Tribunal Administratif de MELUN — Décision N° TA77-2203120

mardi 31 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de MELUN
SectionTribunal Administratif de MELUN
N° DossierTA77-2203120
TypeDécision
RecoursPlein contentieux
PublicationC
Formation2ème chambre, JU

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Melun a été saisi par Voies navigables de France (VNF) pour liquider l'astreinte de 50 euros par jour prononcée par un jugement du 12 avril 2019, enjoignant à M. B de libérer le domaine public fluvial. Constatant l'inexécution persistante de l'injonction, le tribunal a toutefois modéré l'astreinte à 15 euros par jour, en raison de l'absence de mesures d'exécution de la part de VNF. La période de liquidation a été fixée du 29 mai 2019 au 11 mars 2022, soit 1 007 jours, aboutissant à une condamnation de M. B à verser 15 105 euros à VNF. Cette décision s'appuie sur le code général de la propriété des personnes publiques et les articles L. 774-6 et R. 921-7 du code de justice administrative.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 29 mars 2022, le directeur général de l'établissement public Voies navigables de France demande au tribunal de liquider l'astreinte fixée par le jugement du tribunal administratif de Melun du 12 avril 2019 à un montant de 50 euros par jour de retard, pour la période comprise entre le 13 mai 2019 et le 11 mars 2022 inclus, soit

1 033 jours.

Il soutient que depuis la signification du jugement, soit depuis le 13 mai 2019, le bateau de M. A B est toujours en occupation illicite du domaine public de sorte, qu'en application de l'article R. 921-7 du code de justice administrative, l'astreinte fixée peut être liquidée à la somme de 51 650 euros.

La procédure a été communiquée à M. A B, qui n'a pas produit de mémoire en défense.

Vu :

- le jugement n° 1706600 du tribunal administratif de Melun en date du 12 avril 2019 ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la propriété des personnes publiques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Lalande, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Allègre, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Lorsqu'il qualifie de contravention de grande voirie des faits d'occupation irrégulière d'une dépendance du domaine public, il appartient au juge administratif, saisi d'un procès-verbal accompagné ou non de conclusions de l'administration tendant à l'évacuation de cette dépendance, d'enjoindre au contrevenant de libérer sans délai le domaine public et, s'il l'estime nécessaire et au besoin d'office, de prononcer une astreinte. Lorsqu'il a prononcé une astreinte dont il a fixé le point de départ, le juge administratif doit se prononcer sur la liquidation de l'astreinte, en cas d'inexécution totale ou partielle ou d'exécution tardive. Il peut, le cas échéant, modérer l'astreinte provisoire ou la supprimer, même en cas d'inexécution de la décision juridictionnelle.

2. Par un jugement n°1706600 en date du 12 avril 2019, le tribunal administratif de Melun a enjoint à M. A B d'enlever son bateau du domaine public fluvial qu'il occupe dans un délai de quinze jours, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. Il ressort des pièces du dossier que l'établissement public Voies navigables de France, en application de l'article L. 774-6 du code de justice administrative, a signifié par acte d'huissier de justice le jugement susvisé, le 13 mai 2019, à M. B, à son domicile.

3. Il résulte du procès-verbal établi le 11 mars 2022 par un agent assermenté de Voies navigables de France, que M. B ne conteste d'ailleurs pas en défense, que le jugement du tribunal du 12 avril 2019 n'a pas été exécuté. En revanche, il ne résulte pas de l'instruction que l'établissement public Voies navigables de France aurait, depuis l'intervention du jugement, pris des mesures en vue de faire exécuter la décision d'injonction alors que ce jugement lui permettait de faire procéder au déplacement du bateau aux frais de son propriétaire. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de procéder à la liquidation de l'astreinte prononcée par le jugement du

12 avril 2019 au taux de 15 euros par jour, à compter du 29 mai 2019, date d'expiration du délai imparti au défendeur pour libérer le domaine public, et jusqu'au 11 mars 2022, date à laquelle un procès-verbal de constat a été dressé par VNF par un agent assermenté, soit 1 007 jours, et de mettre en conséquence à la charge de M. B le versement à l'établissement Voies navigables de France la somme totale de 15 105 euros.

D E C I D E :

Article 1er : M. B est condamné à verser la somme totale de 15 105 euros à l'établissement public Voies Navigables de France.

Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'établissement public Voies Navigables de France et à M. A B.

Copie en sera adressée au directeur régional des finances publiques d'Ile-de-France et du département de Seine-et-Marne.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 31 décembre 2024.

Le vice-président désigné,

D. LALANDE

La greffière,

C. BOURGAULT La République mande et ordonne à la ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°2203120