vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200580 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | SELARL SAMSON & WEIL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 20 janvier, 1er février et 17 mai 2022, Mme B A, représentée par Me Samson, doit être regardée comme demandant au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de donner acte de son désistement concernant les décisions portant retrait de points afférentes aux infractions commises les 10 avril 2021, 13 mai 2018, 5 octobre 2018 et 26 novembre 2019, ainsi que la décision du 3 novembre 2021 portant invalidation de son permis de conduire ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises les 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018.
Elle soutient que :
- elle se désiste de ses conclusions aux fins d'annulation des décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a retiré de son permis de conduire 9 points à la suite des infractions commises les 10 avril 2021, 13 mai 2018, 5 octobre 2018 et 26 novembre 2019, ainsi que la décision 48 SI du 3 novembre 2021 invalidant son permis de conduire ;
- l'obligation d'information préalable résultant des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route a été méconnue pour les infractions commises les 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018.
Par un mémoire en défense enregistré le 16 mai 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer partiel sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI et des décisions de retrait de points afférentes aux infractions commises les 26 novembre 2019 et 10 avril 2021 et, à titre subsidiaire, au rejet du surplus de la requête.
Il soutient que :
- il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI en tant qu'elle invalide le permis de conduire de la requérante pour solde de points nul et les infractions commises le 26 novembre 2019 et le 10 avril 2021 ;
- les autres moyens soulevés par Mme A ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a commis les 10 avril 2021, 13 mai 2018, 5 octobre 2018 et 26 novembre 2019, 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de 17 points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressée du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, Mme A demande l'annulation des décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les 22 janvier 2020 et 25 août 2018.
Sur le désistement partiel :
2. Par un mémoire enregistré le 17 mai 2022, Mme A déclare se désister de ses conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 10 avril 2021, 13 mai 2018, 5 octobre 2018 et 26 novembre 2019, ainsi que de la décision 48 SI du 3 novembre 2021 invalidant son permis de conduire. Ce désistement est pur et simple.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. Il résulte des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route que l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues auxdits articles L. 223-3 et R. 223-3, lesquelles constituent une garantie essentielle permettant à l'intéressé de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis et éventuellement d'en contester la réalité devant le juge pénal. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, de la remise d'un tel document.
4. L'article R. 49 du code de procédure pénale prévoit, dans son II issu du décret du 26 mai 2009, que le procès-verbal constatant une contravention pouvant donner lieu à une amende forfaitaire " peut être dressé au moyen d'un appareil sécurisé dont les caractéristiques sont fixées par arrêté du garde des sceaux, ministre de la justice, permettant le recours à une signature manuscrite conservée sous forme numérique ". En vertu des dispositions de l'article A. 37-19 du même code, l'appareil électronique sécurisé permet d'enregistrer, pour chaque procès-verbal d'une part, la signature de l'agent verbalisateur et, d'autre part, celle du contrevenant qui est invité à l'apposer " sur une page écran qui lui présente un résumé non modifiable des informations concernant la contravention relevée à son encontre, informations dont il reconnaît ainsi avoir eu connaissance ". En vertu des dispositions du II de l'article A. 37-27-2, issu d'un arrêté du 4 décembre 2014 mis en œuvre à compter du 15 avril 2015, en cas d'infraction entraînant retrait de points, le résumé non modifiable des informations qui figure sur la page écran précise que la contravention relevée entraîne retrait de points et comporte l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
5. Depuis une mise à jour logicielle effectuée le 15 avril 2015, tous les appareils électroniques utilisés par les agents verbalisateurs font apparaître sur la page présentée au contrevenant, en cas d'infraction entraînant retrait de points, l'ensemble des informations exigées par la loi. Dès lors, pour les infractions constatées à compter de cette date, la signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit que ces informations lui ont été délivrées. La mention certifiée par l'agent selon laquelle le contrevenant a refusé d'apposer sa signature sur la page qui lui était présentée possède la même valeur probante. En revanche, pour la période antérieure au 15 avril 2015, la page écran présentée à l'intéressé comportait l'indication du nombre de points dont l'infraction entraînait le retrait mais non celle de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder. Dans ces conditions, pour les infractions antérieures à cette date, la signature du contrevenant ou la mention d'un refus de signer ne suffisent pas à établir la délivrance de l'ensemble des informations exigées par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. Toutefois, la seule circonstance que l'intéressé n'a pas été informé, lors de la constatation d'une infraction, de l'existence d'un traitement automatisé des points et de la possibilité d'y accéder n'entache pas d'illégalité la décision de retrait de points correspondante s'il résulte de l'instruction que ces éléments ont été portés à sa connaissance à l'occasion d'infractions antérieures suffisamment récentes. Par ailleurs, quelle que soit la date de l'infraction, la preuve de la délivrance des informations exigées par la loi peut également résulter de la circonstance que le contrevenant a acquitté l'amende forfaitaire ou l'amende forfaitaire majorée et qu'il n'a pu procéder à ce paiement qu'au moyen des documents nécessaires à cet effet, dont le modèle comporte l'ensemble des informations requises.
6. En l'espèce, il résulte du relevé d'information intégral afférent au permis de conduire de Mme A que les infractions des 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018 ont été relevées au moyen de procès-verbaux électroniques dématérialisés et ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. D'une part, il ressort des pièces produites par le ministre de l'intérieur que les procès-verbaux établis lors des infractions commises les 22 janvier 2020 et 25 août 2018 n'ont pas été signés, sans qu'il soit fait mention de la raison, procès-verbaux qui, conformément aux dispositions du II de l'article A. 37-27-2 mises en œuvre à compter du 15 avril 2015, précisent que les contraventions relevées entraînent retrait de points et comportent l'ensemble des éléments mentionnés aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route. La production de telles pièces ne suffit donc pas à établir que l'intéressée a bénéficié de l'ensemble des informations prévues par lesdites dispositions. D'autre part, le ministre de l'intérieur ne produit pas le procès-verbal établi lors de l'infraction commise le 29 mai 2017. Par suite, l'absence de signature apposée par la requérante sur les procès-verbaux électroniques dématérialisés dressés à la suite des infractions commises les 22 janvier 2020 et 25 août 2018 et l'absence de production du procès-verbal établi à la suite de l'infraction commise le 29 mai 2017 ne permettent pas d'établir que l'intéressée a reçu l'information requise. Par suite, elles doivent, pour ce motif, être annulées.
Sur l'injonction :
7. Aux termes des dispositions de l'article L.911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. / La juridiction peut également prescrire d'office cette mesure ".
8. L'annulation des décisions prises à la suite des infractions commises par Mme A les 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018 implique nécessairement que l'administration lui reconnaisse le bénéfice des 9 points illégalement retirés. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au ministre de l'intérieur qu'il rétablisse ces points dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
D E C I D E :
Article 1er : Il est donné acte du désistement de Mme A de ses conclusions à fin d'annulation des décisions de retraits de points afférentes aux infractions commises les 10 avril 2021, 13 mai 2018, 5 octobre 2018 et 26 novembre 2019 et de la décision 48 SI du 3 novembre 2021 invalidant son permis de conduire.
Article 2 : Les décisions par lesquelles le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de 9 points sur le permis de conduire de Mme A suite aux infractions constatées les 29 mai 2017, 22 janvier 2020 et 25 août 2018 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur de restituer à Mme A, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, les 9 points illégalement retirés par les décisions annulées à l'article 3, dans la limite d'un capital maximum de douze points après restitution, sans préjudice des décisions de retrait de points ultérieures, prises à la suite de la commission de nouvelles infractions routières.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026