mercredi 6 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105494 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | BACLET BACLET-MELLON |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 10 juin 2021, le 17 juin 2021, le 19 septembre 2022 et le 25 août 2023, Mme B A, représentée par Me Lerat, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 30 mars 2021 par laquelle le maire de Chaumes-en-Brie lui a refusé le bénéfice de la protection fonctionnelle ;
2°) d'enjoindre à la commune de Chaumes-en-Brie de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de condamner la commune de Chaumes-en-Brie à lui payer la somme de 12 000 euros en réparation des préjudices qu'elle a subis du fait d'agissements constitutifs de harcèlement moral ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Chaumes-en-Brie la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- la commune a commis à son encontre des agissements constitutifs de harcèlement moral qui se sont traduits par des sanctions disciplinaires déguisées, la modification de ses horaires de travail et son changement d'affectation, les obstacles posés par la commune à sa reprise de fonctions suite à son arrêt de travail, les pressions exercées sur elle afin qu'elle démissionne, la modification de ses fonctions, la circonstance qu'aucune fiche de poste ne lui a été communiquée, le retrait de ses outils de travail, des reproches infondés formulés à son encontre, son exposition à des conditions de travail anormales et dangereuses ainsi que la méconnaissance des obligations de la commune en matière de protection et de prévention, la circonstance qu'elle n'ait pas été informée préalablement de l'organisation de l'entretien du 23 juin 2020 durant lequel sa hiérarchie a formulé de nombreux griefs à son encontre et la notification d'une note de service lui notifiant son changement d'affectation par un agent de la police municipale ;
- ces agissements lui ont causé un préjudice moral, un préjudice financier et un trouble dans les conditions d'existence indemnisables à hauteur de la somme de 12 000 euros.
Par un mémoire en défense et des mémoires complémentaires, présentés par Me Baclet et enregistrés le 25 mars 2022, le 3 février 2023 et le 18 septembre 2023, la commune de Chaumes-en-Brie, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal :
- de condamner Mme A à lui payer la somme de 3 000 euros au titre de dommages et intérêts ;
- de mettre à la charge de Mme A la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir qu'aucun des moyens soulevés par la requête n'est fondé et que la requérante abuse du droit d'ester en justice, ce qui lui cause un préjudice qu'elle évalue à la somme de 3 000 euros.
Par ordonnance du 12 octobre 2023, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 30 novembre 2023 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 85-603 du 10 juin 1985 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Issard,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- les observations de Me Lerat, représentant Mme A, présente,
- et les observations de Me Baclet, représentant la commune de Chaumes-en-Brie.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, titulaire du grade d'adjointe administrative, a été recrutée par la commune de Chaumes-en-Brie le 1er novembre 2014 pour y exercer les fonctions d'agente administrative polyvalente. Par un courrier en date du 25 mars 2021, elle a présenté au maire de la commune une demande de protection fonctionnelle ainsi qu'une demande indemnitaire préalable, qui ont été rejetées par décision de l'adjointe au maire chargée du personnel le 30 mars 2021. Par la présente requête, Mme A demande l'annulation de cette décision ainsi que la condamnation de la commune de Chaumes-en-Brie à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de faits constitutifs de harcèlement moral.
Sur le principe de responsabilité :
2. Mme A recherche la responsabilité de la commune de Chaumes-en-Brie sur le fondement de la faute à raison d'agissements de harcèlement moral qu'elle estime avoir subis.
3. Aux termes de l'article 6 quinquies, alors applicable, de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ".
4. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
5. Pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral.
6. Par ailleurs, pour être qualifiés de harcèlement moral, les agissements en cause doivent excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Dès lors qu'elle n'excède pas ces limites, une simple diminution des attributions justifiée par l'intérêt du service, en raison d'une manière de servir inadéquate ou de difficultés relationnelles, n'est pas constitutive de harcèlement moral.
7. D'une part, Mme A soutient avoir fait l'objet de changements d'affectation et d'horaires abusifs. Il résulte de l'instruction qu'à la suite d'un entretien organisé le 23 juin 2020 à l'initiative de la hiérarchie de la requérante, cette dernière a été informée par un courrier du 25 juin 2020 de ce qu'elle serait positionnée sur un poste partagé entre la direction de l'administration générale et celle de l'urbanisme à compter du 6 juillet suivant. Puis, par une note de service du 2 juillet 2020, elle a été affectée exclusivement à la direction de l'urbanisme à compter de cette même date. Enfin, par un courrier en date du 25 août 2020, que la requérante a réceptionné alors qu'elle était placée en arrêt de travail et qu'elle n'avait pas encore pris les fonctions qui lui étaient attribuées à la suite de la note de service du 2 juillet 2020, l'intéressée a été informée de ce qu'elle était affectée au poste nouvellement créé d'assistante polyvalente au service des élus et de l'administration générale. La requérante soutient que, contrairement à ce qui est mentionné dans chacun des documents lui annonçant ses nouvelles affectations, elle n'a jamais exprimé de souhait de changement d'affectation. S'agissant de son affectation exclusive à la direction de l'urbanisme, elle soutient que ce poste emportait une charge de travail insuffisante pour un emploi à temps plein. Elle se prévaut également de ce que le poste d'assistante polyvalente au service des élus et de l'administration générale ne comportait en réalité que des tâches de numérisation de divers documents et leur archivage sur un ordinateur sans accès à internet ou à l'intranet de la commune. Enfin, elle fait valoir que chacune de ces nouvelles affectations impliquait des horaires différents mais systématiquement décalés par rapport à ceux observés par le reste de l'équipe administrative, la privant ainsi d'interactions avec ses collègues et la contraignant à travailler alors que la mairie était fermée au public et qu'elle était la seule agente présente dans les locaux.
8. D'autre part, Mme A soutient que la commune aurait, selon elle, fait obstacle à sa reprise de fonctions à la suite de son congé de maladie ordinaire. Il résulte de l'instruction que, par un courrier électronique en date du 26 novembre 2020, la requérante a informé la commune de son intention de reprendre ses fonctions le 1er décembre 2020, à l'issue d'un congé de maladie ordinaire de plus de deux mois. En réponse, par un courrier électronique daté du même jour, puis un courrier électronique du 28 novembre 2020 et un courrier du 30 novembre 2020, la commune lui a indiqué qu'il lui était nécessaire de fournir au préalable un certificat d'aptitude de son médecin spécialiste et qu'elle organiserait ensuite une expertise chez un second spécialiste pour évaluer son aptitude à reprendre du service puis lui fixerait un rendez-vous auprès du médecin de prévention, lui précisant que ces examens étaient obligatoires et qu'il appartenait au maire de la maintenir en arrêt s'il l'estimait nécessaire compte tenu de son état de santé. La requérante ayant décidé d'outrepasser ces consignes, transmises par le courrier précité du 30 novembre 2020, et de se présenter à son poste, elle a été reçue par sa hiérarchie et le maire de la commune qui ont fait obstacle à ce qu'elle se rende à son bureau. Par la suite, la commune lui a fixé un premier rendez-vous chez un spécialiste, décalé une première fois sans justification, puis un deuxième rendez-vous auprès du médecin de prévention, également décalé sans justification. La requérante a pu finalement reprendre son poste le 12 janvier 2021 après que son propre médecin spécialiste, le médecin spécialiste mandaté par la commune ainsi que le médecin de prévention l'aient tous trois déclarée apte à reprendre ses fonctions sans aucune restriction.
9. En défense, la commune de Chaumes-en-Brie ne présente aucune argumentation de nature à démontrer que les agissements décrits aux points 7 et 8 auraient été justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. Concernant les trois changements d'affectation dont la requérante a fait l'objet en l'espace de deux mois, elle ne justifie pas la nécessité de modifier les fonctions assignées précédemment à l'agente, de l'affecter à la direction de l'urbanisme ou encore de créer un nouveau poste d'assistante polyvalente au service des élus. Elle ne démontre pas non plus la réalité des missions attribuées sur ce dernier poste ni ne motive la décision d'affecter exclusivement la requérante à des tâches d'archivage. Concernant les multiples changements d'horaires imposés à la requérante, elle ne fournit aucun élément d'explication quant à la nécessité de maintenir sa présence dans les locaux de la mairie en dehors des horaires d'ouverture et de la présence de ses autres collègues. Concernant les examens médicaux supplémentaires qu'elle a imposés à l'intéressée à l'issue de son congé de maladie ordinaire, sans que cela ne soit prévu par les textes, si elle fait globalement valoir la nécessité de s'assurer de l'aptitude de celle-ci à la reprise de ses fonctions, elle ne produit aucun élément circonstancié laissant présumer que la requérante était inapte. Par ailleurs, si le maire de la commune déclare, dans son témoignage du 31 janvier 2023 versé au dossier, avoir cherché à résoudre le problème de connexion au réseau de l'ordinateur que Mme A a utilisé de janvier à mars 2021, cet élément à lui seul ne permet pas d'expliquer les circonstances précitées relatives aux outils de travail défectueux de la requérante, en particulier eu égard à leur durée. Enfin, si la commune mentionne la circonstance que la requérante aurait alerté les élus de la commune sur la dégradation de ses conditions de travail, cette circonstance, dont il n'est pas établi qu'elle constituerait un manquement de l'intéressée à son devoir de réserve, n'a pas pour effet d'exonérer la commune de ses manquements.
10. Il s'ensuit que les faits de harcèlement moral relatés par Mme A tels qu'exposés aux points 7 et 8 doivent être tenus pour établis et constituent une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Chaumes-en-Brie.
Sur les préjudices :
11. En premier lieu, Mme A sollicite le paiement par la commune d'une indemnité au titre du préjudice financier qu'elle a subi. Il résulte cependant de l'instruction que les changements d'affectation dont elle a fait l'objet n'ont eu aucune conséquence sur le montant de son traitement qu'elle a perçu intégralement lorsqu'elle n'était pas en arrêt de travail, y compris durant le mois de décembre 2020 alors que le maire de la commune s'opposait à son retour avant d'avoir fait l'objet de deux examens médicaux supplémentaires pour confirmer son aptitude à la reprise de ses fonctions. Le préjudice financier dont elle se prévaut n'est donc pas établi.
12. En deuxième lieu, si Mme A invoque un préjudice subi au titre du trouble dans les conditions d'existence, elle ne l'établit pas.
13. En troisième et dernier lieu, Mme A sollicite la réparation du préjudice moral qu'elle allègue avoir subi. Ainsi qu'il a été dit, la responsabilité de la commune de Chaumes-en-Brie est engagée du 25 juin 2020 au 31 mars 2021 pour les faits relatifs aux affectations successives dont elle a fait l'objet, aux multiples modifications de ses horaires, au refus du maire de la commune de l'autoriser à reprendre ses fonctions à l'issue de son arrêt de travail ainsi qu'aux outils de travail défectueux mis à sa disposition de janvier à mars 2021. La requérante est fondée, à ce titre, à solliciter la réparation du préjudice moral subi en lien direct et certain avec ces faits et plus particulièrement caractérisé par l'altération de son état de santé et la dégradation de ses conditions de travail. Dans ces conditions, compte tenu des faits retenus, de leur nature et de la période en cause, il sera fait une juste appréciation de son préjudice moral en l'évaluant globalement à une somme de 1 000 euros, mise à la charge de la commune de Chaumes-en-Brie.
14. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est seulement fondée à demander, en réparation du préjudice moral qu'elle a subi, la condamnation de la commune de Chaumes-en-Brie à lui verser une indemnisation à raison des agissements de harcèlement moral dont elle a été victime, par le paiement de la somme de 1 000 euros.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
15. Aux termes de l'article 11, alors applicable, de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié aux articles L. 134-1 et suivants du code général de la fonction publique : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté. ". Par ailleurs, aux termes des dispositions
16. Il résulte de ce qui a été dit précédemment qu'en refusant à Mme A, par la décision en litige, le bénéfice de la protection fonctionnelle, le maire de Chaumes-en-Brie a porté une appréciation erronée sur la situation de l'intéressée au regard des dispositions figurant alors à l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
17. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme A est fondée à demander l'annulation de la décision du 30 mars 2021 du maire de Chaumes-en-Brie.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'enjoindre à la commune de Chaumes-en-Brie d'accorder à Mme A le bénéfice de la protection fonctionnelle dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les conclusions reconventionnelles présentées par la commune de Chaumes-en-Brie :
19. Il résulte de ce qui précède que la requête ne traduit pas un comportement abusif de la part de la requérante. Par voie de conséquence, les conclusions de la commune de Chaumes-en-Brie tendant à la condamnation de Mme A à lui payer une somme de 3 000 euros, à ce titre, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
20. En application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Chaumes-en-Brie la somme de 1 500 euros en remboursement des frais exposés par Mme A et non compris dans les dépens. En revanche, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la commune de Chaumes-en-Brie.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 30 mars 2021 du maire de Chaumes-en-Brie est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Chaumes-en-Brie d'accorder à Mme A le bénéfice de la protection fonctionnelle dans le délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : La commune de Chaumes-en-Brie est condamnée à payer à Mme A une somme de 1 000 euros au titre du harcèlement moral.
Article 4 : La commune de Chaumes-en-Brie versera à Mme A une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6: Les conclusions présentées par la commune de Chaumes-en-Brie sont rejetées.
Article 7: Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Chaumes-en-Brie.
Délibéré après l'audience du 3 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Issard, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2024.
La rapporteure,
C. ISSARD
La présidente,
I. BILLANDONLa greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026