vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2200729 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | LEMAISTRE BONNEMAY |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 24 janvier 2022, la société civile immobilière Foncière DI 01/2005, représentée par Me Lemaistre Bonnemay, demande au tribunal :
1°) de condamner l'État à lui verser une somme de 5 070,72 euros, en réparation des préjudices résultant du refus du préfet du Val-de-Marne de lui apporter le concours de la force publique pour l'exécution d'une décision de justice ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- par une ordonnance de référé du tribunal d'instance de Nogent-sur-Marne du 18 mai 2018, rectifiée le 21 juin 2018, elle a obtenu le droit d'expulser de leur logement M. et Mme A résidant au 5 bis rue Jean Allemane à Champigny-sur-Marne ;
- le concours de la force publique a été requis le 19 octobre 2018 et n'a pas été accordé ;
- ses préjudices s'élèvent, pour la période allant du mois de juillet 2021 au mois de janvier 2022, à 3 520,72 euros en ce qui concerne les indemnités d'occupation, à 1 050 euros en ce qui concerne les loyers et charges et à 500 euros en ce qui concerne la non-disponibilité du logement et le préjudice moral.
La requête a été communiquée à la préfète du Val-de-Marne qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la construction et de l'habitation ;
- le code des procédures civiles d'exécution ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme B en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Foncière DI 01/2005 a conclu un bail avec M. C A et Mme D A pour un appartement situé 5 bis rue Jean Allemane à Champigny-sur-Marne. Par une ordonnance de référé en date du 18 mai 2018, le tribunal d'instance de Nogent-sur-Marne a constaté la résiliation de ce bail et ordonné l'expulsion de M. et Mme A. Un commandement de quitter les lieux a été émis le 7 août 2018. Le concours de la force publique a été sollicité le 19 octobre 2018. Par la présente instance, la SCI Foncière DI 01/2005 sollicite la condamnation de l'État à lui verser la somme de 5 070,72 euros en réparation des préjudices résultant du refus d'octroi de la force publique pour la période allant du mois de juillet 2021 au mois de janvier 2022.
Sur la responsabilité de l'État :
2. Aux termes de l'article L. 153-1 du code des procédures civiles d'exécution : " L'État est tenu de prêter son concours à l'exécution des jugements et des autres titres exécutoires. Le refus de l'État de prêter son concours ouvre droit à réparation ".
3. Il résulte de l'instruction que la société requérante a sollicité le 19 octobre 2018 le concours de la force publique en vue de l'expulsion de M. et Mme A, occupants sans titre du bien lui appartenant situé 5 bis rue Jean Allemane à Champigny-sur-Marne, en exécution de l'ordonnance de référé du tribunal d'instance de Nogent-sur-Marne du 18 mai 2018, rectifiée le 21 juin 2018. Il n'est pas contesté que les occupants n'ont pas respecté les conditions fixées par l'ordonnance du 18 mai 2018 les condamnant à quitter les lieux. Le concours de la force publique n'a pas été effectivement accordé. Compte tenu du délai normal de deux mois dont dispose l'administration pour exercer son action, la responsabilité de l'État s'est trouvée engagée à compter du 5 septembre 2018. Toutefois, eu égard à la demande de la société requérante, la responsabilité se trouve, en l'espèce, engagée du mois de juillet 2021 au mois de janvier 2022.
Sur le préjudice :
S'agissant de la perte des loyers et charges :
4. La société requérante demande, au titre du chef de préjudice pour perte de loyers et charges pour la période allant de juillet 2021 à janvier 2022, la condamnation de l'État au paiement d'une indemnité de 4 570,72 euros.
5. Le montant dont l'État est redevable au titre de l'indemnité pour des redevances et charges équivaut à la dette locative qui, pendant la période de responsabilité, a été contractée par l'occupant vis-à-vis du bailleur. Pour calculer cette dette, il y a lieu de prendre en considération, le cas échéant, les versements effectués par le locataire durant la période en cause, lesquels s'imputent toutefois en priorité sur le solde de sa dette à la date du début de la période de responsabilité. La préfète du Val-de-Marne n'ayant pas produit de mémoire en défense, il y a lieu de condamner l'État à verser à la requérante la somme de 4 570,72 euros au titre des pertes de loyers et charges subis pendant la période de responsabilité de l'État.
S'agissant de l'indisponibilité du bien et du préjudice moral :
6. Si la requérante sollicite, au titre du chef d'indisponibilité de son bien et de préjudice moral, la condamnation de l'État au paiement d'une indemnité de 500 euros, d'une part, elle n'assortit cette réclamation d'aucun élément de nature à justifier l'octroi d'une indemnité distincte de celle qui lui est allouée au titre de la perte de ses loyers et charges et, d'autre part, elle n'établit pas avoir subi un préjudice moral direct et certain pouvant donner lieu à réparation.
7. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner l'État à verser à la société requérante la somme de 4 570,72 euros au titre des pertes de loyers et charges.
Sur la subrogation :
8. Le paiement de l'indemnité accordée par le présent jugement au titre des loyers et charges est subordonné à la subrogation de l'État dans les droits du propriétaire à l'encontre de M. et Mme A, occupants sans titre pendant la période de responsabilité de l'État.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros à verser à la SCI Foncière DI 01/2005 au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'État est condamné à verser à la SCI Foncière DI 01/2005 la somme de 4 570,72 euros.
Article 2 : Le paiement de l'indemnité accordée au titre des loyers et charges est subordonné à la subrogation de l'État dans les droits du propriétaire à l'encontre de M. et Mme A, occupants sans titre pendant la période de responsabilité de l'État.
Article 3 : L'État versera à la SCI Foncière DI 01/2005 la somme de 1 200 euros au titre de 1'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Foncière DI 01/2005 et à la préfète du Val-de-Marne.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
H. KELI
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026