jeudi 16 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102332 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | KADRAN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 mars 2021, Mme D E, représentée par Me Hubert, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 janvier 2021 par laquelle la directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim des Hôpitaux de Saint-Maurice a rejeté sa demande tendant au versement de l'indemnité d'engagement de service public exclusif ;
2°) d'enjoindre aux Hôpitaux de Saint-Maurice de réétudier sa demande, dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de cinquante euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge des Hôpitaux de Saint-Maurice la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée en droit et en fait ;
- elle est entachée " d'erreur de droit pour méconnaissance des dispositions de l'article D. 6152-220-1 du code de la santé publique " ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation des faits de l'espèce dans la mesure où l'autorité administrative a refusé, à tort, de considérer que les fonctions qu'elle exerce au sein d'un centre médico-social présentaient le caractère d'une mission de service public ;
- elle est entachée d'une rupture d'égalité entre praticiens hospitaliers dans la mesure où certains praticiens hospitaliers se trouvant dans une situation similaire à la sienne bénéficient de l'indemnité d'engagement de service public exclusif.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 28 avril 2021 et 30 janvier 2023, les Hôpitaux de Saint-Maurice, représentés par leur directrice en exercice, représentés par
Me Le Baut, concluent, dans le dernier état de leurs écritures, au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 080 euros soit mise à la charge de Mme E en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les moyens de légalité interne soulevés par Mme E manquent en fait ou sont inopérants ;
- les autres moyens soulevés par Mme E ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le décret n° 2013-138 du 14 février 2013 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, nommée en qualité de praticien hospitalier par un arrêté du 15 octobre 2001 du préfet de la région Ile-de-France, a été affectée au sein des
Hôpitaux de Saint-Maurice (HSM) où elle exerce ses fonctions à raison de six demi-journées par semaine. Par ailleurs, depuis 1998, elle exerce ses fonctions de médecin au sein de l'association Œuvre de secours aux enfants (A) à raison d'une demi-journée par semaine. Elle a sollicité, par un courrier du 10 décembre 2020, le bénéfice de l'indemnité d'engagement de service public exclusif sur le fondement des dispositions de l'article D. 6152-220-1 du code de la santé publique issues du décret du 14 février 2013 portant dispositions relatives aux personnels médicaux, odontologiques et pharmaceutiques hospitaliers. Par une décision du 15 janvier 2021, dont la requérante demande l'annulation, la directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim des HSM a rejeté sa demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article D. 6143-33 du code de la santé publique : " Dans le cadre de ses compétences définies à l'article L. 6143-7, le directeur d'un établissement public de santé peut, sous sa responsabilité, déléguer sa signature ". Aux termes de l'article D. 6143-35 du même code : " Les délégations mentionnées à la présente sous-section, de même que leurs éventuelles modifications sont notifiées aux intéressés et publiées par tout moyen les rendant consultables. Elles sont communiquées au conseil de surveillance et transmises sans délai au comptable de l'établissement lorsqu'elles concernent des actes liés à la fonction d'ordonnateur des dépenses ". Aux termes de l'article R. 6143-38 de ce code : " Sans préjudice des obligations de publication prévues par d'autres dispositions du présent code, les décisions des directeurs des établissements publics de santé et les délibérations non réglementaires de leurs conseils de surveillance sont notifiées aux personnes physiques et morales qu'elles concernent. Leurs décisions et délibérations réglementaires sont publiées sur le site internet de l'établissement. Lorsque ces décisions ou délibérations font grief à d'autres personnes que les usagers et les personnels, elles sont, en outre, publiées au bulletin des actes administratifs de la préfecture du département dans lequel l'établissement a son siège ".
3. La légalité d'une décision administrative, s'agissant notamment de la compétence de son auteur, s'apprécie au regard des dispositions en vigueur à la date à laquelle elle est prise. L'entrée en vigueur d'une mesure d'organisation du service telle qu'une décision organisant l'intérim d'un agent public intervient à la date de sa publication.
4. Il ressort des pièces du dossier et, notamment de la décision contestée du
15 janvier 2021, que cette décision a été signée par la directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim. Il est constant que, par une décision du 1er juillet 2020, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-de-Marne n° 36 du 29 juin au 6 juillet 2020, la directrice des HSM a donné délégation permanente à Mme C, directrice adjointe chargée des affaires médicales, dont l'intérim a été assuré par Mme B à compter du 28 décembre 2020 en application d'une décision n° 2020-123 du 28 décembre 2020 produite en défense, à l'effet de signer notamment " toutes les pièces et correspondances se rapportant à la gestion du personnel médical, () ". Toutefois, si cette décision du 28 décembre 2020 a été diffusée par courriel à Mme B et à des agents des HSM, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle ait fait l'objet d'une mesure de publication ou d'affichage. Ainsi, en l'absence de publicité suffisante, cette décision ne peut être regardée comme étant entrée en vigueur. Par suite, Mme E est fondée à soutenir que la décision attaquée, signée par Mme B, en qualité de directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim, est entachée d'incompétence.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme E est fondée à demander l'annulation de la décision du 15 janvier 2021 par laquelle la directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim des HSM a refusé de lui verser l'indemnité d'engagement de service public exclusif.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. Eu égard au motif d'annulation retenu, seul susceptible de l'être eu égard aux éléments produits dans le dossier et sous réserve d'un changement dans les circonstances de fait ou de droit, l'exécution du présent jugement implique que la demande de Mme E soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre aux HSM de procéder au réexamen de la demande de l'intéressée dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a, toutefois, pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge des HSM une somme de 1 500 euros au bénéfice de Mme E sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
8. En revanche, il n'y a pas lieu, de mettre à la charge de Mme E, qui n'a pas la qualité de partie perdante à l'instance, la somme demandée par les HSM sur le fondement de ces dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 15 janvier 2021 par laquelle la directrice adjointe chargée des affaires médicales de territoire par intérim des Hôpitaux de Saint-Maurice a rejeté la demande de Mme E tendant au versement de l'indemnité d'engagement de service public exclusif est annulée.
Article 2 : Il est enjoint aux Hôpitaux de Saint-Maurice de réexaminer la demande de Mme E dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : Les Hôpitaux de Saint-Maurice verseront à Mme E une somme de 1 500 (mille-cinq-cents) euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme E est rejeté.
Article 5 : Les conclusions des Hôpitaux de Saint-Maurice présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et aux
Hôpitaux de Saint-Maurice.
Délibéré après l'audience du 8 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mai 2024.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026