lundi 22 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108405 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Avocat requérant | CHANLAIR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 15 septembre et 13 décembre 2021, Mme B A, représentée par Me Chanlair, demande au juge des référés :
1°) de condamner la commune de Mery-sur-Marne à lui verser une provision d'un montant de 7 089,88 euros au titre de rappel de traitement pour la période du 1er avril au 15 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative ;
2°) de rejeter les conclusions reconventionnelles de la commune de Mery-sur-Marne ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Mery-sur-Marne une somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- sur le fondement des articles 20 de la loi du 13 juillet 1983 et 87 de la loi du 26 janvier 1984 et en exécution des arrêtés de la maire du 5 août 2021, elle est en droit de percevoir le rappel de son traitement pour la période courant du 1er avril 2021, date de la suspension de l'exécution de l'arrêté de la maire du 30 mars 2021 la révoquant, par ordonnance du juge des référés du tribunal administratif du 28 mai 2021 au 15 juin 2021, date d'entrée de la mesure disciplinaire d'exclusion temporaire de fonction prononcée par arrêté du 11 juin 2021 ;
- le montant de l'indemnité due au titre de la réparation du préjudice ne sera pas diminué du fait notamment de revenu perçu au cours de la même période ;
- les conclusions reconventionnelles de la commune de Mery-sur-Marne sont irrecevables au motif que celle-ci ne saurait saisir le juge d'une demande tendant au recouvrement de leur créance.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 22 octobre 2021, 18 novembre 2021 et 6 avril 2022, la commune de Mery-sur-Marne, représentée par Me Guedj, conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête, à la condamnation de Mme A à la somme, à titre de provision, de 791,89 euros en remboursement du traitement indu au cours de la période du 29 mai au 14 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative et à ce qu'il soit mis à la charge de Mme A la somme de 5 100 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- la demande de Mme A n'est pas fondée ;
- elle a perçu l'aide de retour à l'emploi au titre des mois d'avril et mai 2021, mise en paiement en septembre suivant et des traitements d'un montant de 791,89 euros pour des périodes du 29 mai au 14 juin 2021 ;
- toutefois, c'est à tort qu'il a été procédé au versement de la somme de 791,89 euros au titre de rémunérations lesquelles ne sont pas dues pour la période précitée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C pour statuer sur les demandes de référé.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 541-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, même en l'absence d'une demande au fond, accorder une provision au créancier qui l'a saisi lorsque l'existence de l'obligation n'est pas sérieusement contestable. Il peut, même d'office, subordonner le versement de la provision à la constitution d'une garantie. ".
2. Par arrêté du 30 mars 2021, la maire de Mery-sur-Marne a prononcé à titre disciplinaire, la révocation de Mme B A, titulaire du grade d'adjoint administratif principal 1ère classe, assurant les fonctions de secrétaire de mairie. Le juge des référés du tribunal administratif de Melun a, par ordonnance n° 2103820 du 28 mai 2021, suspendu l'exécution de l'arrêté précité ainsi que la décision de la maire fixant sa rémunération de référence en prévision de la détermination des droits de l'intéressée au chômage. En exécution de cette ordonnance qui, aux termes de son article 2, a enjoint à la collectivité de réexaminer la situation de Mme A, la maire a, par arrêté du 11 juin 2021, prononcé à l'encontre de celle-ci, son exclusion temporaire de fonctions pour une durée de deux ans à compter du 15 juin 2021.
Sur les conclusions de la requête :
3. Mme A demande la condamnation de la commune de Mery-sur-Marne à lui verser une provision d'un montant de 7 089,88 euros au titre de rappel de traitement pour la période du 1er avril au 15 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne la constatation du non-lieu partiel :
4. Il résulte de l'instruction que, postérieurement à l'introduction de la présente demande enregistrée le 15 septembre 2021, la commune a versé à Mme A qui ne le conteste pas, la somme de 791,89 euros au titre de rémunération pour la période ayant couru du 29 mai au 14 juin 2021, laquelle a été mise en paiement le 22 septembre suivant. Dès lors, la demande de versement d'une provision à concurrence de la somme de 791,89 euros est devenue sans objet. Dès lors, il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de la commune de Mery-sur-Marne à lui verser une provision, au titre de rappel de traitements pour la période du 29 mai au 14 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à concurrence de la somme de 791,89 euros.
En ce qui concerne le surplus des conclusions de la requête à fin de provision :
5. Aux termes de l'article 20 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, alors en vigueur, désormais codifié à l'article L. 712-1 du code général de la fonction publique : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. () ". Aux termes de l'article 87 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les fonctionnaires régis par la présente loi ont droit, après service fait, à une rémunération fixée conformément aux dispositions de l'article 20 du titre Ier du statut général. / Sous réserve des dispositions de l'article 111 de la présente loi, ils ne peuvent percevoir directement ou indirectement aucune autre rémunération à raison des mêmes fonctions.
6. En outre, aux termes de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision () ". Il résulte de ces dispositions législatives que la suspension de l'exécution d'une décision administrative présente le caractère d'une mesure provisoire. Ainsi, elle n'emporte pas les mêmes conséquences qu'une annulation prononcée par le juge administratif, laquelle a une portée rétroactive. En particulier, elle ne prend effet qu'à la date à laquelle la décision juridictionnelle ordonnant la suspension est notifiée à l'auteur de la décision administrative contestée.
7. Enfin, si, eu égard à leur caractère provisoire, les décisions du juge des référés n'ont pas, au principal, l'autorité de la chose jugée, elles sont néanmoins, conformément au principe rappelé à l'article L. 11 du code de justice administrative, exécutoires et, en vertu de l'autorité qui s'attache aux décisions de justice, obligatoires. Il en résulte que lorsque le juge des référés suspend l'exécution de la décision par laquelle un agent public a été révoqué, l'intéressé a droit de percevoir la rémunération correspondant à ses fonctions jusqu'à ce que la mesure ordonnée en référé cesse de produire effet. Il ne peut en aller différemment qu'en cas d'absence de service fait, lorsque cette absence résulte du refus de l'agent d'effectuer les missions qui lui sont alors confiées ou lorsqu'une mesure ordonnée par l'autorité judiciaire fait obstacle à l'exercice par l'intéressé de toute fonction au sein des services de son administration. Les sommes ainsi versées à titre de rémunération en exécution de la suspension de la mesure de révocation ordonnée par le juge des référés ne peuvent, sauf absence de service fait dans les conditions précédemment énoncées, faire l'objet d'une répétition après que la mesure de référé a cessé de produire effet.
8. Pour demander la condamnation de la commune de Mery-sur-Marne au paiement d'une provision, Mme A soutient que, eu égard à l'ordonnance du juge des référés du 28 mai 2021, lequel a suspendu l'exécution de l'arrêté de la maire du 30 mars 2021 prononçant sa révocation et enjoint à la collectivité de réexaminer sa situation administrative, elle a nécessairement été réintégrée au sein des effectifs, dans une position d'activité pour la période du 1er avril 2021, date d'effet de la sanction disciplinaire, jusqu'au 15 juin suivant, date d'effet de l'arrêté de la même autorité lui infligeant une sanction d'exclusion temporaire de fonction. En outre, elle fait valoir que, par arrêtés du 5 août 2021, la maire a prononcé sa réintégration à compter du 1er avril jusqu'au 14 juin 2021, Mme A devant percevoir d'une part, l'allocation de retour à l'emploi pour la période du 1er avril au 28 mai 2021 et, d'autre part, son traitement indiciaire lié à son grade et échelon sur celle courant du 29 mai au 14 juin 2021. Il résulte de l'instruction qu'en exécution de ces mesures, l'intéressée a perçu l'allocation retour à l'emploi pour une montant de 2 830,96 euros au titre des mois d'avril et mai 2021, en septembre suivant. En outre, ainsi qu'il a été indiqué, la commune a versé à celle-ci la somme de 791,89 euros au titre de rémunération pour une période du 29 mai au 14 juin 2021.
9. Il suit de ce qui précède que, d'une part, l'ordonnance du juge des référés du 28 mai 2021, laquelle a suspendu l'exécution de l'arrêté de la maire du 30 mars 2021 prononçant sa révocation et enjoint à la collectivité de réexaminer sa situation administrative n'a pris effet qu'à la date de la notification de la décision juridictionnelle ordonnant la suspension à la commune de Mery-sur-Marne, de la décision administrative contestée et ne saurait avoir emporter d'effet rétroactif. D'autre part, il n'est pas contesté que pendant la période en litige, Mme A n'a pas accompli de service. Enfin, si, ainsi qu'il a été rappelé, lorsque le juge des référés suspend l'exécution de la décision par laquelle un agent public a été révoqué, l'intéressé a droit de percevoir la rémunération correspondant à ses fonctions jusqu'à ce que la mesure ordonnée en référé cesse de produire effet, il ne résulte pas de l'instruction et il n'a pas même soutenu que l'administration n'aurait pas mis à même Mme A d'exercer ses fonctions et que, partant, l'absence de service fait, opposée par la commune de Mery-sur-Marne, ne saurait lui être imputée. Dès lors, l'existence de l'obligation de la commune envers Mme A, au titre de rappels de traitement, au titre de la période ayant couru de la notification de l'ordonnance n° 2103820 du juge des référés du 28 mai 2021 inclus au 28 mai 2021, ne présente pas, en l'état de l'instruction, un caractère non sérieusement contestable au sens de l'article R. 541-1 du code de justice administrative. Il y a lieu, par suite, de rejeter les conclusions de la requête, à cet égard.
Sur les conclusions reconventionnelles :
10. Une collectivité publique est irrecevable à demander au juge administratif de prononcer une mesure qu'elle a le pouvoir de prendre. En particulier, les collectivités territoriales, qui peuvent émettre des titres exécutoires à l'encontre de leurs débiteurs, ne peuvent saisir directement le juge administratif d'une demande tendant au recouvrement de leur créance.
11. Il s'ensuit que les conclusions par lesquelles la commune de Mery-sur-Marne demande la condamnation de Mme A à lui verser une provision d'un montant de 791,89 euros en remboursement des traitements perçus indument au cours de la période du 29 mai au 14 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative sont irrecevables et ne peuvent, dès lors, qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
12. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Mery-sur-Marne, qui n'est pas dans la présente instance la partie perdante, la somme demandée par Mme A, au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A la somme demandée par la commune de Mery-sur-Marne au même titre.
O R D O N N E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions de la requête de Mme A tendant à la condamnation de la commune de Mery-sur-Marne à lui verser une provision, au titre de rappel de traitement pour la période du 1er avril au 15 juin 2021, en application de l'article R. 541-1 du code de justice administrative, à concurrence de la somme de 791,89 euros.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 3 : Les conclusions reconventionnelles et au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, présentées par la commune de Mery-sur-Marne sont rejetées.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et à la commune de Mery-sur-Marne.
Le juge des référés,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
V. TAROT
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026