jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103133 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS AVODIA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 6 avril 2021 et le 12 février 2024, M. C A B et Mme D A B, représentés par Me Lopez, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2013, 2014 et 2015 ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la procédure est irrégulière dès lors que l'administration fiscale n'établit pas avoir répondu aux observations du contribuable, datées du 20 septembre 2016 ;
- la proposition de rectification du 20 juillet 2016 est insuffisamment motivée ;
- l'administration n'établit pas le caractère occulte des revenus en cause, au sens de l'article 111 c du code général des impôts ;
- le principe du contradictoire a été méconnu dès lors que la comptabilité de la société CTP n'a pas été versée aux débats.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 7 octobre 2021 et le 15 février 2024, l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. et Mme A B ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Jean,
- et les conclusions de Freydefont, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la société CTP dont M. A B était le gérant, l'administration a, par une proposition de rectification en date du 20 juillet 2016, notifié à M. et Mme A B des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2013, 2014 et 2015, en estimant qu'ils avaient bénéficié de sommes regardées comme distribuées sur le fondement du c de l'article 111 du code général des impôts. Par la présente requête, M. et Mme A B demandent au tribunal la décharge, en droits et pénalités, de ces impositions supplémentaires.
Sur les conclusions à fin de décharge :
En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :
2. En premier lieu, à supposer que les requérants soutiennent n'avoir jamais reçu la réponse aux observations du contribuable en date du 23 mars 2017, il résulte de l'instruction que celle-ci leur a été notifiée par lettre recommandée, dont l'accusé de réception, en date du 25 mars 2017, porte la signature de son destinataire.
3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées.
4. Il résulte de l'instruction que la proposition de rectification du 20 juillet 2016 explicite les motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, précise le montant des rehaussements envisagés, la catégorie de revenus dans lesquelles ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification doit être écarté.
En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :
5. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme revenus distribués : () c. Les rémunérations et avantages occultes () ".
6. D'une part, il résulte des mentions de la proposition de rectification du 20 juillet 2016 que, durant la période contrôlée, des chèques ont été tirés des comptes de la société CTP au profit de M. et Mme A B, les sommes correspondantes ayant été comptabilisées au débit de certains comptes de fournisseurs. Si les requérants soutiennent que l'existence d'une rémunération ou d'un avantage occulte au sens du c. de l'article 111 du code général des impôts n'est pas établie, faute pour l'administration de démontrer que la société CTP aurait émis des factures de complaisance, il résulte des termes mêmes de la proposition de rectification que le service a qualifié de factures de complaisance des factures de fournisseurs, et non des factures émanant de la société CTP, dès lors que les bénéficiaires réels des chèques correspondant à ces factures étaient M. et Mme A B.
7. D'autre part, si les requérants contestent la qualification de rémunération ou d'avantage occulte s'agissant des retraits effectués sur les comptes bancaires de la société CTP auprès de distributeurs automatiques de billets ou directement au guichet de la banque au cours de la période contrôlée, il résulte de l'instruction que M. A B était le seul détenteur des cartes et de la signature sur les comptes de la société CTP et qu'il n'a fourni aucun élément établissant que ces retraits avaient été effectués dans l'intérêt de l'entreprise.
8. Il résulte de ce qui précède que l'administration, alors même qu'elle n'a pas versé au dossier la comptabilité de la société CTP, doit être regardée comme établissant que les sommes en litige constituent des revenus distribués au profit de M. et Mme A B, au sens du c de l'article 111 du code général des impôts. C'est dès lors à bon droit qu'elle a réintégré lesdites sommes au revenu imposable de M. et Mme A B au titre des années 2013, 2014 et 2015 et les a imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.
En ce qui concerne les pénalités :
9. Si les requérants contestent les pénalités et intérêts de retard émis à leur encontre, ils n'articulent aucun moyen au soutien de cette contestation.
10. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A B ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à M. et Mme A B la somme que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C A B, à Mme D A B et à l'administrateur général des finances publiques en charge de la direction spécialisée de contrôle fiscal Ile-de-France.
Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Le Broussois, président,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Jean, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
La rapporteure,
Signé : A. Jean Le président,
Signé : N. Le Broussois
Le greffier,
Signé : G. Ngassaki
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026