jeudi 13 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2102991 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 8ème chambre |
| Avocat requérant | BIDAULT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés successivement les 1er avril 2021, 27 juillet 2021 et 23 avril 2022, la société Assistance Conseil Immobilier Michel Eiss (" Acime "), représentée par Me Bidault, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle Marne-la-Vallée (" Epamarne ") à lui verser la somme de 7 900 euros hors taxes au titre des prestations effectuées et celle de 2 000 euros au titre du préjudice moral subi ;
2°) de mettre à la charge de l'Epamarne la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La société Acime soutient que l'échange foncier, objet de la convention dont elle était titulaire, est intervenu le 23 septembre 2020 et qu'elle a donc droit au règlement de ses prestations en application de l'article V de la convention du 25 juillet 2014.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 2 juillet 2021 et 14 avril 2022, l'Epamarne, représenté par Me Ghaye, conclut au rejet de la requête et au versement à son profit d'une somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que :
- la mission de la société Acime s'est achevée le 25 juillet 2019, date à laquelle la convention avait épuisé ses effets ;
- aucune décision de prolongation de la convention au-delà de cette date n'a été prise ;
- il s'ensuit que la demande d'indemnisation formulée par la société doit être rejetée dans tous ses chefs.
En réponse à une demande du tribunal du 19 mai 2023 en application de l'article R. 612-5-1 du code de justice administrative, le requérant a répondu le même jour qu'il maintenait sa requête.
Les parties ont été informées le 20 juin 2023, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'incompétence de la juridiction administrative pour connaître du litige.
Par un mémoire, enregistré le 22 juin 2023, la société Acime a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Par un mémoire, enregistré le 26 juin 2023, l'Epamarne a présenté des observations en réponse au moyen d'ordre public.
Vu :
- l'ordonnance n° 21PA04265 du 4 octobre 2021 du juge des référés de la cour administrative d'appel de Paris ayant statué sur la demande de provision de la société Acime ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le décret n° 72-770 du 17 août 1972 relatif à l'établissement public d'aménagement Epamarne ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Israël,
- les conclusions de Mme Salenne-Bellet, rapporteure publique,
- et les observations de Me Bidault, représentant la société Acime, et de Me Radoszycki, représentant l'Epamarne.
Considérant ce qui suit :
1. Dans le cadre de la réalisation de la dernière phase d'aménagement du quartier de la ferme du Buisson qui est située dans le périmètre de la zone d'aménagement concerté (ZAC) de Champs Noisiel Torcy, l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle Marne-la-Vallée (" Epamarne ") a conclu, le 25 juillet 2014, une convention d'assistance foncière avec la société Assistance Conseil Immobilier Michel Eiss (" Acime "). Ce contrat a pour objet " l'assistance à la concrétisation du déplacement des 32 boxes situés 5 allée de la Ferme à Noisiel (négociations avec le syndic et le syndicat n° 5 des copropriétaires de la Ferme du Buisson, obtention de l'accord de chacun des propriétaires concernés jusqu'à la régularisation de l'échange) ". La convention en cause a été conclue pour une durée initiale de douze mois puis, conformément à son article VII, a été prorogée à quatre reprises pour la même durée par décisions successives de l'Epamarne en date des 24 juillet 2015, 21 juillet 2016, 28 juin 2017 et 23 juillet 2018. La convention a pris fin le 25 juillet 2019. Le déplacement des boxes, matérialisé par des échanges fonciers notariés, est intervenu le 23 septembre 2020. Le 25 juillet 2019, la société Acime a adressé à l'Epamarne, une facture n° 25072019-23 d'un montant de 3 900 euros TTC. Le 30 septembre 2020, la société a envoyé une seconde facture n° 30092020-01 d'un montant de 4 800 euros TTC correspondant à sa rémunération liée au résultat obtenu. En l'absence de paiement, la société a présenté une première demande indemnitaire préalable d'un montant de 4 000 euros HT le 15 décembre 2020. Cette première demande a été suivie d'une seconde, le 22 mars 2021, afin d'obtenir également le règlement, d'une part, de la somme de 3 900 euros HT correspondant à des prestations effectuées entre le 26 juillet 2019 et le 8 octobre 2020, et, d'autre part, de celle de 2 000 euros à titre de réparation de son préjudice moral. Aucune réponse n'a été apportée par l'Epamarne à ces différentes demandes. Par sa requête, la société Acime demande la condamnation de l'Epamarne à lui verser une somme de 7 900 euros HT représentative de la rémunération qui lui serait due, en exécution de la convention d'assistance foncière signée avec l'Epamarne, du fait de la parfaite réalisation de la prestation prévue à ladite convention. Elle sollicite en outre la mise à la charge de cet établissement public de la somme de 2 000 euros au titre du préjudice moral subi.
2. En premier lieu, aux termes de l'article V de la convention d'assistance foncière, relatif à la " rémunération du prestataire " : " 1. Au titre de connaissance du dossier et de ses travaux d'études préalables, un honoraire forfaitaire de 1 000 € HT ; / 2. Pour sa participation à toute réunion qui s'avérera nécessaire dans le cadre de son assistance au suivi des négociations jusqu'à la régularisation de l'échange foncier, un honoraire de 500 € HT/réunion, avec un nombre maximum de réunions estimé à 6 à la date de signature des présentes. / Au cas où, à la suite d'une demande de l'EPA, soit en fonction de l'évolution non prévisible à la date de la signature des présentes, des missions ou réunions complémentaires seraient demandées par l'EPA au Prestataire, elles pourront faire l'objet de modifications des conditions de rémunération sur la base d'un décompte du temps passé sur ces tâches spécifiques et d'un taux horaire de 130 € HT./ Ces honoraires feront l'objet d'une facturation trimestrielle, augmentés de la TVA applicable au moment de leur paiement, soit actuellement 20 %. / Dans l'hypothèse où Acime viendrait à concrétiser l'accord de chacun des propriétaires de boxes concernés, il percevra à l'issue de la régularisation des échanges fonciers un honoraire forfaitaire de 4 000 HT ".
3. Pour demander le versement d'une somme d'un montant de 7 900 euros HT, la société Acime se prévaut des stipulations du dernier alinéa de l'article V de la convention d'assistance foncière, en vertu desquelles une telle somme lui serait due en rémunération de sa prestation en cas de concrétisation de l'échange avec chacun des propriétaires des boxes concernés. Toutefois, d'une part, il est constant que les échanges fonciers, qui étaient à l'origine de la convention d'assistance foncière conclue avec l'Epamarne, sont intervenus le 23 septembre 2020 alors que la convention en cause, qui était arrivée à expiration depuis le 25 juillet 2019, ainsi qu'il a été dit au point 1, avait épuisé ses effets et que la mission de la société Acime s'était achevée sans que des échanges aient eu lieu à cette date. D'autre part, l'Epamarne soutient sans être contredit qu'il a finalisé les échanges fonciers sans l'assistance de la société Acime par la signature d'un acte authentique, plus d'un an après le terme de la convention, le 23 septembre 2020. La société ne peut donc être regardée comme ayant concrétisé l'accord de chacun des propriétaires de boxes concernés au sens du dernier alinéa de l'article V de la convention d'assistance foncière et n'est, par suite, pas fondée à prétendre tant à la rémunération forfaitaire de 4 000 euros HT qu'à la somme de 3 900 euros HT au titre de prestations qu'elle aurait effectuées entre le 26 juillet 2019 et le 8 octobre 2020.
4. En second lieu, la société demande le versement d'une somme de 2 000 euros au titre de son préjudice moral résultant du comportement déloyal de l'Epamarne à son égard, nuisant à son image et sa réputation. Toutefois, la société n'assortit ces allégations d'aucune pièce justificative. En outre, ainsi qu'il a été rappelé au point précédent, elle ne démontre pas que le contrat se serait prolongé au-delà du 25 juillet 2019. Dans ces conditions, ce chef de réclamation doit être écarté.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de la requête de la société Acime tendant à la condamnation de l'Epamarne doivent être rejetées.
Sur les conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la somme réclamée par la société Acime au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens soit mise à la charge de l'Epamarne, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de condamner la société Acime à verser à l'Epamarne une somme de 1 000 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Acime est rejetée.
Article 2 : La société Acime versera une somme de 1 000 euros à l'Epamarne sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Assistance Conseil Immobilier Michel Eiss (Acime) et à l'établissement public d'aménagement de la ville nouvelle de Marne-la-Vallée (Epamarne).
Délibéré après l'audience du 27 juin 2023, à laquelle siégeaient :
M. Guével, président,
M. Israël, premier conseiller,
Mme Potin, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2023.
Le rapporteur,
D. Israël
Le président,
B. GuévelLa greffière,
C. Mahieu
La République mande et ordonne au préfet de la région d'Ile-de-France, préfet de Paris, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026