mardi 4 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2104247 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | MAIRESSE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 6 mai et 23 juillet 2021, M. B A, représenté par Me Mairesse, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions constatées les 15 mars 2020, 21 juin 2019, 3 mars 2018 à 22 h 20 et 23 h 29, 31 décembre 2017, 7 décembre 2017, 12 novembre 2017, 13 avril 2017, 20 novembre 2016, 23 août 2016,
16 avril 2016, 28 février 2016, 17 juillet 2015, 19 juillet 2015, 15 mai 2015, 8 mai 2015 et
5 février 2015 ;
2°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du 12 mars 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire invalidé en reconstituant le capital de points décidé par le tribunal, sous huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est recevable dans sa demande d'exception d'illégalité à l'encontre de l'ensemble des décisions successives de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur ;
- il a intérêt à agir à demander l'annulation des décisions portant retrait de points ayant donné lieu à restitution au terme du délai de six mois ou de deux ans sans infraction interruptive ;
- il a intérêt à agir contre les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017, 31 décembre 2017 et 3 mars 2018 et pour lesquelles les points retirés lui ont été restitués ;
- il n'a pas reçu les informations prévues aux articles L.223-3 et suivants ou à l'article R.223-3 du code de la route ; il entend exciper de sa bonne foi dès lors qu'il lui est impossible de rapporter la preuve de l'absence d'information reçue de la part de l'administration à défaut de disposer d'un accès suffisant aux documents administratifs et procès-verbaux rédigés au moment de l'infraction ; il appartient au ministre de l'intérieur de produire la copie des procès-verbaux d'infractions qu'il a signés ; s'agissant des infractions qui ont fait l'objet de procès-verbaux électroniques ayant donné lieu à une amende forfaitaire majorée, la signature du procès-verbal électronique n'est pas suffisante pour établir que l'information relatives aux pertes de points lui a bien été notifiée ; les documents produits par le ministre de l'intérieur n'établissent pas qu'il a procédé au paiement volontaire des amendes forfaitaires majorées et qu'il aurait effectivement reçu, préalablement à leur paiement, les informations prévues par le code de la route ; s'agissant des infractions ayant donné lieu à un paiement de l'amende le jour même, à défaut pour l'administration de produire la souche de la quittance du paiement de l'amende, elle ne pourra être regardée comme ayant respecté l'obligation d'information ; les décisions portant retrait de points ayant donné lieu à restitution au terme du délai de six mois ou de deux ans sans infraction interruptive seront annulées à défaut pour l'administration d'avoir respecté les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; s'agissant des décisions portant retrait de points résultant d'une condamnation par ordonnance pénale dans le cadre d'une procédure dite " simplifiée ", le prévenu ne se voit pas remettre d'avis de contravention et reçoit ultérieurement une ordonnance statuant sur sa culpabilité et la peine prononcée ; il ne reçoit donc aucune information sur la perte de points encourue, l'existence d'un système automatisé des infractions et sur son droit d'accès ; le relevé de condamnation pénale remis à cette occasion ne mentionne nullement une perte de points encourue ;
- il a effectué un stage de sensibilisation les 10 et 11 juillet 2020 qui aurait dû donner lieu à la récupération de quatre points sur son permis de conduire ; n'ayant pas reçu notification de la décision référencée " 48SI " avant la réalisation de son stage, il est recevable à solliciter le crédit de ces points sur son permis de conduire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée " 48SI " en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. A et des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015,
17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017,
31 décembre 2017 et 3 mars 2018 et au rejet des autres conclusions de la requête de M. A.
Il fait valoir que :
- le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A tient compte du stage de sensibilisation qu'il a suivi les 10 et 211 juillet 2020 ; les points retirés consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et 3 mars 2018 à 22 h 20 et 23 h 29 ont été restitués à M. A ; le solde de points affectés à son permis de conduire est redevenu positif et est actuellement crédité de neuf points ; l'administration est réputée avoir retiré la décision référencée " 48SI " en tant qu'elle invalide le permis de conduire de M. A ; les conclusions aux fins d'annulation de cette décision ainsi que celles des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et 3 mars 2018 à 22 h 20 et 23 h 29 sont sans objet ;
- le moyen tiré du défaut de notification des décisions portant retrait de points est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 7 octobre 2021 à 12 heures.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur des moyens relevés d'office tirés de :
- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 8 mai 2015, 15 mai 2015, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et 3 mars 2018 à 22 h 20 en tant qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante ;
- l'irrecevabilité des conclusions dirigées contre les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017 et le 3 mars 2018 à 23 h 29 dès lors que les points ont été restitués les 29 octobre 2015, 28 avril 2016, 27 janvier 2017, 15 septembre 2017, 2 février 2018 et
17 janvier 2019, avant l'introduction de la requête de M. A.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Bonneau-Mathelot a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis différentes infractions au code de la route les
5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015, 19 juillet 2015, 17 juillet 2015, 28 février 2016,
16 avril 2016, 23 août 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017,
7 décembre 2017, 31 décembre 2017, 3 mars 2018 à 2 2h 20 et à 23 h 29, 21 juin 2019 et
15 mars 2020. Par une décision référencée " 48SI " du 12 mars 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retrait de points, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de la décision référencée " 48SI " ainsi que l'ensemble des décisions portant retrait de points consécutives aux infractions qui lui sont reprochées.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée par le ministre de l'intérieur :
2. En premier lieu, il résulte de l'instruction et, notamment, des écritures en défense du ministre de l'intérieur et du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, édité le 2 juillet 2021, que le solde de points affecté à son permis de conduire, redevenu positif, est de neuf points après que l'administration ait restitué les points retirés consécutivement aux infractions commises les 5 février 2015, 8 mai 2015, 15 mai 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016,
20 novembre 2016, 13 avril 2017, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et le 3 mars 2018 à 22 h 20 et 23 h 29 et qu'il ait été tenu compte du stage de sensibilisation effectué par M. A les 10 et 11 juillet 2020. En outre, aucune mention concernant l'existence d'une décision d'invalidation du permis de conduire de M. A ne figure sur le relevé d'information intégral. Par suite, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré la décision " 48SI " en litige. Dès lors, il n'y a plus lieu, de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée " 48SI " en litige.
3. En second lieu, il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A que s'il comporte la mention d'infractions commises les 8 mai 2015, 15 mai 2015, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et
3 mars 2018 à 22 h 20, aucun retrait de points ne leur ait associé, le ministre de l'intérieur faisant valoir que les points retirés consécutivement à ces infractions ont été restitués à M. A, ainsi que cela ressort de l'édition du 2 juillet 2021 de ce relevé. Il doit donc en être déduit que le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de ces décisions. Dans ces conditions, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A sont devenues sans objet. Il n'y a donc plus lieu de statuer sur ces conclusions ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rapportent.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre les décisions de retrait des points consécutives aux infractions relevées les 5 février 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016,
20 novembre 2016, 13 avril 2017 et le 3 mars 2018 à 23 h 29 :
4. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, édité le 2 juillet 2021, que les six points retirés sur son permis de conduire consécutivement aux infractions constatées les 5 février 2015, 17 juillet 2015, 16 avril 2016, 20 novembre 2016, 13 avril 2017 et le 3 mars 2018 à 23 h 29 lui ont été restitués les 29 octobre 2015, 28 avril 2016, 21 janvier 2017, 15 septembre 2017, 2 février 2018 et 17 janvier 2019, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions aux fins d'annulation présentées par M. A dirigées contre ces décisions sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur le surplus des conclusions aux fins d'annulation :
5. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".
6. Aux termes de l'article R. 223-3 du code de la route : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II.- Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III.- Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. Si le retrait de points lié à cette infraction n'aboutit pas à un nombre nul de points affectés au permis de conduire de l'auteur de l'infraction, celui-ci est informé par le ministre de l'intérieur par lettre simple du nombre de points retirés. Le ministre de l'intérieur constate et notifie à l'intéressé, dans les mêmes conditions, les reconstitutions de points obtenues en application des alinéas 1, 2 et 4 de l'article L. 223-6. Si le retrait de points aboutit à un nombre nul de points affectés au permis de conduire, l'auteur de l'infraction est informé par le ministre de l'intérieur par lettre recommandée avec demande d'avis de réception du nombre de points retirés. Cette lettre récapitule les précédents retraits ayant concouru au solde nul, prononce l'invalidation du permis de conduire et enjoint à l'intéressé de restituer celui-ci au préfet du département ou de la collectivité d'outre-mer de son lieu de résidence dans un délai de dix jours francs à compter de sa réception. () ".
S'agissant de l'infraction commise le 21 juin 2019 :
7. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A, édité le 2 juillet 2021, que l'infraction du 21 juin 2019 a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique édité à l'aide d'un appareil exploitant un logiciel mettant en œuvre l'arrêté du 4 décembre 2014 faisant apparaître l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, et qu'elle a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort de ce procès-verbal électronique qu'il a été signé par l'agent verbalisateur et le contrevenant. Dans ces conditions, M. A doit être regardé comme ayant bénéficié de l'ensemble des informations prévues par les dispositions précitées. Il suit de là que le moyen tiré du défaut d'information préalable à l'occasion de l'infraction du 21 juin 2019 ne peut qu'être écarté.
S'agissant des infractions commises les 19 juillet 2015, 28 février 2016 et 23 août 2016 :
8. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée contient les informations suffisantes pour porter à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et
R. 223-3 du code de la route, informations qui doivent figurer dans ces avis en application de l'article A. 37-28 du code de procédure pénale issu d'un arrêté du 13 mai 2011.
9. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A, édité le 2 juillet 2021, que les infractions relevées les 19 juillet 2015, 28 février 2016, 23 août 2016 ont été constatées par radar automatique. En outre, il ressort des trois attestations de paiement établies le 25 juin 2021 par le comptable de la trésorerie du contrôle automatisé de Rennes que M. A a payé les amendes forfaitaires majorées correspondant à ces trois infractions. Dans ces conditions, alors qu'il ne résulte pas de l'instruction qu'il aurait formé de réclamation au sens de l'article 530 du code de procédure pénale, et qu'il n'apporte par ailleurs aucun élément susceptible de faire présumer qu'il n'aurait pas été en mesure de recevoir les avis de contravention correspondants, M. A doit être regardé comme ayant été destinataire des avis préalablement à l'émission des décisions en litige. M. A doit donc être regardé comme ayant reçu l'information prévue par les dispositions de l'article L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 19 juillet 2015, 28 février 2016, 23 août 2016 ne peut qu'être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 15 mars 2020 :
10. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du
4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
11. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
12. Il résulte de l'instruction et, notamment, du procès-verbal électronique établi à la suite de l'infraction du 15 mars 2020 et produit par l'administration que ce dernier comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Il suit de là, alors même M. A aurait refusé de signer ce procès-verbal, que l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfaite à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de délivrance de l'information lors de la commission de l'infraction du 15 mars 2020 doit être écarté.
13. Il résulte de ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 19 juillet 2015, 28 février 2016 et 23 août 2016, 15 mars 2020 et 21 juin 2019.Il y a donc lieu, par voie de conséquence, de rejeter les conclusions aux fins d'annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
14. Le présent jugement, qui rejette les conclusions aux fins d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction présentées par M. A doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
15. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions présentées par M. A au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision référencée " 48SI " et des décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 8 mai 2015, 15 mai 2015, 12 novembre 2017, 7 décembre 2017, 31 décembre 2017 et 3 mars 2018 à 22 h 20 ainsi que sur les conclusions aux fins d'injonction qui s'y rapportent.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au ministre de l'intérieur et des Outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2023.
La magistrate désignée,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2104247
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026