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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2103982

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2103982

jeudi 10 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2103982
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Avocat requérantPUISSANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 28 avril 2021, M. A B, représenté par Me Puissant, demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative :

1°) de condamner l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) à lui verser la somme de 23 207,09 euros à titre de provision en réparation des conséquences dommageables de l'intervention chirurgicale qu'il a subie le 10 juin 2015 à l'hôpital Bicêtre et de l'infection dont il a été atteint à la suite de cette intervention ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la responsabilité de l'AP-HP est engagée dès lors que l'infection dont il a été victime a été contractée lors de son hospitalisation, au cours de laquelle un geste chirurgical n'a pas été accompli dans les règles de l'art, ainsi que l'a relevé l'expert désigné en référé ;

- il est en conséquence fondé à demander une provision au titre du préjudice résultant de la faute commise et de l'infection nosocomiale dont il a été victime, décomposée comme suit : 2 571,25 euros au titre du déficit fonctionnel temporaire ; 8 000 euros au titre des souffrances endurées ; 2 200 euros au titre du préjudice esthétique temporaire et permanent ; 4 606 euros au titre des frais liés au besoin d'assistance par une tierce personne ; 837,64 euros au titre des dépenses de santé restées à sa charge ; 280,20 euros au titre des frais d'huissier engagés pour l'assignation en référé ; 2 112 euros au titre des frais d'expertise ; 2 600 euros au titre des frais d'avocat exposés pour les besoins de cette expertise.

Par des mémoires, enregistrés les 1er juin 2021, 13 septembre 2021 et 26 janvier 2022, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris, représentée par Me Dontot, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 27 268,20 euros à titre de provision, en remboursement des débours qu'elle a exposés en conséquence des faits dommageables décrits par M. B ;

2°) de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient :

- que la provision octroyée au requérant doit porter exclusivement sur les postes de préjudice personnels qui ne sont pas susceptibles de recours par les tiers payeurs ;

- qu'elle a exposé des débours à hauteur de 27 268,20 euros au titre des frais médicaux et pharmaceutiques et 2 328,48 euros au titre d'indemnités journalières ;

- qu'elle entend demander une provision au titre des seuls frais médicaux et pharmaceutiques

La requête a été communiquée à l'AP-HP, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné M. Timothée Gallaud,

vice-président, pour statuer sur les demandes de référés présentées sur le fondement du livre V du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Victime d'une fracture du péroné, M. B a été admis le 9 juin 2015 à l'hôpital Bicêtre, qui relève de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP), où il a subi le lendemain une intervention chirurgicale consistant en une ostéosynthèse par la pose de vis. A la suite d'une nouvelle intervention, qui a été pratiquée le 12 août 2015 en vue de l'ablation du matériel d'ostéosynthèse, M. B a ressenti des douleurs et des examens pratiqués dans une clinique privée ont mis en évidence un bris de vis et l'apparition d'un diastasis péronéo-tibial inférieur, ce qui a nécessité de nouvelles interventions chirurgicales qui ont été réalisées les 13 novembre et 2 décembre 2015. A l'occasion de cette nouvelle prise en charge du patient, une infection par staphylocoque doré a été mise en évidence. Après avoir demandé et obtenu auprès du juge des référés du tribunal de grande instance de Paris la désignation d'un expert et après que celui-ci a rendu son rapport, M. B a demandé à l'AP-HP de l'indemniser des conséquences dommageables de la prise en charge médicale dont il a été l'objet à l'hôpital Bicêtre et de l'infection dont il a été victime ; il demande au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de condamner l'AP-HP à lui verser la somme de 23 207,09 euros à titre de provision. La caisse primaire d'assurance maladie de Paris demande quant à elle la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 27 268,20 euros à titre de provision, en remboursement des débours qu'elle a exposés en conséquence des faits dommageables décrits par M. B

Sur les demandes de provision :

2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie ".

En ce qui concerne la responsabilité de l'AP-HP :

3. Aux termes de l'article L. 1142-1 du code de la santé publique : " I. - Hors le cas où leur responsabilité est encourue en raison d'un défaut d'un produit de santé, les professionnels de santé mentionnés à la quatrième partie du présent code, ainsi que tout établissement, service ou organisme dans lesquels sont réalisés des actes individuels de prévention, de diagnostic ou de soins ne sont responsables des conséquences dommageables d'actes de prévention, de diagnostic ou de soins qu'en cas de faute. / Les établissements, services et organismes susmentionnés sont responsables des dommages résultant d'infections nosocomiales, sauf s'ils rapportent la preuve d'une cause étrangère. II. - Lorsque la responsabilité d'un professionnel, d'un établissement, service ou organisme mentionné au I () n'est pas engagée, un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ouvre droit à la réparation des préjudices du patient, et, en cas de décès, de ses ayants droit au titre de la solidarité nationale, lorsqu'ils sont directement imputables à des actes de prévention, de diagnostic ou de soins et qu'ils ont eu pour le patient des conséquences anormales au regard de son état de santé comme de l'évolution prévisible de celui-ci et présentent un caractère de gravité, fixé par décret, apprécié au regard de la perte de capacités fonctionnelles et des conséquences sur la vie privée et professionnelle mesurées en tenant notamment compte du taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique, de la durée de l'arrêt temporaire des activités professionnelles ou de celle du déficit fonctionnel temporaire. / Ouvre droit à réparation des préjudices au titre de la solidarité nationale un taux d'atteinte permanente à l'intégrité physique ou psychique supérieur à un pourcentage d'un barème spécifique fixé par décret ; ce pourcentage, au plus égal à 25%, est déterminé par ledit décret ". Aux termes de l'article D. 1142-1 du même code : " Le pourcentage mentionné au dernier alinéa de l'article L. 1142-1 est fixé à 24%. / Présente également le caractère de gravité mentionné au II de l'article L. 1142-1 un accident médical, une affection iatrogène ou une infection nosocomiale ayant entraîné, pendant une durée au moins égale à six mois consécutifs ou à six mois non consécutifs sur une période de douze mois, un arrêt temporaire des activités professionnelles ou des gênes temporaires constitutives d'un déficit fonctionnel temporaire supérieur ou égal à un taux de 50% () ".

4. Doit être regardée, au sens des dispositions qui viennent d'être citées, comme présentant un caractère nosocomial une infection survenant au cours ou au décours de la prise en charge d'un patient et qui n'était ni présente ni en incubation au début de celle-ci, sauf s'il est établi qu'elle a une autre origine que la prise en charge.

5. Il résulte de l'instruction, en particulier du rapport de l'expert désigné par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris, que l'ostéosynthèse pratiquée à l'hôpital Bicêtre le 10 juin 2015 n'a pas été faite dans les règles de l'art, ce qui constitue la cause du diastasis péronéo-tibial inférieur qui a été ultérieurement constaté. En outre, il résulte de l'instruction que l'infection qui a été mise en évidence à la suite de la prise en charge médicale dont M. B a été l'objet à l'hôpital Bicêtre n'était ni présente ni en incubation au début de cette prise en charge en sorte qu'elle doit être regardée comme présentant un caractère nosocomial.

6. Tant la faute résultant de la prise en charge inadéquate de M. B que l'infection nosocomiale dont il a été victime, dont il résulte de l'instruction qu'elle n'a pas emporté de conséquences d'une gravité telle qu'elle entrerait dans le champ des dispositions

de l'article D. 1142-1 du code de la santé publique, sont de nature à engager la responsabilité de l'AP-HP qui, du reste, ne le conteste pas.

En ce qui concerne le préjudice :

7. Aux termes de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale : " Lorsque, sans entrer dans les cas régis par les dispositions législatives applicables aux accidents du travail, la lésion dont l'assuré social ou son ayant droit est atteint est imputable à un tiers, l'assuré ou ses ayants droit conserve contre l'auteur de l'accident le droit de demander la réparation du préjudice causé, conformément aux règles du droit commun, dans la mesure où ce préjudice n'est pas réparé par application du présent livre ou du livre Ier. / Les caisses de sécurité sociale sont tenues de servir à l'assuré ou à ses ayants droit les prestations prévues par le présent livre et le livre Ier, sauf recours de leur part contre l'auteur responsable de l'accident dans les conditions ci-après. / Les recours subrogatoires des caisses contre les tiers s'exercent poste par poste sur les seules indemnités qui réparent des préjudices qu'elles ont pris en charge, à l'exclusion des préjudices à caractère personnel. / Conformément à l'article 1346-3 du code civil, la subrogation ne peut nuire à la victime subrogeante, créancière de l'indemnisation, lorsqu'elle n'a été prise en charge que partiellement par les prestations sociales ; en ce cas, l'assuré social peut exercer ses droits contre le responsable, par préférence à la caisse subrogée. / Cependant, si le tiers payeur établit qu'il a effectivement et préalablement versé à la victime une prestation indemnisant de manière incontestable un poste de préjudice personnel, son recours peut s'exercer sur ce poste de préjudice () ".

8. Il résulte des dispositions qui viennent d'être citées que, saisi d'un recours de la victime d'un dommage corporel et d'un recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale, le juge doit, pour chacun des postes de préjudices patrimoniaux et personnels, déterminer le montant du préjudice en précisant la part qui a été réparée par des prestations de sécurité sociale et celle qui est demeurée à la charge de la victime. Il lui appartient ensuite de fixer l'indemnité mise à la charge de l'auteur du dommage au titre du poste de préjudice en tenant compte, lorsque c'est le cas, de ce que le tiers n'est déclaré responsable que d'une partie des conséquences dommageables de l'accident, la somme que ce dernier doit réparer au titre d'un poste de préjudice devant être attribuée par préférence à la victime, le solde étant, le cas échéant, attribué aux tiers subrogés.

9. S'il appartient au juge des référés, statuant sur le fondement de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, de tenir compte des principes rappelés au point 6 en vue de déterminer si l'existence d'une obligation dont il est fait état au titre d'un poste préjudice n'est pas sérieusement contestable, les dispositions de l'article L. 376-1 du code de la sécurité sociale ne font pas, par elles-mêmes, obstacle à ce que le juge des référés accorde une provision au titre d'un poste de préjudice sur lequel est susceptible de s'exercer le recours subrogatoire d'un organisme de sécurité sociale.

S'agissant des postes de préjudice patrimonial :

10. En premier lieu, il résulte de l'instruction que, au titre des dépenses de santé actuelles, exposées avant la consolidation de l'état de santé de M. B, qui peut être fixée à la date du 2 décembre 2016, la caisse primaire d'assurance maladie a exposé des frais d'hospitalisation, des frais médicaux et des frais pharmaceutiques, qui n'auraient pas été occasionnés en l'absence de la faute et de l'infection nosocomiale relevées au point 5, pour un montant total de 27 268,20 euros. M. B justifie quant à lui que des frais sont restés à sa charge, pour un montant de 400 euros à l'occasion de l'intervention chirurgicale qu'il a subie le 13 novembre 2015, laquelle trouve sa cause exclusive dans la faute et l'infection nosocomiale relevées au point 5. En revanche, il n'apparaît pas que les autres frais médicaux dont il demande réparation, pour un montant total de 837,60 euros, trouveraient de la même façon leur cause exclusive dans cette faute ou cette infection, en particulier les frais exposés à l'occasion de son hospitalisation à l'hôpital Bicêtre. Dans ces conditions, l'obligation dont il se prévaut en ce qui concerne cette dernière somme ne saurait être regardée comme non sérieusement contestable.

11. En second lieu, il résulte de l'instruction, en particulier du rapport d'expertise produit par le requérant, que l'état de santé de M. B a nécessité l'assistance par une tierce personne deux heures par jour durant la période pendant laquelle il a été atteint d'un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 50 % et cinq heures par semaine durant celle pendant laquelle ce déficit fonctionnel temporaire était de 25%. L'expert a estimé que les conséquences normales de la blessure pour laquelle M. B a été admis initialement à l'hôpital Bicêtre auraient impliqué un déficit fonctionnel temporaire total pendant trois jours, suivi d'un déficit fonctionnel temporaire partiel à hauteur de 50 % pendant 45 jours, puis à hauteur de 25 % pendant 45 jours. Or il apparaît que M. B a réellement subi un déficit fonctionnel temporaire à hauteur de 50 % entre le 12 juin 2015 et le 10 août 2015, entre le 13 août 2015 et le 12 novembre 2015 et entre le 17 novembre 2015 et le 31 décembre 2015. Il suit de là que l'obligation dont se prévaut M. B au titre des besoins d'assistance par une tierce personne liés à la faute et à l'infection mentionnées au point 5 n'est pas sérieusement contestable en ce qu'elle se rattache aux quotités suivantes : 5 heures par semaine du 27 juillet au 10 août 2015 et du 13 août 2015 au 9 septembre 2015 ; deux heures par jour du 10 septembre 2015 au 31 décembre 2015 ; et 5 heures par semaine du 1er au 8 janvier 2016. Pour l'évaluation de ce poste de préjudice, il y a lieu de tenir compte du coût total pour un employeur correspondant au salaire horaire minimum conventionnel, incluant les congés payés et jours fériés. Il suit de là qu'une somme de 6 000 euros peut être allouée à ce titre à l'intéressé.

S'agissant des postes de préjudice personnel :

12. En premier lieu, il résulte de l'instruction que M. B a subi, du fait de la faute et de l'infection nosocomiale mentionnées au point 5, un déficit fonctionnel temporaire qui peut être évalué à 25 % du 27 juillet au 9 septembre 2015 hormis les 11 et 12 août 2015, où il peut être évalué à 75 %, puis à 50 % du 10 septembre au 31 décembre, hormis du 13 au 16 novembre 2015 où il peut peut être évalué à 100 %, puis à 25 % du 1er au 8 janvier 2016, 10 % du 9 janvier au 2 juin 2016 et 5 % du 3 juin au 2 décembre 2016. Il suit de là que la somme devant réparer le préjudice subi à ce titre ne saurait être inférieure à 1 500 euros.

13. En deuxième lieu, il résulte de l'instruction que la faute et l'infection nosocomiale relevées au point 5 ont été à l'origine de souffrances physiques et psychiques, qui peuvent être évaluées à 3,5 sur une échelle de 7. Par suite, la somme devant réparer le préjudice résultant de ces souffrances endurées par M. B ne peut être inférieure à 5 000 euros.

14. En troisième et dernier lieu, il résulte de l'instruction que le préjudice esthétique subi par M. B peut être évalué à 2 sur une échelle de 7 avant la date de la consolidation de son état de santé et à 1 sur une échelle de 7 après cette date. Dans ces conditions, la somme devant réparer ce poste de préjudice ne peut être inférieure à 1 000 euros.

S'agissant des frais exposés pour obtenir un rapport d'expertise :

15. M. B justifie avoir exposé des frais à l'occasion de l'expertise qui a été diligentée à sa demande par le juge des référés du tribunal de grande instance de Paris en vue de déterminer les responsabilités encourues et l'étendue du préjudice qu'il a subi, pour un montant total de 4 992,20 euros. Ces frais sont la conséquence directe de la faute et de l'infection nosocomiale qui, ainsi qu'il a été dit ci-dessus, engagent la responsabilité de l'AP-HP.

16. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est fondé à soutenir que l'obligation dont il se prévaut n'est pas sérieusement contestable à hauteur de 18 892,20 euros et à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser cette somme. De même, la caisse primaire d'assurance maladie de Paris est fondée à demander la condamnation de l'AP-HP à lui verser la somme de 27 268,20 euros correspondant à une obligation non sérieusement contestable dont elle se prévaut.

Sur les frais liés au litige :

17. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'AP-HP la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B et non compris dans les dépens et la somme de 1 500 euros au même titre.

O R D O N N E :

Article 1er : L'AP-HP est condamnée à verser à M. B une provision de 18 892,20 euros.

Article 2 : L'AP-HP est condamnée à verser à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris une provision de 27 268,20 euros.

Article 3 : L'AP-HP versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : L'AP-HP versera à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris la somme

de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 5 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris et à la caisse primaire d'assurance maladie de Paris.

Fait à Melun, le 10 novembre 2022.

Le juge des référés,

T. Gallaud

La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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