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AccueilJurisprudence administrativeN° TA77-2203050

Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2203050

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2203050
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre
Avocat requérantSAOUDI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés le 23 mars 2022, le 5 janvier 2024 et le

29 mai 2024, M. B A, représenté par Me Saoudi, doit être regardé comme demandant au tribunal dans le dernier état de ses écritures :

1°) d'annuler la décision du 17 février 2022 par laquelle le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a rejeté sa réclamation préalable ;

2°) d'annuler le titre de perception en date du 21 octobre 2021 par lequel le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a mis à sa charge la somme de

18 000 euros au titre du remboursement de l'aide indûment versée au titre du décret n°2020-371 du 30 mars 2020, majorée à un montant de 19 800 euros par la mise en demeure de payer en date du 14 août 2023 ;

3°) d'annuler le titre de perception en date du 27 janvier 2022 par lequel le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a mis à sa charge la somme de

1 500 euros au titre du remboursement de l'aide indûment versée au titre du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020, majorée à un montant de 1 650 euros par la mise en demeure de payer en date du 25 octobre 2023 ;

4°) de mettre à la charge du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

- il remplit les conditions pour bénéficier de l'aide du fonds de solidarité ;

- il a effectué des demandes d'aides du fonds de solidarité pour la période de mars 2020 à mars 2021 ;

- il a fourni des factures de prestation auprès de la société o'dwich datées des 18, 25 et

27 février 2020 pour un montant total de 2 165 euros, ainsi qu'une attestation de paiement en espèces des sommes facturées, tamponnée et signée par le président de la société o'dwich ;

- il a déclaré ces sommes auprès de l'URSSAF et a dans ce cadre réglé des sommes au titre de la contribution sociale généralisée et de la contribution au remboursement de la dette sociale sur ces revenus ;

- le document produit par le pôle de contrôle et d'expertise de Fontainebleau, après avoir exercé un droit de communication auprès de la société o'dwich, destinataire des prestations facturées, qui indique qu' " aucun règlement n'a été effectué pour cette personne ", ne constitue qu'une annotation manuscrite sur la lettre du 20 août 2021 du pôle de contrôle et d'expertise de Fontainebleau, portant une signature mais ne portant aucun cachet de l'entreprise et n'indiquant pas la qualité de la personne ayant répondu de manière manuscrite ;

- l'administration n'a pas confronté l'entreprise en lui communiquant les factures et l'attestation de paiement pour lui demander de s'expliquer ;

- si la société o'dwich n'a pas respecté la législation en ne déclarant pas les sommes versées à ses sous-traitants en espèces, cela ne peut être de la responsabilité du requérant.

Par des mémoires en défense, enregistrés le 29 avril 2022 et le 7 juin 2024, le directeur départemental des finances publiques conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par une décision en date du 20 mars 2024, le bureau d'aide juridictionnelle du tribunal administratif de Melun a rejeté la demande d'aide juridictionnelle de M. A.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Pradalié,

- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. M. A exerçait une activité dans le secteur des " autres activités de poste et de courrier ", pour laquelle il avait adhéré au statut de micro-entrepreneur auprès de l'URSSAF le

17 février 2020. La cessation définitive de son activité a été déclarée le 4 février 2022. Il a bénéficié d'aides du fonds de solidarité à destination des entreprises touchées par les conséquences économiques et financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19. Suite à un contrôle a posteriori, le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne a conclu à l'inéligibilité de M. A aux aides du fonds de solidarité en l'absence de justificatifs de perte de chiffre d'affaires, et a émis deux titres exécutoires afin de récupérer le trop-perçu. M. A a présenté une réclamation préalable le 17 février 2022, qui a été rejetée par une décision du même jour du directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne. Par deux mises en demeure de payer en date du 25 octobre 2023, l'administration a réitéré auprès de M. A sa demande de remboursement du trop-perçu, pour un montant majoré de 10% pour dépassement de la date limite de paiement. Par la présente requête, M. A doit être regardé comme demandant l'annulation de ces décisions.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, si M. A soutient que l'administration aurait dû confronter l'entreprise o'dwich en lui communiquant les factures et l'attestation de paiement produites par M. A, pour lui demander de s'expliquer, une telle obligation ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire, et le requérant n'indique d'ailleurs pas le fondement de son moyen. Par suite, le moyen doit être écarté.

3. En deuxième lieu, en application des dispositions des articles 2 et suivants du décret du 30 mars 2020 modifié, les entreprises peuvent être éligibles mensuellement à l'octroi de diverses aides du fonds de solidarité à compter du 1er mars 2020, si elles remplissent, notamment, la condition d'avoir fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public ou d'avoir subi une perte de chiffre d'affaires par rapport à une période de référence.

4. Il résulte de l'instruction que M. A a adhéré au statut de micro-entrepreneur auprès de l'Union de recouvrement des cotisations de sécurité sociale et d'allocations familiales (URSSAF) le 17 février 2020 ; que, pour établir qu'il a réalisé un chiffre d'affaires de 2 165 euros au mois de février 2020, qui constitue, en ce qui le concerne, la période de référence, il produit trois pièces présentées comme des factures pour " prestation de service " en dates du

18 février 2020 pour un montant de 975 euros, du 25 février 2020 pour un montant de 925 euros, et du 27 février 2020 pour un montant de 265 euros, toutes établies à l'intention de la société o'dwich, ainsi qu'une attestation de l'URSSAF en date du 15 juillet 2021 attestant qu'il a déclaré un chiffre d'affaires de 2 165 euros au premier trimestre de l'année 2020 et un chiffre d'affaires égal à zéro les trois autres trimestres. Le requérant produit également une pièce présentée comme une attestation portant le tampon de la société o'dwich et la signature du président de cette société indiquant que M. A a été payé en espèces pour les factures concernées. Enfin M. A produit une attestation fiscale pour l'année 2020, délivrée par l'URSSAF le 16 septembre 2021, indiquant à M. A qu'il a déclaré à l'URSSAF des prestations BIC pour un montant de chiffre d'affaires au titre de l'année 2020 de 3 093 euros. Toutefois, il résulte de l'instruction, d'une part, que M. A n'apporte pas d'éléments suffisants permettant de corroborer le montant de son chiffre d'affaires sur la période de référence. A cet égard, alors que l'administration a interrogé la société o'dwich qui a répondu qu'elle n'avait effectué aucun règlement pour M. A, le requérant n'apporte pas de bon de livraison, courriel ou tout autre document relatif à la nature des prestations qu'il indique avoir réalisées au bénéfice de la société o'dwich entre le 18 février 2020 et le 27 février 2020 pour un montant total de 2 165 euros, et n'établit pas avoir encaissé les sommes en cause. Par suite, M. A ne démontrant pas qu'il remplissait les conditions lui ouvrant droit au bénéfice du fonds de solidarité au titre des mois de mars 2020 à avril 2021, il n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne lui a demandé de rembourser un montant correspondant aux aides du fonds de solidarité indûment versées.

5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A doit être rejetée en toutes ses conclusions.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur départemental des finances publiques de Seine-et-Marne.

Délibéré après l'audience du 7 novembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Lalande, président,

M. Pradalié, premier conseiller,

M. Fanjaud, conseiller.

Rendu public par mise à disposition du greffe le 28 novembre 2024.

Le rapporteur,

G. PRADALIELe président,

D. LALANDE

La greffière,

C. KIFFER

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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