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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107060

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107060

jeudi 20 juillet 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107060
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre, JU
Avocat requérantCABINET LAGHOUTARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 27 juillet 2021 et 9 mars 2022, la société par actions simplifiée (SAS) JLZ Gestion, représentée par Me Laghoutaris, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction des cotisations de taxe foncières auxquelles elle a été assujettie au titre des années 2018 et 2019 dans les rôles de la commune de Lieusaint (Seine-et-Marne) ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 7 440 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- c'est à tort que l'administration a regardé les locaux en litige comme des magasins appartenant à un ensemble commercial relevant de la catégorie MAG3 définie par l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts, alors qu'il ne s'agit pas d'un magasin et qu'il ne fait pas partie d'un ensemble commercial ;

- l'administration a méconnu les principes d'égalité devant la loi fiscale et devant les charges publiques, ainsi que le principe de l'égalité de l'action administrative, le droit au respect aux biens et celui de non-discrimination, dès lors qu'aucun motif objectif ne saurait justifier la différence de traitement entre son local et les locaux adjacents.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 8 novembre 2021 et 4 août 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête, en faisant valoir que les moyens développés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de commerce ;

- le code de justice administrative.

Vu, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la décision par laquelle la présidente du tribunal administratif a désigné M. Meyrignac, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant de cet article.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 6 juillet 2023 :

- le rapport de M. Meyrignac ;

- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La SAS JLZ Gestion, exploite un restaurant à Lieusaint, dont les locaux ont donné lieu à un assujettissement à des cotisations de taxe foncière au titre des années 2018 et 2019. Elle en sollicite la réduction.

Sur la charge de la preuve :

2. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification (), le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. Il en est de même lorsqu'une imposition a été établie d'après les bases indiquées dans la déclaration souscrite par un contribuable ou d'après le contenu d'un acte présenté par lui à la formalité de l'enregistrement ".

3. Il résulte de l'instruction que les cotisations de taxe foncière au titre des années 2018 et 2019 ont été établies conformément aux indications portées sur les déclarations CBD n° 6660 de la société JLZ Gestion en date des 19 août 2013 et 30 mai 2018 mentionnant que les locaux en cause relevaient de la catégorie MAG3. Il incombe donc à la société requérante, en application des dispositions précitées de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, de démontrer le caractère exagéré des impositions en litige.

Sur les conclusions à fin de décharge :

4. Aux termes de l'article 1380 du code général des impôts : " La taxe foncière est établie annuellement sur les propriétés bâties sises en France à l'exception de celles qui en sont expressément exonérées par les dispositions du présent code ". En vertu du II de l'article 34 de la loi du 29 décembre 2010 de finances rectificative pour 2010, applicable aux impositions établies à compter de 2017 et codifié, depuis le 1er janvier 2018, à l'article 1498 du code général des impôts, en vue de l'évaluation de leur valeur locative, les locaux professionnels sont classés " dans des sous-groupes, définis en fonction de leur nature et de leur destination ", et à l'intérieur de chaque sous-groupe, " par catégories, en fonction de leur utilisation, de leurs caractéristiques physiques, de leur situation et de leur consistance ". Aux termes de l'article 1er du décret du 10 octobre 2011 fixant les sous-groupes et catégories de locaux professionnels en vue de l'évaluation de leur valeur locative, codifié, depuis le 1er janvier 2018, à l'article 310 Q de l'annexe II au code général des impôts, les locaux professionnels sont classés " selon les sous-groupes et catégories suivants : () Sous-groupe I : magasins et lieux de vente : Catégorie 1 : boutiques et magasins sur rue. Catégorie 2 : commerces sans accès direct sur la rue. Catégorie 3 : magasins appartenant à un ensemble commercial () ".

5. En premier lieu, la requérante conteste le classement en catégorie MAG3 de ses locaux en soutenant que les locaux lui appartenant ne sauraient être assimilés à un magasin et ne sont pas rattachés à un ensemble commercial.

6. Or, d'une part, la seule circonstance que les locaux appartenant à la requérante donnent lieu à une exploitation dans le cadre d'une activité de restauration rapide et ne répondent pas à la définition d'un magasin au sens strict du terme telle que précisée par l'Insee, ni d'un lieu de vente, ne suffit pas à remettre en cause le classement de ces locaux en catégorie MAG3, dès lors que les dispositions précitées de l'article 1498 du code général des impôts prévoient le classement des locaux en fonction notamment de leur utilisation et de leurs caractéristiques physiques. Il résulte, en outre, de l'instruction et notamment des nombreux clichés produits en défense que les locaux en litige ne peuvent être assimilés, comme le soutient la requérante, à des commerces sans accès direct sur la rue au sens de la catégorie MAG2, alors qu'ils donnent directement accès sur l'avenue René Cassin.

7. D'autre part, la requérante soutient que ses locaux ne sont pas rattachés à un ensemble commercial au sens des dispositions du I de l'article L. 752-3 du code de commerce qui prévoit que " sont regardés comme faisant partie d'un même ensemble commercial () les magasins qui sont réunis sur un même site () ". Toutefois, il résulte de l'instruction que les locaux en cause font partie d'une zone commerciale dénommée Windsor constituée de multiples restaurants et commerces organisés autour d'un grand parking utilisé par la clientèle. Par ailleurs, la circonstance que les locaux en litige seraient situés dans une zone d'aménagement concerté de centre urbain est sans influence sur l'existence d'un tel ensemble commercial ni sur la détermination de classement des locaux. Dans ces conditions, les locaux en litige appartiennent bien à un ensemble commercial au sens de la catégorie MAG3.

8. Il résulte de ce qui précède que la société JLZ Gestion n'établit pas, alors que la charge de la preuve lui incombe, de ce que ses locaux ne relèvent pas de la catégorie MAG3 et donc du caractère exagéré des impositions en litige.

9. En second lieu, la circonstance, à la supposer établie, qu'une société située à proximité de ses locaux serait imposée selon des modalités différentes de la sienne alors que leurs locaux seraient similaires, ce qui créerait selon la requérante une rupture d'égalité devant la loi fiscale et devant les charges publiques, et méconnaîtrait le principe de l'égalité de l'action administrative, le droit au respect à ses biens et celui de non-discrimination, est sans influence sur le bien-fondé des impositions en litige qui ne sont pas fonction de modalités d'imposition d'autres contribuables. En outre et en tout état de cause, en se bornant à produire un avis de taxe foncière de l'année 2019 au nom de cette société qui ne précise notamment pas la catégorie de classement des locaux en cause et une photographie aérienne censée correspondre aux locaux de cette société, alors que l'administration établit dans ses écritures qu'il s'agit en fait de ceux de la Maison des cultures et des arts de Lieusaint, la requérante n'établit pas les griefs précités dont elle se prévaut.

10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin de décharge présentées par la SAS JLZ Gestion doivent être rejetées. Par voie de conséquence, ses conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par la SAS JLZ Gestion est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la société par actions simplifiée JLZ Gestion et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juillet 2023.

Le magistrat désigné,

Signé : P. MEYRIGNAC

Le greffier,

Signé : G. NGASSAKI

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

Le greffier

G. NGASSAKI

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