mercredi 3 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108188 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 7ème chambre, JU |
| Avocat requérant | MAIRESSE AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 7 septembre 2021 et 22 novembre 2021, M. B A, représenté par Me Mairesse, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 19 juin 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 23 septembre 2014, 13 juin 2015, 5 septembre 2015, 16 juin 2016, 25 novembre 2016, 28 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017, 3 novembre 2018 à 00h 05, 3 novembre 2018 à 01h 31, 22 janvier 2019, 18 mars 2019, 6 septembre 2019 et 5 novembre 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer de lui restituer son permis de conduire après avoir reconstitué son capital de points dans un délai de huit jours à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- il est recevable d'exciper à l'encontre de la décision référencée " 48 SI " l'illégalité de l'ensemble des décisions successives de retraits de points prises par le ministre de l'intérieur ;
- il n'a pas reçu, s'agissant des décisions portant retrait de points, les informations préalables prévues aux articles L. 223-3 et suivants ou à l'article R. 223-3 du code de la route ; il entend exciper de sa bonne foi dès lors qu'il lui est impossible de rapporter la preuve de l'absence d'information reçue de la part de l'administration à défaut de disposer d'un accès suffisant aux documents administratifs et procès-verbaux rédigés au moment de l'infraction ; les décisions portant retrait de points ayant donné lieu à restitution au terme du délai de six mois ou de deux ans sans infraction interruptive seront annulées à défaut pour l'administration d'avoir respecté les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route ; il en est particulièrement ainsi pour les décisions portant retrait de points prises consécutivement aux infractions des 16 juin 2016, 28 novembre 2016, 22 janvier 2019 et 18 mars 2019.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2021, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer concernant les conclusions dirigées contre la décision référencée " 48 SI " et contre les décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 13 juin 2015, 16 juin 2016, 28 novembre 2016, 3 novembre 2018 à 00h 15, 3 novembre 2018 à 01h 31, 22 janvier 2019, 18 mars 2019 et 6 septembre 2019 et au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- les points retirés au requérant à la suite des infractions commises les 16 juin 2016, 28 novembre 2016, 22 janvier 2019 et 18 mars 2019 lui ont été restitués, les infractions commises les 13 juin 2015 et 6 septembre 2019 n'ont pas donné lieu à retrait de points, les mentions afférentes aux infractions commises le 3 novembre 2018 à 00h15 et 01h31 ont été supprimées et le relevé d'information intégral affecté au permis de conduire du requérant présente un solde de huit points de sorte que la décision référencée " 48 SI " doit être réputée retirée ; par suite, les conclusions dirigées contre ces décisions sont sans objet ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un courrier du 15 novembre 2023, lles parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées, d'une part, contre les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 16 juin 2016, 28 novembre 2016, 22 janvier 2019 et 18 mars 2019 dès lors que les points ont été restitués au requérant respectivement les 28 mars 2017, 11 janvier 2018, 16 octobre 2019 et 15 janvier 2020 et, d'autre part, contre la décision de retrait de points du 13 juin 2015 dès lors qu'elles sont dirigées contre une décision inexistante, cette infraction n'ayant pas donné lieu à retrait de point.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A a commis les 25 novembre 2016, 28 novembre 2016, 31 mai 2017, 25 juin 2017, 5 août 2017, 3 novembre 2018 à 00h 05, 22 janvier 2019, 18 mars 2019, 6 septembre 2019 et 5 novembre 2019, dix infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de seize points sur son permis de conduire. Après avoir enregistré une nouvelle infraction commise le 3 novembre 2018 à 01h 31, le ministre de l'intérieur, par une décision référencée " 48 SI " du 19 juin 2020, a retiré trois nouveaux points puis, après avoir récapitulé les décisions de retrait de points antérieures et tenu compte des éventuelles récupérations de points, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. M. A demande au tribunal d'annuler cette décision ainsi que les décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision intervenues à la suite des infractions commises les 25 novembre 2016, 28 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017, 3 novembre 2018 à 00h 05, 3 novembre 2018 à 01h 31, 22 janvier 2019, 18 mars 2019, 6 septembre 2019 et 5 novembre 2019 ainsi que les décisions de retrait de points apparaissant sur le relevé d'information intégral de son permis de conduire prises après les infractions relevées les 23 septembre 2014, 13 juin 2015, 5 septembre 2015 et 16 juin 2016.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte du relevé d'information intégral extrait du système national du permis de conduire de M. A édité le 15 novembre 2021 que les points retirés sur son permis de conduire à la suite des infractions constatées les 16 juin 2016, 28 novembre 2016, 22 janvier 2019 et 18 mars 2019 lui ont été restitués respectivement les 28 mars 2017, 11 janvier 2018, 16 octobre 2019 et 15 janvier 2020, soit avant l'introduction de sa requête. Par ailleurs, si M. A demande au tribunal d'annuler la décision de retrait de points prise consécutivement à l'infraction du 13 juin 2015, il ressort du même relevé d'information intégral que cette infraction n'a donné lieu à aucun retrait de points, de sorte que ces conclusions sont dirigées contre une décision inexistante. Il suit de là que les conclusions de la requête dirigées contre les décisions procédant à ces retraits de points sont sans objet et doivent, pour ce motif, être rejetées.
Sur l'exception de non-lieu à statuer :
3. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A édité le 15 novembre 2021, que le permis de l'intéressé présente à cette date un solde de points positif de huit points. Le ministre de l'intérieur a ainsi implicitement mais nécessairement retiré la décision " 48 SI " du 19 juin 2020 contestée, qui n'est plus mentionnée dans le relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A. De même, ne sont plus mentionnées sur ce relevé d'information intégral, les mentions afférentes aux infractions commises le 3 novembre 2018 à 00h15 et 01h31 et les points retirés à la suite de l'infraction relevée le 6 septembre 2019. Pour le même motif, le ministre doit être regardé comme ayant retiré ces décisions. Par suite, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire de M. A pour solde de points nul et sur les décisions de retrait de points précitées afférentes à ces infractions.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
4. Aux termes de l'article L. 223-3 du code de la route : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès () ". Et aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. - Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. - Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 225-1 à L. 225-9. / III. - Lorsque le ministre de l'intérieur constate que la réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie dans les conditions prévues par le quatrième alinéa de l'article L. 223-1, il réduit en conséquence le nombre de points affecté au permis de conduire de l'auteur de cette infraction. () ".
5. Il résulte de ces dispositions que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues à ces articles, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
6. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
7. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises. Il en va autrement si le contrevenant qui conteste les éléments du relevé d'information intégral et l'attestation de paiement établie par le comptable public produite en défense par le ministre, apporte la preuve que le paiement de l'amende forfaitaire majorée est intervenu par la voie du recouvrement forcé engagée par le comptable public.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 23 septembre 2014 :
8. Il ressort du relevé d'information intégral du permis de conduire de M. A que l'infraction relevée le 23 septembre 2014 à son encontre a été constatée au moyen d'un procès-verbal électronique que le ministre de l'intérieur produit en défense. Il est toutefois constant que cette pièce, bien que signée par le requérant, précise que l'intéressé a été informé qu'une infraction pour " excès de vitesse d'au moins 30 km/h et inférieur à 40 km/h par conducteur de véhicule à moteur " a été dressée à son encontre et ne comporte, en annexe, que l'indication " retrait de point(s) prévu : 3 / obligation d'échange de permis : non ", et ne précise aucune des autres informations rendues obligatoires par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route précités. Si le ministre de l'intérieur produit le bordereau d'accompagnement de ce procès-verbal indiquant notamment qu'un avis de contravention a été adressé au requérant le 30 septembre 2014 et que cet avis n'a pas été retourné à l'expéditeur avec la mention " NPAI " (n'habite pas à l'adresse indiquée), cette seule circonstance n'est pas suffisante pour justifier de la délivrance de l'information prévue par les dispositions précitées. Par ailleurs, le ministre n'établit pas que ces informations auraient été portées à la connaissance de M. A à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes, ou que celui-ci aurait acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée, et qu'il n'aurait alors pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet dont le modèle comporterait l'ensemble des informations requises. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que la décision de retrait de trois points de son permis de conduire prise consécutivement à l'infraction relevée le 23 septembre 2014 a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, ce qui l'a privé d'une garantie.
En ce qui concerne l'infraction relevée le 5 septembre 2015 :
9. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A édité le 15 novembre 2021, que l'infraction du 5 septembre 2015 a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique dématérialisé et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il résulte de l'instruction, notamment des pièces produites par le ministre de l'intérieur que le requérant a refusé de signer le procès-verbal établi lors de cette infraction. Ce procès-verbal, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, précise que la contravention relevée entraîne retrait de trois points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de cette pièce suffit donc à établir que l'intéressé a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant l'infraction commise le 5 septembre 2015 doit être écarté.
En ce qui concerne les infractions relevées les 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019 :
10. Les infractions relevées les 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019, pour excès de vitesse, ont été constatées par voie de radar automatique et ont donné lieu, pour chacune d'elles, à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. M. A n'a donc pas reçu lorsqu'il a commis ces infractions les informations légalement requises et, notamment, n'a pas eu connaissance de leur qualification juridique, ni n'a été informé de ce qu'il encourait un retrait de points. L'administration ne justifie pas davantage que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aient été transmises à l'intéressé, faute pour le ministre d'apporter la preuve du paiement par le requérant des amendes forfaitaires majorées en cause et donc de la réception par lui de l'avis de contravention ou du titre exécutoire y afférant comportant notamment les informations précitées. Par suite, la circonstance que M. A ait pu bénéficier, à l'occasion d'infractions antérieures, d'information relatives à l'existence d'un traitement automatisé et à la possibilité d'y accéder, n'était pas de nature à assurer sa complète information s'agissant des infractions en question. Par suite, M. A est fondé à soutenir que les décisions de retrait, pour un total de six points, prises à la suite des infractions commises les 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019 sont entachées d'un vice de procédure, ce qui l'a privé d'une garantie.
11. Il résulte de tout ce qui précède que M. A est seulement fondé à demander
l'annulation des décisions portant retrait, au total, de neuf points, prises consécutivement aux infractions relevées les 23 septembre 2014, 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
12. L'annulation des décisions prises à la suite des infractions commises par M. A les 23 septembre 2014, 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019 implique nécessairement que l'administration reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des neuf points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution et sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer qu'il rétablisse ces points dans la limite maximum du capital de points égal à douze, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
13. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que M. A présente sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision référencée " 48 SI " du 19 juin 2020 portant invalidation du permis de conduire de M. A ainsi que sur les conclusions tendant à l'annulation des décisions portant retrait de points prises consécutivement aux infractions relevées les 3 novembre 2018 à 00h15, 3 novembre 2018 à 01h31 et 6 septembre 2019.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé à un retrait total de neuf points sur le permis de conduire de M. A à la suite des infractions constatées les 23 septembre 2014, 25 novembre 2016, 25 juin 2017, 5 août 2017 et 5 novembre 2019 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. A les neuf points illégalement retirés, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 3 avril 2024.
Le magistrat désigné,
M. C
La greffière,
A-J. YAO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026