mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2108781 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | FRANCK COHEN AVOCAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 27 septembre 2021, Mme B C, représentée par Me Cohen, doit être regardée demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision " 48 SI " notifiée le 20 mai 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 8 janvier 2018, 25 janvier 2018 à 13 h 54, 25 janvier 2018 à 13 h 58, 24 décembre 2018, 18 mai 2019 et 25 septembre 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer son permis de conduire doté d'un capital de points ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'obligation d'information telle que prévue par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route a été méconnue pour l'ensemble des infractions ;
- la réalité des infractions n'est pas établie ;
- elle a contesté les infractions commises les 25 septembre 2019, 25 janvier 2018 à 13h54, 25 janvier 2018 à13h58 et 8 janvier 2018 ;
- les infractions des 18 mai 2019 et 24 décembre 2018 ont été commises par un tiers, le formulaire adéquat a été rempli afin de faire reconnaitre la responsabilité de ce dernier.
Par un mémoire en défense enregistré le 10 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- la requête est tardive ;
- les conclusions dirigées contre les infractions commises les 18 mai 2019, 24 décembre 2018 et 8 janvier 2018 sont sans objet ;
- le moyen relatif à l'imputabilité des infractions est inopérant ;
- les autres moyens soulevés par Mme C ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'inexistence des décisions de retrait de point afférentes aux infractions commises les 18 mai 2019, 24 décembre 2018 et 8 janvier 2018.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme A en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C a commis les 8 janvier 2018, 25 janvier 2018 à 13h54, 25 janvier 2018 à 13h58, 24 décembre 2018, 18 mai 2019 et 25 septembre 2019 différentes infractions au code de la route ayant entraîné des retraits points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressée du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, Mme C demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de point afférentes aux infractions commises les 8 janvier 2018, 25 janvier 2018 à 13 h 54, 25 janvier 2018 à 13 h 58, 24 décembre 2018, 18 mai 2019 et 25 septembre 2019.
Sur la fin de non-recevoir :
2. D'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". L'article R. 421-5 du même code dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision ".
3. Il incombe à l'administration, lorsqu'elle oppose une fin de non-recevoir tirée de la tardiveté d'une action introduite devant une juridiction administrative, d'établir la date à laquelle la décision attaquée a été régulièrement notifiée à l'intéressé.
4. Le ministre de l'intérieur fait valoir que la requête de Mme C est tardive. Il ressort du relevé information intégral afférent au permis de conduire de Mme C qu'une décision 48 SI lui aurait été notifiée par un pli recommandé avec accusé de réception numéro 2C 1553 7697 647 le 20 mai 2021. Toutefois, si le ministre de l'intérieur produit la copie de cet avis de réception portant la mention " pli avisé et non réclamé ", celui-ci ne mentionne aucune date de vaine présentation. Dans ces conditions, la fin de non-recevoir tirée de la tardiveté de la requête doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points suites aux infractions commises les 8 janvier 2018, 24 décembre 2018 et 18 mai 2019 :
5. Mme C sollicite l'annulation des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 8 janvier 2018, 24 décembre 2018 et 18 mai 2019. Toutefois, ces infractions ne figurent pas sur le relevé intégral d'information de la requérante produit par le ministre de l'intérieur, dès lors il n'est pas établi que de telles décisions ait été édictées par le ministre de l'intérieur. Dès lors les conclusions présentées à l'encontre des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 8 janvier 2018, 24 décembre 2018 et 18 mai 2019 sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points suites aux infractions commises les 25 janvier 2018 à 13 h 54, 25 janvier 2018 à 13 h 58 et 25 septembre 2019 :
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
6. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
7. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
8. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
9. D'une part, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme C que les infractions des 25 janvier 2018 à 13 h 54 et 13 h 58 ont été relevées au moyen de procès-verbaux électroniques dématérialisés et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur que la requérante a signé le procès-verbal électronique relatif aux infractions commises le 25 janvier 2018 à 13 h 54 et 13 h 58, procès-verbaux qui, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, précisent que les contraventions relevées entraînent retrait de points et comportent l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de telles pièces suffit donc à établir que l'intéressée a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable concernant les infractions commises le 25 janvier 2018 à 13h54 et le 25 janvier 2018 à 13h58 doit être écarté.
10. D'autre part, Mme C soutient qu'elle n'a pas reçu les informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route préalablement à la décision de retrait de trois points afférente à l'infraction commise le 25 septembre 2019. Il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme C que cette infraction a été relevée au moyen d'un procès-verbal électronique et n'a pas fait l'objet du paiement de l'amende mais qu'un avis d'amende forfaitaire majorée a été émis. Si le ministre de l'intérieur produit en défense le procès-verbal établi lors de la constatation de cette infraction, celui-ci ne comporte aucune mention indiquant que les informations requises aient été communiquées à Mme C. Dès lors, il n'est pas établi que Mme C ait effectivement bénéficié des informations préalables requises les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors, le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant de l'infraction commise le 25 septembre 2019 doit être accueilli.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité des infractions :
11. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
12. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".
13. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Dans l'hypothèse où la juridiction pénale, statuant sur le recours ainsi introduit, le jugerait recevable et annulerait la condamnation postérieurement au rejet par le juge administratif du recours dirigé contre la décision de retrait de points ou celle constatant la perte de validité du permis, il appartiendrait à l'administration de retirer cette décision.
S'agissant des infractions commises le 25 janvier 2018 à 13h54 et à 13h58 :
14. En l'espèce, il ressort du relevé intégral du permis de conduire de Mme C, édité le 9 févier 2022, que les infractions contestées ont donné lieu soit au paiement de l'amende forfaitaire soit à l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par la requérante, que cette dernière aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité de ces infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement des infractions commises le 25 janvier 2018 à 13h54 et le 25 janvier 2018 à 13h58 doit être écarté.
S'agissant de l'infraction commise le 25 septembre 2019 :
15. Mme C soutient qu'elle a contesté l'infraction commise le 25 septembre 2019 devant l'officier du ministère public et qu'ainsi la réalité de cette infraction n'est pas établie. Toutefois, il résulte de l'instruction et notamment du relevé intégral du permis de conduire de Mme C, édité le 9 février 2022, qu'un avis d'amende forfaitaire a été émis et que la décision de retraits de point litigieuse est intervenue le 30 mai 2020. Dans ces conditions, la contestation adressée par la requérante à l'officier du ministère public le 7 janvier 2021 n'a pas eu pour effet d'annuler le titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée afférent à l'infraction commise le 25 septembre 2019. Dès lors, la réalité de l'infraction doit être regardée comme établie. Par suite, le moyen tiré du défaut d'établissement doit être écarté.
16. Il résulte de ce qui précède que la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 25 septembre 2019 doit être annulée.
17. En vertu de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. En l'espèce, il résulte de l'instruction que le solde de point du permis de conduire de Mme C demeure nul malgré l'annulation de la décision de retrait de points afférente à l'infraction commise le 25 septembre 2019. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions à fin d'injonction.
Sur les frais liés à l'instance :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État la somme que demande Mme C au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de trois points sur le permis de conduire de Mme C suite à l'infraction constatée le 25 septembre 2019 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026