jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102130 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | SELARL ZAMOUR ET ASSOCIÉS |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2101230 en date du 4 mars 2021, enregistrée le 5 mars 2021 au greffe du tribunal administratif de Melun, le président du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Melun, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, le dossier de la requête présentée par M. et Mme B.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Paris le 22 janvier 2021, et un mémoire, enregistré au greffe du tribunal administratif de Melun le 26 septembre 2023, M. A B et Mme C B, représentés par Me Zamour et Me Golman, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2014, 2015 et 2016 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- la méthode de reconstitution des recettes à partir des encaissements qu'a utilisée le service est radicalement viciée ;
- la méthode forfaitaire de reconstitution des charges est erronée ; le service n'a pas justifié le recours à un taux de charges de 70 % ;
- l'administration n'établit pas la distribution des résultats rehaussés de la société à M. B ; il n'y a eu ni désinvestissement, ni appropriations des recettes de la société par M. B ;
- la majoration de 40 % n'est pas justifiée en l'absence de manquement délibéré de leur part.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme B ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 16 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 5 février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jean,
- et les conclusions de Freydefont, rapporteur public.
Une note en délibéré, présentée pour M. et Mme B, a été enregistrée le 7 mars 2024.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) Adwortise Network dont M. B était le président et l'associé unique jusqu'à sa liquidation judiciaire le 27 juin 2017 a fait l'objet d'une vérification de comptabilité à l'issue de laquelle lui ont été notifiés des rappels de taxe sur la valeur ajoutée et des suppléments d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2014, 2015 et 2016. L'administration a également considéré que les bénéfices rectifiés de la société au titre de ces exercices constituaient des revenus distribués qu'elle a intégrés dans les revenus imposables des années 2014, 2015 et 2016 de M. et Mme B et imposés à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers. Par la présente requête, M. et Mme B demandent au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
S'agissant de la charge de la preuve :
2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré () ". Il résulte de l'instruction que les rehaussements litigieux ont été notifiés à M. et Mme B par une proposition de rectification en date du 11 décembre 2017. Ces impositions n'ont pas été contestées dans le délai prescrit. Dès lors, en application des dispositions précitées, les requérants supportent la charge de la preuve de leur caractère exagéré.
S'agissant de la détermination du résultat imposable de la SASU Adwortise Network :
3. Aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises () ". Selon l'article 39 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges () ". Pour être admises en déduction du résultat imposable, les charges doivent être exposées dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise et être appuyées de justifications suffisantes.
4. Il résulte de l'instruction et en particulier du procès-verbal de défaut de présentation de comptabilité en date du 20 octobre 2017 que la SASU Adwortise Network n'a présenté ni comptabilité, ni pièces justificatives au cours du contrôle fiscal dont elle a fait l'objet. Par conséquent, le service vérificateur a reconstitué son chiffres d'affaires à partir des sommes figurant au crédit des deux comptes bancaires ouverts au nom de la société, obtenus dans le cadre du droit de communication. Si les requérants soutiennent que cette méthode de reconstitution est radicalement viciée dès lors que certaines sommes ont été considérées à tort comme des recettes, ils ne produisent aucun justificatif au soutien de leurs allégations. Par ailleurs, en se bornant à produire cinq factures démontrant selon eux que certaines recettes n'ont pas été rattachées au bon exercice s'agissant de prestations de services, ils n'établissent pas que la méthode de reconstitution des recettes à laquelle le service a procédé en l'absence de tout élément comptable fourni par la société, serait radicalement viciée. Enfin, pour contester l'évaluation du résultat retenu par l'administration, les requérants se bornent à critiquer le taux forfaitaire de 70 % utilisé par le service, au motif qu'il ne serait pas justifié. Ils ne démontrent toutefois pas l'existence d'éléments ayant faussé l'évaluation de l'administration et ne proposent, au demeurant, aucune méthode alternative d'évaluation des charges. Il suit de là que les requérants n'apportent pas la preuve, qui lui incombe, du caractère exagéré de l'évaluation administrative du résultat fiscal de la société Adwortise Network au titre des exercices en litige ni, par suite, des impositions supplémentaires mises à leur charge par l'administration.
S'agissant des distributions :
5. Aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application du 1° du 1 de l'article 109, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ". En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.
6. Si les requérants soutiennent que l'administration n'a pas caractérisé l'existence de distributions en faveur de M. B en l'absence de désinvestissement ou d'appréhension des sommes en cause, les distributions litigieuses trouvent leur fondement dans les bénéfices rectifiés de la SASU Adwortise Network au titre des exercices en cause, qui n'ont pas été mis en réserve ou incorporés au capital et qui ont été regardés par le service comme des revenus distribués à M. B, au sens du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Par suite, les requérants, qui ne contestent pas que M. B avait la qualité de seul maître de l'affaire, laquelle se déduit au demeurant des circonstances que l'intéressé était le dirigeant de droit, l'associé unique et disposait seul du pouvoir de décision au sein de la société, n'apportent pas la preuve qui leur incombe de l'absence d'appréhension des sommes en cause.
En ce qui concerne les pénalités :
7. Aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : / a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Pour établir manquement délibéré du contribuable, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt.
8. Les requérants soutiennent que l'administration fiscale n'établit pas l'élément intentionnel du manquement. Toutefois, ainsi que l'indique la proposition de rectification en date du 11 décembre 2017, M. B, en sa qualité de dirigeant et d'associé unique de la société au cours de la période vérifiée, était responsable de l'établissement des documents comptables et fiscaux de la société et ne pouvait ignorer l'importance des sommes désinvesties de l'actif social à son profit. L'intention d'éluder l'impôt doit ainsi être regardée comme établie. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à solliciter la décharge des pénalités qui leur ont été infligées à ce titre.
9. Il résulte de ce qui précède que M. et Mme B ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les frais liés au litige :
10. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à M. et Mme B la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
11. D'autre part, aux termes de l'article R. 761-1 du code de justice administrative : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat. / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties. / L'Etat peut être condamné aux dépens ". Si M. et Mme B demandent la condamnation de l'Etat aux dépens, ils ne justifient avoir engagé, dans la présente instance, aucun des frais mentionnés par l'article R. 761-1. Ces conclusions ne peuvent donc, en tout état de cause, qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et Mme C B et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
Signé : A. Jean Le président,
Signé : N. Le Broussois
La greffière,
Signé : S. Chafki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026