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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2102150

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2102150

jeudi 28 décembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2102150
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre, JU
Avocat requérantCABINET D'AVOCATS IOSCA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 9 mars 2021, M. B A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 24 juin 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire, ainsi que la décision rejetant implicitement son recours gracieux ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 14 mai 2018 à 00h 27, le 14 mai 2018 à 00h 31, le 24 novembre 2017 et le 28 septembre 2015

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.

Il soutient que :

- les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ne lui ont pas été délivrées préalablement aux décisions de retrait ;

- la réalité des infractions n'est pas établie.

Par un mémoire en défense enregistré le 10 mai 2021, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.

Il soutient que :

- les mentions du relevé d'information intégral relatives aux infractions commises les 24 novembre 2017 et 14 mai 2018 à 00h 27 et à 0h 31, ainsi que celles relatives à la décision référencée " 48 SI " ont été retirées, de sorte que le permis de conduire du requérant a par suite recouvrer sa validité ; les conclusions correspondantes sont en conséquence sans objet ;

- les moyens soulevés à l'encontre de l'infraction du 28 mai 2015 ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B A demande l'annulation des décisions de retrait de points effectuées sur son permis de conduire à la suite d'infractions commises les 14 mai 2018 à 00h 27, le 14 mai 2018 à 00h 31, le 24 novembre 2017 et le 28 septembre 2015 ainsi que l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 24 juin 2020 invalidant son permis de conduire et de la décision rejetant implicitement son recours gracieux.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

2. Il résulte des mentions non contestées du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. A produit par l'administration, que, d'une part, les mentions relatives aux infractions commises le 14 mai 2018 à 00h 27 et 00h 31 et le 27 novembre 2017 ainsi qu'à la décision référencée " 48 SI " ont été retirées, et que, d'autre part, le permis de conduire de M. A est devenu à nouveau valide en étant doté de cinq points. Dans ces conditions, la décision référencée " 48 SI " du 24 juin 2020, en ce qu'elle invalidait le permis de conduire de M. A, ainsi que les décisions de retrait de points faisant suite aux infractions qui viennent d'être mentionnées doivent être regardées comme ayant été retirées. Par suite, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que les conclusions de la requête aux fins d'annulation de ces décisions ainsi que les conclusions aux fins d'injonction en ce qu'elles s'y rapportent sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu d'y statuer.

Sur le surplus des conclusions :

3. En premier lieu, l'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit dans son II que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

4. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante.

5. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, que l'infraction du 28 septembre 2015 a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique dématérialisé et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur que, d'une part, le requérant a signé le procès-verbal électronique relatif à cette infraction, et que, d'autre ce procès-verbal précise, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de cette pièce suffit à établir que l'intéressé a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant l'infractions commise le 28 septembre 2015doit être écarté.

6. En deuxième lieu, aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".

7. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".

8. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

9. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de M. A que l'infraction du 28 septembre 2015 a donné lieu à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, que ce dernier aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de cette infraction est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions doit être écarté.

10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la décision de retrait de points consécutive à l'infraction commise le 28 septembre 2015 doivent être rejetées. Doivent être également rejetées, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rapportent.

D E C I D E:

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation des décisions de retrait de points consécutives aux infractions du 14 mai 2018 à 00h27, du 14 mai 2018 à 00h31, du 24 novembre 2017 et de la décision référencée 48 SI du 24 juin 2020 en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. A et en demande la restitution, ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 décembre 2023

Le magistrat désigné,

M. D

La greffière,

M. C

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2102150

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