jeudi 9 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2109527 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | Chambre DALO |
| Avocat requérant | LEPEU |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2021, M. D B, représenté par Me Lepeu demande au tribunal :
1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 9 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, majorée des intérêts au taux légal à compter du 6 août 2021, puis majorée de cinq points deux mois après la notification du jugement à intervenir ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros à verser à son conseil en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que celui-ci renonce à percevoir la somme contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Il soutient que :
- par une décision du 23 mai 2019, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; par un jugement du 29 juin 2020, le tribunal a enjoint à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement répondant à ses besoins et ses capacités avant le 1er septembre 2020 ;
- faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ; il vit avec son épouse et leurs deux enfants dans le logement de son frère, de sa belle-sœur et de leurs deux enfants, soit huit personnes dans un appartement de 60 m2 ;
- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis à raison de 600 euros par mois de retard du 23 novembre 2019 au 3 février 2021, date du relogement effectif de son foyer.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut, au rejet de la requête.
Elle soutient que :
- le préjudice n'est pas établi car les pièces versées par le requérant ne permettent pas d'établir la situation d'hébergement de l'intéressé ainsi que la durée de cet hébergement ; en tout état de cause, le logement du frère hébergeant le requérant était de 60,50 m2 ce qui correspond au seuil prévu par l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation pour 7 personnes ;
- il a été relogé le 3 février 2021 dans un logement de type T3 du parc social pour un montant de 318 euros ; le relogement est intervenu dans un délai raisonnable de 14 mois, après le délai de six mois ;
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 septembre 2020.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code civil ;
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu à l'audience publique, le rapport de M. C, les parties n'y étant ni présentes ni représentées.
L'instruction a été clôturée après l'appel de l'affaire.
Considérant ce qui suit :
1. M. D B a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T3, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 23 mai 2019 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressé, le tribunal a, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer le relogement de l'intéressé, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er septembre 2020. En l'absence de relogement, M. B a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 19 août 2021, par la préfète du Val-de-Marne qui l'a rejetée implicitement. Par sa requête, M. B demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 9 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.
2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.
3. M. B se prévaut de ce qu'il s'est vu reconnaître par la commission de médiation du Val-de-Marne le droit au logement opposable par la commission de médiation pour les motifs tirés de ce qu'il est " dépourvu de logement / hébergé chez un particulier " et " logement sur-occupé et avec () enfant mineur ". A l'appui de ses prétentions, M. B fait valoir qu'il est hébergé, ainsi que sa femme et leurs deux enfants nés les 1er novembre 2016 et 28 mars 2020 par son frère, M. H B, dans un appartement où ce dernier réside avec sa propre épouse et leurs deux enfants. En défense, la préfète conteste la réalité du préjudice allégué en soutenant que le requérant ne démontre pas que ce défaut d'attribution d'un logement social l'a exposé à être hébergé dans un logement sur-occupé. Or, il résulte de l'instruction que si l'attestation d'hébergement établie le 21 janvier 2020 par le frère du requérant indique qu'il héberge M. D B ainsi que son épouse et leur fille A à son domicile situé 23 avenue Guyemer à Choisy-le-Roi depuis le 4 octobre 2016, il ressort toutefois des avis d'imposition sur les revenus 2018 et 2019, ainsi que de l'attestation de paiement de la caisse des allocations familiales du Val-de-Marne éditée le 21 janvier 2020, que M. D B réside chez M. G E situé 38 rue Jean Mermoz à Villejuif (94800). En dépit de la communication du mémoire en défense, le requérant n'apporte aucun élément de nature à expliquer cette différence d'adresse. Dans ces conditions, M. B doit être regardé comme n'ayant pas démontré qu'il aurait subi des troubles dans les conditions d'existence liés à la sur-occupation du logement où il était hébergé ou qu'il aurait subi des troubles dans les conditions d'existence liés au caractère non décent d'un tel logement compte tenu de la promiscuité imposée par sa structure.
4. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées. Il y a lieu, par voie de conséquence, de rejeter ses conclusions présentées en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, à Me Lepeu, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mars 2023.
Le magistrat désigné,
S. C
La greffière,
M. F
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2109527
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026