vendredi 7 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2105801 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 1ère chambre, JU |
| Avocat requérant | PILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 juin et 4 octobre 2021,
M. A B demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 27 avril 2021 par laquelle le directeur de l'agence Pôle emploi de Vincennes a rejeté la demande de remise gracieuse de la somme de 15 752, 48 euros correspondant à l'indu d'allocation de solidarité spécifique pour la période de janvier 2018 à novembre 2020, qu'il avait présentée ;
2°) à titre principal, de fixer le montant du trop-perçu à la somme définitive de 2 034,69 euros correspondant à la période de février à mai 2020, et à titre subsidiaire d'annuler le trop-perçu ;
3°) de condamner Pôle emploi à lui verser la somme de 2 500 euros en réparation du préjudice psychologique subi.
Il soutient que :
- la micro entreprise créée en 2015 n'a eu aucune activité jusqu'en 2019 puis une activité très ponctuelle et très aléatoire en 2020, lui permettant de cumuler les revenus tirés de cette activité avec le versement par Pôle emploi de l'allocation de solidarité spécifique aux mois de juin, octobre et novembre 2019, ainsi qu'en septembre, octobre et novembre 2020 ; le
trop-perçu en résultant s'élève donc à 2 034, 69 euros et non à 15 752, 48 euros ;
- il n'a pas travaillé plus de 750 heures pour cette micro entreprise sur l'ensemble de la période ;
- il n'a pas dissimulé la création de la micro entreprise dès lors qu'il en a informé son conseiller Pôle emploi en novembre 2016 ; en outre, en ne déclarant pas les revenus issus de son activité non salariée, il a agi conformément aux renseignements fournis par les services de Pôle emploi ce qui ne peut lui être reproché et fonder la demande de remboursement du
trop-perçu ; enfin, le requérant n'a jamais eu l'intention d'exercer une activité non salariée pérenne via la micro entreprise dès lors qu'il a continué à chercher activement un emploi pérenne durant toute la période ;
- la position infondée en droit et en fait de Pôle emploi est la cause de l'état dépressif et de l'accès d'anxiété dans lequel il se trouve depuis la notification du trop-perçu.
Par un mémoire en défense, enregistré le 30 août 2021, Pôle emploi Ile-de-France, représenté par Me Pillet, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les textes applicables à la situation de M. B, régissant les règles de cumul de l'allocation spécifique de solidarité avec une activité indépendante sont ceux en vigueur à la date du 1er avril 2017, date à laquelle il a commencé à percevoir l'ASS et dès lors qu'il exerçait déjà une activité professionnelle à cette date ;
- le requérant n'est pas recevable à contester le bien-fondé de l'indu en litige alors qu'il a cumulé sur la période d'avril 2018 à novembre 2020 les revenus d'une activité professionnelle non salariée avec les allocations de chômage justifiant un trop-perçu de 14 283, 68 euros ;
- une substitution de motif à la décision de trop perçu pourra être opérée, dès lors que la décision de trop-perçu pourrait être fondée sur les dispositions de l'article L. 5426-2 du code du travail en l'absence de toute déclaration d'activité de la part du requérant ;
- le requérant n'apporte pas la preuve du préjudice qu'il aurait subi, ni l'existence d'une faute commise par Pôle emploi, ni l'existence d'un lien de causalité entre une éventuelle faute et le préjudice subi.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- la décision par laquelle la présidente du tribunal a désigné Mme Aurore Perrin, première conseillère, pour statuer sur les requêtes relevant du champ d'application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Aurore Perrin, première conseillère ;
- les observations de Me Pillet, avocat de Pôle emploi ;
- et les observations de M. B.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, allocataire de l'allocation de solidarité spécifique, a été informé par un courrier du 7 janvier 2021 que le remboursement d'un trop-perçu d'allocation de solidarité spécifique (ASS) d'un montant de 15 752,48 euros, constitué de janvier 2018 à novembre 2020, lui était demandé par Pôle emploi. M. B a, par un courrier du 3 mars 2021, demandé une remise gracieuse de cette dette. Par un courrier du 27 avril 2021, le directeur de l'agence Pôle emploi de Vincennes a rejeté son recours gracieux. M. B doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision du 27 avril 2021 rejetant son recours gracieux.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 5425-1 du code du travail : " Les allocations du présent titre, () peuvent se cumuler avec les revenus tirés d'une activité occasionnelle ou réduite ainsi qu'avec les prestations de sécurité sociale ou d'aide sociale dans les conditions et limites fixées : () 2° Pour les allocations de solidarité, par décret en Conseil d'Etat ". Aux termes de l'article R. 5425-4 dudit code : " Lorsque le bénéficiaire de l'allocation de solidarité spécifique reprend () une activité professionnelle non salariée, le nombre des allocations journalières n'est pas réduit pendant les trois premiers mois d'activité professionnelle. Du quatrième au douzième mois d'activité professionnelle, le montant de l'allocation est diminué des revenus d'activité perçus par le bénéficiaire. Il perçoit mensuellement la prime forfaitaire pour reprise d'activité d'un montant de 150 euros () La liste des justificatifs exigés, le cas échéant pour chaque mois d'activité professionnelle, pour le bénéfice de la prime forfaitaire est fixée par arrêté conjoint des ministres chargés de la solidarité et de l'emploi ". L'article R. 5425-5 de ce code dispose, en outre : " Lorsque, au terme de la période de versement prévue aux articles R. 5425-2 à R. 5425-4, le nombre total des heures d'activité professionnelle n'atteint pas sept cent cinquante heures, le bénéfice de ces dispositions est maintenu à l'allocataire qui exerce une activité professionnelle jusqu'à ce qu'il atteigne ce plafond des sept cent cinquante heures ".
3. Il ressort de ces dispositions combinées que si le bénéfice de l'allocation spécifique de solidarité est compatible avec la reprise d'une activité professionnelle dans la limite d'une durée de 12 mois, ce cumul peut être prolongé au-delà des 12 mois prévus initialement en cas de durée de travail réalisée inférieure à 750 heures durant cette période, jusqu'à ce que ce maximum de 750 heures soit atteint.
4. Il résulte de l'instruction que M. C a exercé une activité professionnelle non salariée sous le régime de micro-entrepreneur du 21 avril 2017 au 30 novembre 2020. Si le requérant fait valoir qu'à l'issue de la période d'un an de cumul autorisé de la perception des revenus de cette activité avec le bénéfice de l'ASS, il a continué d'avoir droit au versement de l'ASS dès lors que les revenus qu'il tirait de cette activité étaient très aléatoires et ponctuels et qu'il n'avait pas atteint le plafond de 750 heures de travail prévu par l'article R. 5425-5 du code du travail précité, il n'apporte aucun élément de nature à établir que le nombre total des heures d'activité professionnelle durant la période de douze mois suivant la reprise de son activité n'atteignait pas 750 heures, ni de vérifier le montant du chiffre d'affaires de la micro entreprise qu'il prétend avoir perçu. Dès lors, c'est sans commettre d'erreur de droit que Pôle emploi lui a demandé le remboursement des sommes perçues entre janvier 2018 et novembre 2020.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 5423-11 du code du travail : " Ont droit à une allocation de solidarité spécifique les travailleurs privés d'emploi qui ont épuisé leurs droits à l'allocation d'assurance, qui ne satisfont pas aux conditions pour bénéficier de l'allocation des travailleurs indépendants prévue à l'article L. 5424-25 et qui satisfont à des conditions d'activité antérieure et de ressources. ". Aux termes de l'article L. 5141-28 du même code : " L'aide de l'Etat prévue à l'article L. 5141-3 est attribuée pour une durée d'un an à compter de la date de création ou de reprise d'une entreprise. ". Aux termes de l'article R. 5411-6 du même code : " Les changements affectant la situation au regard de l'inscription ou du classement du demandeur d'emploi et devant être portés à la connaissance de Pôle emploi, en application du second alinéa de l'article L. 5411-2, sont les suivants : / 1° L'exercice de toute activité professionnelle, même occasionnelle ou réduite et quelle que soit sa
durée ; (). ". Aux termes de l'article R. 5411-7 du même code : " Le demandeur d'emploi porte à la connaissance de Pôle emploi les changements de situation le concernant dans un délai de soixante-douze heures. ".
6. Il résulte de l'instruction que M. B n'a pas déclaré la création de sa micro entreprise, créée en 2015, ni aucun des revenus issus de cette activité, en méconnaissance des dispositions précitées des articles R. 5411-6 et R. 5411-7 du code du travail. S'il soutient qu'il a informé son conseiller Pôle emploi par courriel du 8 novembre 2016, ces éléments relatifs à la création d'une micro entreprise figurant dans un courriel adressé à son conseiller Pôle emploi, ne valent pas déclaration de son activité. Par ailleurs, il soutient que par courrier du
28 juin 2019, sa conseillère Pôle emploi l'aurait induit en erreur en lui indiquant que dans le cas d'absence de feuille de paie, l'activité n'a pas à être déclarée lors de l'actualisation. Toutefois, la circonstance que M. B aurait été induit en erreur par un conseiller Pôle emploi est sans incidence sur le bien-fondé de la créance et ne fait pas obstacle à son recouvrement. Dans ces conditions, le requérant n'avait plus droit de percevoir l'allocation de solidarité spécifique pour une durée supérieure à un an à compter de la création de son entreprise, alors qu'en l'espèce, son versement s'est poursuivi jusqu'au 30 novembre 2020.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision du 27 avril 2021, ni la réduction du montant du trop-perçu réclamé par Pôle emploi.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. M. B n'établit pas l'existence d'une faute de Pôle emploi susceptible de lui ouvrir droit à la réparation d'un préjudice. Il s'ensuit que ses conclusions indemnitaires doivent être rejetées.
9. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B doit être rejetée.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A D B et à Pôle emploi.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 juillet 2023.
La magistrate désignée,
A. PerrinLa greffière,
O. Dusautois
La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026