vendredi 16 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2103988 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 avril 2021 et 6 mai 2021, M. B A, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 19 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 6 août 2016, 18 juillet 2017, 19 septembre 2018, 26 octobre 2019 et 29 mai 2020 ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il n'a pas reçu les informations requises par les articles L. 223-3 et R 223-3 du code de la route ;
- il a fait un stage ouvrant droit à l'attribution de points les 7 et 8 octobre 2020 ; ainsi, son capital de point n'est pas nul ;
- la réalité de l'infraction commise le 29 mai 2020 n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 septembre 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " en date du 19 février 2021 et de la décision de retrait de points afférente à l'infraction du 29 mai 2020 et au rejet des autres conclusions.
Il soutient que :
- les mentions afférentes à l'infraction commise le 29 mai 2020 ont été supprimées ; ainsi, le solde du permis de conduire de M. A est de nouveau positif ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 16 septembre 2021, M. A, représenté par Me Samson, déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation de la décision du 19 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2016, 18 juillet 2017, 19 septembre 2018 et 29 mai 2020 et maintenir ses conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction du 26 octobre 2019.
Par ordonnance du 16 mars 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Flore-Marie Jeannot en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Flore-Marie Jeannot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a commis les 6 août 2016, 18 juillet 2017, 19 septembre 2018, 26 octobre 2019 et 29 mai 2020 différentes infractions au code de la route ayant entraîné des retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI " en date du 19 février 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule. Il lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de point mentionnées dans cette décision.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire enregistré le 16 septembre 2021, M. A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation, d'une part, de la décision " 48 SI " en date du 19 février 2021 par laquelle le ministre de l'intérieure a invalidé son permis de conduire et, d'autre part, des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2016, 18 juillet 2017, 19 septembre 2018 et 29 mai 2020. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 26 octobre 2019 :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
4. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
6. M. A soutient qu'il n'a pas reçu les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à la décision de retrait de trois points afférente à l'infraction commise le 26 octobre 2019. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que cette infraction a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique et n'a pas fait l'objet du paiement de l'amende mais qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été émis. Si le ministre de l'intérieur produit en défense le procès-verbal établi lors de la constatation de cette infraction, qui n'est ni signé par le requérant, ni assorti de la mention " refus de signer ", ce procès-verbal ne comporte aucune mention indiquant que les informations requises aient été communiquées à M. A. Par ailleurs, la production d'un historique des documents émis à destination de M. A précisant qu'un avis de contravention en date du 1er novembre 2019 a été remis par la poste à ce dernier le 6 novembre 2019 n'est pas de nature à établir que M. A a effectivement bénéficié des informations préalables requises les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable doit être accueilli.
7. Il résulte de ce qui précède que la décision de retrait de trois points suite à l'infraction commise le 26 octobre 2019 doit être annulée.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à M. A au titre de l'article L. 761-l du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions à fin d'annulation de la décision " 48 SI " en date du 19 février 2021 et des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2016, 18 juillet 2017, 19 septembre 2018 et 29 mai 2020.
Article 2 : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de 3 points sur le permis de conduire de M. A suite à l'infraction constatée le 26 octobre 2019 est annulée.
Article 3 : L'État versera à M. A la somme de 1 200 euros au titre de 1'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 juin 2023.
La magistrate désignée,
F. JEANNOTLa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026