LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2102270

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2102270

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2102270
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation9ème chambre
Avocat requérantCMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE NEUILLY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 12 mars, 7 octobre et 14 décembre 2021 et le 2 février 2022, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, Mme B A, représentée par le cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de prononcer la réduction de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu à laquelle elle a été assujettie au titre de l'année 2019 ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- l'administration fiscale a considéré à tort que la somme de 75 813 euros, perçue le 25 février 2019, correspondant à un complément de salaire versé par la société

The Walt Disney Company UK pour son activité exercée au Royaume-Unis jusqu'au

10 avril 2017, date à laquelle elle a transféré son domicile fiscal en France, devait être déclarée et imposée en France ;

- la somme de 75 813 euros, exclusivement imposable au Royaume-Uni, y a, d'ailleurs, été imposée par voie de prélèvement à la source pour un montant de 28 422,60 £ ;

- l'administration fiscale lui fait supporter une double imposition injustifiée ; la double imposition ne doit pas être éliminée par un crédit d'impôt égal à l'impôt français dès lors que la convention fiscale bilatérale du 19 juin 2008 n'est pas applicable mais par une exonération pure et simple sur le seul fondement du droit interne.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 20 août, 22 et 26 novembre 2021, et 20 janvier 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 21 décembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au

15 février 2023 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention conclue entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume-Uni, de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord en vue d'éviter les doubles impositions et de prévenir l'évasion et la fraude fiscales en matière d'impôts sur le revenu et sur les gains en capital, signée à Paris le 19 juin 2008 ;

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Réchard,

- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme A, qui a exercé au Royaume-Uni une activité salariée au sein de la société The Walt Disney Company UK jusqu'au 10 avril 2017, date à laquelle elle a transféré son domicile fiscal en France, a été assujettie, sur la base des revenus salariaux d'un montant de

724 935 euros qu'elle a déclarés au titre de l'année 2019, à l'impôt sur le revenu. Le

15 décembre 2020, Mme A a déposé une déclaration rectificative, valant réclamation préalable, aux termes de laquelle elle a soustrait des revenus salariaux déclarés la somme de 75 813 euros correspondant à un complément de revenus, perçu en 2019, mais versé au titre de l'activité salariée qu'elle a exercée au Royaume-Uni, et imposée dans ce pays, que l'administration fiscale a rejetée par une décision du 2 septembre 2021. A cette même date, soit postérieurement à l'enregistrement de la requête de Mme A, l'administration fiscale a, ainsi que cela ressort du document édité ce jour même, prononcé un dégrèvement de la cotisation d'impôt sur le revenu à concurrence de la somme de 30 378 euros résultant du crédit d'impôt que l'administration fiscale lui a accordé au titre de ses revenus d'origine étrangère en application de la convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008. Il suit de là que, dans le dernier état de ses conclusions, Mme A demande au tribunal de prononcer la réduction, à concurrence de la somme de 6 011 euros, de la cotisation primitive d'impôt sur le revenu restée à sa charge au titre de l'année 2019.

Sur les conclusions aux fins de réduction :

2. Dès lors que les impositions contestées ont été établies d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par Mme A, cette dernière supporte la charge de la preuve de l'exagération de ces bases d'imposition en application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales.

3. En premier lieu, aux termes de l'article 4 A du code général des impôts : " Les personnes qui ont en France leur domicile fiscal sont passibles de l'impôt sur le revenu en raison de l'ensemble de leurs revenus. / () ". Aux termes de l'article 12 du même code : " L'impôt est dû chaque année à raison des bénéfices ou revenus que le contribuable réalise ou dont il dispose au cours de la même année ".

4. Il résulte de l'instruction et, ce n'est pas contesté, que Mme A était fiscalement domiciliée en France en 2019. Il suit de là que, par application des dispositions précitées du code général des impôts, elle était passible de l'impôt sur le revenu à raison de l'ensemble des revenus de source française mais, également, de source britannique dont elle a eu la disposition au cours de cette année 2019. Dans ces conditions, et contrairement à ce que soutient Mme A, il lui appartenait de déclarer l'ensemble de ses revenus, dont la somme de

75 813 euros correspondant aux revenus qu'elle avait retirés de l'une activité salariée exercée au Royaume-Uni au sein de la société The Walt Disney Company UK, qui devait ainsi être incluse dans la base des revenus imposables en France.

5. En second lieu, aux termes de l'article 24 de la convention entre le gouvernement de la République française et le gouvernement du Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande du Nord du 19 juin 2008 : " (). 3. En ce qui concerne la France, les doubles impositions sont éliminées de la manière suivante : / a) nonobstant toute autre disposition de la présente Convention, les revenus qui sont imposables ou ne sont imposables qu'au Royaume-Uni conformément aux dispositions de la présente Convention sont pris en compte pour le calcul de l'impôt français lorsqu'ils ne sont pas exemptés de l'impôt sur les sociétés en application de la législation interne française. Dans ce cas, l'impôt du Royaume-Uni n'est pas déductible de ces revenus, mais le résident de France a droit, sous réserve des conditions et limites prévues aux alinéas (i) et (ii) et au paragraphe 4, à un crédit d'impôt imputable sur l'impôt français. Ce crédit d'impôt est égal : / (i) pour les revenus non mentionnés à l'alinéa (ii), au montant de l'impôt français correspondant à ces revenus à condition que le résident de France soit soumis à l'impôt du Royaume-Uni à raison de ces revenus ; / () ; / b) pour l'application de l'alinéa a) du présent paragraphe, l'expression " montant de l'impôt français correspondant à ces revenus " désigne : / (i) lorsque l'impôt dû à raison de ces revenus est calculé par application d'un taux proportionnel, le produit du montant des revenus nets considérés par le taux qui leur est effectivement appliqué ; / (ii) lorsque l'impôt dû à raison de ces revenus est calculé par application d'un barème progressif, le produit du montant des revenus nets considérés par le taux résultant du rapport entre l'impôt effectivement dû à raison du revenu net global imposable selon la législation française et le montant de ce revenu net global. / c) pour l'application de l'alinéa a) du présent paragraphe, l'expression " montant de l'impôt payé au Royaume-Uni " désigne le montant de l'impôt du Royaume-Uni effectivement supporté à titre définitif à raison des revenus considérés, conformément aux dispositions de la présente Convention. / () ".

6. Si une convention bilatérale conclue en vue d'éviter les doubles impositions peut, en vertu de l'article 55 de la Constitution, conduire à écarter, sur tel ou tel point, la loi fiscale nationale, elle ne peut pas, par elle-même, directement servir de base légale à une décision relative à l'imposition. Par suite, il incombe au juge de l'impôt, lorsqu'il est saisi d'une contestation relative à une telle convention, de se placer d'abord au regard de la loi fiscale nationale pour rechercher si, à ce titre, l'imposition contestée a été valablement établie et, dans l'affirmative, sur le fondement de quelle qualification. Il lui appartient toutefois ensuite, en rapprochant cette qualification des stipulations de la convention, de déterminer, en fonction des moyens invoqués devant lui ou même, s'agissant de déterminer le champ d'application de la loi, d'office, si cette convention fait ou non obstacle à l'application de la loi fiscale.

7. Il résulte de l'instruction que l'administration fiscale a prononcé un dégrèvement de la cotisation d'impôt sur le revenu au titre de l'année 2019 à laquelle Mme A a été assujettie à concurrence de la somme de 30 389 euros résultant du crédit d'impôt que l'administration fiscale lui a accordé au titre de ses revenus d'origine étrangère en application des stipulations du 3. de l'article 24 de la convention fiscale franco-britannique du 19 juin 2008. Si Mme A sollicite un dégrèvement supplémentaire de 6 011 euros pour tenir compte de la totalité de ses revenus de source britannique, " la position du service condui[san]t à [lui] faire supporter une double imposition injustifiée " qui " ne doit donc pas être éliminée par un crédit d'impôt égal à l'impôt français, () mais par une exonération pure et simple sur le seul fondement du droit interne français ", il résulte de ce qui a été dit au point 4. du présent jugement que tous les revenus mis à sa disposition au titre de l'année 2019 devaient être déclarés et inclus dans la base des revenus imposables en France. Ainsi, le montant du crédit d'impôt auquel Mme A a droit est égal au montant de l'impôt français indépendamment du montant de l'impôt qu'elle a déjà acquitté au Royaume-Uni. Mme A, qui ne conteste pas que le crédit d'impôt que lui a accordé l'administration fiscale est bien égal au montant de l'impôt français, n'est donc pas fondée à solliciter un crédit d'impôt d'un montant supérieur à celui dont elle a déjà bénéficié.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins de réduction présentées par Mme A ne peuvent qu'être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions qu'elle a présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Bonneau-Mathelot, présidente,

Mme Réchard, première conseillère,

Mme Luneau, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.

La rapporteure,

J. RECHARD

La présidente,

S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,

S. SCHILDER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2102270

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions