jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103980 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | DAIME |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 avril 2021 et 16 novembre 2022, Mme B A, représentée par Me Daime, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de Dammartin-en-Goële a refusé de faire droit à sa demande de rétablissement du bénéfice de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise durant son congé d'invalidité temporaire imputable au service, et à sa demande de versement des sommes correspondant aux indemnités dues depuis le mois de novembre 2020 ;
2°) d'enjoindre à la commune de Dammartin-en-Goële de lui rétablir le bénéfice de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise à compter du 1er novembre 2020 et jusqu'à la fin de son congé d'invalidité temporaire imputable au service ;
3°) de condamner la commune de Dammartin-en-Goële à lui payer la somme de 6 969 euros bruts correspondant au montant de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise dû au titre de la période du 1er novembre 2020 au 30 octobre 2022 ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Dammartin-en-Goële le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
5°) de condamner la commune de Dammartin-en-Goële aux entiers dépens.
Mme A soutient que :
- la décision méconnaît les dispositions de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 relatives au congé pour invalidité temporaire imputable au service, dès lors que l'indemnité de de fonctions, de sujétions et d'expertise fait partie intégrante du traitement devant être maintenu durant ce congé ;
- elle peut prétendre au versement par la commune de Dammartin-en-Goële de la somme de 6 969 euros bruts correspondant au montant de l'indemnité de fonction, de sujétions et d'expertise dû au titre de la période du 1er novembre 2020 au 30 octobre 2022 durant laquelle elle était placée en congé d'invalidité temporaire imputable au service.
Par un mémoire en défense enregistré le 3 novembre 2022, présenté par Me Seban, la commune de Dammartin-en-Goële, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A la somme de 2 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 13 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 août 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 87-602 du 30 juillet 1987
- le décret n° 2014-513 du 20 mai 2014 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massengo, rapporteure,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- et celles de Me Verger, se substituant à Me Seban, représentant la commune de Dammartin-en-Goële.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, titulaire du grade d'adjoint technique de 2ème classe, est affectée au sein de la commune de Dammartin-en-Goële depuis le 2 janvier 2013. Victime de deux accidents de service, les 16 octobre 2015 et 5 avril 2016, elle a ensuite été placée en congé pour maladie professionnelle à compter du 5 avril 2016 par un arrêté du 4 avril 2018 et se trouvait toujours dans cette position administrative à la date d'introduction de sa requête. Par un arrêté du 1er janvier 2018, le maire de Dammartin-en-Goële a décidé d'attribuer à Mme A une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise (IFSE) d'un montant annuel de 3 636 euros. Par une délibération du 6 novembre 2020, le conseil municipal de la commune a décidé la suspension du versement de cette indemnité aux agents placés en congé d'invalidité temporaire imputable au service. Par un courrier du 21 janvier 2021 reçu le 1er février 2021, Mme A a demandé au maire de Dammartin-en-Goële de lui rétablir le bénéfice de l'IFSE qu'elle a cessé de percevoir à compter du mois de novembre 2020 alors qu'elle était placée en congé d'invalidité temporaire imputable au service, et de lui verser le montant de l'indemnité qu'elle aurait dû percevoir depuis lors. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures, l'annulation de cette décision et la condamnation de la commune de Dammartin-en-Goële à lui verser la somme de 6 969 euros bruts correspondant au montant de l'IFSE qu'elle aurait dû percevoir entre le 1er novembre 2020 et le 30 octobre 2022.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services. S'y ajoutent les prestations familiales obligatoires ". De plus, aux termes de l'article 88 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, alors applicable : " Les organes délibérants des collectivités territoriales et de leurs établissements publics fixent les régimes indemnitaires, dans la limite de ceux dont bénéficient les différents services de l'Etat. Ces régimes indemnitaires peuvent tenir compte des conditions d'exercice des fonctions et de l'engagement professionnel des agents. Lorsque les services de l'Etat servant de référence bénéficient d'une indemnité servie en deux parts, l'organe délibérant détermine les plafonds applicables à chacune de ces parts et en fixe les critères, sans que la somme des deux parts dépasse le plafond global des primes octroyées aux agents de l'Etat. () ". Enfin, aux termes de l'article 1er du décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat : " Les fonctionnaires relevant de la loi du 11 janvier 1984 susvisée peuvent bénéficier, d'une part, d'une indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise et, d'autre part, d'un complément indemnitaire annuel lié à l'engagement professionnel et à la manière de servir, dans les conditions fixées par le présent décret /()/ ".
3. D'autre part, aux termes de l'article 21 bis de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " I.-Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article. / Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Et aux termes de l'article 37-13 du décret du 30 juillet 1987 pris pour application de la loi du 26 janvier 1984 : " Le bénéficiaire d'un congé pour invalidité temporaire imputable au service conserve ses avantages familiaux. Les fonctionnaires qui perçoivent une indemnité de résidence au moment où ils sont placés en congé pour invalidité temporaire imputable au service en conservent le bénéfice dans les conditions prévues à l'article 27 ".
4. Il résulte de ces dispositions que les fonctionnaires territoriaux placés en congé pour invalidité temporaire imputable ne bénéficient pas d'un droit au maintien des indemnités attachées à l'exercice des fonctions, au nombre desquelles figure l'IFSE, instituée par le décret du 20 mai 2014 portant création d'un régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel dans la fonction publique de l'Etat, que l'assemblée délibérante de chaque collectivité territoriale peut instaurer au bénéfice de ses agents. Par ailleurs, s'il est loisible à l'assemblée délibérante d'une collectivité territoriale de prévoir le maintien de cette indemnité aux agents placés en congé pour invalidité temporaire imputable au service, elle n'est pas tenue de le faire. Dès lors, le maire de Dammartin-en-Goële a pu légalement faire application de la délibération du conseil municipal du 6 novembre 2020 prévoyant la suspension de l'IFSE aux agents placés en congé d'invalidité temporaire imputable au service et refuser de rétablir le bénéfice de cette indemnité au profit de Mme A durant ce congé. Par suite, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision implicite par laquelle le maire a rejeté sa demande de rétablissement de son IFSE et de versement des sommes dues à ce titre depuis novembre 2020 est entachée d'illégalité.
5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision implicite née le 1er avril 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
6. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
7. Il résulte des constatations opérées aux points 2 à 4 que le maire de Dammartin-en-Goële n'a commis aucune faute de nature à engager la responsabilité de la commune en refusant de faire droit à la demande de Mme A tendant au versement de IFSE à compter du mois de novembre 2020. Par suite, les conclusions indemnitaires ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Dammartin-en-Goële, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme A demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Dammartin-en-Goële au même titre.
9. La présente instance n'ayant pas donné lieu à des dépens, les conclusions relatives aux dépens ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la commune de Dammartin-en-Goële sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Dammartin-en-Goële.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MASSENGOLa présidente,
I. BILLANDON
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026