mardi 11 juillet 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110931 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2021, 17 mars 2022 et 22 mars 2022, M. C A, représenté par Me Samson, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 6 août 2017, 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 27 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux, 30 octobre 2020, 27 novembre 2020 et 1er février 2021.
Il soutient que :
- son solde de point n'est pas nul, une erreur de calcul a été commise, d'une part, il a effectué un stage ouvrant droit à récupération de points et, d'autre part, il a droit à la restitution du point retiré suite à l'infraction commise le 1er juillet 2020 à Puteaux avec prise d'effet le 1er août 2021 en application de l'article L. 223-6 du code de la route ;
- l'obligation d'information prévue par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route a été méconnue ;
- la réalité de l'infraction du 27 avril 2020 n'est pas établie.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 15 septembre 2021, les mentions afférentes au stage de sensibilisation ont été rectifiées, le solde de points+ est alors redevenu positif, le ministre est donc réputé avoir retiré sa décision portant invalidation du permis de conduire du 15 septembre 2021 ;
- les mentions afférentes à l'infraction du 30 octobre 2020 ont été supprimées, les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait de points consécutive à cette infraction sont sans objet ;
- le point retiré suite à l'infraction du 7 juillet 2020 à Puteaux ne peut être restitué dès lors que le requérant a commis une infraction le 1er février 2021 entrainant un retrait de point ;
- les autres moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.
Par un mémoire enregistré le 22 mars 2022, M. A, représenté par Me Samson, déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI en date du 15 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2017, 1er février 2021 et 30 octobre 2020 et maintenir ses autres conclusions.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a commis les 6 août 2017, 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 27 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux, 30 octobre 2020, 27 novembre 2020 et 1er février 2021 différentes infractions au code de la route ayant entraîné des retraits de points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retrait de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande l'annulation de cette décision ainsi que des décisions de retrait de points mentionnées dans cette décision.
Sur le désistement :
2. Par son mémoire enregistré le 22 mars 2022, M. A se désiste de ses conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI en date du 15 septembre 2021 par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire et de ses conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2017, 1er février 2021 et 30 octobre 2020. Ce désistement est pur et simple. Rien ne s'oppose à ce qu'il en soit donné acte.
Sur les conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 27 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de réalité de l'infraction commise le 27 avril 2020 :
3. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
4. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 530 du même code : " Dans les trente jours de l'envoi de l'avis invitant le contrevenant à payer l'amende forfaitaire majorée, l'intéressé peut former auprès du ministère public une réclamation motivée qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire en ce qui concerne l'amende contestée. Cette réclamation reste recevable tant que la peine n'est pas prescrite, s'il ne résulte pas d'un acte d'exécution ou de tout autre moyen de preuve que l'intéressé a eu connaissance de l'amende forfaitaire majorée. S'il s'agit d'une contravention au code de la route, la réclamation n'est toutefois plus recevable à l'issue d'un délai de trois mois lorsque l'avis d'amende forfaitaire majorée est envoyé par lettre recommandée à l'adresse figurant sur le certificat d'immatriculation du véhicule, sauf si le contrevenant justifie qu'il a, avant l'expiration de ce délai, déclaré son changement d'adresse au service d'immatriculation des véhicules ; dans ce dernier cas, le contrevenant n'est redevable que d'une somme égale au montant de l'amende forfaitaire s'il s'en acquitte dans un délai de quarante-cinq jours, ce qui a pour effet d'annuler le titre exécutoire pour le montant de la majoration ".
5. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
6. Il résulte de l'instruction que M. A a effectué une réclamation relative à l'avis d'amende forfaitaire majorée afférent à l'infraction du 27 avril 2020 qui doit donner lieu à l'annulation de ce titre exécutoire. Dans ces conditions, la réalité de l'infraction du 27 avril 2020 n'est pas établie. Ce moyen doit donc être accueilli.
En ce qui concerne le défaut d'information préalable :
7. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
S'agissant de l'infraction commise le 27 avril 2020 :
8. Il résulte de l'instruction que M. A a produit au soutien de sa réclamation relative à l'infraction commise le 27 avril 2020 l'avis d'amende forfaitaire majorée afférent à cette infraction. Ce document comporte l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Dès lors le moyen tiré du défaut d'information préalable s'agissant de l'infraction commise le 27 avril 2020 doit être écarté.
S'agissant des infractions commises les 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 :
9. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. En outre, qu'avant même que ces mentions aient été rendues obligatoires par un arrêté du 13 mai 2011 introduisant dans le code de procédure pénale un article A. 37-28, le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelait la qualification de l'infraction au code de la route et précisait que l'émission de l'amende forfaitaire majorée pouvait entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende pouvait être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points faisaient l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis pouvait accéder à ces informations. Ces indications mettaient le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende, il serait procédé au retrait de points et portaient à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, ne démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
10. S'il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de M. A que les infractions des 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 ont été constatées par voie de radar automatique et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée, l'administration ne justifie toutefois pas que les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route aient été transmises à l'intéressé, faute pour le ministre d'apporter la preuve du paiement par le requérant des amendes forfaitaires majorées en cause et donc de la réception par lui de l'avis de contravention ou du titre exécutoire y afférent. En outre, le ministre de l'intérieur n'apporte pas la preuve que de telles informations ont été portées à la connaissance de M. A à l'occasion d'infractions similaires et antérieures à celles commises les 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020. Par suite, les décisions portant retrait de points à la suite des infractions des 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 doivent être regardées comme fondées sur une procédure irrégulière. Elles doivent être, pour ce motif, annulées.
11. Il résulte de tout ce qui précède que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions des 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 27 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 doivent être annulées.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de M. A de ses conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 15 septembre 2021 et de ses conclusions à fin d'annulation des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 6 août 2017, 30 octobre 2020 et 1er février 2021.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé à des retraits de points sur le permis de conduite de M. A suite aux infractions constatées les 23 janvier 2020, 5 février 2020, 7 avril 2020, 27 avril 2020, 7 juillet 2020 à Paris, 7 juillet 2020 à Puteaux et 27 novembre 2020 sont annulées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juillet 2023.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026