jeudi 21 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105677 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | DLA PIPER FRANCE LLP |
Vu la procédure suivante :
Par une saisine, enregistrée le 16 juin 2021, le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France défère au tribunal, comme prévenue d'une contravention de grande voirie, la société Vermilion Pyrénées, et conclut à ce que le tribunal :
1°) constate que les faits établis par le procès-verbal constituent la contravention prévue et réprimée par l'article L. 2132-7 du code général de la propriété des personnes publiques et condamne par suite la société Vermilion Pyrénées au paiement d'une amende de 1 000 euros ;
2°) condamne la société Vermilion Pyrénées au paiement de la somme de 250 euros correspondant aux frais d'établissement et de notification du procès-verbal et aux frais de notification à la charge de l'établissement public Voies navigables de France du jugement à intervenir par huissier de justice au titre des dispositions des articles L. 761-1 et R. 761-1 du code de justice administrative.
Le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France soutient que :
- ses services ont constaté une irisation d'hydrocarbures sur le domaine public fluvial, consécutive au déversement d'huile de vidange dont la société Vermilion Pyrénées reconnaît la responsabilité ;
- ces faits sont consignés dans le procès-verbal de contravention de grande voirie notifié à la société Vermilion Pyrénées qui ne les a aucunement contredits ;
- la pollution du domaine public fluvial est constitutive de la contravention de grande voirie prévue et réprimée par les dispositions du 1° de l'article L. 2132-7 du code général de la propriété des personnes publiques.
La saisine a été communiquée à la société Vermilion Pyrénées, représentée par
Me Lazar, qui n'a pas produit de mémoire malgré une mise en demeure adressée le
13 décembre 2021.
Une lettre du 1er avril 2022 a informé les parties, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que la clôture de l'instruction est susceptible d'intervenir à compter du 4 mai 2022.
Une ordonnance du 19 mai 2022 a fixé la clôture de l'instruction au même jour en application des dispositions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative.
Vu :
- le procès-verbal de contravention de grande voirie du 2 mars 2020 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des transports ;
- l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Desvigne-Repusseau, premier conseiller,
- et les conclusions de Mme Vergnaud, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Par un procès-verbal de contravention de grande voirie établi le 2 mars 2020, un agent assermenté de l'établissement public Voies navigables de France a constaté la présence, dans la Seine, d'une irisation d'hydrocarbures s'étendant du territoire de la commune de Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne) jusqu'à l'aval du barrage de Vives-Eaux situé sur le territoire de la commune de Boissise-le-Roi (Seine-et-Marne), dont l'origine est située au point kilométrique 146,700 sur la rive droite de la Seine sur le territoire de la commune de Vaux-le-Pénil et attribuée à la présence d'un dépôt sauvage d'huiles de vidange. Ayant relevé que la société Vermilion Pyrénées a informé, le 3 mars 2020, la commune de Vaux-le-Pénil qu'une fuite d'hydrocarbures avait été constatée par son système de contrôle au niveau d'une canalisation lui appartenant et enterrée au point kilométrique 146,700, le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France demande au tribunal de condamner la société Vermilion Pyrénées au paiement d'une amende de 1 000 euros.
Sur la contravention de grande voirie :
En ce qui concerne l'action publique :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 2132-7 du code général de la propriété des personnes publiques : " Nul ne peut, sous peine de devoir remettre les lieux en état ou, à défaut, de payer les frais de la remise en état d'office par l'autorité administrative compétente : /
1° Jeter dans le lit des rivières et canaux domaniaux ou sur leurs bords des matières insalubres ou des objets quelconques ni rien qui puisse embarrasser le lit des cours d'eau ou canaux ou y provoquer des atterrissements / () / Le contrevenant est également passible d'une amende de 150 à 12 000 euros ". Lorsque le juge administratif est saisi d'un procès-verbal de contravention de grande voirie, il ne peut légalement décharger le contrevenant de l'obligation de réparer les atteintes portées au domaine public qu'au cas où le contrevenant produit des éléments de nature à établir que le dommage est imputable, de façon exclusive, à un cas de force majeure ou à un fait de l'administration assimilable à un cas de force majeure.
3. D'autre part, il appartient au juge administratif de fixer le montant de l'amende mise à la charge du contrevenant compte tenu des circonstances de l'affaire et dans la limite des montants fixés par les textes, aucune disposition législative ou réglementaire applicable aux contraventions de grande voirie ne lui permettant cependant de décider qu'il n'y a pas lieu de prononcer cette amende.
4. Par un procès-verbal de contravention de grande voirie établi le 2 mars 2020, un agent assermenté de l'établissement public Voies navigables de France a constaté la présence, dans la Seine, d'une irisation d'hydrocarbures s'étendant du territoire de la commune de Vaux-le-Pénil (Seine-et-Marne) jusqu'à l'aval du barrage de Vives-Eaux situé sur le territoire de la commune de Boissise-le-Roi (Seine-et-Marne), dont l'origine est située au point kilométrique 146,700 sur la rive droite de la Seine sur le territoire de la commune de Vaux-le-Pénil. Par ailleurs, il résulte de l'instruction que la société Vermilion Pyrénées a informé, le 3 mars 2020, la commune de Vaux-le-Pénil qu'une fuite d'hydrocarbures avait été constatée par son système de contrôle au niveau d'une canalisation lui appartenant et enterrée au point kilométrique 146,700. Le procès-verbal du 2 mars 2020, qui fait foi jusqu'à preuve du contraire, établit ces faits, que la société Vermilion Pyrénées ne conteste d'ailleurs pas en défense. La pollution de la Seine provoquée par la fuite d'hydrocarbures consécutive au dysfonctionnement de la canalisation appartenant à la société Vermilion Pyrénées est assimilable au jet d'une matière insalubre dans le cours d'eau au sens des dispositions précitées du 1° de l'article L. 2132-7 du code général de la propriété des personnes publiques. Ce fait est constitutif d'une contravention de grande voirie prévue et réprimée par les mêmes dispositions. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner la société Vermilion Pyrénées à une amende de 1 000 euros.
En ce qui concerne l'action domaniale :
5. Dès lors qu'il n'est pas établi que l'atteinte au domaine public fluvial constatée par le procès-verbal du 2 mars 2020 aurait cessé en toutes ses conséquences à la date du présent jugement, il y a lieu de condamner la société Vermilion Pyrénées à remettre sans délai les lieux en l'état, si ce n'est déjà fait, et d'assortir cette injonction d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement. A défaut d'exécution volontaire à l'issue de ce délai, il sera loisible à l'établissement public Voies navigables de France de procéder d'office, aux frais de la contrevenante, à la remise en état des lieux.
Sur les frais liés au litige :
6. D'une part, aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ". Aux termes de l'article R. 761-1 de ce code : " Les dépens comprennent les frais d'expertise, d'enquête et de toute autre mesure d'instruction dont les frais ne sont pas à la charge de l'Etat / Sous réserve de dispositions particulières, ils sont mis à la charge de toute partie perdante sauf si les circonstances particulières de l'affaire justifient qu'ils soient mis à la charge d'une autre partie ou partagés entre les parties / L'Etat peut être condamné aux dépens ".
7. D'autre part, aux termes de l'article L. 774-2 du code de justice administrative : " Dans les dix jours qui suivent la rédaction d'un procès-verbal de contravention, le préfet fait faire au contrevenant notification de la copie du procès-verbal / Pour le domaine public défini à l'article L. 4314-1 du code des transports, [le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France] est substituée au représentant de l'Etat dans le département () ". Aux termes de l'article L. 774-6 de ce code : " Le jugement est notifié aux parties, à leur domicile réel, dans la forme administrative par les soins des autorités mentionnées à l'article L. 774-2, sans préjudice du droit de la partie de le faire signifier par acte d'huissier de justice ". Il résulte de ces dispositions qu'il incombe au directeur général de l'établissement public Voies navigables de France, qui intervient en lieu et place du préfet pour la répression des atteintes à l'intégrité et à la conservation du domaine public qui lui est confié en application des articles L. 4314-1 et
D. 4314-1 du code des transports, de procéder à la notification au contrevenant du procès-verbal de contravention ainsi que du jugement rendu en matière de contravention de grande voirie. En vertu des dispositions combinées des articles 23 et 25 de l'ordonnance n° 2016-728 du
2 juin 2016 relative au statut de commissaire de justice, dans tous les textes législatifs, la référence aux huissiers de justice désigne les commissaires de justice à compter du
1er juillet 2022.
8. Si les frais de procès-verbal de contravention de grande voirie n'entrent pas dans le champ des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, en ce que l'établissement de ce procès-verbal ne peut être considéré comme une mesure d'instruction, toutefois, dès lors que la société Vermilion Pyrénées a commis une infraction constitutive d'une contravention de grande voirie constatée par procès-verbal dressé le 2 mars 2020, la contrevenante doit supporter les frais de ce procès-verbal établi dans le cadre de l'action répressive. Par ailleurs, dès lors que le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France peut notifier à la contrevenante le présent jugement par signification de commissaire de justice, il y a lieu de mettre à la charge de la société Vermilion Pyrénées la somme demandée à ce titre par le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France. Ainsi, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Vermilion Pyrénées la somme de 250 euros au titre des frais exposés par l'établissement public Voies navigables de France et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La société Vermilion Pyrénées est condamnée à payer une amende de 1 000 euros.
Article 2 : La société Vermilion Pyrénées devra remettre sans délai, si elle ne l'a déjà fait, les lieux en l'état, sous peine d'une astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de l'expiration d'un délai de quinze jours suivant la notification du présent jugement.
Article 3 : En cas d'inexécution par la société Vermilion Pyrénées, passé un délai de quinze jours après la notification du présent jugement, l'établissement public Voies navigables de France est autorisé à procéder d'office, aux frais de la contrevenante, à la remise en état des lieux.
Article 4 : La société Vermilion Pyrénées versera à l'établissement public Voies navigables de France une somme de 250 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le présent jugement sera adressé au directeur général de l'établissement public Voies navigables de France pour notification à la société Vermilion Pyrénées dans les conditions prévues à l'article L. 774-6 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 6 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
M. Desvigne-Repusseau, premier conseiller,
M. Thébault, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 juillet 2022.
Le rapporteur,
M. DESVIGNE-REPUSSEAU
Le président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026