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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2105739

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2105739

jeudi 7 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2105739
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantCABINET BASIC ROUSSEAU AVOCATS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire ampliatif, enregistrés le 16 juin 2021 et le 11 mars 2024, Mme A B, représentée par Me Rousseau, doit être regardée comme demandant au tribunal :

1°) d'annuler la décision en date du 16 avril 2021 par laquelle le président du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis a rejeté son recours tendant à la requalification de son acte d'engagement en contrat à durée indéterminée à compter du 1er août 2020, la modification de la répartition de ses heures de travail et la suppression de l'obligation d'assurer des stages pendant certaines vacances scolaires ;

2°) d'enjoindre au syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis de faire droit à ses demandes ;

3°) de condamner le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis à lui payer la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis en raison de l'obligation qui lui a été faite d'assurer des stages durant les vacances scolaires sans être rémunérée, assortie des intérêts au taux légal et de l'anatocisme ;

4°) de mettre à la charge du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- l'acte d'engagement qui la lie à la collectivité aurait dû être requalifié en contrat à durée indéterminée dès lors qu'elle a été mise à sa disposition par le biais de l'association qui l'employait depuis 2005, qu'elle s'est par la suite engagée à son service pour un an par un acte d'engagement du 25 novembre 2011, et qu'elle doit être regardée comme ayant été recrutée par des actes d'engagement prenant la forme de contrats à durée déterminée pris sur le fondement du 2° de l'article 3-3 de la loi de du 26 janvier 1984 depuis le mois d'août 2013 ;

- eu égard à ses fonctions, elle doit être considérée comme appartenant au cadre d'emploi des professeurs territoriaux d'enseignement artistique prévu par le décret du 2 septembre 1991 et, puisque ce cadre d'emploi échappe au régime de droit commun des fonctionnaires territoriaux, il ne peut pas lui être imposé de travailler durant les vacances scolaires ou à des horaires imposés, en conséquence de quoi les heures éventuellement rémunérées dans ce cadre doivent l'être comme des heures supplémentaires ;

- l'obligation qui lui a été faite d'assurer des stages sans être rémunérée comme si elle avait effectué des heures supplémentaires et alors qu'ils s'inscrivent dans le cadre d'une activité d'animation et non d'enseignement, contrairement à ce qui est prévu par son cadre d'emploi, constitue une faute susceptible d'engager la responsabilité de la commune dont il résulte un préjudice financier, un préjudice familial dès lors qu'elle ne dispose plus de visibilité sur les congés qu'elle peut prendre durant les vacances scolaires, ainsi qu'un préjudice moral dû au manque de considération dont la collectivité a fait preuve à son égard ;

- ces préjudices doivent être évalués à la somme de 50 000 euros.

Par un mémoire en défense, présenté par Me Van Elslande et enregistré le 20 mars 2022, le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis, représenté par son président en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de la requérante la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est tardive dès lors que la requérante a exercé un premier recours tendant à la modification de son acte d'engagement qui a fait l'objet d'une décision implicite de rejet née le 24 novembre 2020, la requérante n'ayant présenté son recours gracieux contre cette décision que par un courrier réceptionné le 16 février 2021 ;

- il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requérante tendant à la requalification de son acte d'engagement à compter du 1er août 2020, dès lors qu'il lui a proposé la signature d'un premier contrat à durée indéterminée avec effet rétroactif au 1er janvier 2020 que la requérante a refusé de signer, puis un second contrat à durée indéterminée prenant effet au 1er janvier 2022, que la requérante a signé le 10 décembre 2021 ;

- les moyens soulevés par la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 91-857 du 2 septembre 1991 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Issard,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- et les observations de Me Van Elslande, représentant le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis,

- Mme B n'étant ni présente, ni représentée.

Considérant ce qui suit :

1. Mme B, recrutée en qualité de professeur de danse par contrats à durée déterminée successifs depuis 2011, et en dernier lieu par un engagement de six mois à compter du 16 juillet 2020, par le syndicat intercommunal de la culture de Cesson et de Vert-Saint-Denis, devenu en 2019 le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis, a formé un premier recours gracieux en date du 9 septembre 2020, réceptionné le 24 septembre 2020, par lequel elle a sollicité la requalification de cet acte d'engagement en contrat à durée indéterminée et la suppression de l'obligation de réaliser seize heures de cours durant les vacances scolaires qu'il mentionne. La collectivité lui ayant proposé un nouvel acte d'engagement prenant la forme d'un contrat à durée déterminée d'une durée d'un an par un courrier en date du 12 novembre 2020, elle a présenté le 12 février 2021 un nouveau recours gracieux réceptionné le 16 février 2021 tendant aux mêmes fins ainsi qu'à l'indemnisation des préjudices subis en raison des stages qu'elle a précédemment effectués durant les vacances scolaires et pour lesquels elle n'a pas obtenu de rémunération supplémentaire. Par la présente requête, elle demande l'annulation de la décision née implicitement le 16 avril 2021 et rejetant son second recours gracieux ainsi que la condamnation du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis à l'indemniser des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la fin de non-recevoir tiré de la tardiveté :

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. " Aux termes de l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours. ". Aux termes de l'article R. 421-5 du même code : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. " Et aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. / Lorsque dans le délai initial du recours contentieux ouvert à l'encontre de la décision, sont exercés contre cette décision un recours gracieux et un recours hiérarchique, le délai du recours contentieux, prorogé par l'exercice de ces recours administratifs, ne recommence à courir à l'égard de la décision initiale que lorsqu'ils ont été l'un et l'autre rejetés. ".

3. Le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis fait valoir que la requête serait irrecevable dès lors qu'une première décision implicite de rejet serait née le 24 novembre 2020 à la suite de la réception, le 24 septembre 2020, de la demande de requalification de l'acte d'engagement de la requérante, et, qu'ainsi, le recours gracieux de l'intéressée, réceptionné le 16 février 2021, serait intervenu après l'expiration du délai de deux mois prévu à l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort cependant des pièces du dossier que par un courrier en date du 12 novembre 2020, cette collectivité a rejeté par une décision expresse, se substituant à la décision implicite du 24 novembre 2021, la première demande de requalification de la requérante. Ce courrier ne mentionnant pas les voies et délai de recours, le délai de recours de deux mois visé à l'article L. 411-2 précité n'était ainsi pas expiré lorsque la requérante a formé un recours administratif à l'encontre de cette décision expresse, le 16 février 2022. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à ce titre par le Syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis doit être écartée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la requalification de l'engagement en contrat à durée indéterminée :

4. Aux termes de l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa version alors applicable : " Les dispositions de la présente loi s'appliquent aux personnes qui, régies par le titre Ier du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales, ont été nommées dans un emploi permanent et titularisées dans un grade de la hiérarchie administrative des communes, des départements, des régions ou des établissements publics en relevant, à l'exception des agents comptables des caisses de crédit municipal. / Elles ne s'appliquent pas aux personnels des établissements mentionnés à l'article 2 du titre IV du statut général des fonctionnaires de l'Etat et des collectivités territoriales. ". Aux termes de l'article 3 de cette même loi dans sa rédaction alors applicable : " Les collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 peuvent recruter temporairement des agents contractuels sur des emplois non permanents pour faire face à un besoin lié à / 1°/ Un accroissement temporaire d'activité, pour une durée maximale de douze mois, compte tenu, le cas échéant du renouvellement du contrat, pendant une même période de dix-huit mois consécutifs () ". Aux termes de l'article 3-1 de cette même loi, dans sa rédaction alors applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et pour répondre à des besoins temporaires, les emplois permanents des collectivités et établissements mentionnés à l'article 2 de la présente loi peuvent être occupés par des agents contractuels pour assurer le remplacement temporaire de fonctionnaires ou d'agents contractuels autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un détachement de courte durée, d'une disponibilité de courte durée prononcée d'office, de droit ou sur demande pour raisons familiales, d'un détachement pour l'accomplissement d'un stage ou d'une période de scolarité préalable à la titularisation dans un corps ou un cadre d'emplois de fonctionnaires ou pour suivre un cycle de préparation à un concours donnant accès à un corps ou un cadre d'emplois, d'un congé régulièrement octroyé en application du I de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée, des articles 57, 60 sexies et 75 de la présente loi ou de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique territoriale. / Les contrats établis sur le fondement du premier alinéa sont conclus pour une durée déterminée et renouvelés, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence du fonctionnaire ou de l'agent contractuel à remplacer. Ils peuvent prendre effet avant le départ de cet agent. ".Par ailleurs, aux termes de son article 3-3, dans sa version alors applicable : " Par dérogation au principe énoncé à l'article 3 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 précitée et sous réserve de l'article 34 de la présente loi, des emplois permanents peuvent être occupés de manière permanente par des agents contractuels dans les cas suivants : () /2° Pour les emplois du niveau de la catégorie A lorsque les besoins des services ou la nature des fonctions le justifient et sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté dans les conditions prévues par la présente loi ; /() /Les agents ainsi recrutés sont engagés par contrat à durée déterminée d'une durée maximale de trois ans. Ces contrats sont renouvelables par reconduction expresse, dans la limite d'une durée maximale de six ans. /Si, à l'issue de cette durée, ces contrats sont reconduits, ils ne peuvent l'être que par décision expresse et pour une durée indéterminée. ". Enfin, aux termes de son article 3-4, dans sa version alors applicable : " () II. Tout contrat conclu ou renouvelé pour pourvoir un emploi permanent en application de l'article 3-3 avec un agent qui justifie d'une durée de service publics effectifs de six ans au moins sur des fonctions relevant de la même catégorie hiérarchique est conclu pour une durée indéterminée ()/ () Lorsqu'un agent remplit les conditions d'ancienneté mentionnées aux deuxième à quatrième alinéas du présent II avant l'échéance de son contrat en cours, les parties peuvent conclure d'un commun accord un nouveau contrat, qui ne peut être qu'à durée indéterminée. En cas de refus de l'agent de conclure un nouveau contrat, l'agent est maintenu en fonctions jusqu'au terme du contrat à durée déterminée en cours () ".

5. Un agent de droit public employé par une collectivité ou un établissement mentionné au premier alinéa de l'article 2 de la loi du 26 janvier 1984 doit être regardé comme ayant été engagé pour exécuter un acte déterminé lorsqu'il a été recruté pour répondre ponctuellement à un besoin de l'administration. La circonstance que cet agent a été recruté plusieurs fois pour exécuter des actes déterminés n'a pas pour effet, à elle seule, de lui conférer la qualité d'agent contractuel. En revanche, lorsque l'exécution d'actes déterminés multiples répond à un besoin permanent de l'administration, l'agent doit être regardé comme ayant la qualité d'agent non titulaire de l'administration.

6. Il est constant que Mme B a été recrutée le 25 novembre 2011 par le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis pour occuper un emploi de professeur de danse afin de répondre à un besoin permanent de cette collectivité, et que les actes d'engagement successifs qui l'ont liée à elle concernaient un emploi de catégorie A pour lequel aucun fonctionnaire n'a pu être recruté. Il en résulte que Mme B est fondée à soutenir que l'acte d'engagement du 16 juillet 2020 la liant au syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis est entaché d'une erreur de droit en ce qu'il vise le 1° de l'article 3-1 précité de la loi du 26 janvier 1984 et non le 2° de l'article 3-3 précité. Par ailleurs, Mme B, qui justifiait d'une durée de service publics effectifs de six ans au moins sur des fonctions de catégorie A, était fondée à obtenir la requalification de son acte d'engagement portant sur la période du 1er août 2020 au 31 décembre 2020 en contrat à durée indéterminée, conformément aux dispositions de l'article 3-4 précité. Par suite, l'intéressée est fondée à soutenir que l'acte d'engagement du 16 juillet 2020 aurait dû être requalifié en contrat à durée indéterminée.

7. Il résulte de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens, Mme B est fondée à demander l'annulation de la décision du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis du 12 novembre 2020, ensemble la décision de rejet implicite opposée à son recours gracieux en tant qu'elles refusent de requalifier son engagement en contrat à durée indéterminée à compter du 1er août 2020.

En ce qui concerne l'obligation de service :

8. Aux termes de l'article 2 du décret du 2 septembre 1991 portant statut particulier du cadre d'emplois des professeurs territoriaux d'enseignement artistique (musique, danse, art dramatique, arts plastiques) : " Les professeurs d'enseignement artistique assurent un enseignement hebdomadaire de seize heures. "

9. Mme B soutient que ces dispositions font obstacle à ce que lui soit imposé l'encadrement de stages d'enseignement durant les vacances scolaires. Toutefois, la requérante, qui n'a pas été recrutée par la collectivité en tant que professeure territoriale d'enseignement artistique titulaire mais comme contractuelle, ne peut pas utilement, et en tout état de cause, invoquer les dispositions précitées.

10. De même, si elle se prévaut de ce que les stages qu'elle a eu à effectuer par le passé consistaient en des activités d'animation plutôt que d'enseignement, elle ne produit aucune pièce démontrant que les cours qu'elle aurait dispensés dans ce cadre auraient différé par nature de ceux qu'elle assure hors vacances scolaires, alors, au demeurant, que ces stages sont prévus par son acte d'engagement et sa fiche de poste. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision attaquée, en tant qu'elle lui imposait l'encadrement de ces stages, était illégale.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Il résulte de l'instruction que le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis a adressé à Mme B une proposition d'acte d'engagement sous la forme d'un contrat à durée indéterminée prenant effet rétroactivement à compter du 1er janvier 2020 par un courrier électronique en date du 5 juillet 2021. Cette proposition a été réitérée le 23 septembre 2021, le 8 octobre 2021 et le 18 octobre 2021, sans que l'intéressée manifeste son acceptation ni n'explicite à l'instance cette attitude. Le 5 décembre 2021, la collectivité a formulé une nouvelle proposition d'acte d'engagement sous la forme d'un contrat à durée indéterminée prenant effet, cette fois, le 1er janvier 2022, que la requérante a accepté de signer le 10 décembre 2021. Ces circonstances font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions de Mme B à fin d'injonction tendant à la requalification de son acte d'engagement en contrat à durée indéterminée dès le 1er août 2020.

Sur les conclusions indemnitaires :

12. Mme B recherche la responsabilité du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis sur le fondement de l'illégalité de l'obligation qui lui a été faite de dispenser des stages durant les vacances scolaires. Toutefois, ainsi qu'il a été énoncé aux points 9 à 11, le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis a pu légalement lui imposer cette obligation. Dès lors, Mme B n'est pas fondée à soutenir que le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis, a commis, à ce titre, une faute de nature à engager sa responsabilité.

13. Par voie de conséquence, ses conclusions tendant à la condamnation du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis à lui payer la somme de 50 000 euros en réparation des préjudices financier, familial et moral qu'elle estime avoir subis en raison de la réalisation de ces stages, doivent être rejetées.

Sur les frais liés à l'instance :

14. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par Mme B sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas, non plus, lieu de mettre à sa charge la somme demandée au même titre par le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis.

D E C I D E :

Article 1er: La décision du 12 novembre 2020 du syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis, ensemble la décision implicite de rejet opposée au recours gracieux de Mme B, sont annulées en tant qu'elles ne font pas droit à la demande de l'intéressée tendant à la requalification de son acte d'engagement en contrat à durée indéterminée à compter du 1er août 2020.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Les conclusions présentées par le syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A B et au syndicat intercommunal de Cesson et de Vert-Saint-Denis.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Issard, conseillère,

Mme Bourrel Jalon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.

La rapporteure,

C. ISSARD

La présidente,

I. BILLANDON La greffière,

L. LE GRALL

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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