lundi 27 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107712 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | BENESTY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 août 2021 et 13 octobre 2021, Mme B A, représentée par Me Vigreux, demande au juge des référés :
1°) de l'admettre provisoirement à l'aide juridictionnelle ;
2°) de condamner la commune de Saint-Mandé, par l'intermédiaire de la caisse des dépôts et consignations s'il est besoin, à lui verser une provision d'un montant de 24 798,44 euros, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
3°) d'appeler à la cause la caisse des dépôts et consignations en qualité d'observateur ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Mandé une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, le cas échéant, de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
Elle soutient que :
- elle remplit les conditions pour prétendre au versement de l'allocation temporaire d'invalidité en application de l'article L. 417-8 du code des communes et du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière et ainsi, sa créance n'est pas sérieusement contestable ;
- elle peut prétendre au versement d'une somme annuelle de 6 199,61 euros à compter du 11 mai 2017, date de consolidation de son état.
Par un mémoire en défense, enregistré le 24 septembre 2021, la commune de Saint-Mandé, représentée par Me Benesty, conclut au rejet de la requête.
Elle conclut que :
- faute d'avoir présenté une réclamation préalable en application de l'article R. 421-1 du code de justice administrative, sa demande est irrecevable ;
- subsidiairement, la charge financière de l'allocation est supportée par la caisse de dépôts et consignations en application de l'article 8 du décret du 2 mai 2005 et non par la commune ;
- la requérante n'a pas présenté de demande dans le délai d'un an à compter de la date de constatation de la consolidation de son état ;
- en tout état de cause, à supposer qu'une demande émanerait de la requérante, celle-ci est tardive et est née une décision implicite de refus constituant des contestations sérieuses à l'existence d'une obligation financière à son égard.
Vu :
- le jugement n° 1509288 du tribunal administratif de Melun du 7 juin 2018 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des communes ;
- le code général de la fonction publique ;
- la décret n° 2005-442 du 2 mai 2005 ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné Mme D pour statuer sur les demandes de référé.
Sur les conclusions à fin d'admission à l'aide juridictionnelle :
1. Par une décision du 22 février 2023, Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Par suite, les conclusions tendant à son admission provisoire au bénéfice de cette aide sont devenues sans objet. Il n'y a pas lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin de provision :
2. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
3. Aux termes de l'article L. 824-1 du code général de la fonction publique : " Les communes et les établissements publics communaux et intercommunaux sont tenus d'allouer aux agents qui ont été atteints d'une invalidité résultant d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente au moins égale à un taux minimum déterminé par l'autorité supérieure ou d'une maladie professionnelle une allocation temporaire d'invalidité cumulable avec le traitement, dans les mêmes conditions que pour les fonctionnaires de l'Etat ". Aux termes de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière : " L'allocation est attribuée aux fonctionnaires maintenus en activité qui justifient d'une invalidité permanente résultant : / a) Soit d'un accident de service ayant entraîné une incapacité permanente d'un taux au moins égal à 10 % ; / b) Soit de l'une des maladies d'origine professionnelle énumérées par les tableaux mentionnés à l'article L. 461-2 du code de la sécurité sociale ; / c) Soit d'une maladie reconnue d'origine professionnelle dans les conditions mentionnées aux alinéas 3 et 4 de l'article L. 461-1 du code de la sécurité sociale () ". Aux termes de l'article 3 du même décret : " La demande d'allocation doit, à peine de déchéance, être présentée dans le délai d'un an à compter du jour où le fonctionnaire a repris ses fonctions après la consolidation de la blessure ou de son état de santé. / Toutefois, lorsque le fonctionnaire n'a pas interrompu son activité ou lorsqu'il atteint la limite d'âge ou est radié des cadres avant de pouvoir reprendre ses fonctions, le droit à l'allocation peut lui être reconnu si la demande d'allocation est présentée dans l'année qui suit la date de constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de son état de santé. () ". En outre, aux termes de l'article 7 de ce décret : " L'entrée en jouissance de l'allocation temporaire d'invalidité est fixée à la date de reprise des fonctions après consolidation ou, dans les cas prévus au deuxième alinéa de l'article 3, à la date de la constatation officielle de la consolidation de la blessure ou de l'état de santé de l'intéressé ". Enfin, l'article 8 du décret précité prévoit que l'allocation, concédée par le directeur général de la caisse des dépôts et consignations au vu de la décision prévue au second alinéa de l'article 6, est versée dans les conditions prévues par le régime de retraite des agents affiliés à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales.
4. Mme B A, titulaire du grade d'adjointe technique territoriale, a exercé ses fonctions au sein de la commune de Saint-Mandé à compter du 1er octobre 1993. Le 9 novembre 2011, elle a été victime d'un accident de trajet à la suite d'une agression sur la voie publique, à l'origine notamment d'une fracture de l'avant-pied gauche puis, d'un état dépressif réactionnel, survenu en mars 2012, et reconnus imputables au service. L'intéressée demande la condamnation de la commune de Saint-Mandé au versement d'une indemnité provisionnelle à valoir sur l'allocation temporaire d'invalidité au titre de l'accident et la maladie, précités, au bénéfice de laquelle elle estime prétendre.
5. Pour demander la condamnation de la commune de Saint-Mandé au paiement d'une provision, Mme A soutient qu'elle remplit les conditions ouvrant droit au bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité, en application de l'ancien article L. 417-8 du code des communes et du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière et qu'ainsi, sa créance n'est pas sérieusement contestable.
6. Toutefois d'une part, tout d'abord, il résulte de l'instruction, notamment des rapports du docteur C du 11 mai 2017 que les blessures dont l'intéressée a été affectée, résultant de l'accident survenu le 9 septembre 2011, ont été estimées consolidées au 18 mai 2015 avec une incapacité permanente partielle de 10 %. La constatation officielle de la consolidation de ces blessures au sens et pour l'application de l'article 2 du décret du 2 mai 2005 relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière peut être regardée comme résultant, au plus tard, de la notification du jugement n° 1509288 du 7 juin 2018, devenu définitif, annulant la décision implicite du maire qui a refusé de retirer sa décision du 8 janvier 2015 fixant la date de consolidation au 16 décembre 2012. Il ne résulte pas de l'instruction que Mme A qui se prévaut d'avoir présenté une demande tendant au bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité par un courrier du 21 avril 2021, aurait saisi la commune d'une demande, en ce sens, dans le délai d'un an ayant couru à compter de la date officielle de la consolidation de ses blessures. Dès lors, la demande de Mme A au titre de ses blessures est tardive, en application de l'article 3 du décret du 2 mai 2005. Ensuite, la requérante ne fait état d'aucun élément permettant de déterminer si elle a présenté une demande d'allocation temporaire d'invalidité au titre de la pathologie dépressive et, le cas échéant, la date de consolidation de son état de santé, à cet égard.
7. D'autre part, alors même que le pouvoir de décision d'attribution d'une allocation temporaire d'invalidité appartient, sous réserve de l'avis conforme de la caisse de dépôts et de consignations, à l'autorité qui a qualité pour procéder à la nomination de l'agent public, les opérations de versement incombent à cette caisse, Mme A ne peut utilement solliciter la condamnation de la commune au versement d'une allocation temporaire d'invalidité.
8. Il s'ensuit que l'existence de l'obligation de Mme A envers la commune de Saint-Mandé ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, et sans qu'il soit besoin qu'examiner la recevabilité de la requête et d'appeler en la cause, la caisse des dépôts et consignations, rejeter les conclusions de la requête de Mme A à fin de versement d'une provision et, par voie de conséquence, les conclusions au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de Mme A tendant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Saint-Mandé.
La juge des référés,
M. D
La République mande et ordonne à la préfète du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. TAROT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026