lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2203613 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET DUFOUR & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 12 avril 2022 sous le n° 2203613, M. C B A, représenté par Me Dufour, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision implicite de rejet de son recours gracieux adressé au bureau national des droits à conduire le 26 janvier 2022 ;
- la décision du ministre de l'Intérieur référencée " 48 SI " émise le 1er décembre 2021 ayant prononcée l'annulation de son permis de conduire ;
- la décision de retrait de 4 points, suite à l'infraction commise le 22 mars 2021, relevée par CNT CSA ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 9 mars 2021, relevée par CNT CSA ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 31 décembre 2020, relevée par CNT CSA ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 7 mai 2020 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 6 juin 2020, relevée par CNT CSA ;
- la décision de retrait de 4 points, suite à l'infraction commise le 25 juillet 2019, relevée par CNT CSA ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 19 octobre 2018, relevée par CNT CSA ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'Intérieur de lui restituer les points illégalement retirés sur son permis de conduire dans un délai de trois mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
3°) de mettre à la charge du ministre de l'Intérieur la somme de 2 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. B A soutient que :
- il conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document " 48 SI " querellé ;
- il conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision " 48 SI " contestée, et plus précisément les 7 infractions prétendument commises du 19 octobre 2018 au 22 mars 2021, dès lors qu'elles ont fait l'objet d'une contestation au visa de l'article 530 du code de procédure pénale, le 17 février 2022 ;
- les décisions de retrait de point successives n'ont fait l'objet d'aucune décision écrite du ministre de l'Intérieur ; en conséquence, les décisions attaquées qui n'ont pas été matérialisées par un écrit, sont nécessairement dépourvues de toute motivation en droit et en fait ;
- la décision attaquée " 48 SI " est donc entachée d'illégalité puisqu'elle résulte de la prise en compte de ces décisions 48 qui n'existent pas en droit et qui ont pourtant été répertoriées sur le dossier de son permis de conduire.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2022, le ministre de l'Intérieur conclut à titre principal au non-lieu à statuer partiel et au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir que :
- les mentions relatives aux infractions commises les 7 mai 2020 et 25 juillet 2019 ont été supprimées du dossier du permis de conduire du requérant ; suite à ces suppressions, le solde de points affecté au permis de conduire du requérant est redevenu positif ;
- les différents moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Blanc, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a présenté son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur, ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques22-03-2021Feu rougeCNT-CSA-4AMAR AFM : présenté le 26-06-202109-03-2021V ( 20km/hCNT-CSA-1AMOUI le 08-02-2022Irrecevable31-12-2020V ( 20km/hCNT-CSA-1AMAR AFM : présenté le 09-07-202107-05-2020TéléphoneTP Paris-3AMMention supprimée : NLS06-06-2020V ( 20km/hCNT-CSA-1AMOUI : le 14-06-2021Irrecevable25-07-2019Feu rougeCNT-CSA-4AMMention supprimée : NLS19-10-2018V ( 20km/hCNT-CSA-1AMOUI le 05-08-2019IrrecevableTOTAL-15+3+7
1. Il résulte de l'instruction que M. C B A, né le 24 juillet 1994, s'est vu successivement retirer 4, 1, 1, 3, 1, 4 et 1 points (soit 15 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 22 mars 2021, 9 mars 2021, 31 décembre 2020, 7 mai 2020, 6 juin 2020, 25 juillet 2019 et 19 octobre 2018. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI ", constaté qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, M. B A demande l'annulation des 7 décisions de retraits de points, de la décision " 48 SI " ainsi que du rejet de son recours gracieux.
Sur l'étendue du litige :
2. Les infractions des 7 mai 2020 et 25 juillet 2019 représentant en tout 7 points ont été supprimées du dossier du permis de conduire du requérant, ainsi qu'il résulte du R2I établi le 30 mai 2022, soit postérieurement à la requête. Il s'en déduit que, sur les 15 points initialement retirés, 8 ont été restitués au requérant. Il résulte d'ailleurs du relevé d'information intégral (R2I) R2I produit par le ministre en défense que le solde de points du requérant est positif puisqu'il s'établit au 30 mai 2022 à 7. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " et des 2 décisions de retraits de points suite aux infractions des 7 mai 2020 et 25 juillet 2019, qui doivent être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur postérieurement à l'introduction de la requête, sont devenues sans objet : il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
3. Restent donc en litige les 5 retraits de points totalisant une perte de consécutifs aux 5 infractions des 22 mars 2021, 9 mars 2021, 31 décembre 2020, 6 juin 2020 et 19 octobre 2018.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les 3 infractions des 9 mars 2021, 6 juin 2020 et 19 octobre 2018 :
4. Il résulte du R2I relatif à la situation du requérant au 30 mai 2022, et produit par le ministre de l'Intérieur en défense, que les 3 points retirés suite aux 3 infractions constatées les 9 mars 2021, 6 juin 2020 et 19 octobre 2018 ont été restitués respectivement les 8 février 2022, 14 juin 2021 et 5 août 2019, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Ces décisions doivent donc être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de ces décisions doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne les autres infractions :
5. Seules restent en litige les 2 décisions de retraits de 5 points consécutives aux 2 infractions commises les 22 mars 2021 et 31 décembre 2020.
6. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. B A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
7. En deuxième lieu, il résulte du R2I édité le 5 janvier 2022 et produit par le requérant que les décisions restant en litige y figurent et comportent mention des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'absence de motivation desdites décisions sera écarté comme infondé.
8. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive " ; qu'aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;
9. Il résulte des dispositions précitées que, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. D'autre part, en application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
9. Primo, M. B A conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document " 48 SI " querellé. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les plis contenant les avis d'amende forfaitaire majorée (AFM) comportant l'ensemble des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route ont bien été présentés au domicile du requérant (le 26 juin 2021 pour l'infraction du 22 mars 2021 et le 9 juillet 2021 pour l'infraction du 31 décembre 2020), mais que celui-ci s'est abstenu de les réclamer, ainsi qu'en atteste la mention " Pli avisé non réclamé ". Par suite, le moyen tiré du défaut d'information préalable aux retraits de points sera écarté comme infondé.
10. Secundo, M. B A conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision " 48 SI " querellée. Toutefois, il résulte du R2I afférent à son permis de conduire produit par l'administration, que les infractions des 22 mars 2021 et 31 décembre 2020 ont donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée (AFM). Si le requérant verse au dossier les pièces justificatives de réclamations qu'il a formées devant l'officier du ministère public près le centre de contrôle automatisé de Rennes, il n'établit pas l'effectivité des envois et leur réception par les services concernés. Par suite, la réalité de ces infractions est établie en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 alinéa 3 du code de la route. Dès lors, l'intéressé n'est pas fondé à soutenir que la réalité de ces infractions ne serait pas établie.
11. Il résulte de ce qui précède que le surplus des conclusions à fin d'annulation doit être rejeté.
Sur les conclusions accessoires :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'injonction, soit sont devenues sans objet, soit doivent, par voie de conséquence, être rejetées.
13. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. B A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision ministérielle " 48 SI " du 1er décembre 2021 et des 2 décisions de retraits de points suite aux infractions des 7 mai 2020 et 25 juillet 2019.
Article 2 : Il est mis à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à M. B A.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'Intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026