jeudi 24 juillet 2025
| Juridiction | Tribunal Administratif de MELUN |
| Section | Tribunal Administratif de MELUN |
| N° Dossier | TA77-2204404 |
| Type | Décision |
| Recours | Plein contentieux |
| Publication | C |
| Formation | 2ème chambre |
| Avocat requérant | CABINET SEBAN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 3 mai 2022, l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières, représentée par Me Vidal, demande au tribunal :
1°) de condamner la commune de Chelles à lui verser la somme totale de
200 595,73 euros à parfaire au titre de l'enrichissement sans cause de la commune pour les années 2017 à 2021 ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Chelles une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle entretient l'ensemble des espaces communs des lotissements Coudray et Vallières dont elle est propriétaire et dont les voies communes n'ont pas fait l'objet d'une rétrocession à la commune ;
- l'entretien par elle de ces espaces communs constitue un enrichissement sans cause de la commune, dès lors qu'il bénéficie à l'ensemble des habitants de la commune qui peuvent bénéficier des voies privées ouvertes à la circulation publique ;
- elle subit un préjudice total de 156 450,73 euros pour les années 2017 à 2020 ;
- elle subit un préjudice de 44 145 euros à parfaire à la clôture de l'exercice comptable pour l'année 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 décembre 2022, la commune de Chelles, représentée par Me Vandepoorter, conclut au rejet de la requête et demande à ce que soit mise à la charge de l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 31 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 4 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Tiennot,
- les conclusions de M. Pradalié, rapporteur public,
- et les observations de Me Malbete, représentant la commune de Chelles.
Considérant ce qui suit :
1. L'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières est propriétaire d'une emprise foncière située dans le quartier du Vieux-Colombier, dans la commune de Chelles, constituée d'immeubles à usage d'habitation et d'espaces communs, tels que des voies privées et des espaces verts. Par un courrier du 6 décembre 2011, l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières a demandé à la commune de Chelles la rétrocession de certaines parties communes de leur emprise, à savoir les espaces verts, les réseaux enterrés, les voies et les éclairages extérieurs. Cette demande n'a pas abouti. Estimant que l'entretien de l'ensemble de ces espaces communs incombe à la commune de Chelles, l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières a adressé à la commune une réclamation en vue d'obtenir l'indemnisation du préjudice qu'elle estime subir du fait de l'enrichissement sans cause de la commune, qui bénéficie de l'entretien de ces espaces. Par la présente requête, l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières demande la condamnation de la commune de Chelles à lui verser la somme totale de 200 595,73 euros à parfaire en réparation des préjudices qu'elle estime subir.
Sur la responsabilité de la commune :
2. Il résulte de l'instruction, en particulier des différents relevés de dépenses de la copropriété, que l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières a pris en charge les coûts relatifs à l'entretien des espaces communs dont elle est propriétaire, en particulier l'entretien des espaces verts, par l'élagage des arbres notamment, et des petits travaux d'entretien de l'éclairage, notamment des voies privées ouvertes à la circulation du public. Toutefois, il est constant que ses dépenses ont été effectuées pour entretenir la seule propriété privée de la requérante à l'exclusion de toute dépendance du domaine communal. En outre, si les communes ont la faculté de contribuer à l'entretien des voies privées ouvertes à la circulation publique, il ne résulte pas de l'instruction que la commune de Chelles ait entendu entretenir les voies litigieuses. Au contraire, il résulte de l'instruction que la commune de Chelles n'est pas à l'initiative des travaux d'entretien litigieux et n'a donné ni accord écrit ou ni accord tacite à leur réalisation, de telle sorte qu'elle ne peut être regardée comme ayant donné son assentiment à leur exécution. Par suite, les conclusions de l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières tendant à l'engagement de la responsabilité de la commune de Chelles sur le fondement de l'enrichissement sans cause ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
3. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'il soit fait droit aux conclusions présentées par l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières sur leur fondement.
4. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espace, de mettre à la charge de l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières est rejetée.
Article 2 : L'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières versera à la commune de Chelles la somme de 1 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à l'association syndicale libre Chelles Coudray-Vallières et à la commune de Chelles.
Délibéré après l'audience du 3 juillet 2025, à laquelle siégeaient :
M. Lalande, président,
Mme Tiennot, première conseillère,
Mme Arassus, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 24 juillet 2025.
La rapporteure,
S. TIENNOTLe président,
D. LALANDE
La greffière,
C. KIFFER
La République mande et ordonne au préfet de Seine-et-Marne en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608110
Le Tribunal Administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-3 du code de justice administrative, a été saisi par Mme A..., ressortissante ivoirienne, afin d'obtenir la délivrance effective d'une carte de séjour pluriannuelle dont le renouvellement lui avait déjà été accordé par une décision favorable du 1er août 2025. Le juge a constaté que la condition d'urgence était remplie s'agissant d'une demande de renouvellement de titre de séjour et que la mesure sollicitée ne se heurtait à aucune contestation sérieuse. Il a enjoint au préfet des Bouches-du-Rhône de convoquer l'intéressée sous quinze jours pour lui remettre le titre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard. L'État a également été condamné à verser 1 500 euros au titre des frais de justice, sous réserve de l'admission définitive de Mme A... à l'aide juridictionnelle provisoire.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608580
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé, a rejeté la requête de M. B... concernant le traitement de sa demande de document de circulation pour étranger mineur pour sa fille. La requête a été jugée irrecevable car elle ne contenait pas de conclusions, c'est-à-dire qu'elle ne précisait pas ce que le requérant demandait au juge. Cette irrecevabilité a été constatée sur le fondement de l'article R. 411-1 du code de justice administrative. Le juge a donc appliqué l'article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Caen — N° TA14-2601609
Le Tribunal administratif de Caen, statuant en référé sur le fondement de l'article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la requête de Mme A... B... tendant à la suspension d'une décision de l'Agence nationale des titres sécurisés (ANTS) refusant l'immatriculation d'un véhicule et l'exonération du malus écologique. La demande a été jugée manifestement irrecevable car la requérante n'avait pas présenté de requête distincte aux fins d'annulation de la décision contestée, comme l'exige l'article R. 522-1 du même code. En conséquence, le juge a rejeté la requête sans instruction ni audience, en application de l'article L. 522-3.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Besançon — N° TA25-2601163
Le Tribunal Administratif de Besançon, statuant en référé, a rejeté la demande de suspension de la délibération du conseil municipal d’Etupes approuvant le budget primitif 2026. Le juge a estimé que la condition d’urgence n’était pas remplie, le requérant n’ayant pas démontré que l’exécution du budget entraînerait un blocage du fonctionnement des services publics communaux ou une situation financière irréversible. En conséquence, la requête de M. C... a été rejetée, sans qu’il soit nécessaire d’examiner l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de la délibération. La décision se fonde sur l’article L. 521-1 du code de justice administrative.
01/06/2026