vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105604 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre, JU |
| Avocat requérant | ORIER AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, des pièces complémentaires et un mémoire, enregistrés les 14 juin 2021, 24 juin 2021 et 27 septembre 2021, Mme A C épouse B, représentée par Me Dell'Asino, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 17 avril 2021 par lequel le maire de Gouaix a pris à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux jours, les 11 mai et 12 mai 2021 ;
2°) de condamner la commune de Gouaix à lui verser la somme de 3 500 euros en réparation du préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de cet acte ;
3°) d'enjoindre à la commune de Gouaix de procéder à la régularisation de sa rémunération du mois de mai 2021, par le paiement de la somme de 134,23 euros au titre des 2/30ème de son traitement retenu par la sanction disciplinaire contestée, ainsi que de la somme de 114,03 euros au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Gouaix la somme de 2 516 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté contesté a été pris à l'issue d'une procédure irrégulière, dès lors que les droits de la défense, le principe d'impartialité et le principe de loyauté ont été méconnus ;
- pour ces mêmes motifs, l'acte en litige a été adopté au terme d'une procédure disciplinaire contraire à l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il se fonde sur des faits qui ne sont pas matériellement établis ;
- ces derniers ne sont pas de nature à justifier une sanction ;
- la sanction qui lui est infligée est disproportionnée par rapport aux faits reprochés ;
- l'annulation de l'acte attaqué implique d'enjoindre à la commune de Gouaix de régulariser sa rémunération du mois de mai 2021 par le paiement de la somme de 134,23 euros au titre des 2/30ème de son traitement retenu par la sanction disciplinaire contestée ainsi que celui de la somme de 114,03 euros au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel ;
- la responsabilité de la commune de Gouaix doit être engagée en raison de l'illégalité fautive de l'acte contesté ;
- une indemnisation doit lui être accordée à hauteur de 3 500 euros en réparation du préjudice moral subi.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 31 juillet 2021 et 24 mars 2022, la commune de Gouaix, représentée par Me Orier, conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- s'agissant des conclusions à fin d'annulation, les moyens soulevés par Mme C épouse B ne sont pas fondés ;
- s'agissant des conclusions à fin d'injonction, à supposer même que les actes attaqués soient jugés illégaux, la requérante ne pourrait légalement prétendre au paiement de la prime " RIFSEEP-IFSE ", dès lors qu'elle n'en remplit pas les conditions d'octroi ;
- s'agissant des conclusions indemnitaires, le lien de causalité entre le préjudice invoqué par la requérante et l'illégalité fautive alléguée n'est pas établi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général de la fonction publique ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- la loi du 22 avril 1905 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 89-677 du 18 septembre 1989 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme Mentfakh, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant de la procédure prévue à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Mentfakh, première conseillère,
- les conclusions de Mme Barruel, rapporteure publique,
- et les observations de Me Orier, représentant la commune de Gouaix.
Une note en délibéré présentée par Me Orier pour la commune de Gouaix, a été enregistrée le 1er février 2023.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A C épouse B, titulaire du grade d'adjointe d'animation territoriale principale de deuxième classe, est affectée au sein des services de la commune de Gouaix.
2. Par un courrier du 17 avril 2021, le maire de Gouaix lui a notifié l'arrêté pris le même jour par lequel il lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux jours, les 11 et 12 mai 2021. Par un courrier du 1er juin 2021, reçu le lendemain, l'agente a formé un recours gracieux contre cet arrêté et sollicité l'indemnisation des préjudices qu'elle estime avoir subis du fait de l'illégalité de celui-ci. Par une décision du 8 juin 2021, l'autorité territoriale a expressément rejeté le recours gracieux. Le silence gardé pendant plus de deux mois sur la demande indemnitaire préalable a fait naître une décision implicite de rejet à la date du 2 août 2021. Par sa requête, Mme C épouse B demande l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2021 et la condamnation de la commune de Gouaix à réparer le préjudice qu'elle estime avoir subi du fait de l'illégalité de cet acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Aux termes de l'article 65 de la loi du 22 avril 1905 portant fixation du budget des dépenses et des recettes de l'exercice 1905, désormais codifié à l'article L. 532-4 du code général de la fonction publique : " Tous les fonctionnaires civils et militaires, tous les employés et ouvriers de toutes administrations publiques ont droit à la communication personnelle et confidentielle de toutes les notes, feuilles signalétiques et tous autres documents composant leur dossier, soit avant d'être l'objet d'une mesure disciplinaire ou d'un déplacement d'office, soit avant d'être retardé dans leur avancement à l'ancienneté ". L'article 19 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifié au même article L. 532-4, dispose : " () Le fonctionnaire à l'encontre duquel une procédure disciplinaire est engagée a droit à la communication de l'intégralité de son dossier individuel et de tous les documents annexes et à l'assistance de défenseurs de son choix () ". L'article 4 du décret du 18 septembre 1989 relatif à la procédure disciplinaire applicable aux fonctionnaires territoriaux : " L'autorité investie du pouvoir disciplinaire informe par écrit l'intéressé de la procédure disciplinaire engagée contre lui, lui précise les faits qui lui sont reprochés et lui indique qu'il a le droit d'obtenir la communication intégrale de son dossier individuel au siège de l'autorité territoriale et la possibilité de se faire assister par un ou plusieurs conseils de son choix. / L'intéressé doit disposer d'un délai suffisant pour prendre connaissance de ce dossier et organiser sa défense. Les pièces du dossier et les documents annexés doivent être numérotés. / A sa demande, une copie de tout ou partie de son dossier est communiqué à l'agent dans les conditions prévues par l'article 14 du décret n° 2011-675 du 15 juin 2011 relatif au dossier individuel des agents publics et à sa gestion sur support électronique ".
4. D'une part, le droit, garanti par les dispositions précédemment citées, de prendre communication de son dossier dans le cadre d'une procédure disciplinaire comporte, pour l'agent intéressé, celui d'en prendre copie.
5. D'autre part, le refus de communiquer à l'agent concerné par une procédure disciplinaire les pièces de son dossier, qui prive l'intéressé d'une garantie exigée par le respect des droits de la défense, entache d'irrégularité la procédure administrative à l'issue de laquelle une sanction est prise à son encontre par l'autorité disciplinaire.
6. Enfin, si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé l'intéressé d'une garantie.
7. Il ressort des pièces du dossier et, en particulier, du procès-verbal de communication du dossier produit aux débats par les parties, que Mme C épouse B a effectivement consulté l'intégralité de son dossier individuel le 12 mars 2021. Toutefois, alors que, par ailleurs, la requérante établit avoir saisi, par un courrier du 19 février 2021, l'autorité territoriale d'une demande tendant à obtenir une copie de son entier dossier individuel, il ressort des termes mêmes du procès-verbal précité que l'agente intéressée n'a obtenu en mains propres que la seule copie du rapport afférent aux faits qui lui sont reprochés, établi le 2 décembre 2020, par sa supérieure hiérarchique. Alors que dans ses écritures, l'agente reproche à l'administration de ne pas avoir fait pleinement droit à sa demande tendant à l'obtention d'une copie intégrale de son dossier individuel, la commune de Gouaix, sur qui repose alors la charge de la preuve, ne produit aucune pièce de nature à établir que l'intéressée aurait, ultérieurement, renoncé en partie à sa demande en la limitant à la seule copie du rapport établi le 2 décembre 2020 déjà cité sur le fondement duquel la sanction en litige a été prononcée. Par suite, l'arrêté contesté a été édicté en violation des droits de la défense de l'intéressée. Dès lors que la méconnaissance du droit de la requérante à obtenir la communication de son dossier individuel l'a privé d'une garantie, une telle irrégularité a entaché d'illégalité l'arrêté du 17 avril 2021 en litige. Par suite, le moyen tiré de l'irrégularité de la procédure doit être accueilli.
8. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que Mme C épouse B est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 17 avril 2021 par lequel le maire de Gouaix a pris à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux jours, les 11 mai et 12 mai 2021.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution ".
10. En l'absence de service fait au cours de la période d'éviction illégale, Mme C épouse B ne saurait prétendre à la régularisation de sa rémunération du mois de mai 2021, par le versement de la somme de 134,23 euros au titre des 2/30ème de son traitement retenu par la sanction disciplinaire contestée, ainsi que de la somme de 114,03 euros au titre de l'indemnité de fonctions, de sujétions et d'expertise du régime indemnitaire tenant compte des fonctions, des sujétions, de l'expertise et de l'engagement professionnel. Dès lors, les conclusions à fin d'injonction présentées par l'intéressée ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne le principe de responsabilité :
11. L'illégalité d'une décision administrative est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration à l'égard de son destinataire.
12. Eu égard aux motifs qui précèdent, l'illégalité de l'arrêté du 17 avril 2021 contesté constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Gouaix à l'égard de Mme C épouse B.
En ce qui concerne le préjudice :
13. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité d'une décision, pour un vice de procédure, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise dans son principe, dans le cadre d'une procédure régulière.
14. Mme C épouse B fait valoir, à l'appui de ses conclusions tendant à ce que la responsabilité de la commune de Gouaix soit engagée, que l'arrêté contesté est entaché d'une illégalité fautive en ce que, au titre de la légalité interne, d'une part, il procèderait d'une erreur de fait, d'autre part, les faits qui lui sont reprochés ne seraient pas de nature à justifier une sanction, enfin, la sanction qui lui est infligée serait disproportionnée par rapport à ceux-ci.
15. Aux termes de l'article 28 de la loi du 13 juillet 1983 susvisée, désormais codifié notamment aux articles L. 121-9 et L. 121-10 du code général de la fonction publique : " Tout fonctionnaire, quel que soit son rang dans la hiérarchie, est responsable de l'exécution des tâches qui lui sont confiées. Il doit se conformer aux instructions de son supérieur hiérarchique () ". Aux termes de l'article 29 de la même loi, désormais codifié à l'article L. 530-1 du code précité : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale ". L'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, désormais notamment codifiés aux articles L. 532-1 et L. 533-1 du code général de la fonction publique, dispose : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe : / () l'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours () / Le pouvoir disciplinaire appartient à l'autorité territoriale (). ".
16. Le maire de Gouaix a exclu temporairement Mme C épouse B de ses fonctions pour une durée de deux jours pour la sanctionner d'avoir refusé d'obéir à sa supérieure hiérarchique qui occupe les fonctions de secrétaire de mairie de la commune, d'avoir proféré des injures à l'encontre de cette dernière et d'avoir refusé d'exécuter un ordre direct de l'autorité territoriale. Il ressort des pièces du dossier que l'administration a reproché à la requérante, le 30 novembre 2020, d'avoir eu une altercation avec sa supérieure hiérarchique, notamment au sujet de propos qu'elle aurait tenus concernant sa gestion dans une affaire impliquant un autre agent de la collectivité, qui avait été suspecté à tort d'avoir adopté un comportement inapproprié avec des enfants du centre municipal de loisirs. Pour établir la réalité de ces faits, la collectivité territoriale produit aux débats un rapport établi le 2 décembre 2020 par la supérieure hiérarchique concernée. Toutefois, la requérante conteste la matérialité de ces faits et produit à l'appui de sa contestation deux témoignages rédigés par une collègue, seul tiers présent lors des faits litigieux, dans lesquels sont contestés tant les propos inappropriés attribués à la requérante, que son emportement. Dans ces conditions, en l'absence d'autres pièces probantes produites par l'administration, les faits en cause ne peuvent être regardés comme établis.
17. Pour autant, il ressort des pièces du dossier que l'employeur de Mme C épouse B a reproché, par ailleurs, à cette dernière d'avoir fait preuve d'insubordination en refusant d'assurer la surveillance du dortoir des enfants, le 8 décembre 2020, en remplacement d'une collègue. Il ressort des pièces du dossier que, dès le 9 décembre 2020, le maire de Gouaix a décidé de transmettre une note de service à la requérante pour lui préciser ses missions pour le remplacement de la collègue précitée. A la suite de la réception de cette note, il est établi que Mme C épouse B a appelé par téléphone les services de la mairie pour réitérer son refus d'exécuter les consignes communiquées par sa hiérarchie et l'autorité territoriale. Il ressort des diverses pièces produites aux débats que la requérante s'est vivement emportée contre la collègue qui avait pris l'appel, au point même pour cette dernière de devoir activer le haut-parleur pour mieux comprendre les dires de l'intéressée. Dès lors, les faits du second incident sont bien établis et constitutifs de manquements au devoir d'obéissance hiérarchique et de respect qui incombe à tout agent public envers sa hiérarchie.
18. Pour écarter la qualification de faute de ces faits, Mme C épouse B ne saurait utilement invoquer que les tâches qu'elle a refusé d'exécuter ne relevaient pas de sa fiche de poste, le descriptif des missions prévues par sa fiche de poste ne faisant pas obstacle à ce qu'il lui soit ponctuellement demandé d'effectuer une mission qui n'y figure pas, et au demeurant non sans lien avec elle, notamment en raison de l'absence d'un autre agent. La circonstance qu'elle amenait de façon régulière son fils à un rendez-vous médical sur la plage horaire où la mairie sollicitait son concours ne justifiait pas davantage le refus de l'intéressée, au surplus, dans les conditions déjà décrites. Ainsi, en dépit de la circonstance que le premier grief qui fonde l'arrêté contesté n'est pas établi, les autres griefs reprochés à la requérante, dont il ressort des pièces du dossier que la matérialité est acquise, constituent une faute de nature à justifier qu'une sanction disciplinaire soit infligée à l'intéressée.
19. Eu égard à la nature et à la gravité des faits reprochés à Mme C épouse B, susceptibles de nuire au bon fonctionnement du service, l'autorité disciplinaire n'a pas pris une sanction disproportionnée en prononçant à son encontre une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux jours. Les circonstances dont se prévaut l'intéressée et tirées de son ancienneté, de ses qualités professionnelles et du comportement agressif de sa supérieure hiérarchique qui, concernant ce dernier élément, n'est étayé par aucun élément probant, ne sont pas de nature à regarder la sanction prononcée disproportionnée. Au surplus, il ressort des pièces du dossier, et notamment des observations formulées le 10 août 2021 par le maire de Gouaix, qui ne sont pas sérieusement contestées par la requérante, que l'intéressée s'est déjà rendue coupable de fait similaires en 2010, à l'encontre de la maire de l'époque et en 2020 à l'encontre de la précédente secrétaire de mairie.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la décision litigieuse aurait pu légalement être prise dans le cadre d'une procédure régulière. Par suite, si Mme C épouse B demande la réparation de son préjudice moral en raison de l'illégalité de la mesure de sanction contestée prononcée à son encontre, le lien de causalité entre le préjudice allégué et le vice de procédure tiré de la méconnaissance du droit de la requérante à obtenir la communication de son dossier individuel ne peut pas être regardé comme établi. Dès lors, les conclusions indemnitaires de Mme C épouse B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
21. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
22. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Gouaix le versement à Mme C épouse B d'une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 17 avril 2021 par lequel le maire de Gouaix a pris l'encontre de Mme C épouse B une sanction d'exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux jours, les 11 mai et 12 mai 2021, est annulé.
Article 2 : La commune de Gouaix versera à Mme C épouse B une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C épouse B et à la commune de Gouaix.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 février 2023.
La magistrate désignée,
L. MENTFAKH
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026