lundi 23 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204087 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Formation | 4ème chambre, JU |
| Avocat requérant | CABINET KIRMEN & LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 25 avril 2022 sous le n° 2204087, M. B A, représenté par Me Lefebvre, demande au tribunal :
1°) d'annuler :
- la décision du ministre de l'Intérieur référencée 48 SI émise le 21 février 2022 ayant prononcée l'annulation de son permis de conduire ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 21 août 2020 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 23 février 2020 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 24 mars 2021 ;
- la décision de retrait de 3 points, suite à l'infraction commise le 26 avril 2021 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 24 avril 2021 ;
- la décision de retrait de 1 point, suite à l'infraction commise le 4 juillet 2021 ;
2°) d'enjoindre à l'administration d'avoir à lui restituer les points correspondant à ces infractions sur le capital affectant son permis de conduire et de retirer la décision d'invalidation de son permis de conduire ;
3°) de mettre à la charge du ministre de l'Intérieur la somme de 1 500 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
M. A soutient que :
- contrairement aux énonciations figurant dans courrier référencé 48 SI, les différentes pertes de points ayant affecté précédemment le capital de point de son permis de conduire ne lui ont jamais été notifiées avant le 14 mars 2022 ;
- les amendes forfaitaires correspondant aux infractions qui lui sont reprochées n'ayant jamais été payées, la réalité de ces infractions n'est donc pas établie en application de l'article L. 223-1 du code de la route ;
- il n'a pas reçu les informations prévues par les articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er juin 2022, le ministre de l'Intérieur conclut au non-lieu à statuer en ce qui concerne les conclusions dirigées contre la décision 48 SI et les retraits de points consécutifs aux infractions des 24 mars 2021, 24 avril 2021 et 26 avril 2021, et au rejet du surplus des conclusions de la requête en faisant valoir que :
- les mentions afférentes aux infractions commises les 24 mars 2021 et 26 avril 2021 ont été supprimées du dossier du permis de conduire du requérant ; de plus, le point retiré consécutivement à l'infraction du 24 avril 2021 a été restitué ; suite à ces suppressions et à cette restitution, le solde de points affecté au permis de conduire du requérant est redevenu positif ;
- les différents moyens soulevés sont infondés.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code de procédure pénale ;
- le code de justice administrative.
En application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, la présidente du tribunal a désigné M. Freydefont, magistrat désigné, pour statuer sur les litiges visés audit article.
Mme Blanc, rapporteure publique, a été, sur sa proposition, dispensée de conclure dans cette affaire en application des dispositions des articles L. 732-1 et R. 732-1-1 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
A été entendu, au cours de l'audience publique du 10 septembre 2024, en présence de Mme Darnal, greffière d'audience, M. Freydefont, magistrat désigné, qui a lu son rapport.
Ni le requérant, ni le défendeur ne sont présents ou représentés.
DatesInfractionsCNT/TPPointsR2IRestitutionRemarques21-08-2020V ( 40 km/hPVE-3AMSuite à interpellation23-02-2020V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMOUI : le 28-09-202124-03-2021Dépassement par la droitePVE-3AMSupprimé du R2I26-04-2021TéléphonePVE-3AMSupprimé du R2I24-04-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AM04-07-2021V ( 20 km/hCNT-CSA-1AMTOTAL-11. Il ressort des pièces du dossier que M. B A, né le 14 mai 1993, s'est vu successivement retirer 3, 1, 3, 3, 1 et 1 points (soit 12 points en tout) à la suite d'infractions commises respectivement les 21 août 2020, 23 février 2020, 24 mars 2021, 26 avril 2021, 24 avril 2021 et 4 juillet 2021. Constatant que son solde de points était nul, le ministre de l'Intérieur a, par une décision modèle " 48 SI " du 21 février 2022, constaté qu'il avait perdu le droit de conduire et lui a enjoint de restituer son permis de conduire. Par la présente requête, M. A demande l'annulation des 6 décisions de retraits de points et de la décision " 48 SI " du 21 février 2022.
Sur l'étendue du litige :
2. Il résulte du relevé d'information intégral (R2I) relatif à la situation du requérant au 31 mai 2022, et produit par le ministre de l'Intérieur, que le point retiré suite à l'infraction commise le 23 février 2020 a été restitué le 28 septembre 2021, soit antérieurement à la date d'enregistrement de la requête. Cette décision doit donc être regardée comme ayant été retirée par le ministre de l'Intérieur antérieurement à l'introduction de la requête ; par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision doivent être rejetées comme irrecevables.
3. De plus, les infractions des 24 mars 2021 et 26 avril 2021 représentant en tout 6 points ont été supprimées du dossier du permis de conduire du requérant, ainsi qu'il résulte du R2I établi le 31 mai 2022, soit postérieurement à la requête. Il s'en déduit que, sur les 12 points initialement retirés, 7 ont été restitués au requérant. Il résulte d'ailleurs du R2I produit par le ministre en défense que le solde de points du requérant est positif puisqu'il s'établit au 31 mai 2022 à 4. Par suite, les conclusions de la requête tendant à l'annulation de la décision 48 SI du 21 février 2022 et des 2 décisions de retraits de points suite aux infractions des 24 mars 2021 et 26 avril 2021, qui doivent être regardées comme ayant été retirées par le ministre de l'Intérieur postérieurement à l'introduction de la requête, sont devenues sans objet : il n'y a donc plus lieu d'y statuer.
Sur le surplus des conclusions à fin d'annulation :
4. Seules restent en litige les décisions de retraits de 5 points consécutives aux 3 infractions commises les 21 août 2020, 24 avril 2021 et 4 juillet 2021.
5. En premier lieu, les conditions de la notification au conducteur des retraits de points de son permis de conduire ne conditionnent pas la régularité de la procédure suivie et partant, la légalité de ces retraits. Il suit de là que l'absence de notification, préalablement aux décisions de retrait de points opérées sur le permis de conduire de M. A est sans influence sur la légalité de ces retraits, ces modalités de notification ayant pour seul objet de rendre ceux-ci opposables à l'intéressé et de faire courir le délai dont dispose celui-ci pour en contester la légalité devant la juridiction administrative. Par suite, le moyen sus-analysé est inopérant et doit être écarté.
6. En second lieu, aux termes de l'article L. 223-1 du code de la route : " () La réalité d'une infraction entraînant retrait de points est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission d'un titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive " ; qu'aux termes de l'article L. 223-3 du même code : " Lorsque l'intéressé est avisé qu'une des infractions entraînant retrait de points a été relevée à son encontre, il est informé des dispositions de l'article L. 223-2, de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès conformément aux articles L. 225-1 à L. 225-9. / Lorsqu'il est fait application de la procédure de l'amende forfaitaire ou de la procédure de la composition pénale, l'auteur de l'infraction est informé que le paiement de l'amende ou l'exécution de la composition pénale entraîne le retrait du nombre de points correspondant à l'infraction reprochée, dont la qualification est dûment portée à sa connaissance ; il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé de ces points et de la possibilité pour lui d'exercer le droit d'accès. Le retrait de points est porté à la connaissance de l'intéressé par lettre simple quand il est effectif ". Aux termes de l'article R. 223-3 du même code : " I. Lors de la constatation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1. / II. Il est également informé de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. Ces mentions figurent sur le document qui lui est remis ou adressé par le service verbalisateur. Le droit d'accès aux informations ci-dessus mentionnées s'exerce dans les conditions fixées par les articles L. 2 25-1 à L. 225-9 () " ;
7. Il résulte des dispositions précitées que, d'une part, en vertu des dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route, la réalité d'une infraction est établie par le paiement d'une amende forfaitaire ou l'émission du titre exécutoire de l'amende forfaitaire majorée, l'exécution d'une composition pénale ou par une condamnation définitive. Il résulte de ces mêmes dispositions que l'établissement de la réalité de l'infraction entraîne la réduction de plein droit du nombre de points dont est affecté le permis de conduire de l'intéressé. D'autre part, en application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du même code, l'administration ne peut légalement prendre une décision retirant des points affectés à un permis de conduire à la suite d'une infraction dont la réalité a été établie, que si l'auteur de l'infraction s'est vu préalablement délivrer par elle un document contenant les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, qui constituent une garantie essentielle lui permettant de contester la réalité de l'infraction et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tout moyen, qu'elle a délivré ledit document.
S'agissant de l'infraction du 21 août 2020 :
8. Primo, M. A conteste avoir reçu les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route lors de la rédaction des procès-verbaux relatifs aux infractions visées sur le document 48 SI querellé. Toutefois, s'agissant de l'infraction du 21 août 2020, dont il ressort du relevé d'information intégral (R2I) produit par le ministre en défense qu'elle a été relevée par procès-verbal électronique (PVE) suite à interpellation de M. A, le ministre produit en défense copie de ce procès-verbal portant mention des informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route. La signature apposée par l'intéressé et conservée par voie électronique établit, pour les infractions constatées à partir du 15 avril 2015, que les informations prévues par les articles L. 223-1 et R. 223-1 précités du code de la route lui ont bien été délivrées.
9. Secundo, M. A conteste la réalité des infractions mentionnées dans la décision 48 SI querellée. Toutefois, s'agissant de l'infraction du 21 août 2020, il résulte de la mention " AM " figurant au relevé d'information intégral (R2I) afférent au permis de conduire du requérant produit par l'administration, qu'elle a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Or, le requérant ne soutient ni n'établit avoir formé, dans le délai prévu à l'article 530 du code de procédure pénale, une réclamation ayant entraîné l'annulation des titres exécutoires de ces amendes forfaitaires majorées. Il s'ensuit que l'administration doit être regardée comme apportant la preuve que la réalité desdites infractions est établie dans les conditions requises par les dispositions de l'article L. 223-1 du code de la route.
10. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la décision de retrait consécutive à l'infraction du 21 août 2020 doivent être rejetées.
S'agissant des infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021 :
11. Il ressort du R2I produit en défense que les infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021 ont été constatées par l'intermédiaire d'un radar automatique puis télétransmises au centre national de traitement du contrôle sanction automatisé (CNT-CSA). De plus, il ressort de la mention " AM ", que ces infractions ont a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire d'amende forfaitaire majorée. Par suite, un avis de contravention puis un avis d'amende forfaitaire majorée comportant l'ensemble des informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route ont été adressés automatiquement au domicile du titulaire du certificat d'immatriculation, soit en l'espèce M. A. Toutefois, cette réception n'est pas démontrée par le ministre en défense faute notamment pour lui de produire une attestation de paiement des amendes forfaitaires majorées établie par le comptable public de Rennes. Il s'ensuit que l'administration ne peut être regardée, dans les faits de l'espèce, comme apportant la preuve que les informations prévues aux articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route ont bien été portées à la connaissance de la requérante. Par suite, le moyen tiré de la violation de ces articles doit être accueilli pour conduire à l'annulation des 2 retraits de points consécutifs aux 2 infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021.
Sur les conclusions accessoires :
12. En premier lieu, il résulte de ce qui précède qu'il convient d'enjoindre au ministre, dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement, de restituer à M. A les 2 points correspondant aux 2 infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021.
13. En second lieu, dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de condamner l'Etat à verser à M. A la somme de 800 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions à fin d'annulation de la décision 48 SI du 21 février 2022 et des 2 décisions de retraits de points suite aux infractions des 24 mars 2021 et 26 avril 2021.
Article 2 : Les 2 décisions de retraits de points consécutives aux infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021 sont annulées.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'Intérieur de restituer à M. A les 2 points correspondant aux 2 infractions des 24 avril 2021 et 4 juillet 2021 dans un délai de 2 mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 4 : Il est mis à la charge de l'Etat la somme de 800 euros à verser à M. A.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur.
Délibéré après l'audience du 10 septembre 2024.
Rendu public après mise à disposition au greffe le 23 septembre 2024.
Le magistrat désigné,
Signé : C. FreydefontLa greffière,
Signé : L. Darnal
La République mande et ordonne au ministre de l'Intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026