LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2108252

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2108252

mardi 30 décembre 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2108252
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre, JU
Avocat requérantCABINET CASSEL

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de MELUN a été saisi par la société ENEDIS, en tant que tiers à une opération de travaux publics, afin d’engager la responsabilité sans faute de la société Construction moderne Ile-de-France pour avoir endommagé un câble électrique souterrain lors de travaux de terrassement. Le tribunal a écarté la fin de non-recevoir soulevée par le défendeur, estimant que la requête était suffisamment motivée sur le fondement de la responsabilité sans faute. Il a retenu que le lien de causalité entre les travaux publics et le dommage accidentel subi par ENEDIS était établi, engageant ainsi la responsabilité de l’entrepreneur. La solution s’appuie sur les principes jurisprudentiels de la responsabilité sans faute des constructeurs envers les tiers, sans application de textes spécifiques mentionnés.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 9 septembre 2021, la société ENEDIS, représentée par
Me Cassel, demande au tribunal :

1°) de condamner la société Construction moderne Ile-de-France à lui verser la somme de 3 192,22 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 12 novembre 2019 ;

2°) de mettre à la charge de la société Construction moderne Ile-de-France une somme de 2 000 euros en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
-
le 19 avril 2019, la société Construction moderne Ile-de-France, en sa qualité d’entrepreneur d’une opération de travaux publics, a endommagé avec une pelle mécanique un câble souterrain appartenant à son réseau d’exploitation ;
-
dès lors qu’elle est tierce à cette opération, la responsabilité sans faute de la société Construction moderne Ile-de-France doit être engagée ;
-
la société Construction moderne Ile-de-France a commis une faute en utilisant une pelle mécanique alors que la présence du câble avait été signalée par la transmission des plans du réseau en réponse à la déclaration d’intention de commencement de travaux ;
- elle subit un préjudice de 3 192,22 euros au titre des frais de personnels et des frais matériels nécessaires aux réparations ;
-
elle n’a commis aucune faute exonératoire de responsabilité.


Par un mémoire en défense, enregistrés le 31 août 2023, la société Construction moderne Ile-de-France conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de la société ENEDIS la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :
-
la requête est irrecevable dès lors que la société ENEDIS ne précise pas le fondement juridique de sa demande ;
-
elle n’a pas commis de faute en utilisant de pelle mécanique dès lors qu’ENEDIS ne l’a pas informée de la présence d’un câble souterrain à l’endroit où se trouvait le câble endommagé ;
-
la demande d’indemnisation de la somme de 3 192,22 euros correspond aux travaux de réparation du câble électrique, comprenant les frais de fourniture et les frais de main d’œuvre.


Par ordonnance du 10 octobre 2025, la clôture d'instruction a été fixée au même jour, en application des dispositions de l’article R. 613-1 du code de justice administrative.


Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme Tiennot, première conseillère, comme juge statuant seul en application de l’article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l’audience.

Ont été entendus au cours de l’audience publique :
-
le rapport de Mme Tiennot,
-
les conclusions de M. Pradalié, rapporteur public,
-
et les observations de Me Raveendran, représentant la société Construction moderne Ile-de-France.


Considérant ce qui suit :

Le 19 avril 2019, un câble souterrain appartenant au réseau d’exploitation à la société ENEDIS a été endommagé au niveau du 63 rue Gabriel Péri, dans la commune de Kremlin-Bicêtre. Estimant ce dommage imputable aux travaux réalisés par la société Construction moderne Ile-de-France, elle lui a adressé une demande indemnitaire préalable par un courrier du 6 juillet 2021, rejetée par une décision expresse du 8 juillet 2021. Par la présente requête, la société ENEDIS demande la condamnation de la société Construction moderne Ile-de-France à lui verser la somme de 3 192,22 euros en raison des préjudices qu’elle estime subir du fait de cet accident.


Sur la fin de non-recevoir opposée par la société Construction moderne Ile-de-France :

Aux termes de l’article R. 411-1 du code de justice administrative : « La juridiction est saisie par requête. La requête indique les nom et domicile des parties. Elle contient l'exposé des faits et moyens, ainsi que l'énoncé des conclusions soumises au juge. / L'auteur d'une requête ne contenant l'exposé d'aucun moyen ne peut la régulariser par le dépôt d'un mémoire exposant un ou plusieurs moyens que jusqu'à l'expiration du délai de recours »

Il résulte tant des termes de la demande indemnitaire préalable du 6 juillet 2021 que de ceux de la présente requête que la société ENEDIS se prévaut de sa qualité de tiers à l’opération de travaux publics dont la société Construction moderne Ile-de-France est l’entrepreneur et demande l’engagement de la responsabilité sans faute de cette dernière, la circonstance qu’elle soutienne au demeurant que la société Construction moderne Ile-de-France a commis une faute étant sans incidence sur la motivation de sa demande. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la société Construction moderne Ile-de-France doit être écartée.


Sur la responsabilité sans faute :

Le maître de l’ouvrage ainsi que, le cas échéant, l’architecte et l’entrepreneur chargé des travaux sont responsables vis-à-vis des tiers des dommages causés à ceux-ci par l’exécution d’un travail public, à moins que ces dommages ne soient imputables à un cas de force majeure ou à une faute de la victime. Ces tiers ne sont pas tenus de démontrer le caractère grave et spécial du préjudice qu’ils subissent lorsque le dommage présente un caractère accidentel.

Il résulte de l’instruction, en particulier du constat contradictoire de dommage établi le jour du sinistre, que le 19 avril 2019, la société Construction moderne Ile-de-France, entrepreneur de travaux publics, a réalisé des travaux de terrassement au niveau du 63 rue Gabriel Péri au Kremlin-Bicêtre au moyen d’une pelle mécanique, qui a endommagé un câble souterrain appartenant au réseau d’exploitation à la société ENEDIS. Dès lors que le lien de causalité entre l’opération de travaux publics et le dommage accidentel subi par la société ENEDIS, tiers à l’opération à cause, est établi et, au demeurant, non contesté, les conditions d’engagement de la responsabilité sans faute de la société Construction moderne Ile-de-France sont réunies.


Sur la faute de la victime :

Pour s’exonérer de sa responsabilité, la société Construction moderne Ile-de-France soutient que la société ENEDIS a commis une faute en lui communiquant un plan erroné quant à l’indication de la localisation exacte du câble endommagé. Toutefois, il résulte de l’instruction qu’en réponse à la déclaration d’intention de commencement de travaux, la société ENEDIS a notifié les plans des ouvrages à la société le 27 mars 2019. En outre, le constat contradictoire de dommage établi le jour du sinistre indique que le tronçon endommagé était représenté en cartographie, qu’il avait fait l’objet d’un marquage ou d’un piquetage, qu’un dispositif ou grillage avertisseur était présent et que l’écart en planimétrie entre la position réelle et celle portée sur le plan est égale à 0, de telle sorte que le câble endommagé doit être regardé comme ayant été correctement signalé. S’il ressort effectivement du constat que le câble était situé 80 centimètres au-dessus de la profondeur indiquée sur le plan, cette seule circonstance n’est pas de nature à caractériser une faute d’ENEDIS alors que la société Construction moderne Ile-de-France ne pouvait ignorer être à proximité du câble. Enfin, la société Construction moderne Ile-de-France, qui se prévaut d’un rapport d’expertise technique du 10 juillet 2020 qu’elle ne produit pas à l’instance et de photographies illisibles, n’apporte pas davantage d’éléments de nature à démontrer une faute de la société ENEDIS.


Sur les préjudices :

Il résulte de l’instruction que les montants des travaux réalisés en réparation du préjudice sont détaillés dans la facture établie par la société Enedis le 12 novembre 2019 et se décomposent en coûts de fournitures et en coûts de main d’œuvre par catégories d’agent et volumes d’heures effectuées. Il résulte de l’instruction que la société Enedis a versé au dossier les bons de travail de ses personnels qui sont intervenus en réparation du dommage causé au câble. Ces pièces répertorient la mission, les horaires et le nom des personnels ayant réalisé les travaux. La société requérante a par ailleurs fourni le « barème de prix de main d’œuvre pour les prestations externes à Enedis » applicable à l’année 2018. Le coût de personnel sont donc établis à hauteur de
2 697,56 euros. Par ailleurs, il ressort du tableau récapitulatif, corroboré par la facture du
12 novembre 2019, que l’intervention a nécessité la fourniture de deux « J3UP-COMPACT » pour un montant de 494,66 euros.

Il résulte de ce qui précède que la société Construction moderne Ile-de-France est condamnée à verser à la société ENEDIS la somme de 3 192,22 euros.



Sur les intérêts :

9. Lorsqu’ils ont été demandés, et quelle que soit la date de cette demande, les intérêts moratoires courent à compter du jour où la demande de paiement du principal est parvenue au débiteur ou, en l'absence d'une telle demande préalablement à la saisine du juge, à compter du jour de cette saisine.

10. Il résulte de l’instruction que la demande indemnitaire préalable de la société requérante a été reçue le 7 juillet 2021 par la société Construction moderne Ile-de-France. Par suite, la société Enedis a droit aux intérêts au taux légal correspondant aux indemnités lui étant alloués par le présent jugement à compter du 7 juillet 2021.


Sur les frais liés au litige :

11. Aux termes de l’article L. 761-1 du code de justice administrative : « Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l’autre partie la somme qu’il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l’équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n’y a pas lieu à cette condamnation. »

12. Les dispositions précitées s’opposent à ce que soit mise à la charge de la société ENEDIS la somme demandée par la société Construction moderne Ile-de-France au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de mettre à la charge de la société ENEDIS une somme de 1 500 euros sur le fondement de ces dispositions.





D E C I D E :

Article 1er : La société Construction moderne Ile-de-France est condamnée à verser à la société ENEDIS la somme de 3 192,22 euros assortie des intérêts au taux légal à compter du 7 juillet 2021.

Article 2 : La société Construction moderne Ile-de-France versera à la société ENEDIS la somme de 1 500 euros au titre de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les conclusions présentées par la société Construction moderne Ile-de-France sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société ENEDIS et à la société Construction moderne Ile-de-France.


Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 décembre 2025.


La magistrate désignée,

S. TIENNOT
La greffière,

C. BOURGAULT


La République mande et ordonne au préfet du Val-de-Marne en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,
La greffière,


Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions