vendredi 26 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2202602 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | DECAMPS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et trois mémoires, enregistrés les 16 mars 2022, 16 mai 2022, 9 janvier 2023 et 14 décembre 2023, M. B A, représenté par Me Décamps, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision 48 SI par laquelle le ministre de l'intérieur a invalidé son permis de conduire ;
2°) d'annuler la décision " 76 " du 5 octobre 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur a procédé au retrait de 6 points suite à l'ordonnance pénale du tribunal d'instance ou de police de Paris en date du 5 octobre 2020 relative aux infractions commises le 16 juillet 2019 ;
3°) enjoindre au ministre de l'intérieur de lui restituer les points illégalement retirés dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) mettre à la charge de l'État la somme de 1 200 euros en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la réalité des infractions commises le 16 juillet 2019 n'est pas établie dès lors qu'il a, le 21 décembre 2021, fait opposition à l'ordonnance pénale du 5 octobre 2020, ce qui a eu pour effet de la priver de caractère définitif ;
- la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé d'enregistrer le bénéfice du stage sur le relevé intégral d'information est illégale ;
- il est ambulancier et cette décision crée une situation d'urgence et emporte des conséquences dommageables sur ses situations personnelle et professionnelle.
Par un mémoire en défense enregistré le 21 avril 2022, le ministre de l'intérieur et des outre-mer conclut au rejet de la requête.
Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés, l'opposition formée postérieurement à la date à laquelle la condamnation pénale est devenue définitive ne démontre pas l'inexactitude des mentions figurant dans le relevé d'information intégral.
Par une lettre du 15 décembre 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-1-1 du code de justice administrative, de la date à compter de laquelle l'instruction pourrait être close.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative.
La présidente du tribunal a désigné Mme C en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme C ;
- les observations de Me Doumichaud, substituant Me Décamps, représentant M. A, qui conclut aux mêmes fins que la requête et par les mêmes moyens ;
- le ministre de l'intérieur n'était ni présent, ni représenté.
Considérant ce qui suit :
1. M. A a commis les 11 mai 2017, 16 juillet 2019, 14 juillet 2020, 20 mai 2019, 25 juin 2018 à 11h11, 25 juin 2018 à 11h15 et 24 février 2021 différentes infractions au code de la route ayant entraîné le retrait de 22 points sur son permis de conduire. Par une décision référencée " 48 SI ", le ministre de l'intérieur a récapitulé les décisions de retraits de points antérieures, a constaté un solde de points nul et la perte pour l'intéressé du droit de conduire un véhicule et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Dans le cadre de la présente instance, M. A demande l'annulation de cette décision, ainsi que de la décision de retrait de points intervenues à la suite des infractions commises le 16 juillet 2019.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes du quatrième alinéa de l'article L. 223-1 du code de la route : " La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive ".
3. Il résulte de l'instruction que M. A a fait l'objet d'une condamnation pénale par ordonnance pénale en date du 5 octobre 2020 pour une infraction commise le 16 juillet 2019 à Paris, que le 21 décembre 2021, il a fait opposition à cette ordonnance pénale et que, par un jugement du 16 décembre 2022, cette opposition a été déclarée recevable. Il en résulte que M. A est fondé à soutenir qu'à la date de la décision du 6 août 2021 constatant la perte de validité de son permis de conduire, l'infraction en cause, faute d'avoir donné lieu à une condamnation définitive établissant leur réalité, ne pouvait donner lieu à retrait de 6 points. Si cette circonstance implique que lui soit restitués les 6 points afférents à cette infraction, il ne résulte, toutefois, pas de l'instruction que le 6 août 2021, eu égard aux autres infractions commises par M. A, infractions dont la réalité doit être regardée comme établie par le ministre de l'intérieur, le solde de points de son permis de conduire était positif.
4. En deuxième lieu, M. A soutient que la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé d'enregistrer le bénéfice du stage de sensibilisations à la sécurité routière sur le relevé intégral d'information est illégale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A a suivi ce stage les 6 et 7 janvier 2023, soit postérieurement à la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire notifiée le 1er décembre 2021. Par suite, la circonstance que M. A ait suivi ce stage est sans effet sur la légalité de la décision attaquée. Dès lors, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
5. En dernier lieu, si M. A soutient que la décision portant invalidation de son permis de conduire a des conséquences dommageables sur sa vie tant professionnelle que personnelle, cette circonstance est sans influence sur la légalité de la décision " 48 SI " portant invalidation de son permis de conduire. Dès lors, ce moyen doit être écarté comme inopérant.
6. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de M. A doivent être rejetées. Par suite, les conclusions à fin d'injonctions doivent également être rejetées.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de l'État, qui n'est pas partie perdante à l'instance, la somme que demande M. A au titre des frais exposés dans le cadre de la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 juillet 2024.
La magistrate désignée,
N. MULLIELa greffière,
C. ROUILLARD
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026