mardi 3 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102496 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre |
| Avocat requérant | SCP SAIDJI & MOREAU |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 17 mars 2021, la présidente de la 8ème chambre du tribunal administratif de Montreuil a transmis au tribunal, en application de l'article R. 351-3 du code de justice administrative, la requête présentée par M. A B.
Par une requête, enregistrée le 18 décembre 2020 et un mémoire, enregistré le
21 mai 2021, M. A B, représenté par Me Dauzier, demande au tribunal :
1°) de condamner l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) à lui verser la somme totale de 47 877,10 euros ;
2°) de mettre à la charge de l'ONIAM la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conditions d'engagement de la solidarité nationale sont réunies en raison de l'infection nosocomiale dont a été victime Ann B ;
- le préjudice de la victime directe doit être évalué comme suit après application du taux de perte de chance : souffrances endurées : 20 000 euros ; déficit fonctionnel temporaire : 550 euros ;
- le préjudice de M. B, victime indirecte, doit être réparé comme suit, après application du taux de perte de chance : frais d'obsèques : 2 327,10 euros ; préjudice d'affection : 15 000 euros ; préjudice d'accompagnement : 10 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2021, l'ONIAM, représenté par Me Saidji, demande au tribunal :
1°) à titre principal, de rejeter la requête de M. B ;
2°) à titre subsidiaire, de réduire à de plus justes proportions les préjudices de M. B.
Il fait valoir que :
- il y a lieu d'allouer les sommes suivantes au titre du préjudice de la victime : déficit fonctionnel temporaire : 555 euros ; souffrances endurées : 6 387 euros ;
- le préjudice de M. B doit être évalué comme suit : frais d'obsèques : 2 327,10 euros ; préjudice d'affection : 11 000 euros ;
- il y a lieu de rejeter la demande d'indemnisation du préjudice d'accompagnement
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de ce que la requête est portée devant une juridiction incompétente pour en connaître dès lors que, en application du second alinéa de l'article L. 1142-20 du code de la santé publique, l'action en indemnisation intentée contre l'ONIAM doit l'être devant la juridiction compétente selon la nature du fait générateur du dommage.
Par un mémoire, enregistré le 12 septembre 2023, M. B a présenté des observations en réponse à cette mesure d'information.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Cyril Dayon, conseiller,
- les conclusions de Mme Linda Mentfakh, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Ann B a été victime d'une infection à la suite de sa prise en charge à l'Institut Gustave Roussy le 24 février 2017 et est décédée le 27 mai 2017. M. B a présenté une demande d'indemnisation à la commission de conciliation et d'indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des maladies nosocomiales (CCI) d'Ile-de-France qui, après avoir organisé une expertise, a, par un avis du 4 avril 2019, estimé que la réparation des conséquences dommageables de cette infection devait être assurée pour moitié au titre de la solidarité nationale. N'ayant pas accepté de transiger avec l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) comme celui-ci le lui a proposé, M. B demande au tribunal de condamner ce dernier au titre des conséquences dommageables de la prise en charge d'Ann B.
2. D'une part, aux termes de l'article L. 6161-5 du code de la santé publique : " Sont qualifiés d'établissements de santé privés d'intérêt collectif les centres de lutte contre le cancer définis à l'article L. 6162-1 et les établissements de santé privés gérés par les personnes morales de droit privé mentionnées au 1° du II de l'article 1er de la loi n° 2014-856 du 31 juillet 2014 relative à l'économie sociale et solidaire remplissant les conditions et ayant obtenu l'habilitation mentionnées à l'article L. 6112-3 du présent code et qui poursuivent un but non lucratif. / () ". Aux termes de l'article D. 6161-2 du même code " L'agence régionale de santé tient à jour, dans son ressort géographique, la liste des établissements de santé privés qui, remplissant les conditions fixées à l'article L. 6161-5, sont qualifiés d'établissements de santé privés d'intérêt collectif ". D'autre part, aux termes de l'article L. 1142-20 du code de la santé publique : " La victime, ou ses ayants droit, dispose du droit d'action en justice contre l'office si aucune offre ne lui a été présentée ou si elle n'a pas accepté l'offre qui lui a été faite. / L'action en indemnisation est intentée devant la juridiction compétente selon la nature du fait générateur du dommage ".
3. Il résulte des dispositions précitées de l'article L. 1142-20 du code de la santé publique qu'il n'appartient pas au juge administratif de connaître de conclusions indemnitaires à raison de soins pratiqués dans un établissement de santé privé ainsi que de l'engagement de la solidarité nationale au titre d'une infection nosocomiale survenue au cours ou au décours d'une prise en charge dans un tel établissement. Or, il résulte de l'instruction que l'institut Gustave Roussy a la qualité d'établissement de santé privé d'intérêt collectif en application des dispositions précitées des articles L. 6161-5 et D. 6161-2 du code de la santé publique. Par suite, la requête présentée par M. A B qui tend à l'indemnisation au titre de la solidarité nationale des conséquences dommageables de l'infection dont a été atteinte Ann B à la suite de la prise en charge médicale dont elle a été l'objet à l'institut Gustave Roussy le 24 février 2017, relève de la compétence des juridictions de l'ordre judiciaire et ne peut donc qu'être rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée comme portée devant une juridiction incompétente pour en connaître.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'Office national d'indemnisation des accidents médicaux des affections iatrogènes et des infections nosocomiales.
Délibéré après l'audience du 15 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Timothée Gallaud, président,
M. Dominique Binet, premier conseiller,
M. Cyril Dayon, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 octobre 2023.
Le rapporteur,
C. Dayon
Le président,
T. Gallaud
La greffière,
C. Kiffer
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026