jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2110977 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 5ème chambre |
| Avocat requérant | LERAT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 29 novembre 2021, 22 avril 2022, 17 avril, 31 mai et 15 juillet 2024, Mme B C A, représentée par Me Lerat, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du maire de Thomery du 26 mai 2021 portant réduction de son obligation hebdomadaire de service, la délibération du conseil municipal de la commune du 30 mars 2021 portant " modification de la durée hebdomadaire d'un poste d'adjoint du patrimoine ", ensemble la décision par laquelle le maire de Thomery a implicitement rejeté son recours administratif formé contre ces décisions, et la décision par laquelle cette autorité a implicitement rejeté sa demande de protection fonctionnelle ;
2°) de condamner la commune de Thomery à lui payer la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices résultant des faits harcèlement moral et de discrimination qu'elle estime avoir subis dans le cadre de ses fonctions, et des carences de sa hiérarchie dans l'adaptation de ses conditions de travail pour assurer sa sécurité et sa santé ;
3°) d'enjoindre à la commune de Thomery de faire droit à sa demande de protection fonctionnelle et de prendre les mesures de protection à son égard, dans le délai de quinze jours à compter du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Thomery la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme C A soutient que :
En ce qui concerne l'arrêté du 26 mai 2021 :
- il est insuffisamment motivé ;
- il est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le maire de Thomery s'est cru lié par la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021 ;
- il constitue un détournement de pouvoir et de procédure ;
- il est révèle une discrimination à raison de son état de santé ;
- il constitue une sanction déguisée ;
- il est illégal par exception d'illégalité de la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021.
En ce qui concerne la délibération du conseil municipal du 30 mai 2021 :
- elle n'est pas motivée ;
- elle a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière, les membres du conseil municipal n'ayant pas disposé des éléments nécessaires pour se prononcer.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle :
- elle méconnaît les dispositions de l'article 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligation des fonctionnaires, dès lors que les faits de harcèlement moral et les attaques dont elle a été victime justifiaient l'octroi de la protection fonctionnelle.
En ce qui concerne sa demande indemnitaire :
- le harcèlement moral qu'elle estime avoir subi de la part de sa hiérarchie constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Thomery ;
- la discrimination à raison de son état de santé qu'elle estime avoir subie de la part de sa hiérarchie constitue une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Thomery ;
- les carences de la collectivité pour assurer sa sécurité et protéger sa santé sont constitutives de fautes de nature à engager la responsabilité de la commune de Thomery ;
- les fautes commises par la commune lui ont causé un préjudice moral devant être indemnisé à hauteur de la somme de 10 000 euros ;
- les fautes commises par la commune lui ont causé un préjudice résultant des troubles dans ses conditions d'existence devant être indemnisé à hauteur de la somme de 10 000 euros.
Par un mémoire en défense enregistré le 31 mai 2024, présenté par le cabinet DM-Avocats, agissant par Me Dokhan, la commune de Thomery, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme C A la somme de 1 000 euros, sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les conclusions à fin d'annulation de la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021 sont irrecevables en raison de leur tardiveté ;
- la requête ne comporte aucun moyen fondé.
Par une ordonnance du 24 juillet 2024, la clôture de l'instruction a été fixée, en dernier lieu, au 2 septembre 2024 à midi.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- la loi n° 2008-496 du 27 mai 2008 ;
- le décret n° 2001-623 du 12 juillet 2001 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Massengo, rapporteure,
- les conclusions de M. Gauthier-Ameil, rapporteur public,
- et les observations de Me Lerat, représentant la requérante, et celles de Me Dokhan, représentant la commune de Thomery.
Considérant ce qui suit :
1. Mme C A est affectée au sein de la commune de Thomery depuis le 1er mars 2009, où elle a d'abord été recrutée par contrat en qualité d'agent de bibliothèque puis titularisée le 1er mars 2023 au grade d'adjoint du patrimoine de deuxième pour occuper les mêmes fonctions. Le 30 mars 2021, le conseil municipal de Thomery a décidé de réduire l'obligation de service de l'emploi d'adjoint du patrimoine de une heure et vingt minutes à compter du 1er avril 2021. Par un arrêté du 26 mai 2021, le maire de Thomery a procédé à la réduction de la durée hebdomadaire de service de Mme C A, en la ramenant à douze heures et quarante minutes au lieu de quatorze heures. Par un courrier du 27 juillet 2021, l'intéressée a demandé à cette autorité le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison de faits de harcèlement moral et de discrimination qu'elle estimait avoir subis depuis l'été 2019, une indemnisation des préjudices résultant des fautes commises par la commune, et a contesté la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021 et l'arrêté du 26 mai 2021. Par la présente requête, l'intéressée demande l'annulation de cet arrêté et de la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021, ensemble la décision implicite de rejet de son recours administratif, et de la décision implicite de rejet de sa demande de protection fonctionnelle. Elle demande également la condamnation de la commune de Thomery à lui payer la somme de 20 000 euros en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.
Sur la fin de non-recevoir soulevée par la commune de Thomery :
2. Aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée ". Et aux termes de l'article L. 411-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision administrative peut faire l'objet, dans le délai imparti pour l'introduction d'un recours contentieux, d'un recours gracieux ou hiérarchique qui interrompt le cours de ce délai. /()/ ". De plus, aux termes de l'article L. 221-2 du même code : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. / Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues au premier alinéa, sauf à ce qu'il en soit disposé autrement par la loi, par l'acte réglementaire lui-même ou par un autre règlement ". Et aux termes de l'article L. 221-8 du même code : " Sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables, une décision individuelle expresse est opposable à la personne qui en fait l'objet au moment où elle est notifiée ".
3. Au cas particulier et contrairement à ce que soutient la requérante, la délibération du conseil municipal du 30 mars 2021, qui modifiait l'obligation de service hebdomadaire d'un emploi d'adjoint du patrimoine, ne peut être regardée comme un acte individuel devant faire l'objet d'une notification mais présente le caractère d'un acte réglementaire. Dès lors, le délai de recours de deux mois contre cette délibération a commencé à courir à compter du 9 avril 2024, date de sa publicité, non contestée par la requérante. Par suite et tout état de cause, les conclusions à fin d'annulation de cet acte réglementaire, présentées le 29 novembre 2021, sont tardives et la fin de non-recevoir opposée en défense doit, dès lors, être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne l'arrêté du 26 mai 2021 :
4. En premier lieu, Mme C A soutient que l'arrêté est illégal par exception d'illégalité de la délibération du conseil municipal de Thomery du 30 mars 2021 portant modification de la durée hebdomadaire d'un poste d'adjoint du patrimoine, qui est entachée d'un défaut de motivation et a été prise à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que les conseillers municipaux n'ont pas disposé des éléments nécessaires pour se prononcer.
5. Toutefois, si dans le cadre d'une contestation d'un acte réglementaire par voie d'exception, la légalité des règles fixées par l'acte réglementaire, la compétence de son auteur et l'existence d'un détournement de pouvoir peuvent être utilement critiquées, il n'en va pas de même des conditions d'édiction de cet acte, les vices de forme et de procédure dont il serait entaché ne pouvant être utilement invoqués que dans le cadre du recours pour excès de pouvoir dirigé contre l'acte réglementaire lui-même. Il s'ensuit que Mme C A ne peut utilement invoquer par voie d'exception le vice de forme tiré du défaut de motivation et le vice de procédure tiré du défaut d'information des conseillers municipaux, dont serait entachée la délibération du 30 mars 2021. Dès lors, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de cet acte est inopérant et doit être écarté.
6. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 2121-29 du code général des collectivités territoriales : " Le conseil municipal règle par ses délibérations les affaires de la commune () ". Aux termes de l'article L. 2122-21 du même code : " Sous le contrôle du conseil municipal et sous le contrôle administratif du représentant de l'Etat dans le département, le maire est chargé, d'une manière générale, d'exécuter les décisions du conseil municipal () ". Par ailleurs, aux termes de l'article 11 du décret du 12 juillet 2001 relatif à l'aménagement et à la réduction du temps de travail dans la fonction publique territoriale : " La durée hebdomadaire de service des agents territoriaux nommés dans des emplois permanents à temps non complet est fixée par l'organe délibérant de la collectivité () ". Ainsi, il résulte de ces dispositions qu'il appartient au conseil municipal de régler, par ses délibérations, l'organisation des services communaux et, notamment, de créer des emplois, de les supprimer et de fixer ou de modifier la durée hebdomadaire de service afférent à ces derniers et que le maire assure, par arrêté, l'exécution des délibérations du conseil municipal.
7. Il résulte des termes de l'arrêté du 26 mai 2021 portant réduction de la durée hebdomadaire de service de Mme C A a été pris par le maire de Thomery afin d'assurer l'exécution de la délibération du conseil municipal de la commune du 30 mars 2021. Ainsi, et comme le soutient d'ailleurs la requérante, le maire était en situation de compétence liée. Par suite, les moyens soulevés contre l'arrêté du 26 mai 2021, tirés de l'insuffisance de motivation, du détournement de pouvoir et de procédure, de son caractère discriminatoire et de ce qu'il constitue une sanction déguisée sont inopérants et doivent être écartés.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de la demande de protection fonctionnelle :
8. Aux termes des dispositions de l'article 11, alors applicable, de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, désormais codifiées aux articles L. 134-1 et suivants du code général de la fonction publique : " I.-A raison de ses fonctions et indépendamment des règles fixées par le code pénal et par les lois spéciales, le fonctionnaire ou, le cas échéant, l'ancien fonctionnaire bénéficie, dans les conditions prévues au présent article, d'une protection organisée par la collectivité publique qui l'emploie à la date des faits en cause ou des faits ayant été imputés de façon diffamatoire. / () IV.- La collectivité publique est tenue de protéger le fonctionnaire contre les atteintes volontaires à l'intégrité de la personne, les violences, les agissements constitutifs de harcèlement, les menaces, les injures, les diffamations ou les outrages dont il pourrait être victime sans qu'une faute personnelle puisse lui être imputée. Elle est tenue de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté ".
9. Mme C A soutient que le maire de Thomery était tenu de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle à raison des agissements de harcèlement moral et des attaques personnelles qu'elle a subis dans l'exercice de ses fonctions depuis l'année 2019.
10. Aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983, alors applicable, désormais codifiées à l'article L. 133-2 du code général de la fonction publique : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. / () ".
11. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile.
12. En premier lieu, Mme C A soutient que ses conditions de travail se sont détériorées à compter de l'état 2019, lorsqu'elle a été dû quitter ses fonctions au sein de la bibliothèque, fermée durant la période estivale, et a été affectée temporairement à l'hôtel de ville. Elle soutient que ses supérieurs hiérarchiques ont refusé de lui confier des tâches, qu'elle a d'ailleurs été sommée de rentrer chez elle en pleine journée faute de missions à accomplir, et que ses conditions de travail étaient incompatibles avec son état de santé. Toutefois, Mme C A n'apporte aucun élément permettant d'établir la nature de ses problèmes médicaux et ne produit aucune prescription médicale relative à des aménagements nécessaires de son poste de travail. En outre, les pièces produites relatives à sa prise de fonction temporaire au sein de l'hôtel de ville ne permettent aucunement de faire présumer l'existence de faits de harcèlement moral de la part de sa hiérarchie et n'établissent aucune attaque personnelle commises par les supérieurs de Mme C A.
13. En deuxième lieu, Mme C A soutient qu'à la suite de sa réaffectation au sein de la bibliothèque, les faits de harcèlement moral ont perduré, dès lors qu'elle a été placée sous l'autorité d'un agent sans expérience, qu'elle a subi des remarques désobligeantes, vexatoires, humiliantes et qu'elle s'est vu imposer une réduction injustifiée de son obligation hebdomadaire de service. Toutefois, si les pièces produites et les faits allégués permettent de révéler le sentiment de mal-être de la requérante et certaines incompréhensions qu'elle a pu ressentir à l'égard de son environnement de travail, elles ne permettent nullement, qu'ils soient considérés isolément ou dans leur ensemble, d'établir que sa collègue ou sa hiérarchie, dont les écrits révèlent au contraire des efforts d'adaptation et une attitude compréhensive et respectueuse à son égard, aurait commis des agissements susceptibles de faire présumer l'existence de harcèlement moral.
14. Il résulte de ce qui précède qu'en refusant implicitement à Mme C A le bénéfice de la protection fonctionnelle, l'autorité territoriale n'a pas méconnu les dispositions précitées des articles 6 quinquies et 11 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires.
Sur les conclusions indemnitaires :
15. En premier lieu, Mme C A recherche la responsabilité de la commune de Thomery sur le fondement de la faute à raison d'agissements de harcèlement moral qu'elle estime avoir subis depuis l'année 2019, ayant pour effet une dégradation de ses conditions de travail et une altération de sa santé psychique. Toutefois, il résulte des constations opérées aux points 12 et 13 qu'aucun des faits allégués par Mme C A ne permettent de faire présumer l'existence d'un harcèlement moral à son encontre. Par suite, la responsabilité pour faute de la commune de Thomery ne peut être engagée à raison de tels faits.
16. En deuxième lieu, Mme C A recherche également la responsabilité de la commune de Thomery sur le fondement de la faute constituée par la discrimination qu'elle a subie en raison de son état de santé.
17. Aux termes du deuxième alinéa de l'article 6 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires : " Aucune distinction, directe ou indirecte, ne peut être faite entre les fonctionnaires en raison () de leur état de santé () ". Et aux termes de l'article 4 de la loi du 27 mai 2008 portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine de la lutte contre les discriminations : " Toute personne qui s'estime victime d'une discrimination directe ou indirecte présente devant la juridiction compétente les faits qui permettent d'en présumer l'existence. Au vu de ces éléments, il appartient à la partie défenderesse de prouver que la mesure en cause est justifiée par des éléments objectifs étrangers à toute discrimination. () ".
18. Mme C A soutient que son changement temporaire d'affectation, ses conditions de travail durant l'été 2019 et la réduction de son obligation hebdomadaire de service sont constitutifs de discrimination à son encontre, à raison de son état de santé. Toutefois, ni les faits relatés, ni les pièces produites, dont aucune ne permet d'ailleurs de comprendre la nature précise de ses problèmes de santé, ne permettent de faire présumer l'existence d'une discrimination directe ou indirecte à son égard. La seule circonstance que la délibération du conseil municipal relative à la réduction de son obligation de service ait été prise alors qu'elle était en congé maladie n'est pas en soi suffisante pour faire présumer l'existence d'une telle discrimination. Par suite, la responsabilité pour faute de la commune de Thomery ne peut être engagée à raison de faits de discrimination.
19. En troisième lieu, Mme C A recherche la responsabilité de la commune de Thomery sur le fondement de la faute à raison des carences de l'administration dans l'adaptation de ses conditions de travail pour assurer sa sécurité et protéger sa santé. Il résulte de l'instruction que la commune de Thomery était informée de ce que l'intéressée bénéficiait du statut de travailleuse handicapée et de ce que son handicap nécessitait qu'elle ne soit pas seule à son poste de travail. Toutefois, il résulte également de l'instruction que les supérieurs hiérarchiques de Mme C A ont systématiquement pris ce besoin en compte, notamment en l'affectant temporairement à l'hôtel de ville durant la fermeture estivale de la bibliothèque en 2019, suite à la démission de sa collègue. L'intéressée ne produit aucune pièce médicale permettant d'établir que son handicap nécessitait d'autres aménagements de son poste de travail, ou que la collectivité aurait refusé de mettre en œuvre certaines préconisations du médecin de prévention la concernant. Par suite, la responsabilité pour faute de la commune de Thomery ne peut être engagée à raison de tels faits.
20. Il résulte de tout ce qui précède que Mme C A n'est pas fondée à demander réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis, résultant des fautes commises par la commune de Thomery.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
21. Le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation, n'implique aucune mesure d'exécution. Par suite, les conclusions susvisées doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Thomery, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que Mme C A demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En outre, il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme C A la somme que la commune de Thomery demande au même titre.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de la commune de Thomery sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B C A et à la commune de Thomery.
Délibéré après l'audience du 19 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Billandon, présidente,
Mme Massengo, conseillère,
Mme Bourrel Jalon, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 10 octobre 2024.
La rapporteure,
C. MASSENGOLa présidente,
I. BILLANDON
La greffière,
V. TAROT
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne, en ce qui le concerne, et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026