jeudi 22 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2107839 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 3ème chambre |
| Avocat requérant | DBCJ AVOCATS - CABINET DE MELUN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 24 août 2021 et 8 avril 2022, M. et Mme B, représentés par Me Junguenet, demandent au tribunal :
1°) de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et des contributions sociales au titre des années 2015 et 2016 mises à leur charge, ainsi que les pénalités et intérêts de retard correspondants ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Les requérants soutiennent que :
- l'administration aurait dû mettre en œuvre la procédure de l'article 117 du code général des impôts ;
- elle n'apporte pas la preuve que M. B aurait appréhendé les revenus distribués ;
- les majorations et intérêts de retard doivent être déchargés pour le même motif ;
- la majoration pour manquement délibéré n'est pas motivée ni justifiée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 décembre 2021, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête en faisant valoir que les moyens ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 7 juin 2023 :
- le rapport de M. Meyrignac ;
- et les conclusions de M. Philipbert, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite de la vérification de comptabilité de la SARL l'Atlas au titre des années 2015 et 2016, M. et Mme B ont été rendus destinataires d'une proposition de rectification le 13 juillet 2018, tirant les conséquences de cette vérification en termes de revenus distribués. Des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des prélèvements sociaux au titre des années 2015 et 2016 ont été mis en recouvrement à leur encontre le 31 octobre 2018. Des réclamations d'assiette ont été déposées les 19 juin 2019 et 18 mars 2020 et rejetées par décisions du directeur départemental des finances publiques du Val-de-Marne en date des 12 mai 2020 et 6 août 2021. Par la requête précitée, les intéressés demandent la décharge de ces impositions.
Sur le bien-fondé des impositions :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". En vertu du 3 de l'article 158 du code général des impôts, sont notamment imposables à l'impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, les revenus considérés comme distribués en application des articles 109 et suivants du même code. Aux termes de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales : " Lorsque, ayant donné son accord à la rectification ou s'étant abstenu de répondre dans le délai légal à la proposition de rectification, le contribuable présente cependant une réclamation faisant suite à une procédure contradictoire de rectification, il peut obtenir la décharge ou la réduction de l'imposition, en démontrant son caractère exagéré. () ".
3. Il résulte de l'instruction que les contribuables ont accepté tacitement les rectifications dès lors qu'ils n'ont pas produit d'observations à la suite de la notification de la proposition de rectification du 13 juillet 2018. Dès lors, par application des dispositions de l'article R. 194-1 du livre des procédures fiscales, il leur incombe de démontrer le caractère exagéré des impositions et l'absence d'appréhension des revenus distribués.
4. Si les requérants soutiennent que l'administration n'a pas établi l'identité du bénéficiaire des distributions résultant sans ambiguïté des circonstances du dossier et qu'elle n'apporte pas non plus la preuve que les sommes auraient été appréhendées par le contribuable, il résulte de ce qui a été indiqué au point précédent qu'il appartient aux requérants d'apporter la preuve que M. B, en sa qualité de gérant de la SARL l'Atlas, n'a pas appréhendé les revenus distribués par cette société, preuve qu'ils n'apportent pas en l'espèce en se bornant à faire état de l'existence d'un autre associé.
5. En second lieu, aux termes de l'article 117 du code général des impôts : " Au cas où la masse des revenus distribués excède le montant total des distributions tel qu'il résulte des déclarations de la personne morale visées à l'article 116, celle-ci est invitée à fournir à l'administration, dans un délai de trente jours, toutes indications complémentaires sur les bénéficiaires de l'excédent de distribution. En cas de refus ou à défaut de réponse dans ce délai, les sommes correspondantes donnent lieu à l'application de la pénalité prévue à l'article 1759 ".
6. Il résulte de ces dispositions que si l'administration s'abstient d'inviter une personne morale à lui faire parvenir des indications sur les bénéficiaires d'un excédent de distribution qu'elle a constaté, cette abstention a seulement pour effet de la priver de la possibilité d'assujettir ladite personne morale à la pénalité prévue par l'article 1759 de ce code à raison des sommes correspondantes, mais est sans influence sur la régularité de la procédure d'imposition suivie à l'égard des personnes physiques qui ont bénéficié de la distribution, et que l'administration, compte tenu des renseignements dont elle dispose, est, comme en l'espèce, en mesure d'identifier. Par suite, le moyen fondé sur la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 117 du code général des impôts doit être écarté.
Sur les majorations :
7. En premier lieu, les requérants soutiennent que les majorations et intérêts de retard émis à leur encontre doivent être déchargés dès lors qu'il s'agit d'accessoires d'impositions qui doivent également être déchargées eu égard aux moyens soulevés antérieurement. Toutefois, pour les mêmes motifs que ceux énoncés précédemment, ce moyen doit être écarté.
8. En second lieu, aux termes de l'article 1729 du code général des impôts : " Les inexactitudes ou les omissions relevées dans une déclaration ou un acte comportant l'indication d'éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt ainsi que la restitution d'une créance de nature fiscale dont le versement a été indûment obtenu de l'Etat entraînent l'application d'une majoration de : a. 40 % en cas de manquement délibéré () ". Aux termes de l'article L. 80 D du livre des procédures fiscales : " Les décisions mettant à la charge des contribuables des sanctions fiscales sont motivées au sens de la loi n° 79-587 du 11 juillet 1979 relative à la motivation des actes administratifs et à l'amélioration des relations entre l'administration et le public, quand un document ou une décision adressés au plus tard lors de la notification du titre exécutoire ou de son extrait en a porté la motivation à la connaissance du contribuable () ".
9. D'une part, la proposition de rectification du 13 juillet 2018 cite les dispositions de l'article 1729 du code général des impôts et comporte le fondement légal de la majoration appliquée aux rectifications applicables aux revenus de capitaux mobiliers des années 2015 et 2016 qui avaient été dissimulés. Par suite, l'application de cette majoration est suffisamment motivée.
10. D'autre part, il résulte des dispositions de l'article 1729 du code général des impôts que la majoration pour manquement délibéré a pour seul objet de sanctionner la méconnaissance par le contribuable de ses obligations déclaratives. Pour établir cette mauvaise foi, l'administration doit apporter la preuve, d'une part, de l'insuffisance, de l'inexactitude ou du caractère incomplet des déclarations et, d'autre part, de l'intention de l'intéressé d'éluder l'impôt. Pour établir le caractère intentionnel du manquement du contribuable à son obligation déclarative, l'administration doit se placer au moment de la déclaration ou de la présentation de l'acte comportant l'indication des éléments à retenir pour l'assiette ou la liquidation de l'impôt.
11. En l'espèce, le service a constaté que M. B n'avait pas déposé de déclarations de résultat de la SARL l'Atlas au titre des exercices clos les 31 décembre 2015 et 2016 et avait donc sciemment dissimulé les bénéfices de cette société, qu'en qualité de véritable maître de l'affaire, il ne pouvait pas ignorer qu'en dissimulant ces bénéfices, il s'en appropriait l'intégralité, que ces sommes au demeurant importantes n'avaient pas été déclarées au titre des revenus auprès de l'administration et que ces éléments caractérisent le manquement délibéré et par là-même l'intention de se soustraire au paiement de l'impôt. En prenant en compte ces éléments, le service a ainsi justifié tant de l'élément matériel des inexactitudes et des omissions relevées dans les déclarations d'impôt sur le revenu des années en litige au sens des dispositions précitées de l'article 1729 du code général des impôts que de l'élément intentionnel de ces infractions tendant à éluder l'impôt.
12. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. et Mme B tendant à obtenir la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés et des prélèvements sociaux mis à leur charge au titre des années 2015 et 2016 doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions au titre des frais de justice doivent également être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme A B et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 7 juin 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
M. Meyrignac, premier conseiller,
Mme Van Daële, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 juin 2023.
Le rapporteur,
Signé : P. MEYRIGNAC La présidente,
Signé : I. BILLANDON
Le greffier,
Signé : G. NGASSAKI
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026