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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2112088

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2112088

mercredi 29 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2112088
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation3ème chambre
Avocat requérantSELARLU TG AVOCAT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I) Sous le n° 2111621, par une requête enregistrée le 14 décembre 2021, M. D A et Mme B C, représentés par Me Garbaa, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016 ;

2°) de constater leur demande de sursis de paiement en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la proposition de rectification n° 2120 du 8 février 2019 est insuffisamment motivée dès lors que l'administration s'est contentée d'y annexer un extrait de la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 adressée à l'EURL Concept Confort Habitat ;

- le fondement légal des distributions est imprécis;

- l'administration n'a démontré l'appréhension des distributions litigieuses, ni sur le fondement du 1°, ni sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts ;

- c'est à tort que le service a considéré que la somme de 34 750 euros avait été distribuée en 2016 ; elle aurait dû limiter cette somme à 30 197 euros, majorés de 1,25 ;

- c'est à tort que l'administration a rejeté les charges correspondant aux loyers versés en 2015 et 2016 pour la location du local situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine ;

- l'administration n'apporte pas la preuve du caractère fictif des factures émises par la société MGM.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A et Mme C ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2024.

II) Sous le n° 2112088, par une requête enregistrée le 29 décembre 2021, l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) Concept Confort Habitat, représentée par Me Garbaa, demande au tribunal :

1°) de prononcer la réduction, en droits et pénalités, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 mars 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2015 et 2016 ;

2°) de constater sa demande de sursis de paiement en application de l'article L. 277 du livre des procédures fiscales ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la proposition de rectification du 7 novembre 2018 est insuffisamment motivée dès lors que l'administration ne lui a pas communiqué l'intégralité de la procédure concernant la société MGM;

- l'administration a méconnu le secret professionnel et son devoir de loyauté ;

- l'administration n'apporte pas la preuve du caractère fictif des factures émises par la société MGM ; elle ne saurait être tenue pour responsable des erreurs de facturation commises par la société MGM ; c'est à tort que l'administration a considéré que la société MGM ne disposait pas des moyens matériels pour réaliser les prestations facturées ; ces prestations ont été payées par des virements dont le bénéficiaire était bien la société Concept Confort Habitat; le fait que l'administration ne lui ait pas appliqué l'amende de l'article 1737-I du code général des impôts démontre qu'elle ne disposait pas des éléments permettant de conclure à la fictivité des factures litigieuses ;

- c'est à tort que l'administration a rejeté les charges correspondant aux loyers versés en 2015 et 2016 pour la location du local situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine.

Par un mémoire en défense enregistré le 19 juillet 2022, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par l'EURL Concept Confort Habitat ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 7 octobre 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 7 novembre 2024.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Jean,

- les conclusions de M. Delmas, rapporteur public,

- et les observations de Me Garbaa, représentant M. A, Mme C et l'EURL Concept Confort Habitat.

Considérant ce qui suit :

1. L'EURL Concept Confort Habitat, dont M. A est le gérant et l'associé unique, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période allant du 1er janvier 2016 au 31 mars 2018 à l'issue de laquelle, par une proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018, elle s'est vu notifier des rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 mars 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des exercices clos en 2015 et 2016, selon la procédure de rectification contradictoire de l'article L. 55 du livre des procédures fiscales. Tirant les conséquences de la vérification de comptabilité de l'EURL Concept Confort Habitat, l'administration a, par deux propositions de rectification n° 2120 en date du 22 novembre 2018 et du 8 février 2019, notifié à M. A et Mme C, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre de l'année 2015, d'une part, et de l'année 2016, d'autre part, au titre de la réintégration dans leurs revenus imposables de sommes regardées comme distribuées à M. A sur le fondement de l'article 109 du code général des impôts.

2. Par la requête enregistrée sous le n° 2112088, l'EURL Concept Confort Habitat demande au tribunal la réduction des rappels de taxe sur la valeur ajoutée qui lui ont été notifiés au titre de la période allant du 1er janvier 2016 au 31 mars 2018 et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos les 31 décembre 2015 et 2016. Par la requête enregistrée sous le n° 2111621, M. A et Mme C demandent au tribunal la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles ils ont été assujettis au titre des années 2015 et 2016. Les requêtes enregistrées sous les nos 2111621 et 2112088 présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les conclusions à fin de décharge :

En ce qui concerne la régularité de la procédure d'imposition :

S'agissant de la requête n° 2112088 de l'EURL Concept Confort Habitat :

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation () ". Aux termes de l'article R. 57-1 du même livre : " La proposition de rectification prévue par l'article L. 57 fait connaître au contribuable la nature et les motifs du redressement envisagé. L'administration invite, en même temps, le contribuable à faire parvenir son acceptation ou ses observations dans un délai de trente jours à compter de la réception de la proposition () ". Il résulte de ces dispositions que l'administration doit indiquer au contribuable, dans la proposition de rectification, les motifs et le montant des rehaussements envisagés, leur fondement légal et la catégorie de revenus dans laquelle ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. En cas de motivation par référence, l'administration doit, en principe, annexer les documents auxquels elle se réfère dans la proposition de rectification ou en reprendre la teneur. En second lieu, aux termes de l'article L. 76 B de ce même livre : " L'administration est tenue d'informer le contribuable de la teneur et de l'origine des renseignements et documents obtenus de tiers sur lesquels elle s'est fondée pour établir l'imposition faisant l'objet de la proposition prévue au premier alinéa de l'article L. 57 ou de la notification prévue à l'article L. 76. Elle communique, avant la mise en recouvrement, une copie des documents susmentionnés au contribuable qui en fait la demande ".

4. L'EURL Concept Confort Habitat soutient que la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 est insuffisamment motivée dès lors que l'administration ne lui a pas communiqué, malgré ses demandes, l'intégralité de la procédure concernant la société MGM. Il résulte toutefois de l'instruction que la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018, adressée à l'EURL Concept Confort Habitat, explicite les motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, précise le montant des rehaussements envisagés, la catégorie de revenus dans lesquelles ils sont opérés, ainsi que les années d'imposition concernées. Elle détaille en particulier les raisons pour lesquelles les factures émises par la société MGM ont été considérées comme fictives et comporte en annexe la copie des passages de la proposition de rectification adressée à la société MGM étayant l'analyse du service. Il résulte par ailleurs de l'instruction qu'à la suite de la demande formulée par la requérante le 7 janvier 2019, l'administration lui a transmis la copie de l'ensemble des demandes effectuées et des réponses obtenues dans le cadre de l'exercice du droit de communication. Dans ces circonstances, alors que la société requérante a obtenu communication des documents utilisés par le service pour fonder les rectifications litigieuses, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la proposition de rectification doit être écarté.

5. En second lieu, l'EURL Concept Confort Habitat ne saurait utilement faire valoir qu'en mentionnant dans la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 une liste de clients de la société MGM étrangères au litige, l'administration aurait méconnu le secret professionnel. Elle ne saurait davantage utilement soutenir qu'en faisant référence, dans l'avis de la commission départementale des impôts, à une société non concernée par le litige et qu'en utilisant une adresse mail erronée pour l'envoi d'une convocation, l'administration aurait méconnu à son encontre un " principe de loyauté " ou porté atteinte à son image au sein de son secteur d'activité.

S'agissant de la requête n° 2111621 de M. A et Mme C :

6. En premier lieu, M. A et Mme C soutiennent que la proposition de rectification n° 2120 du 8 février 2019 est insuffisamment motivée dès lors que l'administration s'est contentée d'y annexer un extrait de la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 adressée à l'EURL Concept Confort Habitat. Il résulte toutefois de l'instruction que la proposition de rectification n° 2120 du 8 février 2019, adressée à M. A, explicite les motifs de droit et de fait sur lesquels elle se fonde, précise le montant des rehaussements envisagés, la catégorie de revenus dans lesquelles ils sont opérés, ainsi que l'année d'imposition concernée et comporte en annexe la copie des extraits pertinents de la proposition de rectification adressée à l'EURL Concept Confort Habitat le 7 novembre 2018. Elle est, dès lors, suffisamment motivée.

7. En second lieu, si les requérants soutiennent que la base légale des distributions litigieuses est imprécise, il résulte des mentions des propositions de rectification n° 2120 du 22 novembre 2018 et du 8 février 2019 que la première vise le 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts, tandis que la seconde vise le 1° du 1 de l'article 109 du même code.

En ce qui concerne le bien-fondé des impositions :

S'agissant de la requête n° 2112088 de l'EURL Concept Confort Habitat :

8. En premier lieu, en vertu des dispositions combinées des articles 271, 272 et 283 du code général des impôts et de l'article 230 de l'annexe II à ce code, un contribuable n'est pas en droit de déduire de la taxe sur la valeur ajoutée dont il est redevable à raison de ses propres opérations la taxe mentionnée sur une facture établie à son nom par une personne qui ne lui a fourni aucun bien ou aucune prestation de services. Dans le cas où l'auteur de la facture était régulièrement inscrit au registre du commerce et des sociétés et assujetti à la taxe sur la valeur ajoutée, il appartient à l'administration, si elle entend refuser à celui qui a reçu la facture le droit de déduire la taxe qui y était mentionnée, d'établir qu'il s'agit d'une facture fictive ou d'une facture de complaisance. Si l'administration apporte des éléments suffisants permettant de penser que la facture ne correspond pas à une opération réelle, il appartient alors au contribuable d'apporter toutes justifications utiles sur la réalité de cette opération.

9. Il résulte de la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 que le service a comparé les factures émises en 2016 à l'encontre de l'EURL Concept Confort Habitat par la société MGM, obtenues dans le cadre de la vérification de comptabilité de cette dernière, aux factures transmises par l'EURL Concept Confort Habitat en réponse au droit de communication du 30 janvier 2017 et à celles présentées par l'EURL Concept Confort Habitat lors du contrôle. Compte tenu des incohérences constatées, en particulier de l'existence de trois jeux de factures différents, et de l'absence de justificatifs, le service qui avait par ailleurs constaté que la société MGM ne disposait pas des moyens nécessaires pour réaliser les prestations facturées, a considéré que les factures en cause présentaient un caractère fictif, justifiant un rappel de la taxe sur la valeur ajoutée déductible y afférente et des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés résultant de la remise en cause des charges correspondantes.

10. La requérante soutient qu'elle ne saurait être tenue pour responsable des erreurs de facturation commises par la société MGM et que c'est à tort que le service a considéré que la société MGM ne disposait pas des moyens matériels pour réaliser les prestations facturées, en l'occurrence, la fourniture de fichiers clients, ces prestations ayant d'ailleurs été réglées par des virements dont le bénéficiaire était la société MGM. Elle fait également valoir que le fait que l'administration ne lui ait pas appliqué l'amende de l'article 1737-I du code général des impôts démontre qu'elle ne disposait pas des éléments permettant de conclure à la fictivité des factures litigieuses.

11. Il résulte toutefois de l'instruction et en particulier de la proposition de rectification adressée à la société MGM que celle-ci ne disposait d'aucun salarié, ne faisait appel à aucun sous-traitant et n'a présenté ni acquitté de facture de fournisseurs français alors qu'elle a établi des factures pour la réalisation de chantiers, de travaux de peinture ou de mise en conformité de réseaux électriques, pour la vente de matériaux de construction, la réalisation d'opérations publicitaires et des commissions sur dossier. Malgré les demandes de l'administration, la société Concept Confort Habitat n'a fourni, pour justifier de la réalité des prestations facturées par la société MGM, qu'un seul échange de courriels relatif à la facturation et au niveau des commissions. Elle n'a produit aucun contrat, ni document ou fichier émanant de la société MGM. Il résulte par ailleurs de l'instruction que les travaux effectués chez l'un des clients prétendument apportés à l'EURL Concept Confort Habitat par la société MGM ont été facturés à ce client avant même la date de création de la société MGM. Dans ces conditions, quand bien même la société MGM aurait effectivement été la bénéficiaire des virements effectués par l'EURL Concept Confort Habitat, la réalité des prestations facturées par la société MGM n'est pas établie. Il résulte de ce qui précède que l'administration établit que la requérante ne pouvait pas bénéficier d'un droit à déduction de la taxe sur la valeur ajoutée figurant sur les factures en litige, ni de la déductibilité des charges, la circonstance que la pénalité prévue par les dispositions du 2. du I. de l'article 1737 du code général des impôts n'ait pas été appliquée étant sans incidence sur le bien-fondé des impositions en litige.

12. En second lieu, aux termes de l'article 38 du code général des impôts : " 1. () le bénéfice imposable est le bénéfice net, déterminé d'après les résultats d'ensemble des opérations de toute nature effectuées par les entreprises () ". Selon l'article 39 du même code : " Le bénéfice net est établi sous déduction de toutes charges, celles-ci comprenant, () notamment : / 1° Les frais généraux de toute nature () ". Pour être admises en déduction du résultat imposable, les charges doivent être exposées dans l'intérêt direct de l'exploitation ou se rattacher à la gestion normale de l'entreprise et être appuyées de justifications suffisantes.

13. Il résulte de la proposition de rectification n° 3924 du 7 novembre 2018 que le service a refusé d'admettre en déduction des charges pour un montant de 11 000 euros en 2015 et de 6 000 euros en 2016, correspondant à des loyers versés pour la location d'un bien immobilier situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine, au motif qu'il s'agissait des loyers personnels du gérant, les loyers des locaux professionnels étant par ailleurs déduits en comptabilité. En se bornant à produire les attestations, au demeurant non datées, d'un salarié affirmant que le gérant recevait ses commerciaux et archivait les documents de la société " chez lui " et d'un sous-traitant indiquant qu'il lui arrivait de le rencontrer " à son domicile ", la société requérante n'établit pas l'utilisation professionnelle du domicile de son gérant. Par conséquent, en l'absence d'élément établissant que ces loyers ont été versés dans l'intérêt de l'entreprise, la société requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que l'administration fiscale a considéré que ceux-ci ne pouvaient être admis en déduction du résultat imposable.

S'agissant de la requête n° 2111621 de M. A et Mme C :

14. En premier lieu, si les requérants contestent pour, les mêmes motifs que ceux avancés par l'EURL Concept Confort Habitat, le rejet des charges correspondant, d'une part, aux prestations facturées par la société MGM et, d'autre part, aux loyers versés pour la location du bien situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que c'est à bon droit que l'administration fiscale a considéré que ces charges ne pouvaient être admises en déduction du résultat imposable.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / () 2° Toutes les sommes ou valeurs mises à la disposition des associés, actionnaires ou porteurs de parts et non prélevées sur les bénéfices () ".

16. Il résulte des mentions de la proposition de rectification n° 2120 du 22 novembre 2018 relative à l'année 2015 que l'administration a considéré que la somme de 10 000 euros correspondant aux loyers versés pour la location d'un bien immobilier situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine constituait un revenu distribué entre les mains de M. A sur le fondement du 2° du 1 de l'article 109 du code général des impôts. Si les requérants soutiennent que l'appréhension de cette somme par M. A n'est pas établie, dès lors notamment que le versement des loyers a été effectué au profit du bailleur de l'appartement, il résulte de ce qui a été dit au point 13 que l'EURL Concept Confort Habitat a pris en charge les loyers personnels de M. A, de sorte que l'appréhension des sommes en cause par ce dernier est établie.

17. En troisième lieu, aux termes de l'article 109 du code général des impôts : " 1. Sont considérés comme revenus distribués : / 1° Tous les bénéfices ou produits qui ne sont pas mis en réserve ou incorporés au capital () ". Aux termes de l'article 110 du même code : " Pour l'application de l'article 109-1-1°, les bénéfices s'entendent de ceux qui ont été retenus pour l'assiette de l'impôt sur les sociétés ". En cas de refus des propositions de rectifications par le contribuable qu'elle entend imposer comme bénéficiaire de sommes regardées comme distribuées, il incombe à l'administration d'apporter la preuve que celui-ci en a effectivement disposé. Toutefois, le contribuable qui, disposant seul des pouvoirs les plus étendus au sein de la société, est en mesure d'user sans contrôle de ses biens comme de biens qui lui sont propres et doit ainsi être regardé comme le seul maître de l'affaire, est présumé avoir appréhendé les distributions effectuées par la société qu'il contrôle.

18. Il résulte des mentions de la proposition de rectification n° 2120 du 8 février 2019 relative à l'année 2016 que l'administration a considéré que constituaient des revenus distribués sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts le bénéfice rectifié résultant du rejet des charges correspondant, d'une part, à hauteur de la somme de 6 000 euros, aux loyers versés pour la location du bien immobilier situé au 49 avenue Jean Jaurès à Vitry-sur-Seine et, d'autre part, à hauteur de 28 750 euros hors taxe, aux prestations facturées par la société MGM et regardées comme fictives. Si les requérants soutiennent ne pas avoir appréhendé les sommes en litige, ils ne contestent pas que M. A avait la qualité de seul maître de l'affaire, laquelle se déduit au demeurant des circonstances que l'intéressé était le gérant et l'associé unique de l'EURL Concept Confort Habitat et le détenteur de la signature bancaire sur les compte de la société. Dans ces circonstances, l'administration doit être regardée comme établissant que les sommes en litige ont été appréhendées par M. A et constituent des revenus distribués à son profit. C'est dès lors à bon droit qu'elle a réintégré lesdites sommes au revenu imposable de M. A et Mme C au titre de l'année 2016 et les a imposées à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers.

19. En dernier lieu, les requérants soutiennent que, dès lors que le montant du rehaussement global de l'EURL Concept Confort Habitat pour 2016 s'élève à 30 197 euros, l'administration ne pouvait valablement considérer qu'une somme supérieure leur avait été distribuée, en l'occurrence 34 750 euros, avant la majoration de 1,25. Il résulte de l'instruction que le service, ayant constaté que le déficit reportable de l'année 2015 d'un montant de 4 553 euros au titre de l'exercice 2015 avait été imputé à tort sur l'exercice 2017, au lieu de 2016, a procédé aux rectifications correspondantes et a imputé ce déficit sur le résultat de 2016. Une telle circonstance est toutefois sans incidence sur le montant des revenus regardés comme distribués à M. A au titre de l'année 2016 sur le fondement du 1° du 1 de l'article 109 du code général des impôts.

20. Il résulte de tout ce qui précède que l'EURL Concept Confort Habitat et M. A et Mme C ne sont pas fondés à demander la décharge des impositions en litige.

Sur la demande de sursis de paiement :

21. Le présent jugement se prononce sur le fond de l'affaire. Les conclusions des requêtes de l'EURL Concept Confort Habitat et de M. A et Mme C tendant au sursis de paiement des impositions contestées se trouvent donc privées d'objet.

Sur les frais liés au litige :

22. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que l'Etat, qui n'a pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, verse à l'EURL Concept Confort Habitat et à M. A et Mme C les sommes que ceux-ci réclament au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2112088 de l'EURL Concept Confort Habitat et n° 2111621 de M. A et Mme C sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée Concept Confort Habitat, à M. D A et Mme B C et à la directrice départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 15 janvier 2025, à laquelle siégeaient :

M. Le Broussois, président,

M. Meyrignac, premier conseiller,

Mme Jean, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 janvier 2025.

La rapporteure,

A. JeanLe président,

N. Le Broussois

La greffière,

L. Darnal

La République mande et ordonne à la ministre chargée des comptes publics en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N° 2111621, 2112088

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