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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2107166

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2107166

jeudi 19 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2107166
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation5ème chambre
Avocat requérantSARL CAZIN MARCEAU AVOCATS ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés le 30 juillet 2021, le 22 mai 2023, et le 18 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Réa, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision en date du 6 juillet 2021 par laquelle le maire de Bussy-Saint-Georges a rejeté sa demande tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle ;

2°) de condamner la commune de Bussy-Saint-Georges à lui payer les sommes de 7 000 euros en réparation du préjudice moral subi du fait du harcèlement moral dont il a été victime, de 50 000 euros en réparation du préjudice de harcèlement caractérisé par sa " placardisation " et de 60 000 euros en réparation du trouble dans ses conditions d'existences subi du fait du harcèlement moral dont il a été victime, ces sommes devant être assorties des intérêts au taux légal à compter du 19 mai 2021 et de l'anatocisme ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Bussy-Saint-Georges la somme de 4 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il a été victime de faits constitutifs de harcèlement moral se traduisant par le comportement agressif de l'élu à la jeunesse à son égard, le déménagement de son poste de travail et celui de son assistante, le ton agressif dont sa hiérarchie a fait preuve dans leurs échanges, son positionnement forcé en télétravail, la suppression de son poste, la diminution progressive de ses responsabilités et sa " placardisation ", la circonstance qu'aucun matériel n'a été mis à sa disposition pour travailler, la parution d'un avis de vacance du poste qu'il occupait, le refus du maire de procéder à son entretien professionnel pour l'année 2020, l'accusation dont il a fait l'objet d'avoir ébruité les circonstances du suicide de son assistante, les pressions exercées sur lui afin qu'il quitte les effectifs de la commune, la circonstance que sa convocation à un entretien préalable à un licenciement lui a été notifiée par un agent de la police municipale, le refus de sa hiérarchie de lui faire bénéficier des congés inscrits sur son compte épargne temps et l'absence de réponse à ses demandes de congés, la procédure de licenciement dont il a fait l'objet, les irrégularités dans la tenue de son entretien professionnel pour l'année 2020 et la procédure disciplinaire abusive dont il a été victime ;

- ces faits lui ont occasionné un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qui doivent être indemnisés à hauteur de la somme globale de 117 000 euros.

Par un mémoire en défense et un mémoire complémentaire, enregistrés le 22 mars 2023 et le 8 septembre 2023 et présentés par Me Cazin, la commune de Bussy-Saint-Georges, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 3 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir, dans le dernier état de ses écritures, que les conclusions de la requête tendant au versement de la somme de 7 000 euros en réparation du préjudice subi du fait du rejet opposé à la demande de protection fonctionnelle de M. A sont irrecevables, dès lors que ce chef de préjudice n'est pas mentionné dans la demande indemnitaire préalable, et qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Issard,

- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,

- les observations de Me Benmerad, représentant la commune de Bussy-Saint-Georges,

- M. A n'étant ni présent, ni représenté.

Une note en délibéré présentée pour la commune de Bussy-Saint-Georges a été enregistrée le 9 décembre 2024 et n'a pas été communiquée.

Considérant ce qui suit :

1. M. A a été recruté par la commune de Bussy-Saint-Georges le 2 juin 2014 en qualité de directeur du cabinet de la maire puis nommé le 6 janvier 2015 directeur du service de la communication. Par un courrier réceptionné le 25 mai 2021, il a présenté au maire de Bussy-Saint-Georges une demande tendant au bénéfice de la protection fonctionnelle en raison des faits de harcèlement moral qu'il estime avoir subis ainsi qu'une demande indemnitaire préalable tendant à l'indemnisation des préjudices subis en raison de ces mêmes faits. Par une décision en date du 6 juillet 2021, le maire de Bussy-Saint-Georges a rejeté sa demande de protection fonctionnelle. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision ainsi que la condamnation de la commune de Bussy-Saint-Georges à l'indemniser des préjudices subis en raison des faits de harcèlement moral dont il estime avoir été victime.

2. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires désormais repris à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ". Aux termes de l'article 11 de la même loi : " I.- A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté () ".

3. D'une part, il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. D'autre part, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. Pour être qualifiés de harcèlement moral, ces agissements doivent être répétés et excéder les limites de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique.

4. M. A soutient que la décision attaquée lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'il a fait l'objet d'agissements répétés de harcèlement moral se traduisant par le comportement agressif de l'élu à la jeunesse à son égard, le déménagement de son poste de travail et celui de son assistante, le ton agressif dont sa hiérarchie a fait preuve dans leurs échanges, son positionnement forcé en télétravail, la suppression de son poste, la diminution progressive de ses responsabilités et sa placardisation, la circonstance qu'aucun matériel n'a été mis à sa disposition pour travailler, la parution d'un avis de vacance du poste qu'il occupait, le refus du maire de la commune de procéder à son entretien professionnel pour l'année 2020, l'accusation dont il a fait l'objet d'avoir ébruité les circonstances du suicide de son assistante, les pressions exercées sur lui afin qu'il quitte les effectifs de la commune, la circonstance que sa convocation à un entretien préalable à un licenciement lui a été notifiée par un agent de la police municipale, le refus de sa hiérarchie de lui faire bénéficier des congés inscrits sur son compte épargne temps et l'absence de réponse à ses demandes de congés, la procédure de licenciement dont il a fait l'objet, les irrégularités dans la tenue de son entretien professionnel pour l'année 2020 et la procédure disciplinaire abusive dont il a été victime.

5. En premier lieu, si le requérant soutient que l'élu à la jeunesse, appelé à collaborer avec lui sur de nombreuses missions relevant de la compétence de la direction de la communication de la commune, a eu à son égard un comportement agressif, il ressort des pièces du dossier, et notamment des échanges de courriers électroniques et de messages instantanés du 17 avril 2020, du 21 avril 2020, du 22 avril 2020, du 23 avril 2020, 27 avril 2020, du 4 mai 2020, du 5 mai 2020, du 6 mai 2020, du 18 mai 2020, du 20 mai 2020, du 1er juin 2020, du 6 juillet 2020, du 17 juillet 2020, du 2 août 2020, du 31 août 2020, du 1er septembre 2020, du 9 septembre 2020, du 14 septembre 2020, du 15 septembre 2020, du 17 septembre 2020, du 23 septembre 2020, du 8 octobre 2020, du 9 octobre 2020 et du 15 octobre 2020, que cet élu s'est toujours exprimé de manière courtoise et cordiale envers le requérant, à la différence de ce dernier.

6. En deuxième lieu, le requérant déplore avoir dû subir le ton agressif employé par sa hiérarchie dans leurs échanges professionnels. Il ressort néanmoins des échanges cités plus haut, que les échanges que M. A a eus avec ses supérieurs n'ont jamais excédé le cadre de l'exercice normal du pouvoir hiérarchique. Si les courriers électroniques échangés le 15 et le 16 avril 2020 entre M. A et le directeur général des services dénotent une mésentente entre ces deux collègues, celle-ci a été grandement aggravée par les propos que M. A a tenus dans ce cadre, en reprochant notamment à son collègue " sa diarrhée verbale, ses amalgames, ses mensonges et autres raccourcis " et en adressant le fil de ces courriers électroniques au maire.

7. En troisième lieu, M. A se prévaut de ce que son poste de travail et celui de son assistante auraient été installés dans d'autres bureaux sans qu'ils n'en soient prévenus. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier que le poste de son assistante a été déménagé à la demande de l'intéressée et que celui de M. A a été déplacé une première fois, dans le cadre du déménagement global du service de la communication dont il a été tenu informé par un courrier électronique du 27 août 2020 et une seconde fois, alors que son poste de directeur de la communication avait été supprimé par une délibération du 13 avril 2020 du conseil municipal et que la commune a mis à sa disposition un poste de travail dans un autre service que celui de la communication. Dans ces conditions, les circonstances relatées ne font pas présumer l'existence de faits de harcèlement moral.

8. En quatrième lieu, M. A allègue avoir été dans l'obligation de se placer en situation de télétravail. Il ressort néanmoins des pièces du dossier, et notamment de sa demande de placement en télétravail signée le 2 novembre 2020, qu'il a lui-même souhaité travailler à partir de son domicile à compter de cette date.

9. En cinquième lieu, M. A soutient avoir été privé du matériel à sa disposition pour travailler. Tout d'abord, s'agissant de son véhicule de fonctions, il ressort des pièces du dossier qu'il a été tenu à sa disposition jusqu'à l'échéance du contrat de location du véhicule en question et que ce n'est qu'à cette occasion que M. A a dû en restituer les clefs le 8 décembre 2020. De plus, le matériel informatique dont il a fait la demande lors de son placement en télétravail lui a été aussitôt fourni. Par ailleurs, il ressort du courrier électronique rédigé par M. A le 22 juin 2021 ainsi que du procès-verbal anonymisé reprenant le témoignage d'un de ses collègues, établi par une société d'audit dans le cadre de l'enquête diligentée par la commune à la suite du signalement de M. A lui-même, que l'intéressé n'a pas souhaité utiliser le poste de travail mis à sa disposition à la suite de la suppression de son poste de directeur de la communication et alors qu'une mission concernant le marketing territorial de la commune lui était confiée. Enfin, si M. A verse au dossier un échange du 10 novembre 2020 dans lequel il indique à son interlocuteur ne plus avoir accès au progiciel Dotelec, il ne renseigne pas le tribunal sur l'usage qu'il faisait de ce logiciel dans l'exercice de ses fonctions.

10. En sixième lieu, M. A évoque la circonstance qu'un avis de vacance du poste qu'il occupait aurait été publié sur le site internet de la commune le 31 juillet 2020. S'il est constant que la fiche du poste de directeur de la communication a été publiée à cette date, alors que l'acte d'engagement de M. A ne devait prendre fin que quelques mois plus tard, il ressort des pièces du dossier que cette publication avait pour but de permettre à la commune de satisfaire à son obligation légale de publication de la vacance du poste de l'intéressé dans la perspective de renouveler l'acte d'engagement la liant à M. A.

11. En septième lieu, M. A soutient avoir fait l'objet d'une " placardisation " et avoir vu ses responsabilités supprimées graduellement jusqu'à la suppression de son poste de directeur de la communication par une délibération du 13 avril 2021. Il ressort des pièces du dossier, et notamment de quatre des procès-verbaux établis par des collègues et anciens subordonnés de M. A à l'occasion de l'enquête mentionnée au point 9, que M. A n'était pas chargé exclusivement de tâches relatives aux missions de communication de la commune mais supervisait également, à raison de 80 à 90 % de son temps de travail, des projets de diverses natures en délégant la réalisation des tâches relevant du domaine de la communication, au demeurant moins nombreuses en 2020 et 2021 en raison de la crise sanitaire de la covid-19, à ses subordonnés. Prenant acte de cet état de fait, et de la circonstance que la gestion des missions de communication pouvait être confiée à un collaborateur de M. A de catégorie B, le conseil municipal a décidé par une délibération du 13 avril 2021 la suppression du poste de directeur de la communication que M. A occupait jusqu'alors. Le requérant s'est, quant à lui, vu confier par un courrier en date du 24 février 2021 la rédaction d'une note sur le marketing territorial puis l'exécution des missions listées dans la note qu'il a rédigée dans ce cadre par un courrier en date du 1er juillet 2021. En l'absence de la description exhaustive des tâches et des missions que M. A aurait exercées entre 2015 et 2021, les pièces du dossier ne permettent pas d'établir que les faits dont celui-ci se prévaut auraient été constitutifs de harcèlement moral.

12. En huitième lieu, M. A déplore la circonstance que le maire aurait refusé de procéder à son entretien professionnel pour l'année 2020. Il ressort néanmoins des pièces du dossier que cet entretien, initialement prévu le 8 octobre 2020, a été reprogrammé à plusieurs reprises pour des raisons logistiques et qu'il s'est finalement tenu le 24 juin 2021.

13. En neuvième lieu, si M. A allègue avoir été accusé d'avoir ébruité les circonstances du suicide de son ancienne assistante, survenu en décembre 2020, il n'établit par aucune pièce du dossier la matérialité de telles accusations, les témoignages qu'il verse au dossier indiquant seulement qu'il aurait été contacté, alors qu'il était encore chargé de la communication de la commune, par le directeur général des services et la secrétaire du maire pour répondre sur les réseaux sociaux aux publications rédigées dans ce cadre par l'ancienne maire de la commune.

14. En dixième lieu, M. A soutient avoir fait l'objet de pressions pour quitter les effectifs de la commune. Il ressort des verbatims des entretiens ayant eu lieu le 13 octobre 2020 en présence du maire et de l'élu au personnel, le 19 octobre 2020 en présence du maire et le 19 janvier 2021 en présence du directeur général des services et de l'élu au personnel, produits par M. A et non formellement contestés en défense, que M. A, ayant été informé au cours du premier de ces entretiens par le maire de ce qu'il ne disposait plus de la confiance des élus de la commune après notamment avoir affirmé auprès de plusieurs de ses collègues, dans des termes parfois peu amènes, ne pas souhaiter travailler avec l'élu à la jeunesse, lui a proposé de rechercher un emploi dans une autre collectivité en échange de la transformation de son acte d'engagement en contrat à durée indéterminée, justifié par la circonstance qu'il n'était légalement plus possible de lui proposer un nouveau contrat à durée déterminée. Cet accord moral, conclu en dehors de toute contrainte, lui a ensuite été rappelé le 19 octobre 2020 puis le 19 janvier 2021 à l'occasion de la signature de ce contrat à durée indéterminée. M. A s'étant engagé de lui-même à quitter les effectifs de la commune, il ne peut donc pas être regardé comme ayant fait l'objet de pressions à cette fin.

15. En onzième lieu, la circonstance que la convocation de M. A à un entretien préalable à un licenciement lui ait été notifiée par un agent de la police municipal ne constitue pas un fait qualifiable de harcèlement moral.

16. En douzième lieu, M. A se prévaut du silence ou des refus opposés à ses demandes de congés. Il ressort des pièces du dossier que M. A a obtenu une réponse le 4 novembre 2020 à sa demande relative à des congés en date du 1er novembre 2020. S'il a présenté une nouvelle demande de congés le 18 novembre 2020 pour la période du 23 au 27 novembre 2020 à laquelle il n'a pas obtenu de réponse, cette circonstance, pour regrettable qu'elle soit, et alors que l'intéressé avait été requis par l'élu au personnel le 9 novembre 2020 pour participer à des travaux d'élaboration du budget de la commune, demeure étrangère à tout fait de harcèlement moral. M. A a ensuite, par un courrier électronique du 7 mai 2021, présenté une demande de congés portant sur la période du 10 au 28 mai 2021 qui lui a été refusée en raison des nécessités du service. Il a ensuite présenté une demande de congés le 2 juin 2021 pour la période du 7 au 21 juin 2021, afin de mener une campagne électorale dans le cadre des élections départementales qui a été acceptée par un courrier du 4 juin 2021 émanant du maire, qui a pris la précaution de l'informer de ce que des congés spécifiques étaient prévus à l'occasion de la participation à une élection par les dispositions de l'article L. 3142-79 du code du travail. Enfin, il ressort des écritures produites par la commune en défense que les jours de congés qui n'ont pas été pris par M. A avant la rupture de son engagement ont fait l'objet d'une indemnisation d'un montant total de 4 522,20 euros à la suite de son licenciement prenant effet au 1er décembre 2020. Dans ces conditions, les circonstances relatées ne font pas présumer l'existence de faits de harcèlement moral.

17. En treizième lieu, M. A soutient que la procédure de licenciement pour intérêt du service dont il a fait l'objet est constitutive de harcèlement moral. Toutefois, et alors que la procédure de reclassement dont il a fait la demande n'a pas pu aboutir en raison de l'absence de poste vacant au sein de la commune et après l'intervention des services du centre de gestion de la fonction publique territoriale de Seine-et-Marne dont elle relève, il ne démontre pas en quoi les éventuelles irrégularités de la procédure suivie dans ce cadre révèleraient des faits constitutifs de harcèlement moral à son encontre.

18. En quatorzième lieu, M. A dénonce les irrégularités de la procédure suivie lors de l'établissement de son compte-rendu d'entretien professionnel pour l'année 2020. Il déplore notamment la circonstance que la convocation à l'entretien, qui a eu lieu le 24 juin 2020, n'ait pas été accompagnée d'une fiche de poste reprenant les missions lui incombant dans le cadre de son poste de directeur de la communication, le fait que l'entretien ait été très bref ainsi que l'appréciation portée par le maire selon laquelle " M. A a été un directeur qui a été volontaire et dynamique en ce début d'année 2020. Mais la situation s'est dégradée à la rentrée de septembre/octobre avec des résultats nettement inférieurs aux attentes de la collectivité (ne pas l'avoir nommé DGS ou ne pas avoir répondu à ses demandes d'augmentations salariales répétées en sont peut-être la cause). " Pour regrettables que soient ces circonstances, elles ne sont pas, prises isolément, susceptibles de faire naître une présomption de harcèlement moral.

19. En quinzième et dernier lieu, M. A soutient avoir fait l'objet d'une procédure disciplinaire abusive. S'il est constant que la sanction de blâme que la commune lui a infligée après avoir jugé que les propos qu'il a tenus par le biais de la page Facebook créée à l'occasion de sa candidature aux élections départementales de 2021 et relatifs à certaines affaires concernant cette collectivité étaient contraires au devoir de réserve qui lui incombait en tant qu'agent public, a été annulée par un jugement n° 2109870 du tribunal lu le 13 juin 2024, cette circonstance à elle-seule, alors que M. A ne démontre pas en quoi cette procédure aurait été menée dans le but de lui nuire, ne fait pas présumer de faits de harcèlement moral.

20. Il résulte de tout ce qui précède que les faits invoqués par le requérant, pris isolément ou dans leur ensemble, ne sont pas susceptibles de faire présumer des agissements de harcèlement moral. Par suite, en refusant à M. A le bénéfice de la protection fonctionnelle, l'autorité territoriale n'a pas entaché sa décision d'une erreur d'appréciation.

21. Il résulte de tout ce qui précède que sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir présentée par la commune de Bussy-Saint-Georges en défense, dans le dernier état de ses écritures, les conclusions à fin d'annulation dirigées contre ladite décision doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions présentées par M. A tendant à la condamnation de la commune de Bussy-Saint-Georges à lui réparer les préjudices qu'il estime avoir subis en raison des faits qu'il dénonce, la commune n'ayant commis aucune illégalité fautive de nature à engager sa responsabilité.

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Bussy-Saint-Georges, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par M. A au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de M. A une somme de 2 000 euros à verser à cette commune au même titre.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : M. A versera à la commune de Bussy-Saint-Georges une somme de 2 000 euros, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la commune de Bussy-Saint-Georges.

Délibéré après l'audience du 5 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Billandon, présidente,

Mme Issard, conseillère,

Mme Bourrel Jalon, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 décembre 2024.

La rapporteure,

C. ISSARD

La présidente,

I. BILLANDON La greffière,

V. TAROT

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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