vendredi 21 avril 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2112136 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | HERMAN HAROLD |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 31 décembre 2021, M. A E et M. B E représentés par Me Herman, demandent au tribunal :
1°) de condamner l'État à leur verser une somme de 11 330 euros, en réparation du manque à gagner résultant du refus du préfet du Val-de-Marne d'apporter le concours de la force publique pour l'exécution d'une décision de justice, augmentée de 2 347,34 euros au titre des intérêts dus au 31 décembre 2021 ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- Mme F E et son fils A E ont conclu un bail avec M. D et Mme G pour un bien à usage d'habitation situé à Gentilly ;
- par une ordonnance du 4 novembre 2010, le tribunal d'instance de Villejuif a constaté l'acquisition de la clause résolutoire et a ordonné le départ de M. D et Mme G, et autorisé à cette fin leur expulsion avec, au besoin, le concours de la force publique ;
- un commandement de quitter les lieux a été émis, toutefois Mme G s'est maintenue, avec ses enfants, dans les lieux ;
- le concours de la force publique a été requis le 16 avril 2013 et n'a été accordé, après saisine du tribunal administratif, que le 10 juillet 2015 ;
- saisi d'une demande en ce sens, le préfet du Val-de-Marne a indemnisé les préjudices résultant du retard dans l'octroi du concours de la force publique pour la période allant du 16 juin 2013 au 31 août 2014 ;
- les requérants ont sollicité l'indemnisation des préjudices subis entre le 1er septembre 2014 et le 10 juillet 2015 ;
- dans le cadre d'un référé provision, le tribunal administratif de Melun a octroyé une provision de 1 397,19 euros au titre de la perte des charges locatives et de 600 euros au titre du préjudice moral, mais n'a pas indemnisé le préjudice relatif au manque à gagner ;
- le retard dans l'octroi du concours de la force publique a causé un manque à gagner correspondant à la valeur locative réelle de l'appartement, laquelle s'évalue en comparaison avec des logements semblables à 1 100 euros par mois, le préjudice s'élève donc pour la période du 1er septembre 2014 au 10 juillet 2015 à 11 300 euros ;
- ils ont droit aux intérêts moratoires à compter du 21 mars 2016, date d'enregistrement de la requête en référé provision, ce qui porte au 31 décembre 2016 ces intérêts à la somme de 2 347,34 euros.
La requête a été communiquée le 10 février 2022 à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- la loi n° 91-650 du 9 juillet 1991 portant réforme des procédures civiles d'exécution ;
- le décret n° 92-755 du 31 juillet 1992 instituant de nouvelles règles relatives aux procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A E et Mme F E ont donné à bail à Mme G et son ancien époux, un appartement à usage d'habitation situé 18 rue Lefebvre à Gentilly. Par une ordonnance de référé du 4 novembre 2010, le tribunal d'instance de Villejuif a ordonné l'expulsion des locataires. Mme G, qui a divorcé en 2011, s'est maintenue irrégulièrement sur les lieux avec ses deux enfants mineurs. Un commandement de quitter les lieux a été établi par acte d'huissier le 7 février 2013. Le concours de la force publique a été requis le 16 avril 2013 et n'a été octroyé que le 10 juillet 2015. Par la présente instance M. A E et M. B E, ayant droit de Mme F E, demandent l'indemnisation du manque à gagner subi entre le 1er septembre 2014 et le 10 juillet 2015 résultant du retard dans l'octroi du concours de la force publique.
Sur la responsabilité de l'État :
2. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'État est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'État de prêter son concours ouvre droit à réparation ".
3. Il résulte de l'instruction que le concours de la force publique a été sollicité 16 avril 2016 en vue de l'exécution de l'ordonnance du 4 novembre 2010 du tribunal d'instance de Villejuif. Le concours de la force publique a effectivement été accordé le 10 juillet 2015. Par suite, compte tenu du délai normal de deux mois dont dispose l'administration pour exercer son action, la responsabilité de l'État s'est trouvée engagée à compter du 16 juin 2013 et jusqu'au 10 juillet 2015, date de libération des lieux.
Sur le préjudice :
4. Les requérants, qui ont été indemnisés au titre de la perte des loyers et charges par un jugement n° 1602549 du 17 novembre 2017, dont il leur appartient, le cas échéant, d'obtenir l'exécution, sollicitent au titre du manque à gagner correspondant à la valeur locative réelle de l'appartement pendant la période allant du 1er septembre 2014 au 10 juillet 2015, la condamnation de l'État au paiement d'une indemnité de 11 330 euros. Toutefois, si les requérants estiment qu'ils auraient pu louer le bien pour un montant de 1 100 euros par mois, la production d'annonces immobilières relatives à d'autres biens présentés comme similaires et du bail signé en juin 2016 pour le bien des consorts E indiquant un loyer de 1 100 euros ne permettent pas d'établir l'existence d'un préjudice relatif à un manque à gagner distinct de la perte de l'indemnité d'occupation due par l'occupante pendant la période de responsabilité de l'État et dont le montant a été fixé par l'ordonnance du tribunal d'instance de Villejuif du 4 novembre 2010. Dès lors, il n'y a pas lieu d'indemniser ce chef de préjudice allégué.
5. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions indemnitaires des requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme que demandent les consorts E au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des consorts E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E, à M. B E et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 avril 2023.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
V. GUILLEMARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026