté la preuve de la délivrance des informations que si elle produit la souche de la quittance du paiement de l'amende.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les points retirés consécutivement aux infractions commises les 26 octobre 2012,
10 décembre 2014, 23 août 2015, 13 octobre 2016, 30 juillet 2017, 2 juin 2018 et 12 août 2019 ont été restitués à M. B les 2 mai 2013, 29 juin 2015, 12 mars 2016, 24 juillet 2017, 15 février 2018, 17 décembre 2018 et 28 avril 2020 ; les conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutivement à ces infractions sont sans objet ;
- les autres moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 11 mars 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2021 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 26 octobre 2012, 10 décembre 2014,
23 août 2015, 13 octobre 2016, 30 juillet 2017, 2 juin 2018 et 12 août 2019 dès lors que les points ont été restitué à M. B les 2 mai 2013, 29 juin 2015, 12 mars 2016, 24 juillet 2017,
15 février 2018, 17 décembre 2018 et 28 avril 2020, soit antérieurement à l'introduction de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bonneau-Mathelot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a commis différentes infractions au code de la route les
24 février 2012, 26 octobre 2012, 18 juillet 2013, 26 janvier 2014, 23 mars 2014, 9 avril 2014, 18 octobre 2014, 10 décembre 2014, 15 juin 2015, 23 août 2015, 24 septembre 2016,
3 décembre 2016, 13 octobre 2016, 30 juillet 2017, 22 octobre 2017, 2 juin 2018, 21 août 2019, 12 août 2019 et 5 mars 2020 ayant entraîné le retrait de trente-deux points. Par une décision référencée " 48SI " du 22 janvier 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler l'ensemble des décisions portant retraits de points ainsi que la décision référencée " 48SI ".
Sur la recevabilité des conclusions aux fins d'annulation des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 26 octobre 2012,
10 décembre 2014, 23 août 2015, 13 octobre 2016, 30 juillet 2017, 2 juin 2018 et 12 août 2019 :
2. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral du dossier de permis de conduire de M. B, édité le 29 avril 2021, que les sept points retirés sur son permis de conduire consécutivement aux infractions constatées les 26 octobre 2012, 10 décembre 2014, 23 août 2015, 13 octobre 2016, 30 juillet 2017, 2 juin 2018 et 12 août 2019 lui ont été restitués respectivement les 2 mai 2013, 29 juin 2015, 12 mars 2016, 24 juillet 2017, 15 février 2018,
17 décembre 2018 et 28 avril 2020, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de la requête de M. B dirigées contre les décisions procédant aux retraits de points consécutivement à ces infractions sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
En ce qui concerne les décisions portant retrait de points :
3. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
4. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article
L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
S'agissant de l'infraction commise le 24 février 2012 :
5. Il résulte de l'instruction et, notamment, du procès-verbal d'infraction produit par le ministre de l'intérieur, qu'il est fait mention de l'infraction constatée le 24 février 2012 par radar automatique, constituée d'" un franchissement d'une ligne longitudinale continue ", ainsi que du retrait d'un point. Il est expressément indiqué, alors que M. B, qui a signé le procès-verbal, et a coché la case " il ne reconnait pas la contravention " sans y avoir fait figurer de réserve sur les modalités de délivrance de l'information, que " le contrevenant reconnaît avoir reçu la carte de paiement et l'avis de contravention sur lequel figurent les informations portées au verso du présent formulaire ". Il résulte, en outre, des mentions figurant sur le relevé d'information intégral que cette infraction a donné lieu à une " amende forfaitaire du 17 juillet 2012 par tribunal d'instance ou de police () définitive le 17 juillet 2012 ". Cette mention de paiement de l'amende forfaitaire établit la délivrance des informations exigées par la loi dès lors que M. B n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
S'agissant des infractions commises les 22 octobre 2017 et 5 mars 2020 :
6. En premier lieu, il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 29 avril 2021, que l'infraction du
22 octobre 2017 a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique édité à l'aide d'un appareil exploitant un logiciel mettant en œuvre l'arrêté du 4 décembre 2014 faisant apparaître l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et qu'elle a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort du
procès-verbal électronique qu'il a été signé par l'agent verbalisateur et le contrevenant. Par suite, M. B doit être regardé comme ayant bénéficié de l'ensemble des informations prévues par les dispositions qui ont été citées aux points et du présent jugement. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant l'infraction commise le 22 octobre 2017 ne peut qu'être écarté.
7. En second lieu, il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 29 avril 2021, que l'infraction commise le 5 mars 2020 a donné lieu à l'établissement d'un procès-verbal électronique ainsi qu'à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort, en outre, du bordereau de situation versé au dossier par le ministre de l'intérieur que l'intéressé s'est acquitté du paiement de l'amende forfaitaire majorée. Ainsi, M. B a nécessairement reçu un courrier du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ce paiement. Il suit de là que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que l'intéressé n'établit pas, à défaut de produire le document qui lui a été adressé, que celui-ci ne comportait pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant l'infraction commise le 5 mars 2020 doit être écarté.
S'agissant des infractions commises le 18 juillet 2013 et 24 septembre 2016 :
8. Les dispositions portant application des articles R. 49-1 et R. 49-10 du code de procédure pénale, notamment celles des articles A. 37-15 à A. 37-18 de ce code issues de l'arrêté du 13 mai 2011 relatif aux formulaires utilisés pour la constatation et le paiement des contraventions soumises à la procédure de l'amende forfaitaire, prévoient que lorsqu'une contravention soumise à cette procédure est constatée par un procès-verbal dressé avec un appareil électronique sécurisé, sans que l'amende soit payée immédiatement entre les mains de l'agent verbalisateur, il est adressé au contrevenant un avis de contravention, qui comporte une information suffisante au regard des exigences des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, une notice de paiement qui comprend une carte de paiement et un formulaire de requête en exonération. Dès lors, le titulaire d'un permis de conduire à l'encontre duquel une infraction au code de la route est relevée au moyen d'un appareil électronique sécurisé et dont il est établi, notamment par la mention qui en est faite au système national des permis de conduire, qu'il a payé, à une date postérieure à celle de l'infraction, l'amende forfaitaire correspondant à celle-ci, a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis est réputé être revêtu, l'administration doit être regardée comme s'étant acquittée envers le titulaire du permis de son obligation de lui délivrer les informations requises préalablement au paiement de l'amende, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre s'être vu remettre un avis inexact ou incomplet.
9. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 29 avril 2021, qu'il s'est acquitté les 22 septembre 2013 et 29 octobre 2016 du paiement des amendes forfaitaires afférentes aux infractions commises les 18 juillet 2013 et 24 septembre 2016, lesquelles ont été relevées par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé. Il suit de là que M. B a nécessairement reçu les avis de contravention afférent à ces infractions. Dans ces conditions, alors que l'intéressé n'a pas produit ces avis ni démontré leur caractère éventuellement inexact ou incomplet, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à son obligation d'information préalable. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 18 juillet 2013 et 24 septembre 2016 doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 26 janvier 2014, 23 mars 2014, 9 avril 2014 :
10. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée contient les informations suffisantes pour porter à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, informations qui doivent figurer dans ces avis en application de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale issu d'un arrêté du 13 mai 2011.
11. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. B, édité le 29 avril 2021, qu'il a commis des infractions les 26 janvier, 23 mars et 9avril 2014 relevées par radar automatique. Il résulte, en outre, des trois attestations de paiement établies le 15 avril 2021 par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes que M. B a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant à ces trois infractions le 16 mars 2015. Dans ces conditions, M. B qui a payé les amendes forfaitaires majorées, dont il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait formé de réclamation au sens de l'article 530 du code de procédure pénale, et qui n'apporte, par ailleurs, aucun élément susceptible de faire présumer qu'il n'aurait pas été en mesure de recevoir les avis de contravention correspondants, doit être regardé comme ayant été destinataire des avis préalablement aux décisions en litige. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme ayant reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 26 janvier, 23 mars et 9avril 2014 doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 18 octobre 2014, 15 juin 2015, 3 décembre 2016 et 21 août 2019 :
12. Lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire prévue à l'article 529 du code de procédure pénale au titre d'une infraction constatée par radar automatique, il découle de cette seule constatation qu'il a nécessairement reçu l'avis de contravention. Eu égard aux mentions dont cet avis doit être revêtu, la même constatation conduit également à regarder comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de cette amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
13. Il résulte de l'instruction et, notamment, des mentions du relevé d'information intégral, édité le 29 avril 2021, concernant la situation de M. B que ce dernier s'est acquitté les 29 novembre 2014, 4 juillet 2015, 22 janvier 2017 et 6 septembre 2019 des amendes forfaitaires correspondant aux infractions commises les 18 octobre 2014, 15 juin 2015, 3 décembre 2016 et 21 août 2019 et constatées par radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. En outre, M. B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 18 octobre 2014, 15 juin 2015, 3 décembre 2016 et 21 août 2019 doit être écarté.
14. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant retrait de point consécutives aux infractions commises les 24 février 2012, 18 juillet 2013, 26 janvier 2014, 23 mars 2014, 9 avril 2014, 18 octobre 2014, 15 juin 2015, 24 septembre 2016, 3 décembre 2016, 22 octobre 2017, 21 août 2019 et 5 mars 2020.
En ce qui concerne la décision référencée " 48SI " portant invalidation du permis de conduire :
15. Pour constater la perte de validité du permis de conduire de M. B pour solde de point nul, le ministre de l'intérieur s'est fondé sur les dix-neuf infractions commises par M. B ayant entraîné la perte de trente-deux points. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 2. du présent jugement, sept points ont été restitués au requérant en raison du mécanisme de reconstitution de points par l'effet du temps. Cependant, le requérant n'est pas fondé à demander l'annulation des autres décisions portant retrait de points édictées consécutivement aux autres infractions relevées contre lui. Par suite, le solde de points afférent au permis de conduire de M. B était bien nul à la date de la décision en litige, et le ministre de l'intérieur ne pouvait légalement que constater la perte de validité de son titre de conduite.
16. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision référencée " 48SI " du 22 janvier 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les
24 février 2012, 18 juillet 2013, 26 janvier 2014, 23 mars 2014, 9 avril 2014, 18 octobre 2014, 15 juin 2015, 24 septembre 2016, 3 décembre 2016, 22 octobre 2017, 21 août 2019 et 5 mars 2020 et la décision référencée " 48SI " du 22 avril 2020 présentées par M. B ne peuvent qu'être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions aux fins d'injonction ainsi que les conclusions qu'il a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : la requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La magistrate désignée
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026