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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103588

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103588

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103588
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantCREAC'H

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 19 avril 2021, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Service Espaces Verts, représentée par Me Creac'h, demande au tribunal :

1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2012, 2013 et 2014, ainsi que des pénalités correspondantes ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La requérante soutient que :

- les propositions de rectification méconnaissent les dispositions de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales ;

- c'est à tort que l'administration a considéré que la taxe sur la valeur ajoutée était exigible à l'encaissement alors que son activité consiste essentiellement en l'achat et la revente de matières premières ;

- le rappel de taxe sur la valeur ajoutée s'inscrit dans le cadre de la répétition de l'indu et doit faire l'objet d'un abandon par l'administration fiscale.

Par un mémoire en défense, enregistré le 20 septembre 2021, l'administrateur des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que la requête est irrecevable en ce qu'elle est tardive et en ce qu'elle méconnaît l'autorité de la chose jugée et que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les conclusions de M. Delmas, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. L'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Service Espaces Verts, qui est spécialisée dans le secteur des services d'aménagement paysager, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité au titre des années 2012, 2013 et 2014, à l'issue de laquelle elle a été rendue destinataire de deux propositions de rectification des 16 décembre 2015 et 25 mars 2016. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période vérifiée ont été mis en recouvrement à son encontre par avis de mise en recouvrement du 16 décembre 2016. L'intéressée a présenté des premières réclamations par courriers des 3 et 11 janvier 2017, rejetées par une décision du 6 juillet 2017. La requête tendant à la décharge de ces impositions a été rejetée par un jugement du tribunal n° 1707043 du 19 décembre 2019. L'intéressée a présenté une nouvelle réclamation le 2 novembre 2020, rejetée pour tardiveté par décision du 15 février 2021. Par la requête susvisée, la société requérante demande la décharge de ces mêmes impositions.

Sur l'exception d'autorité de la chose jugée opposée par l'administrateur des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France :

2. Il résulte de l'instruction que par le jugement précité n° 1707043 du 19 décembre 2019, devenu définitif, le tribunal a rejeté la requête de la société Service Espaces Verts tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre des années 2012, 2013 et 2014, à l'appui de laquelle celle-ci invoquait des moyens relatifs à la procédure d'imposition, au bien-fondé des impositions et aux pénalités dont elles avaient été assorties. La présente requête, introduite par le même contribuable, concerne les mêmes impositions et sont appuyées de moyens se rattachant aux mêmes causes juridiques que ceux soulevés dans l'instance précédente. Compte tenu de cette triple identité de parties, d'objet et de cause, l'autorité qui s'attache à la chose jugée par le jugement du 19 décembre 2019 fait obstacle au jugement de demandes identiques, même assorties de moyens nouveaux, présentées par la société requérante dans la présente instance. Il y a donc lieu, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir invoquée en défense et tirée de la tardiveté de la requête, d'accueillir l'exception d'autorité de la chose jugée et de rejeter la présente requête dans toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'EURL Service Espaces Verts est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée Service Espaces Verts et à l'administrateur des finances publiques chargé de la direction spécialisée de contrôle fiscal d'Île-de-France.

Délibéré après l'audience du 4 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 septembre 2024.

Le rapporteur,

Signé : P. Meyrignac Le président,

Signé : N. Le Broussois

La greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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