jeudi 11 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108603 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET CASSEL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 21 septembre 2021 et 28 février 2022, Mme B A, représentée par le cabinet Cassel, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de condamner le Grand hôpital de l'Est francilien à lui verser la somme de 30 959,04 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis ainsi que l'indemnité compensatrice de congés annuels non pris, assorties des intérêts au taux légal à compter du 20 mai 2021 ;
2°) de mettre à la charge du Grand hôpital de l'Est francilien la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision refusant le versement de l'indemnité de licenciement est entachée d'illégalité en ce qu'elle méconnaît l'article 47 du décret du 6 février 1991 ; cette décision a entrainé le versement tardif de l'indemnité de licenciement ; le Grand hôpital de l'Est francilien a commis une faute de nature à engager sa responsabilité ;
- la décision par laquelle l'administration a refusé de l'admettre au bénéfice d'un congé de grave maladie est entachée d'un vice de procédure en l'absence de toute expertise médicale d'un spécialiste agréé préalablement à la consultation le 6 juillet 2017 du comité médical départemental ;
- elle été placée en congé sans traitement jusqu'au 3 juillet 2019 et a dû attendre que la commission consultative paritaire départementale se réunisse le 27 novembre 2019 avant d'être licenciée à compter du 1er décembre 2019 ; ainsi, elle a été placée en congé sans traitement pendant trente-cinq mois soit au-delà du délai de dix-huit mois prévu par les dispositions de l'article 17 du décret du 6 février 1991 ; le non-respect du décret du 6 février 1991 et la lenteur de la procédure de licenciement sont constitutifs de fautes de nature à engager la responsabilité du Grand hôpital de l'Est francilien ;
- la décision portant licenciement méconnait les dispositions de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 en ce qu'elle ne tient compte ni de ses droits à congés annuels non pris, ni du préavis et ne mentionne pas la possibilité de demander un reclassement ; elle a donc été privée de son droit au préavis et de son droit à bénéficier de congés annuels non pris, au demeurant, non indemnisés ;
- elle a subi un préjudice financier qui peut être évalué à la somme 25 959,04 euros au titre de l'absence de traitement pendant son placement en congé, à laquelle s'ajoute l'indemnité compensatrice de congés annuels non pris ;
- elle a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence qu'elle évalue à la somme de 5 000 euros.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 octobre 2021, le Grand hôpital
de l'Est francilien, représenté par son directeur en exercice, conclut au rejet de la requête.
Il soutient que sa responsabilité ne saurait être engagée et que les préjudices invoqués ne peuvent être indemnisés.
Par une ordonnance du 10 février 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 91-155 du 6 février 1991 ;
- le décret n° 2002-8 du 4 janvier 2002 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Réchard,
- et les conclusions de Mme Letort, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a été recrutée sous contrat à durée indéterminée à temps incomplet du 25 juillet 2011, à effet du 1er juin 2011, en qualité de psychologue de classe normale, par le centre hospitalier de Coulommiers, lequel a fusionné avec deux autres établissements, le 1er janvier 2018, pour constituer le Grand hôpital de l'Est francilien (GHEF). A la suite d'un accident domestique survenu le 2 juillet 2016, Mme A, qui avait sollicité le bénéfice d'un congé de grave maladie, a été placée en congé de maladie ordinaire pour la période courant du 3 juillet 2016 au
2 juillet 2017, par une décision du 7 juillet 2017 du directeur adjoint du GHEF, prise au vu de l'avis défavorable du 6 juillet 2017 du comité médical départemental quant à l'attribution d'un congé de grave maladie, que le directeur adjoint du GHEF a retirée avant de prendre une nouvelle décision dans le même sens le 13 novembre 2017. Mme A a été rémunérée à plein traitement du 3 juillet 2016 au 30 septembre 2016 puis à mi-traitement entre le 1er octobre 2016 et le
31 décembre 2016 et a perçu des indemnités journalières de la sécurité sociale du 11 juillet 2016 au 31 mars 2019. Puis, par une décision du 30 novembre 2017, le directeur adjoint du GHEF l'a placée en congé sans traitement pour la période du 3 juillet 2017 au 2 janvier 2018 inclus. Le comité médical départemental ayant, dans sa séance du 21 février 2019, émis un avis favorable à la prolongation du placement en congé sans traitement de Mme A du 3 janvier 2018 au
2 juillet 2019 et à l'inaptitude définitive à toutes fonctions, le directeur adjoint du GHEF a, par une décision du 28 novembre 2019, compte tenu par ailleurs de l'avis émis par la commission consultative paritaire départementale (CCPD) du 27 novembre 2019, prononcé le licenciement de l'intéressée pour inaptitude définitive à exercer toutes fonctions à compter du 1er décembre 2019 et l'a rayée des effectifs de l'établissement de santé. Le GHEF lui a versé, le 23 décembre 2019, une indemnité de licenciement d'un montant de 17 504,10 euros. Par une demande du
14 mai 2021, reçue par le GHEF le 20 mai 2021, Mme A a sollicité la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis résultant de son licenciement ainsi que le paiement de ses congés annuels non pris. Le silence gardé par le directeur du GHEF sur cette réclamation préalable a fait naître une décision implicite de rejet le 20 juillet 2021. Par la présente requête, Mme A demande au tribunal de condamner le GHEF à lui verser la somme de 30 959,04 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la responsabilité :
En ce qui concerne la faute tirée de l'irrégularité de la procédure de placement en congé de grave maladie :
2. Aux termes de l'article 11 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " L'agent contractuel en activité employé de manière continue et comptant au moins trois années de services effectifs, atteint d'une affection dûment constatée le mettant dans l'impossibilité d'exercer son activité, nécessitant un traitement et des soins prolongés et présentant un caractère invalidant et de gravité confirmée, bénéficie d'un congé de grave maladie pendant une période maximale de trois ans. / Dans cette situation, l'intéressé conserve l'intégralité de son traitement pendant une durée de douze mois. Le traitement est réduit de moitié pendant les vingt-quatre mois suivants. / En vue de l'octroi de ce congé, l'intéressé est soumis à l'examen d'un spécialiste agréé compétent pour l'affection en cause. La décision d'octroi est prise par l'autorité signataire du contrat sur avis émis par le comité médical saisi du dossier. (). "
3. Mme A, qui soutient que la décision par laquelle le directeur adjoint du GHEF a refusé de l'admettre au bénéfice d'un congé de grave maladie est entachée d'un vice de procédure à défaut d'avoir fait l'objet d'une expertise médicale par un spécialiste agréé préalablement à la consultation le 6 juillet 2017 du comité médical départemental, fait valoir que le GHEF a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
4. Il résulte de l'instruction que Mme A a sollicité le 11 juin 2017 le bénéfice d'un congé de grave maladie et que, dans son avis du 6 juillet 2017, le comité médical départemental, qui a visé le " seul rapport médical rédigé par le docteur (non expertisée) ", a émis un avis défavorable à l'octroi d'un tel congé. Or, il ne résulte pas de la teneur de cet avis ni de l'instruction, que Mme A aurait été expertisée par un médecin agréé conformément aux dispositions précitées au point précédent avant que ne soit rendu l'avis du comité médical. Dès lors, la requérante est fondée à soutenir que la procédure d'examen de sa demande de placement en congé de grave maladie est entachée d'irrégularité en l'absence d'examen par un médecin agréé dont l'éclairage qu'il est supposé apporter au comité médical constitue une garantie pour la requérante. Par suite, Mme A est fondée à soutenir que le GHEF a commis une faute de nature à engager sa responsabilité.
En ce qui concerne les fautes tirées de l'irrégularité de la procédure de licenciement :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 47 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors en vigueur : " En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire, une indemnité de licenciement est versée : / 1° Aux agents recrutés pour une durée indéterminée ; / () ".
6. Mme A soutient que, d'une part, les informations qu'elle a reçues oralement lors de l'entretien préalable à son licenciement puis consécutivement à la décision du
28 novembre 2019 la licenciant révèlent une décision de refus de versement de l'indemnité de licenciement prise en méconnaissance des dispositions de l'article 47 du décret du 6 février 1991 et, d'autre part, cette indemnité de licenciement a été versée avec retard. Elle allègue ainsi que le GHEF a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité.
7. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction que le GHEF aurait entendu refuser à Mme A le versement d'une indemnité de licenciement et qu'une décision aurait été prise en ce sens. D'une part, cette indemnité d'un montant de 17 504,10 euros, au demeurant, expressément mentionnée dans l'attestation destinée à Pôle Emploi annexée à la décision du 28 décembre 2019 la licenciant pour inaptitude définitive et notifiée le 5 décembre 2019, lui a été versée le
23 décembre 2019 ainsi que cela résulte de la copie du bulletin de paie du mois de décembre 2019 qu'elle a jointe à sa requête. D'autre part, la circonstance qu'elle ait sollicité du GHEF, par un courrier du 17 décembre 2019, soit antérieurement à son licenciement, le règlement de cette indemnité n'est pas susceptible de venir au soutien de son argumentation tirée du caractère tardif de son versement. Ainsi qu'il vient d'être dit, le paiement de l'indemnité de licenciement ayant eu lieu dans le mois de la prise d'effet de son licenciement, Mme A n'est pas fondée à soutenir que le GHEF l'aurait versée avec retard. Par suite, la requérante n'est pas fondée à se prévaloir de fautes de l'administration tirées de l'illégalité de la décision révélée de refus de versement de l'indemnité de licenciement et du caractère tardif du versement de cette indemnité.
8. En deuxième lieu, aux termes de l'article 10 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière : " L'agent contractuel en activité bénéficie, sur présentation d'un certificat médical, de congés de maladie pendant une période de douze mois consécutifs ou, en cas de service discontinu, au cours d'une période comprenant trois cents jours de services effectifs, dans les limites suivantes : / () / ; 3° Après trois ans de services, trois mois à plein traitement et trois mois à demi-traitement. / () ". Aux termes de l'article 17 du même décret : " L'agent contractuel temporairement inapte pour raison de santé à reprendre son service à l'issue d'un congé de maladie, de grave maladie, de maternité, d'adoption ou de paternité est placé en congé sans traitement pour une durée maximale d'un an, qui peut être prolongée de six mois s'il résulte d'un avis médical que l'agent sera apte à reprendre ses fonctions à l'issue de cette période complémentaire. / (). / A l'issue de ses droits à congé sans traitement prévus au premier alinéa du présent article et à l'article 14 du présent décret, l'agent non titulaire inapte physiquement à reprendre son service est licencié selon les modalités fixées aux articles 17-1 et 17-2 ". Il résulte de ces dispositions que la période de congé sans traitement d'un agent ne peut excéder dix-huit mois à compter de la date à laquelle l'agent a été déclaré temporairement inapte pour des raisons de santé.
9. Mme A, qui soutient avoir été placée en congé sans traitement jusqu'au 3 juillet 2019 et avoir attendu que la CCPD se réunisse le 27 novembre 2019 avant d'être licenciée à effet du 1er décembre 2019, fait valoir qu'elle a été placée en congé sans traitement pendant trente-cinq mois soit au-delà du délai de dix-huit mois prévu par les dispositions de l'article 17 du décret du 6 février 1991. Elle allègue ainsi que le non-respect des dispositions précitées du décret du 6 février 1991 est constitutif d'une faute de nature à engager la responsabilité du GHEF.
10. Il résulte de l'instruction que Mme A a été placée en congé de maladie ordinaire par une décision du directeur adjoint du GHEF du 13 novembre 2017 pour la période du 3 juillet 2016 au 2 juillet 2017 en application des dispositions précitées du 1° de l'article 10 du décret du 6 février 1991. En application des dispositions précitées du 3° de ce même article, elle a bénéficié de son plein traitement pendant une durée de trois mois, du 3 juillet 2016 au 30 septembre2016, puis de son demi-traitement pendant une durée de trois mois, du 1er octobre 2016 au 31 décembre 2016. Ainsi, en dépit des mentions portées sur le certificat de travail qu'elle produit, et qui indiquent qu'elle a été rémunérée jusqu'au 2 juillet 2017, elle doit être regardée comme ayant perçu sa rémunération jusqu'au 31 décembre 2016 puis, ainsi qu'elle le fait valoir, des indemnités journalières à compter du 11 juillet 2016 avant d'être placée en congé sans traitement du 3 juillet 2017 au 2 janvier 2018 par décision du directeur adjoint du GHEF du
30 novembre 2017. Il résulte de ces circonstances, et contrairement à ce que soutient Mme A, qu'elle a été placée en congé sans traitement sur une unique période de six mois courant du
3 juillet 2017 au 2 janvier 2018, dans le respect des dispositions des dispositions précitées de l'article 17 du décret du 6 février 1991, et non, ainsi qu'elle le fait valoir sur une période de
trente-cinq mois qui aurait pris fin le 3 juillet 2019 ou sur une période de fait qui aurait couru du 3 juillet 2017 au 1er décembre 2019, date de son licenciement. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que le GHEF l'aurait illégalement placée en congé sans traitement au-delà de la période de dix-huit mois prévu par l'article 17 précité du décret du 6 février 1991.
11. En troisième lieu, Mme A, qui soutient qu'elle a dû attendre que la CCPD se réunisse pour n'être licenciée que le 1er décembre 2019, peut être regardée comme ayant entendu se prévaloir de la faute commise par le GHEF tirée du retard à prononcer son licenciement. Toutefois, il résulte de l'instruction qu'à l'issue de son placement en congé sans traitement,
Mme A a fait l'objet, le 23 avril 2018, d'une pré-visite de reprise auprès du médecin du travail, puis le 1er juin 2018, d'une visite de reprise à l'issue de laquelle ce médecin a conclu à l'inaptitude de l'intéressée à tous postes. A la demande du comité médical départemental, l'expert rhumatologue a, le 13 septembre 2018, après les constatations médicales faites au cours de l'examen de Mme A, conclu qu'en l'absence d'affectation de l'intéressée sur un poste proche de son domicile, elle devait être déclarée inapte définitivement et totalement à ses fonctions. Ce sont dans ces conditions que le comité médical départemental a, dans sa séance du 21 février 2019, conclu à l'inaptitude définitive de Mme A à toutes fonctions. En application des dispositions de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991, le GHEF a rapidement engagé une procédure de licenciement en la convoquant à un entretien préalable le 24 avril 2019 puis en saisissant la CCPD, dont la réunion initialement fixée au mois de septembre 2019 a été reportée au 27 novembre 2019, avant de prononcer son licenciement par une décision du 28 novembre 2019. Il suit de là qu'en se bornant à soutenir avoir attendu la consultation de la CCPD, rendue obligatoire par les dispositions des articles 2-1 et 17-1 du décret du 6 février 1991, pour n'être finalement licenciée que le
1er décembre 2019, Mme A n'établit pas que le GHEF aurait prononcé son licenciement au terme d'une " lenteur considérable " et commis, de ce fait, une faute de nature à engager sa responsabilité.
12. En quatrième lieu, aux termes de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " Lorsqu'à l'issue d'un congé prévu au présent titre, il a été médicalement constaté par le médecin agréé qu'un agent se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, l'autorité investie du pouvoir de nomination convoque l'intéressé à l'entretien préalable prévu à l'article 43 et selon les modalités définies au même article. / Si l'autorité investie du pouvoir de nomination décide, à l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, de licencier l'agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le motif du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 42. Cette lettre informe également l'intéressé qu'il peut présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 42 et lui indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées. / () ". Aux termes de l'article 42 de ce même décret : " En cas de licenciement des agents recrutés pour une durée indéterminée (), les intéressés ont droit à un préavis de : / 1° Huit jours pour les agents qui ont moins de six mois de services ; / 2° Un mois pour ceux qui ont au moins six mois et au plus deux ans de services ; / 3° Deux mois pour ceux qui ont au moins deux ans de services. / (). "
13. Si Mme A soutient, sans être contredite, que son licenciement est intervenu sans qu'ait été respecté le délai de préavis prévu par les dispositions précitées de l'article 42 du décret du 6 février 1991, il résulte, toutefois, de l'instruction que l'article 8 de son contrat à durée indéterminée stipule que " le préavis n'est pas dû en cas de licenciement prononcé () soit pour inaptitude physique, () ". Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à rechercher la responsabilité du GHEF du fait du non-respect du délai de préavis prévu à l'article 42 du 6 février 1991.
14. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " I. - L'agent contractuel en activité a droit, compte tenu de la durée de service effectuée, à un congé annuel rémunéré, déterminé dans les mêmes conditions que celui accordé aux fonctionnaires titulaires des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée. / (). II. - En cas de licenciement n'intervenant pas à titre de sanction disciplinaire ou à la fin d'un contrat à durée déterminée, l'agent qui, du fait de l'administration, n'a pu bénéficier de tout ou partie de ses congés annuels a droit à une indemnité compensatrice de congés annuels. / L'indemnité compensatrice de congés annuels est égale au 1/10 de la rémunération totale brute perçue par l'agent au cours de sa période d'emploi, entre le 1er janvier et le 31 décembre de l'année en cours. L'indemnité est proportionnelle au nombre de jours de congés annuels dus non pris. / L'indemnité est soumise aux mêmes retenues que la rémunération de l'agent. / L'indemnité ne peut être inférieure au montant de la rémunération que l'agent aurait perçue pendant la période de congés annuels dus et non pris ". Aux termes de l'article 1er du décret du 4 janvier 2002 relatif aux congés annuels des agents des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction applicable : " Tout fonctionnaire d'un des établissements mentionnés à l'article 2 de la loi du 9 janvier 1986 susvisée en activité a droit, dans les conditions et sous les réserves précisées aux articles ci-après, pour une année de service accompli du 1er janvier au 31 décembre, à un congé annuel d'une durée égale à cinq fois ses obligations hebdomadaires de service. / (). / L'agent qui n'a pas exercé ses fonctions pendant la totalité de la période de référence indiquée précédemment a droit à un congé annuel de deux jours ouvrés par mois ou fraction de mois supérieure à quinze jours écoulés depuis l'entrée en fonction. / () ".
15. Mme A, qui se prévaut de la faute commise par le GHEF tenant à l'absence de prise en compte de ces droits à congés annuels non pris dans la décision de licenciement, ne précise pas le nombre de jours dont le GHEF aurait dû tenir compte et n'apporte ainsi pas suffisamment d'éléments au tribunal lui permettant d'examiner le bien-fondé de son moyen. En tout état de cause, il résulte de l'instruction que Mme A a été placée en arrêt de travail et en congé de maladie ordinaire sur la période du 3 juillet 2016 au 2 juillet 2017, avant d'être placée en congé sans traitement du 3 juillet 2017 au 2 janvier 2018. Or, en application de l'article 27 du décret du 6 février 1991, la période de congé sans traitement n'est pas assimilée à une période d'activité effective ouvrant droit à congé annuel, ainsi que le fait valoir le GHEF. En outre, la requérante ne justifie pas qu'elle aurait été en mesure de reporter d'éventuels droits à congés acquis et non pris en 2016 sur l'année 2019. Dans ces conditions, ayant épuisé l'ensemble des droits à congés,
Mme A n'est pas fondée à soutenir que le GHEF aurait commis une faute en ne tenant pas compte de ses congés annuels non pris.
16. En sixième et dernier lieu, aux termes de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière, dans sa rédaction alors applicable : " I. - Lorsqu'à l'issue d'un congé prévu au présent titre, il a été médicalement constaté par le médecin agréé qu'un agent se trouve, de manière définitive, atteint d'une inaptitude physique à occuper son emploi, l'autorité investie du pouvoir de nomination convoque l'intéressé à l'entretien préalable prévu à l'article 43 et selon les modalités définies au même article. / Si l'autorité investie du pouvoir de nomination décide, à l'issue de la consultation de la commission consultative paritaire prévue à l'article 2-1, de licencier l'agent, elle lui notifie sa décision par lettre recommandée avec accusé de réception ou par lettre remise en main propre contre décharge. Cette lettre précise le motif du licenciement et la date à laquelle celui-ci doit intervenir, compte tenu des droits à congés annuels restant à courir et de la durée du préavis prévu à l'article 42. Cette lettre informe également l'intéressé qu'il peut présenter une demande écrite de reclassement, dans un délai correspondant à la moitié de la durée du préavis prévu à l'article 42 et lui indique les conditions dans lesquelles les offres de reclassement sont susceptibles de lui être adressées. / () ".
17. Mme A ne peut utilement invoquer la méconnaissance des dispositions précitées de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 pour soutenir que la décision du
28 novembre 2019 la licenciant, qui ne " mentionne pas la possibilité de demander un reclassement ", entache d'irrégularité la procédure de son licenciement et est constitutive d'une faute de nature à engager la responsabilité du GHEF. En effet, et en tout état de cause, si la lettre précisant le motif du licenciement doit informer l'intéressé qu'il peut présenter une demande écrite de reclassement, les dispositions invoquées de l'article 17-1 du décret du 6 février 1991 ne s'appliquent que si l'agent contractuel est inapte physiquement à occuper son emploi. Or, ainsi que cela a dit au point 1. du présent jugement, Mme A a été reconnue inapte à toutes fonctions et reconnaît, dans sa requête qu'il n'y avait pas lieu de lui proposer un reclassement ayant été déclarée inapte définitivement à toutes fonctions.
18. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A n'est pas fondée à soutenir que le GHEF aurait commis des fautes tirées d'irrégularités de la procédure de licenciement dont elle a fait l'objet de nature à engager sa responsabilité.
Sur les préjudices :
19. En premier lieu, si Mme A fait valoir qu'elle a subi un préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence résultant de ce qu'elle a dû se mobiliser pour contrecarrer les lenteurs de l'administration et de l'anxiété et la précarité générées par la situation, d'une part elle ne justifie pas d'un quelconque trouble dans ses conditions d'existence et d'autre part, elle ne justifie pas d'un lien de causalité entre un préjudice moral, à le supposer établi, et l'unique faute du GHEF tenant au non-respect de la procédure d'instruction de sa demande de congé de grave maladie. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à demander à être indemnisée des préjudices qu'elle estime avoir subis.
20. En second lieu, il résulte de ce qui a été dit aux points 5. à 18. du présent jugement qu'en l'absence de faute commise par le GHEF tirée d'irrégularités de la procédure de licenciement, elle n'est pas fondée à solliciter l'indemnisation des préjudices financier correspondant à la perte de ses traitements et à l'indemnité compensatrice de congés annuels non pris, moral et les troubles dans les conditions d'existence qu'elle estime avoir subis.
Sur les frais liés au litige :
21. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du GHEF la somme que Mme A demande sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E:
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au Grand hôpital de l'Est francilien.
Délibéré après l'audience du 20 avril 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Bonneau-Mathelot, présidente,
Mme Réchard, première conseillère,
Mme Luneau, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 mai 2023.
La rapporteure,
J. RECHARD
La présidente,
S. BONNEAU-MATHELOT
La greffière,
C. RICHEFEU
La République mande et ordonne au ministre de la santé et de la prévention en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026