lundi 19 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2111624 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 9ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN & LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 15 décembre 2021, M. A C B, représenté par le cabinet Kirmen et Lefebvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48SI " du 8 octobre 2021 en tant que le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul ;
2°) d'annuler les décisions portant retrait de points consécutivement aux infractions commises les 21 septembre 2019, 6 mars 2020, 27 juillet 2020, 17 janvier 2021 et
8 février 2021 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire et de retirer sa décision référencée " 48SI " du 8 octobre 2021 ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les décisions portant retrait de points ne lui ont jamais été notifiées ; à la date du
8 octobre 2020, les différents de retrait de points ne lui étaient donc pas opposables ; il disposait donc d'un capital de douze points ;
- les amendes forfaitaires se rapportant aux infractions qui lui sont reprochées n'ayant pas été payées, elles ne peuvent légalement entraîner les pertes de points sur son permis de conduire ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 22-3 du code de la route.
Par mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête.
Il soutient que :
- les conclusions aux fins d'annulation de la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 21 septembre 2019 sont sans objet dès lors que le point retiré a été restitué à
M. B le 2 juin 2020 ;
- les autres moyens invoqués par M. B ne sont pas fondés.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision portant retrait d'un point consécutivement à l'infraction relevée le 21 septembre 2019 qui a été restitué à
M. B le 2 juin 2020, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête.
Par une ordonnance du 11 mars 2002, la clôture d'instruction a été fixée au 11 juillet 2022 à 12 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative
La présidente du tribunal a désigné Mme Bonneau-Mathelot, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience, en application des dispositions de l'article R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Au cours de l'audience publique, le rapport de Mme Bonneau-Mathelot a été entendu.
Considérant ce qui suit :
1. M. B a commis différentes infractions au code de la route les
21 septembre 2019, 6 mars 2020, 27 juillet 2020, 17 janvier 2021 et 8 février 2021 ayant entraîné la perte de quinze points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48SI " du
8 octobre 2021, le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retrait de points antérieurs, constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de point nul, lui a interdit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis. Par la présente requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision référencée " 48SI " du 8 octobre 2021 en tant que le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité de son permis de conduire ainsi que les décisions de retrait de points consécutives aux infractions commises les 21 septembre 2019, 6 mars 2020,
27 juillet 2020, 17 janvier 2021 et 8 février 2021.
Sur la recevabilité des conclusions dirigées contre la décision portant retrait de points consécutive à l'infraction du 21 septembre 2019 :
2. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, que le point retiré de son permis de conduire consécutivement à l'infraction commise le 21 septembre 2019 lui a été restitué le 2 juin 2020, soit avant l'introduction de sa requête. Ainsi, les conclusions de M. B tendant à l'annulation de la décision portant retrait d'un point consécutivement à cette infraction sont irrecevables et doivent, pour ce motif, être rejetées. Il en va de même, en tout état de cause, des conclusions aux fins d'injonction s'y rapportant.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur les décisions portant retrait de points consécutives aux infractions commises les 6 mars 2020, 27 juillet 2020, 17 janvier 2021 et 8 février 2021 :
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut de notification des décisions portant retrait de points :
3. Les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire, prévues par les dispositions de l'article L. 223-3 du code de la route, ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant la légalité de ces retraits. Cette notification a pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont il dispose pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. La circonstance que l'administration ne soit pas en mesure d'apporter la preuve que la notification des retraits successifs, effectuée par lettre simple, a bien été reçue par son destinataire, ne saurait lui interdire de constater que le permis a perdu sa validité, dès lors que la décision procédant au retrait des derniers points récapitule les retraits antérieurs et les rend ainsi opposables au conducteur. M. B ne saurait dès lors utilement se prévaloir de ce que divers retraits de points ne lui auraient pas été notifiés.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'établissement de la réalité des infractions :
4. Aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
5. Il résulte des articles 529, 529-1, 529-2 et du premier alinéa de l'article 530 du code de procédure pénale que, pour les infractions des quatre premières classes dont la liste est fixée par décret en Conseil d'État, le contrevenant peut soit acquitter une amende forfaitaire et éteindre ainsi l'action publique, soit présenter une requête en exonération. S'il s'abstient tant de payer l'amende forfaitaire que de présenter une requête, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée au profit du Trésor public en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public, lequel est exécuté suivant les règles prévues pour l'exécution des jugements de police.
6. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions que le mode d'enregistrement et de contrôle des informations relatives aux infractions au code de la route conduit à considérer que la réalité de l'infraction est établie dans les conditions prévues à l'article L. 223-1 du code de la route dès lors qu'est inscrite, dans le système national des permis de conduire, la mention du paiement de l'amende forfaitaire ou de l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, sauf si l'intéressé justifie avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la constatation de l'infraction ou de l'envoi de l'avis de contravention ou formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée.
S'agissant des infractions commises les 6 mars 2020 et 17 janvier 2021 :
7. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, qu'il a commis des infractions les 6 mars 2020 et 17 janvier 2021 relevées par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé. Eu égard à la mention " AF " figurant sur ce relevé, et en l'absence de tout élément avancé par l'intéressé de nature à mettre en doute son exactitude, il doit être tenu pour établi que le requérant s'est acquitté des amendes forfaitaires se rapportant à ces deux infractions. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité des infractions des 6 mars 2020 et
17 janvier 2021 est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
S'agissant des infractions commises les 27 juillet 2020 et 8 février 2021 :
8. Il résulte de l'instruction et, notamment, du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, que les infractions commises les 27 juillet 2020 et 8 février 2021 ont été relevées par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé et ont donné lieu à l'émission de titres exécutoires d'amende forfaitaire majorée. Il ne résulte pas de l'instruction, et il n'est d'ailleurs pas soutenu par le requérant, qu'il aurait formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées. Il suit de là que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve de la réalité de ces infractions dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
En ce qui concerne le moyen tiré du défaut d'information préalable :
9. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
S'agissant des infractions commises les 6 mars 2020 et 17 janvier 2021 :
10. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, qu'il a commis, les 6 mars 2020 et 17 janvier 2021, deux infractions, qui ont été relevées par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé, et qui ont donné lieu au paiement de l'amende forfaitaire ainsi que cela ressort de la mention " AF " figurant sur ce relevé. M. B a donc nécessairement reçu un avis de contravention rédigé selon un modèle type comportant toutes les informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. En outre, M. B n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées. Dans ces conditions, l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information.
S'agissant de l'infraction commise le 27 juillet 2020 :
11. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du
4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
12. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant un retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
13. Il résulte de l'instruction et notamment du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, que M. B a, le 27 juillet 2020, commis une infraction au code de la route, relevée par
procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé, et qui a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Le ministre de l'intérieur produit le procès-verbal électronique qui comporte l'ensemble des informations requises par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, en particulier le retrait de points à intervenir et les conséquences du paiement de l'amende. Il suit de là, alors même M. B aurait refusé de signer ce procès-verbal, que l'administration doit être regardée comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information.
S'agissant de l'infraction commise le 8 février 2021 :
14. Il résulte de l'instruction, et notamment du relevé d'information intégral extrait du permis de conduire de M. B, édité le 16 mars 2022, et produit par le ministre de l'intérieur, que l'infraction commise le 8 février 2021 a été constatée relevée par procès-verbal dématérialisé dressé au moyen d'un appareil électronique sécurisé et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire. Le ministre de l'intérieur, qui s'est borné à produire le
procès-verbal, signé uniquement par l'agent de police judiciaire, et qui ne comporte pas les mentions prévues aux articles L223-3 et R.223-3 du code de la route, n'apporte aucun élément de nature à établir qu'il se serait acquitté de l'obligation d'information. Dans ces conditions, M. B ne peut être regardé comme ayant été informé dans les conditions prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
15. Il résulte de ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision portant retrait de point consécutive à l'infraction commise le 8 février 2021.
Sur la décision référencée " 48SI " en tant que le ministre de l'intérieur a constaté la perte de validité du permis de conduire :
16. La décision du ministre de l'intérieur constatant l'invalidation du permis de conduire de M. B récapitule les décisions de retrait de points. En vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, le permis de conduire ne perd sa validité qu'en cas de solde de points nul. Par le présent jugement, il est procédé à l'annulation de la décision portant retrait de quatre points consécutivement à l'infraction constatée le 8 février 2021. Eu égard à cette annulation, le solde de points rattaché au permis de conduire de M. B est redevenu positif. Dès lors, la décision référencée " 48SI " doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
17. Eu égard au motif d'annulation retenu, le présent jugement implique, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital du permis de conduire de M. B et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, de lui restituer les points illégalement retirés de son permis de conduire à la suite de l'infraction relevée du 8 février 2021. Il y a lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur et des outre-mer d'y procéder dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
18. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État une somme de 800 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du ministre de l'intérieur portant retrait de points consécutive à l'infraction commise le 8 février 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer de restituer à M. B les points illégalement retirés à la suite de l'infraction du 8 février 2021, dans la limite du nombre maximum de points que peut comporter le capital de points de son permis de conduire et sous réserve de retraits de points éventuellement prononcés par ailleurs à raison d'infractions étrangères à la présente instance, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement.
Article 3 : L'État versera la somme de 800 (huit cents) euros à M. B au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus de la requête de M. B est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 février 2024.
La magistrate désignée,
S. BONNEAU-MATHELOT La greffière,
S. SCHILDER
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
N°2111624
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026