lundi 7 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200020 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 15ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 3 janvier 2022 sous le n° 2200020, M. A C B, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision du ministre de l'Intérieur référencée 48 SI notifiée le 12 novembre 2021 ayant prononcée l'invalidation de son permis de conduire ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 19 octobre 2020 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 24 septembre 2020 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 24 octobre 2019 à 16 heures 40 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 24 octobre 2019 à 16 heures 39 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 10 juin 2019 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 23 juin 2019 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 22 juin 2018 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 14 avril 2018 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 25 octobre 2017 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 3 mai 2016 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 27 mars 2016 ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
M. B soutient que :
- les décisions litigieuses violent les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route en ce qu'il conteste avoir reçu les informations prévues par ces dispositions la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document 48 SI querellé ;
- il conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision 48 SI querellée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 mars 2022, le ministre de l'Intérieur conclut à titre principal au non-lieu à statuer partiel en ce qui concerne les retraits de points consécutifs aux infractions relevées les 22 juin 2018 et 25 octobre 2017 et au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir que :
- les points retirés suite aux infractions relevées les 22 juin 2018 et 25 octobre 2017 ont été restitués au requérant les 16 avril 2019 et 8 juin 2018 ;
- les différents moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Van Daele, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 23 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsRIIRestitutionRemarques19-10-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAR courrier AFM24-09-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMAR courrier AFM24-10-2019 16h40TéléphonePVE-3AF24-10-2019
16h39Circulation à gauchePVE-3AF10-06-2019V ( 20 km/hCNT-CSA-1AF23-06-2019Stat. dangereuxPVE-3AF22-06-2018V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI le 16-04-2019Irrecevable14-04-2018Stat. dangereuxPVE-3AF25-10-2017V ( 20 km/hCNT-CSA-1AFOUI le 08-06-2018Irrecevable03-05-2016V ( 20 km/hCNT-CSA-1AFOUI le 11-12-2016Irrecevable27-03-2016V ( 20 km/hCNT-CSA-1AFTOTAL-19+3
1. Il résulte de l'instruction que M. A C B, né le 9 mars 1966, s'est vu successivement retirer 1, 1, 3, 3, 1, 3, 1, 3, 1, 1 et 1 points (soit 19 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 19 octobre 2020, 24 septembre 2020, 24 octobre 2019 à 16 heures 40, 24 octobre 2019 à 16 heures 39, 10 juin 2019, 23 juin 2019, 22 juin 2018, 14 avril 2018, 25 octobre 2017, 3 mai 2016 et 27 mars 2016. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 17 septembre 2021, constaté qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, M. B demande l'annulation des 11 décisions de retrait de points et de la décision " 48 SI " du 17 septembre 2021 notifiée le 12 novembre suivant.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il résulte du relevé d'information intégral (R2I) relatif à la situation du requérant au 15 mars 2022 et produit par le ministre de l'Intérieur en défense que les 3 points retirés suite aux infractions commises les 22 juin 2018, 25 octobre 2017 et 3 mai 2016 ont été restitués respectivement les 16 avril 2019, 8 juin 2018 et 11 décembre 2016, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Ces 3 décisions doivent donc être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées comme irrecevables.
3. Restent en litige les décisions de retraits de 16 points consécutives aux 8 infractions commises les 19 octobre 2020, 24 septembre 2020, 24 octobre 2019 à 16 heures 40, 24 octobre 2019 à 16 heures 39, 10 juin 2019, 23 juin 2019, 14 avril 2018 et 27 mars 2016.
4. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. B est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
5. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive " ; qu'aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;
6. Il résulte des dispositions précitées que, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. D'autre part, en application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
S'agissant des 6 infractions commises les 24 octobre 2019 à 16 heures 40, 24 octobre 2019 à 16 heures 39, 10 juin 2019, 23 juin 2019, 14 avril 2018 et 27 mars 2016 :
7. Primo, M. B conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document 48 SI querellé. Toutefois, s'agissant des 6 infractions commises les 24 octobre 2019 à 16 heures 40, 24 octobre 2019 à 16 heures 39, 10 juin 2019, 23 juin 2019, 14 avril 2018 et 27 mars 2016, il ressort de la mention " AF " figurant au R2I du requérant que les amendes forfaitaires correspondant à ces 6 infractions ont été acquittées par le requérant. Ainsi, celui-ci a nécessairement reçu les courriers du ministre de l'Intérieur l'invitant à s'acquitter de ces paiements, courriers qui comportent l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée, dans les circonstances de l'espèce, et alors que le requérant n'établit pas, à défaut de produire les documents qui lui ont été remis, que ceux-ci ne comportaient pas l'ensemble des informations exigées, comme ayant apporté la preuve qu'elle a satisfait à l'obligation d'information.
8. Secundo, M. B conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision 48 SI querellée. Toutefois, s'agissant des 6 infractions commises les 24 octobre 2019 à 16 heures 40, 24 octobre 2019 à 16 heures 39, 10 juin 2019, 23 juin 2019, 14 avril 2018 et 27 mars 2016, elles ont fait l'objet d'un règlement au stade de l'amende forfaitaire ainsi qu'il a été dit au point précédent. Or, le requérant ne soutient ni n'établit avoir présenté une requête en exonération dans les quarante-cinq jours de la réception de l'avis de contravention. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité desdites infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
S'agissant des 2 infractions commises 19 octobre 2020 et 24 septembre 2020 :
9. Primo, il résulte du R2I afférent à son permis de conduire du requérant produit par le ministre en défense que les 2 infractions des 19 octobre 2020 et 24 septembre 2020 constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique puis télétransmises au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA), ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Par suite, un avis de contravention puis un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route ont été adressés automatiquement au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation, soit en l'espèce M. B. La preuve de l'envoi de ces courriers est rapportée par le ministre qui produit en défense l'avis d'amende forfaitaire majorée distribué respectivement le 21 mai 2021 pour l'infraction du 19 octobre 2020 et le 19 mai 2021 pour l'infraction du 24 septembre 2020. Ces courriers ont bien été présentés au domicile du requérant mais celui-ci s'est abstenu de les réclamer. Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable aux retraits de points sera écarté comme infondé.
10. Secundo, le requérant ne soutient ni n'établit avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires des amendes forfaitaires majorées afférentes aux infractions des 19 octobre 2020 et 24 septembre 2020. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité desdites infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
11. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, seront également rejetées les conclusions à fin d'injonction.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A C B et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 23 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 7 octobre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026