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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107072

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107072

jeudi 28 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107072
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation7ème chambre, JU
Avocat requérantCABINET KIRMEN & LEFEBVRE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 27 juillet 2021, M. B D, représenté par le cabinet Kirmen et Lefebvre, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 28 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;

2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 3 mai 2017, 5 mai 2017, 6 mai 2017, 30 juin 2017, 12 septembre 2018, 6 mars 2019, 13 octobre 2020 à 2h 28 et 13 octobre 2020 à 2h 29 ;

3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de reconstituer le capital de points affecté à son permis de conduire ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- il n'a pas été destinataire des décisions portant retrait de points avant le 28 mai 2021, date de notification globale des différentes pertes de points ; à cette date, l'intéressé disposait, sur son permis de conduire, d'un solde de douze points ;

- s'agissant des infractions commises les commises 3 mai 2017, 5 mai 2017, 6 mai 2017, 30 juin 2017, 12 septembre 2018, 6 mars 2019, 13 octobre 2020 à 2h 28 et 13 octobre 2020 à 2h 29, il n'a pas payé les amendes forfaitaires, de sorte que la réalité des infractions ne peut être tenue pour établie ;

- il n'a pas bénéficié des informations réglementaires prévues aux articles L. 223-1, L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, concernant la perte de points, le mode de calcul des points à perdre, l'existence d'un traitement de données concernant le solde de points, le droit d'accès à ce traitement de données.

Par un mémoire en défense, enregistré le 4 octobre 2021 le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer concernant les conclusions dirigées contre la décision référencée " 48 SI " du 28 mai 2021 et la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 6 mars 2019 et au rejet du surplus de la requête.

Il soutient que :

- Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions dirigées contre la décision référencée " 48 SI " du 28 mai 2021 et la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 6 mars 2019 dès lors que ces décisions, qui n'apparaissent plus sur le relevé d'information intégral de l'intéressé, ont été retirées ;

- les conclusions dirigées contre la décision de retrait de points consécutivement à l'infraction relevée le 6 mai 2017 sont sans objet dès lors que le requérant a obtenu la restitution des points retirés ;

- les autres moyens soulevés par M. D ne sont pas fondés.

Par un courrier du 14 novembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision de retrait d'un point consécutive à l'infraction commise le 6 mai 2017 dès lors qu'elles sont dépourvues d'objet, le point ayant été restitué le 12 mars 2018, avant l'introduction de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de procédure pénale ;

- le code de la route ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. B D a commis les 3 mai 2017, 5 mai 2017, 6 mai 2017, 30 juin 2017, 12 septembre 2018, 6 mars 2019, 13 octobre 2020 à 2h 28, sept infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de dix-sept points sur son permis de conduire. A la suite de l'enregistrement d'une nouvelle infraction commise le 13 octobre 2020 à 2h 29, le ministre de l'intérieur, par une décision référencée " 48 SI " du 28 mai 2021, a retiré trois nouveaux points puis, après avoir récapitulé les décisions de retrait de points antérieures et tenu compte des éventuelles récupérations de points, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, M. D demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que les décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision.

Sur l'étendue du litige :

2. Il résulte du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de M. D édité le 1er octobre 2021 que le point retiré sur son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 6 mai 2017 lui a été restitué le 12 mars 2018, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de la requête dirigées contre la décision procédant à ce retrait de point sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.

Sur l'exception de non-lieu à statuer :

3. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. D, que le permis de l'intéressé présente à cette date un solde de points positif de trois points et que la décision de retrait de quatre points prise à la suite de l'infraction relevée le 6 mars 2019 n'y apparaît plus. Le ministre de l'intérieur a ainsi implicitement mais nécessairement retiré la décision " 48 SI " du 28 mai 2021 contestée invalidant le permis de conduire de l'intéressé ainsi que la décision de retrait de points prise à la suite de l'infraction du 6 mars 2019. Ainsi, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le surplus des conclusions :

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de notification :

4. Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 223-3 du code de la route : " Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ".

5. M. D soutient que les décisions de retrait de points contestées ne lui ont jamais été notifiées, de sorte qu'il disposait de douze points sur le relevé d'information intégral de son permis de conduire à la date de la décision référencée " 48 SI ". Toutefois, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions précitées, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Cette procédure a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, la circonstance, à la supposer établie, que M. D n'aurait pas été informé des décisions de retrait de points est, en tout état de cause, sans incidence sur leur légalité. Il suit de là que le moyen tiré du défaut de notification des décisions attaquées est inopérant et doit ainsi être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :

6. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". Et aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".

7. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.

8. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.

9. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises. Il en va autrement si le contrevenant qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.

S'agissant des infractions relevées les 13 octobre 2020 à 2h28 et 13 octobre 2020 à 2h29 :

10. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. D édité le 1er octobre 2021, que les infractions des 13 octobre 2020 à 2h 28 et 13 octobre 2020 à 2h 29 ont été relevées au moyen de procès-verbaux électroniques dématérialisés et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Il résulte de l'instruction, notamment des pièces produites par le ministre de l'intérieur, que le requérant a refusé de signer les procès-verbaux établis lors de la constatation de ces infractions, procès-verbaux qui, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, précisent la qualification de l'infraction constatée, que le contrevenant encourt un retrait de points et comportent l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de ces pièces suffit donc à établir que l'intéressé a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises les 13 octobre 2020 à 2h 28 et 13 octobre 2020 à 2h 29 doit être écarté.

S'agissant des infractions relevées les 3 mai 2017 et 5 mai 2017 :

11. Il résulte des mentions " AF " portées sur le relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de M. D, que l'intéressé s'est acquitté des amendes forfaitaires correspondant aux infractions constatées les 3 mai 2017 et 5 mai 2017 par radar automatique. Ainsi, le requérant a nécessairement reçu des courriers du ministre chargé de l'intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce et alors que M. D n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information. Par suite, le moyen tiré de l'absence de ces informations lors de la commission de ces infractions doit être écarté.

S'agissant des infractions relevées les 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 :

12. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. D, que les infractions des 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 ont été constatées par procès-verbal électronique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Les procès-verbaux établis lors de la commission de ces infractions ne contiennent pas la signature du requérant, ni la mention selon laquelle le contrevenant aurait refusé de les signer. L'administration ne justifie pas, par ailleurs, que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aient été transmises à l'intéressé, faute pour le ministre d'apporter la preuve du paiement par le requérant des amendes forfaitaires majorées en cause et donc de la réception par lui de l'avis de contravention ou du titre exécutoire y afférent. Il suit de là qu'il n'a pas été préalablement porté à la connaissance de M. D l'ensemble des informations légalement requises, notamment celles concernant la qualification pénale de l'infraction et celle portant sur la possibilité d'un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie. Par suite, la circonstance que M. D ait pu bénéficier, à l'occasion d'infractions antérieures, d'information relatives à l'existence d'un traitement automatisé et à la possibilité d'y accéder, n'était pas de nature à assurer sa complète information s'agissant des infractions en question. Par suite, il est fondé à demander, pour ce motif, l'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 pour un total de sept points.

En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :

13. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".

14. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".

15. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.

16. En l'espèce, il résulte du relevé intégral du permis de conduire de M. D, édité le 1er octobre 2021, que les infractions contestées ont donné lieu soit au paiement de l'amende forfaitaire soit à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, que ce dernier, aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions doit être écarté.

17. Il résulte de tout ce qui précède que M. D est seulement fondé à demander l'annulation des décisions portant retrait de points prises à la suite des infractions commises les 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 pour un total de sept points.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

18. L'exécution du présent jugement implique nécessairement que les sept points retirés à la suite des infractions relevées les 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 soient restitués sur le permis de conduire de M. D dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points prises à la suite de la commission d'autres infractions routières. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de procéder, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, à cette restitution.

Sur les frais liés au litige :

19. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que M. D présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 28 mai 2021 portant invalidation du permis de conduire de M. D ainsi que sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision de retrait de points prise à la suite de l'infraction relevée le 6 mars 2019.

Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de sept points sur le permis de conduire de M. D à la suite des infractions constatées les 30 juin 2017 et 12 septembre 2018 sont annulées.

Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. D les sept points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement

Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B D et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 mars 2024.

Le magistrat désigné,

M. C

La greffière,

M. A

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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