LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2200465

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2200465

vendredi 19 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2200465
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
Formation4ème chambre
Avocat requérantSELARL PAREYDT-GOHON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés le 17 janvier 2022 et le 18 janvier 2023, M. A D et Mme C B, représentés par Me Serot, demandent au tribunal :

1°) de condamner la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry à leur verser la somme de 173 739 euros en réparation des préjudices subis en raison de l'illégalité des refus de permis de construire intervenus le 21 août 2020, 26 août 2020 et 17 décembre 2020 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry la somme de 3 000 euros à leur verser en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- la responsabilité de la commune doit être engagée pour faute en raison de l'illégalité des refus de permis de construire ;

- cette faute a causé un préjudice financier à M. D, évalué à hauteur de 14 225 euros ;

- cette faute a causé un préjudice financier à Mme B, évalué à hauteur de 14 062 euros ;

- ils ont subi un préjudice de fait de la perte de valeur vénale des trois lots non bâtis estimé à hauteur de 135 452 euros ;

- ils ont subi un préjudice moral qu'ils évaluent à hauteur de 5 000 euros chacun.

Par trois mémoires en défense, enregistrés le 9 septembre 2022, le 23 septembre 2022 et le 4 avril 2023, la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry, représentée par Me Pareydt, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge des requérants en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- elle n'a commis aucune faute de nature à engager sa responsabilité ;

- en tout état de cause, aucun lien de causalité n'est démontré ;

- les préjudices ne se sont pas justifiés dans leur principe et dans leur chiffrage.

Par une lettre du 1er juin 2023, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à une audience et que l'instruction pourrait être close à partir du 30 juin 2023 sans information préalable.

Une ordonnance de clôture immédiate de l'instruction a été prise le 20 février 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Senichault de Izaguirre, conseillère,

- les conclusions de Mme Morisset, rapporteure publique,

- les observations de Me Monin, représentant de la commune.

Considérant ce qui suit :

1. M. D et Mme B sont propriétaires d'un terrain bâti situé 71 chemin des Roches sur la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry cadastré BD n°144. Le 18 novembre 2019, ils ont conclu une promesse unilatérale de vente avec la SAS ENTIS IMMO assortie de conditions suspensives. Conformément à celles-ci, le futur acquéreur a déposé une demande de déclaration préalable le 29 janvier 2020 pour diviser le terrain en trois lots à bâtir et en un lot bâti qui a fait l'objet d'un arrêté de non opposition délivré le 2 mars 2020. Le 10 et le 11 mai 2020, de fortes précipitations se sont abattues sur la commune générant des inondations et coulées de boues. Les futurs acquéreurs des trois lots à bâtir, A, C et D, ont déposé des demandes de permis de construire pour la construction de trois maisons individuelles sur ces parcelles, le 25 juin 2020, le 3 juillet 2020 et le 19 octobre 2020. Ces demandes ont été refusées par des arrêtés en date du 21 août 2020, du 26 août 2020 et du 17 décembre 2020. M. D a saisi la commune d'un recours préalable indemnitaire le 9 septembre 2021 afin d'être indemnisé des préjudices nés des refus opposés par la commune aux demandes de permis déposées par les futurs acquéreurs. Ce recours a fait l'objet d'un rejet par la commune le 18 novembre 2021. Par la présente instance, M. D et Mme B sollicitent la condamnation de la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry à leur verser la somme de 173 739 euros en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

3. En vertu de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

4. Il appartient à l'autorité d'urbanisme compétente et au juge de l'excès de pouvoir, pour apprécier si les risques d'atteintes à la salubrité ou à la sécurité publique justifient un refus de permis de construire sur le fondement de ces dispositions, de tenir compte tant de la probabilité de réalisation de ces risques que de la gravité de leurs conséquences, s'ils se réalisent.

5. Il ressort des pièces du dossier que la commune a été saisie de trois demandes de permis de construire une maison individuelle le 25 juin 2020 sur le lot A de la parcelle, le 3 juillet 2020 sur le lot D de la parcelle et le 19 octobre 2020 sur le lot C de la parcelle, qui ont été rejetées par trois arrêtés en date du 21 août 2020, du 26 août 2020 et du 17 décembre 2020. La commune de Saint-Fargeau-Ponthierry, pour justifier ces refus, s'est fondée, au visa de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, sur le fait que le 10 et le 11 mai 2020, une inondation importante de la parcelle a eu lieu à la suite de fortes précipitations qui se sont abattues sur la commune, qui a depuis été reconnue en état de catastrophe naturelle par un arrêté du 21 juin 2021, que cet évènement pouvait se reproduire tant qu'un aménagement permettant de contenir les eaux de ruissèlement de la parcelle n'était pas réalisé et qu'aucune prescription permettant de remédier aux risques d'inondations sans modifier le projet dans ses aspects essentiels n'était possible. Par ailleurs, elle s'est également appuyée, pour refuser les permis de construire, sur trois avis du service eau potable de la communauté d'agglomération Melun-Val-de-Seine en date des 23 juillet 2020, 12 août 2020 et 3 décembre 2020 indiquant que le réseau d'eau potable ne sera plus à même de garantir la continuité de service au-delà d'une construction. Enfin, les arrêtés du 21 août 2020 et du 26 août 2020 visent deux avis favorables avec prescriptions du service assainissement de la communauté d'agglomération et l'arrêté du 17 décembre 2020 vise un avis défavorable du même service pris le 3 décembre 2020 indiquant que les réseaux publics d'eaux usées et d'eaux pluviales ne desservent pas le chemin des Roches et que des problématiques de ruissellement d'eaux pluviales pouvant entrainer des inondations chez les riverains ont été signalées. Ainsi, et au regard de l'ensemble de ces circonstances, la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry pouvait légalement refuser les demandes de permis de construire sollicitées par les futurs acquéreurs des parcelles.

6. Il résulte de tout ce qui précède qu'en l'absence d'illégalité fautive des arrêtés du maire de Saint-Fargeau-Ponthierry portant refus de permis de construire en date des 21 août 2020, 26 août 2020 et 17 décembre 2020, la responsabilité de la commune ne saurait être engagée. Par suite, les conclusions indemnitaires présentées par M. D et Mme B ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que les requérants demandent au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. D et de Mme B une somme totale de 1 500 euros à verser à la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry au titre de ces mêmes dispositions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. D et de Mme B est rejetée.

Article 2 : M. D et Mme B verseront une somme totale de 1 500 euros à la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A D, désigné représentant unique pour l'ensemble des requérants, et à la commune de Saint-Fargeau-Ponthierry.

Délibéré après l'audience du 29 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Mullié, présidente,

Mme Blanc, conseillère,

Mme Senichault de Izaguirre, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 avril 2024.

La rapporteure,

J. SENICHAULT DE IZAGUIRRELa présidente,

N. MULLIE

La greffière,

V. GUILLEMARD

La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions