LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103146

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103146

jeudi 16 mai 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103146
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantARVIS AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 6 avril 2021 et 25 août 2023, MM. A C et D C et Mme F C, représentés par Me Arvis, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Villeneuve-Saint-Georges à payer les sommes globales de 22 000 euros à M. A C, 91 000 euros à M D C et 39 334 euros à Mme F C, assorties des intérêts légaux et de leur capitalisation, en réparation de préjudices qu'ils estiment avoir subis à raison des pathologies contractées en service par Mme B E, leur mère ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges une somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Les consorts C soutiennent que :

- la responsabilité sans faute de la commune de Villeneuve-Saint-Georges est engagée à leur égard à raison des pathologies contractées en service par leur mère, Mme B E, soit, d'une part, sa pathologie respiratoire ayant donné lieu à une prise en charge au titre de la maladie professionnelle à compter du 26 décembre 2008, et, d'autre part, sa pathologie psychiatrique ayant bénéficié d'une même prise en charge à compter du 24 janvier 2014 ;

- il a résulté de ces pathologies, pour M. A C, des troubles dans les conditions d'existence et un préjudice d'affection, devant respectivement être réparés par l'allocation des sommes de 7 000 euros et 15 000 euros ;

- il en a résulté, pour M. D C, une perte de revenus devant être réparée par l'allocation d'une somme de 60 000 euros, un préjudice d'affection, devant être réparé par l'allocation d'une somme de 15 000 euros, ainsi que des troubles dans les conditions d'existence et un préjudice moral, chacun de ces préjudices devant donner lieu à l'octroi d'une somme de 8 000 euros ;

- il en a résulté, pour Mme F C, une perte de revenus devant être réparée par l'allocation d'une somme de 7 334 euros, un préjudice d'affection, devant être réparé par l'allocation d'une somme de 20 000 euros, ainsi que des troubles dans les conditions d'existence, devant donner lieu à une allocation de 12 000 euros.

Par un mémoire en défense enregistré le 29 octobre 2021, la commune de Villeneuve-Saint-Georges, représentée par Me Walgenwitz, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire au rejet partiel des conclusions indemnitaires et pour le surplus à ce que les sommes demandées soient ramenées à de plus justes proportions, et en tout état de cause à ce que soit mise à la charge des consorts C une somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- les requérants ne peuvent être admis et ne sont pas recevables à présenter des conclusions indemnitaires à titre de victimes indirectes, alors qu'ils n'ont pas la qualité d'ayants droit de Mme E au sens du code des pensions civiles et militaires de retraite, cette dernière n'étant pas décédée ;

- ils ne peuvent obtenir réparation en l'absence de faute commise par la commune ; à cet égard, l'autorité de chose jugée dont sont revêtus les arrêts de la Cour d'appel de Paris nos 14PA02170 du 10 novembre 2015 et 16PA03638 du 28 novembre 2017 fait obstacle à retenir l'existence d'une telle faute ; à tout le moins les requérants ne peuvent obtenir réparation de leurs préjudices patrimoniaux ;

- subsidiairement, les demandes tendant à la réparation des préjudices patrimoniaux ainsi qu'aux troubles dans les conditions d'existence sont imprécises et non justifiées ; celles relatives au préjudice d'affection doivent être ramenées à de plus justes proportions, en les évaluant, respectivement pour MM. A C et D C et Mme F C, à 4 000 euros, 5 000 euros et 5 000 euros, incluant le préjudice moral invoqué par M. D C.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des pensions civiles et militaires de retraite ;

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 ;

- le décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Leconte, rapporteure,

- les conclusions de M. Florian Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- et les observations de Me Arvis, représentant les requérants, ainsi que celles de Me Desmot, se substituant à Me Walgenwitz, représentant la commune de Villeneuve-Saint-Georges.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B E, recrutée par la commune de Villeneuve-Saint-Georges en 1990 puis titularisée en 1998, y a notamment exercé les fonctions d'agente de service et d'entretien. Par un courrier du 3 décembre 2020 réceptionné le lendemain, MM. A C et D C et Mme F C, enfants de Mme E, ont formé via leur conseil un recours indemnitaire préalable tendant à la réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis à raison de pathologies, de nature respiratoire et psychique, contractées en service par leur mère. Le silence gardé par la commune sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. Par la présente requête, les consorts C demandent la condamnation de la commune de Villeneuve-Saint-Georges, sur le fondement de la responsabilité sans faute, à leur payer des indemnités en réparation des préjudices qu'ils estiment avoir subis.

Sur le cadre du litige et la recevabilité de la requête :

2. En vertu des articles L. 27 et L. 28 du code des pensions civiles et militaires de retraite, les fonctionnaires civils de l'Etat qui se trouvent dans l'incapacité permanente de continuer leurs fonctions en raison d'infirmités résultant de blessures ou de maladies contractées ou aggravées en service peuvent être radiés des cadres par anticipation et ont droit au versement d'une rente viagère d'invalidité cumulable avec la pension rémunérant les services. Conformément aux prescriptions figurant alors au II de l'article 119 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais codifiées à l'article L. 556-15 du code général des collectivités publiques, l'article 37 du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 relatif au régime de retraite des fonctionnaires affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales prévoit des règles comparables au profit des agents tributaires de la caisse nationale de retraite des agents des collectivités locales. En outre, le décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière prévoit que soit accordée au profit des mêmes agents une telle allocation dont le montant est fixé à la fraction du traitement brut afférent à l'indice 100 correspondant au taux d'invalidité.

3. Compte tenu des conditions posées à leur octroi et de leur mode de calcul, la rente viagère d'invalidité et l'allocation temporaire d'invalidité doivent être regardées comme ayant pour objet de réparer les pertes de revenus et l'incidence professionnelle résultant de l'incapacité physique causée par un accident de service ou une maladie professionnelle. Les dispositions qui instituent ces prestations déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les fonctionnaires concernés peuvent prétendre, au titre de ces chefs de préjudice, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Ces dispositions ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui subit, du fait de l'invalidité ou de la maladie, des préjudices patrimoniaux d'une autre nature ou des préjudices personnels obtienne de la personne publique qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la personne publique, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette personne ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incombait.

4. En outre, les dispositions des articles 40 et suivants du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003 précisent la réparation forfaitaire à laquelle les ayants cause d'un fonctionnaire civil décédé à raison d'une maladie professionnelle peuvent prétendre.

5. Au cas particulier, les requérants réclament réparation pour les préjudices qu'ils estiment avoir respectivement subis, comme victimes par ricochet, à raison des pathologies contractées en service par leur mère. D'une part, il ne résulte d'aucun élément l'irrecevabilité de la requête des consorts C invoquée en défense. D'autre part, la demande des consorts C n'est ni présentée à titre successoral ni en qualité d'ayants cause d'un fonctionnaire décédé au sens du décret n° 2003-1306 du 26 décembre 2003. Contrairement à ce que soutient la commune en défense, aucune disposition légale et réglementaire, et notamment pas les dispositions susmentionnées, ne fait obstacle à ce que les requérants, quand bien même leur mère n'est pas décédée, se prévalent de préjudices qu'ils auraient eux-mêmes subis, lesquels ne font pas l'objet de prestations déterminant forfaitairement la réparation à laquelle ils peuvent prétendre. De même, aucune disposition ne fait obstacle à ce que les intéressés obtiennent réparation à cet égard, même en l'absence de faute de la commune.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne le principe de responsabilité :

6. Il résulte de l'instruction que Mme E a tout d'abord été affectée d'une pathologie respiratoire (asthme à dyspnée continue) dont il est constant qu'elle a donné lieu à une prise en charge par la commune de Villeneuve-Saint-Georges au titre de la maladie professionnelle à compter du 26 décembre 2008. Il résulte de l'instruction que Mme E a par ailleurs été affectée d'une pathologie d'ordre psychique, qui a fait l'objet d'un arrêté du maire de Villeneuve-Saint-Georges du 20 janvier 2017 portant reconnaissance de l'origine professionnelle de cette pathologie à compter du 24 janvier 2014. Dans ces conditions, les consorts C sont fondés à rechercher la responsabilité sans faute de la commune de Villeneuve-Saint-Georges à raison de leurs éventuels préjudices causés par les deux pathologies précitées contractées par leur mère, pour autant qu'il en soit résulté pour ceux-ci un préjudice direct et certain.

En ce qui concerne M. A C :

7. Il résulte de l'instruction que M. A C, aîné des enfants de Mme E, était encore présent au domicile familial lorsque l'état de santé de sa mère s'est progressivement dégradé, celle-ci ayant été affectée de premiers troubles respiratoires, caractérisés par un asthme sévère à l'origine d'hospitalisations en urgence, à compter de 2005, alors que le requérant était âgé d'environ 17 ans. Mme E a ensuite développé une réactivité anxieuse associée à la symptomatologie pulmonaire, autour de l'année 2009, correspondant pour le requérant à l'âge de 21 ans. Alors que Mme E a vécu auprès de ses enfants en étant séparée du père de ceux-ci depuis l'année 1995, avant un divorce en 2000, il résulte des témoignages concordants de M. A C et de sa fratrie que sur cette période tout particulièrement, antérieurement au mariage de l'intéressé à l'âge de 23 ans et départ du domicile familial, celui-ci a assumé un rôle de chef de famille dans le contexte précité d'atteinte de l'intégrité physique et psychique de leur mère. Enfin, il résulte de l'instruction la dégradation très profonde de l'état de celle-ci, tant au plan physique que psychique, plus particulièrement à compter de 2014, avec des épisodes successifs de décompensations asthmatiques graves, décrits, aux termes d'un rapport d'expertise juridictionnelle établi le 1er juillet 2019 concernant Mme E, comme source de vécu morbide pour cette dernière et ainsi associés à des symptômes de stress post-traumatique. En conséquence, l'existence d'un préjudice d'affection subi par M. A C, témoin des troubles affectant sa mère, et de troubles dans ses conditions d'existence, est établie. Eu égard aux circonstances précitées, il sera fait une juste appréciation de ces préjudices en fixant l'indemnité due à ce titre à la somme globale de 1 500 euros.

En ce qui concerne M. D C :

8. Premièrement, M. D C, cadet des enfants de Mme E, allègue un préjudice économique, caractérisé par une perte de revenus, qu'il invoque comme résultant directement et intégralement des maladies contractées par sa mère, dont la dégradation de l'état de santé aurait provoqué chez lui un état dépressif et une dépendance alcoolique l'ayant conduit à abandonner toute activité professionnelle à compter de 2014, notamment celle exercée au sein d'une entreprise de commerce alimentaire qu'il a créée en janvier 2012, radiée du répertoire des métiers en décembre de la même année. Toutefois, le requérant ne produit pas de pièces justificatives probantes à l'appui de ses allégations, et ainsi n'établit pas suffisamment l'existence d'un lien de causalité direct et certain entre les pathologies affectant sa mère et son propre état de santé, encore moins l'existence d'un tel lien avec sa situation d'inactivité professionnelle, et au surplus, ne justifie pas même avoir perçu des revenus tirés de l'exercice d'une activité professionnelle avant 2014. Par suite, aucune indemnité ne peut être allouée au titre d'une perte de revenus.

9. Deuxièmement, il résulte de l'instruction que M. D C, sans emploi, bénéficiaire d'une reconnaissance d'une situation de handicap et résidant toujours au domicile familial, a assisté à la dégradation progressive de l'état de santé de Mme E, sa mère, laquelle l'a élevé alors qu'elle s'est séparée de son père lorsqu'il avait cinq ans. M. D C était âgé d'environ 14 ou 15 ans lors des premières manifestations importantes d'atteinte respiratoire ayant affecté sa mère, d'environ 18 ans lors du développement chez celle-ci d'une réactivité anxieuse et d'environ 23 ans au commencement des épisodes de décompensations asthmatiques graves associés à des hospitalisations en urgence et en unité de soins intensifs, dont le requérant indique qu'ils l'ont particulièrement marqué en tant qu'associés à une crainte de perdre sa mère et à la confrontation au déclin de l'élan vital de celle-ci. Si le requérant, qui se prévaut d'un préjudice moral distinct tiré de son état dépressif et de dépendance alcoolique, n'en établit pas le lien direct et certain avec les maladies contractées par sa mère, pour les mêmes motifs qu'énoncés au point précédent, il justifie en revanche avoir subi un préjudice moral ou d'affection, en tant que témoin de la dégradation de l'état de santé de sa mère, et de troubles dans ses conditions d'existence. Il sera fait une juste appréciation de ces deux chefs de préjudices en fixant l'indemnité due à ce titre à la somme globale de 1 500 euros.

En ce qui concerne Mme F C :

10. Premièrement, en l'absence de justificatifs suffisamment probants, Mme F C n'établit pas l'existence de la perte de revenus alléguée en lien direct et certain avec les pathologies affectant sa mère, en dépit des contraintes associées à l'assistance apportée à cette dernière par la requérante, dont elle ne démontre toutefois pas le caractère inconciliable avec une activité professionnelle. Notamment, il n'est ni produit de justificatifs pour l'activité que la requérante énonce avoir exercée courant 2018, ni le contrat de travail auquel elle invoque avoir été contrainte de mettre fin, non plus qu'il n'est apporté de précisions sur ces circonstances. Par suite, aucune indemnité ne peut être allouée au titre d'une perte de revenus.

11. Deuxièmement, il résulte de l'instruction que Mme F C, benjamine de sa fratrie, avait à peine 10 ans à l'apparition chez sa mère d'un asthme sévère, était encore adolescente lors de la reconnaissance de l'imputabilité au service de cette pathologie et de l'émergence chez sa mère de troubles anxieux en réaction à sa symptomatologie pulmonaire, et d'à peine 18 ans au commencement des épisodes de décompensations asthmatiques graves associés à des symptômes dépressifs et de stress post-traumatique. Il résulte de l'instruction, notamment du rapport d'expertise juridictionnelle établi le 1er juillet 2019 concernant Mme E, que Mme F C, qui évoque s'être retrouvée en responsabilité de sa famille suite au départ de son frère aîné du foyer familial, y réside toujours et apporte à sa mère un accompagnement quotidien. La requérante, qui accompagnait d'ailleurs sa mère aux opérations d'expertise conduites en janvier 2019, assiste celle-ci pour les activités de la vie courante depuis l'année 2016, notamment pour la toilette et l'habillement. L'existence du préjudice d'affection et des troubles dans ses conditions d'existence subis par Mme C est donc établie. Eu égard aux éléments précités, en particulier l'accompagnement prodigué, son jeune âge au commencement des faits et la longue période concernée, il sera fait une juste appréciation de ces deux chefs de préjudices en fixant l'indemnité due à ce titre à la somme globale de 6 000 euros.

12. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que la commune de Villeneuve-Saint-Georges est condamnée à payer les sommes de 1 500 euros à M. A C, de 1 500 euros à M. D C et de 6 000 euros à Mme F C.

Sur les intérêts et la capitalisation des intérêts :

13. D'une part, lorsqu'ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires dus en application de l'article 1231-6 du code civil courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine. Par suite, les consorts C ont droit aux intérêts au taux légal sur les indemnités allouées précitées à compter du 4 décembre 2020, date de réception par l'administration de sa demande préalable.

14. D'autre part, la capitalisation des intérêts peut être demandée à tout moment devant le juge du fond, même si, à cette date, les intérêts sont dus depuis moins d'une année. En ce cas, cette demande ne prend toutefois effet qu'à la date à laquelle, pour la première fois, les intérêts sont dus pour une année entière. La capitalisation des intérêts a été demandée le 6 avril 2021. Il y a lieu de faire droit à cette demande à compter du 4 décembre 2021, date à laquelle était due pour la première fois une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

16. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges la somme globale de 1 500 euros en remboursement des frais exposés par la partie requérante non compris dans les dépens. Les mêmes dispositions font obstacle à ce que soit mis à la charge des requérants, qui ne sont pas la partie perdante à l'instance, le versement à la commune de la somme demandée par cette dernière au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Villeneuve-Saint-Georges est condamnée à payer les sommes de 1 500 euros à M. A C, de 1 500 euros à M. D C et de 6 000 euros à Mme F C, avec intérêts au taux légal à compter du 4 décembre 2020 et capitalisation des intérêts à compter du 4 décembre 2021.

Article 2 : Il est mis à la charge de la commune de Villeneuve-Saint-Georges la somme globale de 1 500 euros à verser aux requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3: Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Les conclusions présentées par la commune de Villeneuve-Saint-Georges sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, M. D C, à Mme F C et à la commune de Villeneuve-Saint-Georges.

Délibéré après l'audience du 25 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Leconte, première conseillère,

Mme Massengo, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 mai 2024.

La rapporteure,

S. LECONTELa présidente,

I. BILLANDON

La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne, en ce qui la concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions