jeudi 11 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108005 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | TABI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 30 août 2021 et 16 mai 2024,
M. B A, représenté, en dernier lieu, par Me Tabi, doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Il soutient, dans le dernier état de ses écritures, que :
- la proposition de rectification est insuffisamment motivée ;
- l'administration fiscale n'a jamais répondu aux observations qu'il a présentées.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 3 novembre 2021 et 30 mai 2024, la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.
Elle soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 17 mai 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2024 à 12 heures.
Un mémoire, présenté par M. A, représenté par Me Tabi, enregistré le 18 juin 2024, n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Luneau,
- et les conclusions de Mme Van Daële, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiées (Sas) Ml Chauffeur Privé, qui a pour activité principale le transport de voyageurs par taxi, et dont M. A est associé à 50 %, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er avril 2015 au
30 septembre 2016, à l'issue de laquelle l'administration fiscale a, d'une part, remis en cause le bénéfice de l'exonération d'impôt prévue par l'article 44 octies A du code général des impôts en faveur des entreprises implantées en zone franche urbaine et, d'autre part, regardé les sommes figurant au crédit des comptes courant d'associés de M. A et de l'autre associé de la
Sas Ml Chauffeur Privé comme un passif injustifié à réintégrer à ses bénéfices au titre de l'exercice clos en 2015. Tirant les conséquences de ces opérations de contrôle à l'égard de M. A, l'administration fiscale lui a notifié, par une proposition de rectification du 26 juillet 2017, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales au titre de l'année 2015. M. A a formé une réclamation préalable le 31 décembre 2020, que l'administration fiscale a rejetée par une décision du 23 juin 2021. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant au tribunal de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
2. Aux termes de l'article L. 11 du livre des procédures fiscales : " A moins qu'un délai ne soit prévu par le présent livre, le délai accordé aux contribuables pour répondre aux demandes de renseignements, de justifications ou d'éclaircissements et, d'une manière générale, à toute notification émanant d'un agent de l'administration des impôts est fixé à trente jours à compter de la réception de cette notification ". Aux termes de l'article L. 57 du même livre : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. / Sur demande du contribuable reçue par l'administration avant l'expiration du délai mentionné à l'article L. 11, ce délai est prorogé de trente jours. / () ". Aux termes de l'article L. 286 du même livre : " Toute personne tenue de respecter une date limite ou un délai pour présenter une demande, déposer une déclaration, exécuter un paiement ou produire un document auprès d'une autorité administrative peut satisfaire à cette obligation au plus tard à la date prescrite au moyen d'un envoi de correspondance, le cachet apposé par les prestataires de services postaux autorisés au titre de l'article L. 3 du code des postes et des communications électroniques faisant foi, ou d'un envoi par voie électronique, auquel cas fait foi la date figurant sur l'accusé de réception ou, le cas échéant, sur l'accusé d'enregistrement adressé à l'usager par la même voie conformément à l'article L. 112-11 du code des relations entre le public et l'administration. / () ". Il résulte de ces dispositions qu'un contribuable dispose d'un délai franc de trente jours, à compter de la réception de la proposition de rectification, pour faire connaître ses observations sur la proposition de rectification et que la durée de ce délai peut être portée à soixante jours à sa demande.
3. M. A soutient que l'administration fiscale n'a jamais répondu aux observations qu'il a présentées à la proposition de rectification du 26 juillet 2017. D'une part, il résulte de l'instruction que, par un courrier du 28 août 2017, le requérant a sollicité une prorogation du délai de trente jours pour faire valoir ses observations et que l'administration fiscale y a répondu favorablement par un courrier du 5 septembre 2017, en fixant au 28 septembre suivant, le délai imparti pour présenter des observations. Par un courrier du 28 septembre 2017, qu'il produit, M. A a formulé des observations qu'il a envoyées à l'administration fiscale, à la même date, en recommandé avec accusé de réception, ainsi qu'en attestent la preuve de dépôt de cet envoi et la recherche de courrier suivi réalisée sur le site internet de La Poste. En conséquence, et alors même que ce courrier n'a été reçu que le 2 octobre 2017, les observations de M. A ont été formulées et adressées avant le terme du délai prorogé accordé par l'administration fiscale. D'autre part, il résulte de l'instruction que, par son courrier du 28 septembre 2017, M. A ne s'est pas borné à contester globalement les rectifications envisagées par l'administration fiscale mais a entendu contester utilement leur bien-fondé en faisant valoir, tout d'abord, s'agissant de la réintégration aux bénéfices de la Sas Ml Chauffeur Privé des sommes portées au crédit de son compte-courant d'associé et de celui de l'autre associé de la société, que la Sas lui avait remboursé des sommes qu'il lui avait avancé et qu'il n'était pas redevable de l'imposition correspondante pour les sommes liées au compte-courant de son associé et, ensuite, que la Sas Ml Chauffeur Privé n'était pas soumise aux bénéfices industriels et commerciaux mais à l'impôt sur les sociétés, et que l'administration fiscale aurait dû rechercher s'il existait un maître de l'affaire au sens de l'article 109 du CGI, au lieu de diviser le montant de la rectification envisagée par deux. Dès lors, en ne répondant pas à ses observations, l'administration fiscale a privé M. A d'une garantie.
4. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner l'autre moyen de la requête, que M. A est fondé à demander la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015. Il y a donc lieu d'accueillir les conclusions aux fins de décharge qu'il a présentées.
D E C I D E :
Article 1er : M. A est déchargé, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de contributions sociales auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Délibéré après l'audience du 20 juin 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2024.
La rapporteure,
F. LUNEAU
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOTLa greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026