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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2109872

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2109872

lundi 7 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2109872
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation15ème chambre
Avocat requérantDECAMPS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 octobre 2021 sous le n° 2109872, M. B A, représenté par Me Décamps, demande au tribunal :

1°) d'annuler :

- la décision de retrait de 6 points prise par le ministre de l'Intérieur suite à l'infraction du 5 décembre 2020 à 1 heure 15 à Noisiel, et les décisions implicites de rejet ;

- la mention relative à la date de délivrance des catégories de son permis de conduire détenues depuis le 6 mars 1995 et le 12 septembre 1995, et non les 6 et 7 février 2002 ;

2°) d'enjoindre au préfet de Seine et Marne, au ministre de l'Intérieur et au fichier national des permis de conduire de constater l'exécution de la suspension judiciaire, à compter du 18 janvier 2021, à défaut à compter du 30 mars 2021 mais sans que ne soit appliqué le retrait de points, dans un délai de 15 jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

M. A soutient que :

- le retrait litigieux de 6 points viole les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route puisqu'il lui a été appliqué malgré l'absence de caractère définitif de condamnation pénale ; en effet, il a fait opposition au prononcé de la décision pénale du 30 mars 2021, et un nouvel audiencement est prévu pour le 28 décembre 2021 ;

- cependant, l'effacement du retrait de points ne doit pas empêcher de constater l'exécution de la suspension judiciaire telle qu'imposée par la préfecture, jusqu'au 30 septembre 2021 ; cette suspension d'une durée initiale et provisoire de 6 mois, a été décidée par décision judiciaire du 18 Janvier 2021, notifiée seulement le 30 mars 2021 alors que le permis était détenu par la préfecture depuis le 5 décembre 2020 ;

- la sanction judiciaire rendue par ordonnance pénale qui reste mentionnée sur le relevé d'information intégral malgré la procédure d'opposition en cours doit faire apparaitre son caractère provisoire, afin que la présomption d'innocence soit respectée, et que seule l'inscription permette de constater la durée de la suspension et son exécution.

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 mai 2022, le ministre de l'Intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir que :

- à titre principal, les conclusions tendant à la modification de la date d'exécution de la décision de suspension de permis de conduire et aux modification des mentions relatives à la date de délivrance de certaines catégories sur son permis de conduire sont mal dirigées dans la mesure où le titre de conduite du requérant a été délivré par les services de la préfecture de Seine-et-Marne ;

- à titre subsidiaire, l'unique moyen soulevé doit être écarté comme infondé dès lors que, conformément aux dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la décision judiciaire du 28 décembre 2021 devenue définitive établit la réalité de l'infraction du 5 décembre 2020.

Par deux mémoires en réplique des 20 janvier et 7 février 2023, M. A conclut aux mêmes fins que la requête par les mêmes moyens en soutenant, de plus, qu'il a formé appel le 4 janvier 2022 contre le jugement du 28 décembre 2021 et une nouvelle convocation en audience est fixée le 22 mars 2022 devant la cour d'appel de Paris.

Vu :

- les décisions attaquées ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la route ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de justice administrative.

En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.

Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.

Ni le requérant, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.

DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques05-12-2020CEATGI Meaux-672TOTAL-6

1. Il résulte de l'instruction que M. B A, né le 5 février 1977, s'est vu retirer 6 points sur le capital de points de son permis de conduire à la suite de l'infraction constatée le 5 décembre 2020 pour conduite sous l'empire d'un état alcoolique. Par la présente requête, M. A demande l'annulation de cette décision de retrait de points ainsi que l'annulation de la mention relative à la date de délivrance des catégories de son permis de conduire détenues depuis le 6 mars 1995 et le 12 septembre 1995, et non les 6 et 7 février 2002.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la décision de retrait de 6 points :

2. Aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. "

3. En vertu des dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé.

4. Il résulte de l'instruction, et notamment des pièces produites en défense, à savoir plus particulièrement le relevé d'information intégral (R2I) du requérant édité le 12 mai 2022, que l'infraction du 5 décembre 2020, à savoir une conduite sous l'empire d'un état alcoolique, ayant donné lieu au retrait de 6 points sur le permis de conduire de M. A a donné lieu à une ordonnance pénale rendue par le tribunal judiciaire de Meaux le 18 janvier 2021. Par jugement sur opposition du 28 décembre 2021, le même tribunal a de nouveau statué sur les mêmes faits en reconnaissant la culpabilité pénale du requérant. Si ce dernier soutient avoir fait appel le 4 janvier 2022 de ce jugement du 28 décembre 2021 et qu'une nouvelle convocation en audience est fixée le 22 mars 2022 devant la cour d'appel de Paris, il ne démontre pas par des éléments probants que cette cour aurait infirmé le jugement du tribunal judiciaire de Meaux. Par suite, la réalité de l'infraction du 5 décembre 2020 est établie conformément aux dispositions précitées de l'article L. 223-1 du code de la route. Il s'ensuit que le retrait de 6 points est légal.

En ce qui concerne la mention relative à la date de délivrance des catégories du permis de conduire de M. A :

5. Le requérant ne démontre pas en quoi la mention relative à la date de délivrance des catégories de permis de conduire de M. A serait constitutive d'un acte décisoire lui faisant grief. Par suite, cette mention, qui n'est pas constitutive d'une décision, est insusceptible de recours. Il s'ensuit que les conclusions à fin d'annulation d'un tel acte sont irrecevables.

6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation contenues dans la requête de M. A doivent être rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées ses conclusions à fin d'injonction ainsi que celles tendant au bénéfice de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.

Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.

Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.

Le magistrat désigné,

Signé : C. FreydefontLa greffière,

Signé : L. Darnal

La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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