LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2202047

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2202047

vendredi 28 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2202047
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationD
FormationChambre DALO
Avocat requérantCOUSIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrés le 24 février 2022, M. F D, représenté par Me Cousin E demande au tribunal :

1°) de condamner l'Etat à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis en raison de la carence des services de l'Etat à assurer son relogement, bien que sa demande de logement ait été reconnue comme étant prioritaire et urgente par la commission de médiation ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil de la somme de 1 230 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'il renonce au bénéfice de la part contributive de l'Etat à la mission d'aide juridictionnelle.

Il soutient que :

- par une décision du 13 février 2020, la commission de médiation a reconnu sa demande de logement comme prioritaire et urgente ; par une ordonnance du 9 juin 2021, le tribunal a enjoint sous astreinte à l'autorité préfectorale de lui attribuer un logement ; faute pour les services préfectoraux d'avoir assuré son relogement dans les délais impartis, ils ont commis une faute de nature à engager la responsabilité de l'Etat ;

- l'intéressé a droit à l'indemnisation des préjudices subis ; son loyer excessif résultant du délai de relogement doit être pris en compte dans le calcul du préjudice ; sa famille a subi un préjudice moral, résultant des conditions de vie dans un logement humide et froid, avec des défaut d'aération de d'isolation provoquant moisissures et défauts électriques ; le logement est inadapté compte tenu de la présence de quatre enfants, dont trois dormant dans une chambre et le plus âgé dans le salon ; cette situation porte préjudice à leur vie scolaire et à leur vie sociale, ainsi qu'à leur intimité.

Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, la préfète du Val-de-Marne conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- l'intéressé a bénéficié d'une proposition de relogement le 20 décembre 2022 dans un logement de type T4 d'une superficie de 88 m2 au Perreux-sur-Marne, mais il a fourni un dossier incomplet à la commission d'attribution, ce qui a empêché son relogement ;

- le délai anormalement long d'attente d'un logement social ne suffit pas pour fonder un droit à indemnisation ; le logement occupé par le requérant n'était pas sur-occupé, car sa superficie était de 55 m2, soit plus de 52 m2 qui constitue le seuil de sur-occupation pour un foyer familial de six personnes ; de même, la commission ne s'est pas prononcée sur une situation d'insalubrité, voire sur le caractère non décent du logement, caractéristiques non étayées par un rapport du service communal d'hygiène et de santé.

M. D a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 16 février 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code civil ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné M. Delmas, premier conseiller, pour statuer sur les litiges relevant du droit au logement opposable, en application de l'article R.222-13 (1°) du code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, et en application de l'article L.732-1 du code de justice administrative, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus à l'audience publique le rapport de M. B et les observations de Me Cousin E, représentant M. D absent.

La préfète du Val-de-Marne n'était ni présente ni représentée.

La clôture d'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience.

Considérant ce qui suit :

1. M. F D a été reconnu prioritaire et devant être relogé en urgence dans un logement de type T5, sur le fondement de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, par une décision du 13 février 2020 de la commission de médiation du droit au logement opposable du Val-de-Marne. Saisi par l'intéressé, le tribunal a, par une ordonnance n° 2006919 du 9 juin 2021, sur le fondement du I de l'article L. 441-2-3-1 du même code, enjoint à la préfète du Val-de-Marne d'assurer le relogement de l'intéressé, conformément à la décision de la commission de médiation, avant le 1er août 2021, sous une astreinte de 300 euros par mois de retard. En l'absence de relogement, M. D a adressé une demande préalable d'indemnisation, reçue le 15 décembre 2021, par la préfète du Val-de-Marne qui l'a rejetée implicitement. Par sa requête, M. D demande au tribunal la condamnation de l'Etat à lui verser une somme de 5 000 euros en réparation des préjudices qu'il estime avoir subis du fait de l'absence de relogement.

Sur les conclusions indemnitaires :

2. Lorsqu'une personne a été reconnue comme prioritaire et comme devant être logée ou relogée d'urgence par une commission de médiation, en application des dispositions de l'article L. 441-2-3 du code de la construction et de l'habitation, la carence fautive de l'Etat à exécuter ces décisions dans le délai imparti engage sa responsabilité à l'égard du seul demandeur, au titre des troubles dans les conditions d'existence résultant du maintien de la situation qui a motivé la décision de la commission, que l'intéressé ait ou non fait usage du recours en injonction contre l'Etat prévu par l'article L. 441-2-3-1 du code de la construction et de l'habitation. Ces troubles doivent être appréciés en fonction des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat, de la durée de cette carence et du nombre de personnes composant le foyer du demandeur pendant la période de responsabilité de l'Etat, qui court dans le Val-de-Marne à l'expiration d'un délai de six mois à compter de la décision de la commission de médiation que l'article R. 441-16-1 du code de la construction et de l'habitation impartit au préfet pour susciter une offre de logement.

3. En premier lieu, lorsque seul le délai anormalement long a été retenu par la commission de médiation, le demandeur n'a en principe aucun droit à indemnisation sauf dans l'hypothèse où le logement est inadapté à ses capacités financières et ses besoins.

4. Il résulte de l'instruction que M. D s'est vu reconnaître le droit au logement opposable à un logement de type T5 par une décision du 13 février 2020 de la commission de médiation pour le seul motif qu'il était " attente d'un logement social depuis un délai supérieur ai délai fixé par arrêté préfectoral ". De même, si la requérant soutient que son logement présente un caractère insalubre, il ne l'établit pas suffisamment par les seules photographies qu'il produit. Toutefois, s'il n'est pas contesté que le logement occupé par M. D et sa famille situé 1 rue du Bac au Perreux-sur-Marne (94170) a une superficie de 55 m2, dimension supérieure aux 52 m2 constituant le seuil de sur-occupation pour un foyer de six personnes au sens de l'article R. 822-25 du code de la construction et de l'habitation, il ressort du contrat de bail versé aux débats par le requérant que ce logement ne comporte outre l'entrée, la salle de douche et la cuisine, qu'un salon et deux chambres. Il en ressort que compte tenu de l'âge et du genre des enfants, dont deux jeunes garçons C né le 10 mars 2006 et Lyas né le 6 avril 2016 ainsi que deux jeunes fille A née le 15 septembre 2007 et Tasmine née le 29 janvier 2013, les membres du foyer du requérant, comptant également deux adultes, doivent être regardés comme étant placés dans une situation de promiscuité. Dans ces conditions, le logement occupé par M. D doit être regardé comme étant inadapté aux besoins du foyer. Par suite, le délai anormalement long d'attente de logement ouvre à M. D un droit à indemnisation.

5. En deuxième lieu, la préfète du Val-de-Marne fait valoir qu'elle a présenté la candidature de M. D au bailleur " société Immobilière 3F ", qu'après la visite de l'appartement situé au 106 boulevard d'Alsace Lorraine au Perreux-sur-Marne l'intéressé a accepté la proposition de logement qui lui a été faite, mais qu'en raison de l'incomplétude de son dossier, il a perdu, par sa seule faute, le bénéfice de l'attribution de ce logement. En l'espèce, il résulte bien de l'instruction que par une décision du 23 janvier 2023, la commission d'attribution des logements a refusé d'attribuer à M. D le logement précité en raison de ce qu'il manquait au dossier les éléments justifiant de l'apurement de la dette du loyer. Toutefois, M. D expose qu'il n'avait pas à produire de telles pièces dans la mesure où il n'est pas endetté sur le plan locatif. Le requérant prétend que la commission a porté une appréciation erronée sur sa situation locative en se fondant pour estimer qu'il ne payait pas son loyer sur ce que lesdits loyers étaient versés directement à un société civile professionnelle de commissaires de justice et non à son propre bailleur qui était endetté auprès du syndicat des copropriétaires de l'immeuble, pour défaut de paiement des charges communes. Or, M. D produit un échange de courriers électroniques en date du 27 janvier 2023 avec Me Fourrier indiquant qu'il n'est pas débiteur principal d'une créance en loyer, mais qu'il est tiers saisi en raison de ce que la propriétaire de son logement est endettée auprès du syndicat des copropriétaires et qu'il fait l'objet d'une saisie attribution des loyers entre ses mains. En outre, le requérant produit plusieurs quittances de loyer émises par la société civile professionnelle de commissaires de justice Chouraqui, Nacache, Fourrier et Sadoun qui confortent ses explications et justifie avoir introduit une requête en référé suspension contre la décision de non attribution du logement précité qui n'a été rejetée par une ordonnance du 28 février 2023 du juge des référés du tribunal administratif de Melun que pour défaut d'urgence et non pour défaut de de doute sérieux sur la légalité de la décision attaquée. Enfin, les mémoires et pièces de M. D ont été communiqués à la préfète qui, si elle a produit un mémoire en défense, n'a pas contredit l'argumentation de l'intéressé sur ce point. Dans ces conditions, M. D ne saurait être regardé comme ayant présenté un dossier incomplet au bailleur social auquel la préfète du Val-de-Marne avait présenté sa candidature. Par suite, son attitude ne saurait être regardée en l'état du dossier comme étant à l'origine de l'interruption de la procédure d'attribution du logement social situé au 106 boulevard d'Alsace Lorraine au Perreux-sur-Marne. Par conséquent, l'administration ne peut être regardée comme étant déliée à son égard de son obligation de relogement en exécution de la décision du 13 février 2020 de la commission de médiation du Val-de-Marne.

6. En troisième lieu, compte tenu des conditions de logement qui ont perduré du fait de la carence de l'Etat à attribuer un logement au demandeur, de la durée de cette carence, soit trente-deux mois après de l'obligation pesant sur l'Etat née à l'expiration d'un délai de six mois après la décision de la commission de médiation, et du nombre de personnes vivant au foyer pendant la période en cause, soit au total six personnes, il sera fait une juste appréciation des troubles dans les conditions d'existence en condamnant l'Etat à verser à M. D une somme de 4 000 (quatre mille) euros.

Sur les frais d'instance :

7. M. D a obtenu le bénéfice de l'aide juridictionnelle. Par suite, son avocate peut se prévaloir des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 susvisée. L'Etat étant la partie perdante, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, et sous réserve que Me Cousin E renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 1 100 (mille cent) euros.

D E C I D E :

Article 1er : L'Etat est condamné à verser à M. D une somme de 4 000 (quatre mille) euros au titre des dommages et intérêts.

Article 2 : L'Etat (préfecture du Val-de-Marne) versera à Me Cousin E une somme de 1 100 (mille cent) euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que ce conseil renonce à percevoir la part contributive à l'aide juridictionnelle.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. D, à la préfète du Val-de-Marne et au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 avril 2023.

Le magistrat désigné,

S. B

La greffière,

T. JELLOULI

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110

Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.

01/06/2026

TA13Plein contentieux

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.

01/06/2026

TA14Plein contentieux

Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609

Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.

01/06/2026

TA25Plein contentieux

Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163

Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

← Retour aux décisions